572 – Book Review 92

Je suis grave. J’en arrive à commander des bouquins sur la seule base de leur couverture même sur l’interweb. C’est atroce. On me collerait des rayonnages en 3D que je prendrais même plus la peine de bouger mon cul en librairie. Je suis tombé sur One Day au détour d’un achat sur Amazon UK, le titre était dans la sélection « Si vous avez kiffay machin, vous allez kiffer truc ». Jolie illustration, plein de petites étoiles colorées en jaune. Une lecture de synopsis plus tard et c’était dans mon panier, comme ça, au pif. Jamais entendu parler de David Nicholls. Pour cause, malgré une adaptation ciné de son premier roman, rien n’aura été traduit chez nous. One Day est arrivé avec sa couverture cartonnée toute douce, première édition non poche oblige. Je l’ai zieuté à côté de mon lit pendant des semaines, mourant d’envie de pouvoir m’y coller, malgré l’épaisseur du pavé.

Le 15 juillet 1988 Emma et Dexter sortent ensemble. Deux étudiants qui s’attirent, malgré leurs différences. Dex est un coureur de jupon un peu creux tandis qu’Em est intello précaire avant l’heure, se rebellant contre la guerre, la famine et les droits de l’homme. Ils se séparent au petit matin sans penser se revoir. Chaque 15 juillet, pendant vingt ans, nous allons voir où Dexter et Emma en sont de leurs vies respectives, que ce soit dans leurs projets professionnels ou leurs tentatives de trouver quelqu’un avec qui passer un moment de leur vie. A travers les joies, les peines, les coïncidences et les retrouvailles, c’est presque un quart de siècle qui s’écoule au rythme d’une amitié/romance ordinaire et malgré tout unique. One Day est une histoire d’amour bizarre, une réflexion sur nos rêves d’adolescents, et bien plus encore. En un mot, j’ai adoré.

Si le pitch m’avait attiré, j’avais très peur du côté artificiel de l’écriture. Mais Nicholls sait gérer sa structure narrative, ne rend pas chaque 15 juillet extraordinaire et arriver à tirer du sens même d’évènements complètement banals. La moitié du plaisir de lecteur est de reconstituer ce qui s’est passé dans chaque année qui sépare deux chapitres. Le reste du kiff réside dans l’incroyable fraîcheur des dialogues, qui arrachent sans peine un sourire de temps à autre. Dexter et Emma sont accompagnés de personnages secondaires qui grandissent avec eux, disparaissent et reviennent. Là est le point fort de One Day, d’arriver à encrer son histoire dans un réel éloigné des bouquins à l’eau de rose ou d’un quelconque Marc Levy. Arrivé au bout des quatre cent et quelques pages, j’avais l’impression de connaître tous les personnages et le final m’aura broyé les tripes au fond du lit dans lequel j’avais décidé de troquer mon sommeil contre la lecture du dénouement.

J’ignorais tout de David Nicholls mais la qualité de son écriture m’aura convaincu d’aller me renseigner sur ses autres bouquins. En attendant je ne peux que vous conseiller One Day à mort, vu que cela faisait longtemps que je n’avais pas autant été habité par un bouquin. Encore une traduction qui se perd. Fais chier.

Demain, j’avais prévu de parler mon FAI, mais actu oblige, j’irai taper sur les iMoutons.

TRAILER STAGE !!!

Si je signe un bouquin, je veux un truc comme ça, tout pareil, pour mouaaaaa !

22 réflexions sur “572 – Book Review 92

  1. (Hop le tacle sur Marc Levy au passage^^)

    Wé c’est bien beau tout ça et ça fait envie mais si c’est pour finir tout recroquevillé dans son lit parce qu’on a pas une aimée à proximité (L., I’m taliking about you!), je me demande : cela en vaut-il la peine² ?

  2. Tout pareil, absolument magnifique de bout en bout, bouffé en trois jours tellement j’ai aimé et tellement j’avais besoin de continuer.
    Habité est le bon terme.

    Mais la fin… Ouais. Voilà. J’en ai encore mal au coeur maintenant, mais un mal quasi palpable.

    Enfin bon, j’ai pleuré sur les deux tiers du bouquin, tellement ce qui y est dit est classe, et flippant, et vrai, donc mon opinion a ptet légèrement moins de poids que celle de quelqu’un de, au hasard, sain d’esprit.

