J’ai déjà confessé ma fascination pour Koh-Lanta, qui avait le mérite l’année dernière d’être diffusé le mardi, jour de la pizza à moitié prix chez Domino’s. Ca reste une des seules émissions de real TV que j’évite de louper. Les grands espaces, les candidats hauts en couleur, ça fait rêver. Sans oublier surtout la voix off bac+5 de notre Denis national. Pourtant, cette rentrée, le cœur n’y est plus vraiment. J’ai loupé un épisode par ci par là, peine a resté captif de l’émission. Déjà diffuser le programme le vendredi, ça me force à me faire à manger, et ça c’est pas cool. Ensuite ça me prive de sortie roller avec mon bro ou une camarade de classe. Mais le vrai problème, c’est Survivor, l’original, celui qui passe aux Us of A. Depuis que c’est diffusé en hachedé, je me le télécharge chaque semaine et je réalise à quel point Koh-Lanta c’est minable en comparaison.

Ce qui saute aux yeux, c’est le setting, le décor. Là où TF1 persiste à filmer les mêmes paysages, Survivor à les moyens et l’ambition de faire des saisons en plein milieu de la savane ou au milieu de terres volcaniques. La flotte n’est plus une composante indispensable du programme, qui nous offre des plaines ou des collines. Ensuite les règles du jeu sont en constante évolution. Les équipes sont plus souvent remélangées, des participants sont exilés du groupe temporairement pour créer des rebondissements. Sur chaque camp est planquée une Idole d’Immunité individuelle. Le plus malin qui la trouve possède donc un levier supplémentaire pour échapper au conseil ou marchander avec les autres. Y’a deux semaines dans Koh-Lanta, le candidat le plus fort et le plus cool s’est fait sortir sur un tirage au sort pour cause d’égalité des voix au vote. What the fuck ? Dans Survivor, quand cela arrive, un mini jeu est organisé pour départager les deux candidats, ce qui est à la fois plus juste et plus dans l’esprit du show. Je crois que c’est à ce moment que j’ai décroché de cette saison de Koh-Lanta.

Puis il y a l’aspect épreuves. Forcément, les ricains étant beaucoup plus derrière leur poste, la production dispose de plus de moyens. Ils construisent des mini-stades, des totems, des cages, bref des tonnes de trucs méga cools qui rendent chaque défi complètement épique. Je veux bien croire que l’on a pas le même budget en France, mais de là a réutiliser les mêmes épreuves, chaque année, dans le même ordre. Dès que Denis annonce « un grand classique de Koh-Lanta » j’ai envie de me flinguer. Quel est l’intérêt d’avoir le même décor, les mêmes épreuves systématiquement ? Quand le téléspectateur lambda peut prévoir l’ordre des récompenses et les défis des semaines à l’avance, il y a un début de problème. A part les candidats, presque rien ne change et c’est l’ennui qui pointe le bout de son nez. Ou voilà comment je me retrouve à passer une bonne soirée entre potes au lieu de végéter chez moi un vendredi soir. Triste.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans Koh-Lanta. Les beaufs, c’est toujours plus marrant quand ils viennent de chez nous. Puis Denis, il est kewl avec sa voix off trop burnée. Dommage que pour un pays qui adore réformer pour réformer, le meilleur programme de real TV n’évolue pas plus.
Demain, bouquin.






Bon, j’ai un peu de retard côté Survivor, donc je sais pas s’il est toujours là, mais putain, des gens comme Russel c’est trop épique, et pour ce que j’en ai vu, vous en avez pas des comme ça en France !
(Du moins, hors du monde de la politique et de la présentation d’émissions télé)
Et merde, personne (ou presque, parce que je refuse d’inclure dans mon équation les Winchester et autres Whyndam Price) n’est aussi cool que Jeff Probst, en tout cas pas Brogniart. Jeff Probst il a un collier, damn. Jeff Probst il présente son début d’émission au millieu de vagues tellement hautes qu’elles foutraient des complexes à Godzilla (l’original, pas celui avec Broderick, comme diraient Andrew et Xander).
Jeff c’est l’Homme, il a de la classe, et il est réel.
Réel à au moins 83%.
Tu m’as presque donné envie de voir ce programme. En même temps, j’aime pas la pizza.
Je suis heureux de constater que la non-culture reçoit encore moins de commentaires que la culture.
+1
Moi j’trouve que c’est un bon moyen de mincir, j’ai adoré le coup du miroir « regardez-vous après un mois… »
« Quel est l’intérêt d’avoir le même décor, les mêmes épreuves systématiquement ? »
Je ne connais pas assez Survivor pour juger mais, en ce qui concerne Koh-Lanta, j’ai ma théorie sur l’intérêt des épreuves « classiques » et à répétition.
Tout d’abord, comme l’a démontré Freddy, connaître les épreuves permet de s’y préparer et, donc, d’apporter un côté « sensationnel » et sportif en plus de la simple compétition. Je me contenterai de citer en exemple les épreuves impliquant la construction d’un bateau. Flottouiller sur un tas de bois, c’est marrant, voguer sur un catamaran, c’est quand même beaucoup plus classe et vendeur.
Ensuite, la persistance des épreuves au-travers des saisons amène la possibilité de comparer les candidats d’une année à l’autre et d’établir des pseudo-records internes à l’émission. Je pense notamment au cochon-pendu, pendant lequel on attend toujours de voir l’un ou l’autre candidat détrôner l’actuel tenant du meilleur score ou, du moins, démontrer plus de résilience que notre candidat préféré de l’année précédente.
Finalement, comme on a pu le voir au long de cette saison, principalement dans les épisodes 10-11, une grande partie des stratégies découle de la réflexion « qui est-ce que j’ai envie d’affronter dans l’épreuve finale des poteaux? », ce qui amène les candidats à virer les adversaires les plus dangereux ou, du moins, à établir des techniques pour sauver leur propre peau à ce moment-là de l’aventure. Cette redondance de l’épreuve, certes lassante avec le temps, devient un pré-requis pour la mise en place du mécanisme principal du jeu.
Même si je suis assez d’accord avec l’idée qu’un peu de nouveauté, voire même un total changement de la dynamique de l’émission, serait assez rafraîchissants, je pense que la chaîne a la volonté de garder une certaine routine afin de conserver les points susmentionnés.