Ce qu’il y a de bien avec Armageddon, c’est qu’M6 se gave sur leurs droits exclusifs de diffusion TV et le passent tous les ans. Du coup, si j’oublie l’existence de chef d’œuvre, hop, un petit rappel automatique. Y’a un moment j’avais promis de ce vous expliquer par A+B pourquoi Armageddon est un film parfait au sens littéral du terme. Car le troisième film de Michael « Dieu » Bay possède une place spéciale dans mon cœur, ce petit quelque chose qui fait que peu importe où il passe, M6, en fond à la FNAC où sur l’ordi d’un pote, je ne peux m’empêcher de m’arrêter pour zieuter. Mais qu’est-ce que ce film réputé de merde à de si kewl qui fait que je tiens absolument à le défendre ? Déjà il est sorti quasi en même temps que Deep Impact, qui lui est une vraie bouse, et devient donc faire-valoir d’Armageddon.

Mais passons plutôt à ma grande théorie. Je suis persuadé qu’un jour, à Hollywood, la fine fleur du marketing s’est réunie dans une grande salle en se jurant de ne jamais en sortir tant qu’ils n’auront pas bouclé la liste ultime pour un film parfait. Go la checklist ! Monde en péril, patriotisme ricain, héros beaufs, histoire d’amour neuneu, sacrifice héroïque, référence à Dr Follamour, BO par un groupe a la mode, explosions, ralentis, check, recheck, multi check et uber check dans ta gueule ! Bienvenue dans le film checklist, un peu comme si on tentait de faire une pizza en foutant tous les ingrédients disponibles dans le restaurant. Je veux dire, en mettant que des trucs cools et en mélangeant bien, ça va forcément déchirer sa race ! Non ? Car voilà ma thèse, Armageddon n’est constitué que d’éléments ultra efficaces, rien n’est mauvais en soi et la réalisation suit à tous les niveaux. Le film est parfait.

Cependant, la perfection fait peur. Après tout, on sait que les gens recherchent la symétrie dans le visage de l’autre. Mais si l’on montre a un mec la photo d’une fille complètement symétrique, il s’enfuit en courant, trouve que quelque chose cloche, qu’il y a un problème. Armageddon, c’est un peu pareil. On peut craindre l’américanisme, on peut trouver les sentiments too much, l’action surréaliste, la science absurde, la BO niaise, mais tout ceci ne relève que du ressenti, du goût personnel. D’un point de vue purement clinique, purement objectif, Armageddon est un agencement cohérent d’éléments intrinsèquement parfaits. A trop mélanger d’éléments à priori inoffensifs, on produit un film capable de déplaire à un tas de gens pour un tas de raisons. Mais les vrais savent. Les vrais savent qu’Armageddon est un film expérimental, une œuvre d’art imparfaite pour avoir voulu toucher les cieux, la tour de Babel du cinéma.

S’il vous fallait une dernière preuve qu’Armageddon défonce, sachez qu’un incendie à détruit tous les masters du film. Si le studio veut le sortir en Blu-Ray, il va devoir refaire les trois quarts du boulot de finition. Tout ça pour dire que Jésus lui-même a peur du Saint Graal et a fait pleuvoir sa justice divine afin d’en priver les hommes. Car la perfection en haute définition, ça risque de… disons que si vous avez vu la fin des Aventuriers de l’Arche Perdue, vous saisissez l’idée.
Demain, le début d’une triple note sur les e-readers.
TRAILER STAGE !!!
Richard Darbois à la voix Off, la famille putain !