    Still, un bouquin qui m’aura apporté quelque chose, en dehors d’une occupation momentanée, un truc “vrai”. Et ça fait toujours du bien quand ça arrive.

  3. Le pitch me rappelle trèèèès vaguement (500) days of Summer, sorti récemment.

    Tu l’as vu Reilly ? Je serais curieux de connaitre ton avis sur ce film.

  4. LQX –> Si t’aimes la littérature qui ne provoque pas d’émotion, c’est sûr, Marc Levy, c’est mieux. ^^

    Iris –> Méga amen, merci d’avoir cru en mon avis. Vraiment content que ça t’ai plu.

    Shibal –> De très très très très très loin alors. :p Je peux t’assurer que c’est plus profond que ça.

    Mon avis sur 500 Days of Summer, c’est que c’est une vaste escroquerie. Le perso de la fille est stéréotypé girl next door fofolle de film indé. Pendant ce temps, la construction narrative essaie de faire oublier que l’histoire est aussi plate que sans surprise.

    Niveau comédie romantique, c’est honnête, mais le film essaie de se faire passer pour plus intelligent et couillu qu’il n’est, ce qui est malhonnête.

  5. j’ai une question con mais… pourquoi tu t’essayes pas à la traduction? c’est un exercice d’écriture à part entière parce que retranscrire l’humour ou l’émotion c’est super balèze. ça peut être super intéressant et puis ça peut t’ouvrir une porte chez un éditeur. la traduction d’un bestseller ça peut être plus facile à refourguer qu’un premier roman. et une fois que t’es dans la place… Enfin bon je suis ptêtr complètement à côté de la plaque mais bon voilà je pensais tout haut en gros. ^^
    et sinon tes critiques donnent toujours autant envie de lire les bouquins dont tu parles. En Polynésie le livre est hors de pris et Amazon ne livre pas toujours chez nous donc je peux malheureusement pas tous les lire mais ma liste se rallonge et je vais faire un braquage en librairie en revenant en France à Noël!!
    ‘Snuff’ est le seul Palahniuk que j’ai réussi à chopper en livre et j’ai réussi à voir l’adaptation de ‘Choke’. Ce mec est vraiment taré mais qu’est ce qu’il est bon!

    • Techniquement je suis formé a la traduction. J’ai un diplôme d’anglais LLCE, j’ai eu des cours de version et de thème pour me préparer au métier de traducteur.
      Mais l’exercice est long, douloureux et très mal rémunéré. Sachant aussi que souvent ce ne sont pas les mêmes maisons ou les mêmes départements qui s’occupent des traductions et des romans français. Boris Vian a fait un peu de trad, et je crois que sur un livre coup de coeur j’aurais envie de m’y coller.

      Si on me proposait de traduire One Day, j’accepterai dans la seconde. Qui sait, peut-être un jour.

      Pour le reste je te réponds par mail.

      • personnellement, je te conseille d’explorer cette voie. La trad’, ça paie pas mal parmi les quelques contacts que j’ai. Par contre, oui c’est super long et dur… Pour connaître des gens qui connaissent claro (un des meilleurs traducteur français) j’ai pu entendre dire que le mec travaille tout le temps (en même temps il traduit des pavés de vollmann, par ex.). Mais il publie aussi ses propres romans maintenant.

  6. mmm… ça m’a l’air sympa comme truc.
    Cela dit, je trouve que de plus en plus de bouquins cherchent à s’articuler autour d’un point de vue ou d’un gimmick, en tous cas de plus en plus de bouquins parmi ceux que tu review, non?

    Y’a eu 13 reasons why, dans le même genre. A quand les bouquins au gimmick matériel, style tu suce les pages et ça a le goût de ce que mangent les persos!;

    J’ai rien contre le concept, en soit ça n’a rien de nouveau, mais on dirait vraiment que les auteurs sont obligés de se démener pour sortir des rangs – pourtant minces – et du coup, j’ai du mal à distinguer la réelle originalité de la hype creuse.

    Un petit truc, tu pourrais me rappeler le titre d’un bouquin que tu avais reviewé qui parlait d’un type plus ou moins en train de mourir en contrebas d’un périph urbain après un accident de voiture?

    Parfois j’ai des critiques que j’ai lues sur ton site qui me reviennent à l’esprit, j’aimerais bien me choper le bouquin mais j’ai la super flemme de parcourir > 500 notes pour retrouver la pépite. ça serait génial si tes critiques de bouquins pouvaient être indexées dans un coin – je sais, je suis chiant, mais je suis peut être pas le seul à chercher ;)

    • Ca fait un moment que je me dis que je devrais indexer mes critiques mais faut juste que je trouve la motive.
      Le bouquin que tu recherches c’est Concrete Island de JG Ballard, ça se passe là : http://tinyurl.com/ykxp2jl

      Note que j’ai parlé du syndrome gimmick en début de troisième paragraphe. ;)
      Après tout dépend de si l’auteur est bon, un gimmick c’est avant tout un cadre artistique, ça permet de poser des contraintes ce qui permet du même coup de se concentrer plus sur la structure et l’écriture.

      Prends Beigberder qui change de pronom (je tu il nous vous ils) au fur et a mesure de 99F. Etc etc…

      Si j’en lis pas mal c’est sûrement parce que la démarche m’intéresse, que j’ai envie de voir si ça tient la route une fois décortiqué.

      De plus une structure comme celle de One Day le rend quasi inadaptable au ciné, ce qui en fait un objet littéraire d’autant plus interessant.

  7. “Mais l’exercice est long, douloureux et très mal rémunéré.”

    Argh comment être blasée dès le matin, je suis traductrice freelance et je me tape des docs écolo, touristico emmerdants mon but ultime étant de me consacrer exclusivement à la traduction de manuscrits pour les maisons d’édition. Mais si même ce travail si noble ne paie pas alors tout espoir est perdu…

  8. Iris > T’es pas du genre à être d’accord avec le proverbe “Mieux vaut souffrir d’avoir aimé que de souffrir de n’avoir jamais aimé”, par hasard ? Nan pask à mon dernier chagrin d’amour, j’ai voulu raser la moitié du pays pour pas être le seul à avoir mal donc je voudrais éviter de me reprendre un coup de batte en adamantium dans la tête à mon cœur.

    Matthou > Nan mais je veux choisir mon émotion, les histoires d’amour en général j’évite si ça doit mal finir (surtout que les histoires d’amour finissent mal, en général) (et je suis plus SF/HF, t’façons).
    M’insulte qd mm pas en disant que je devrais lire du Marc Lévy.

    • Euh, non, aimer c’est le Mal, c’est être faible.

      Je sais pas si je suis d’accord avec le proverbe, j’ai combien de temps / pages pour répondre ? ^^

      Mais vraiment, ce bouquin vaut le coup, que tu aimes les histoires d’amour ou pas. C’est pas qu’une histoire d’amour, c’est une réflexion géniale, dans un style super agréable à lire. Pour le coup, ça devrait vraiment pouvoir plaire à beaucoup, beaucoup de gens.

      • Pourtant, le philosophe a dit “Aimer c’est ce qu’il y a d’plus beau, aimer c’est monter si haut et toucher les ailes des oiseaux, aimer c’est ce qu’il y a d’plus beau…”.
        Pour la dissert’, je dirais 4h, comme au bac et tu fais autant de pages que tu veux.

        Pour la lecture, je vais quand même attendre la version poche de la traduction par Matthounet. (Chui radin et j’ai encore 10-15 bouquins qui attendent.)

  9. Ophé –> Si tu vas a décitre VO (Bellecour) tu dois pouvoir le commander. Mais je te conseille très fortement de le choper sur le net, où il sera moins cher.

    Epiphane –> Après c’est un job qui peut payer si t’es rapide et au fur et a mesure que tu prends du galon. Je voulais pas te flinguer de bon matin.

    Socialement Membré –> Quel est le fuck ?

  10. Bah oui j’allais justement dire je suis a Londres donc ca doit se trouver quelque part mais le probleme c’est que c’est tellement grand que je sais pas ou aller. :(
    Je pourrais effectivemment l’acheter sur le net, ca irait plus vite mais avec les livres je sui sun peu (beaucoup) fétichiste alors j’aime bien les avoir en mains tout de suite…

  11. Ping : 1115 – Intermedium « -The Best Place-

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