573 – Sit Down Shut Up

Avant-hier Apple a mis à jour la quasi-totalité de sa gamme d’ordinateur et, force est de constater que les améliorations sont pas dégueux. Côté portables les MacBook voient leur finition améliorée, avec un écran éclairé aux LEDs, ce qui est un gros plus. Les iMacs prennent en puissance avec des processeurs de fou furieux en option et profitent d’un nouveau design pour accompagner des écrans encore plus grands. Mais la grosse nouveauté de pseudo ouf malade c’est la nouvelle souris des iMacs, la Magic Mouse. Ouais, chez Apple on n’a peur de rien question marketing. Vous comprenez les gars, notre souris elle est « magique ». Effectivement c’est sexy la branlette du tout tactile, la souris sans boutons et son algorithme mystique qui détermine ce que veut l’utilisateur à tout moment. Ce qui m’aura très vite gavé, c’est qu’il aura fallu moins d’une heure après l’annonce du nouveau matos pour qu’un de mes potes évangéliste de la pomme vienne me dire de changer de bord.

On peut reprocher un max de trucs à Apple, l’opacité de la communication, la politique de management, les tarifs élevés, le manque de souplesse pour l’utilisateur et bien d’autres griefs. Mais ce qui ce, perso, me casse le plus les couilles, ce qui m’énerve le plus chez la pomme, c’est ses fans. Y’a rien de plus chiant qu’un connard qui tient absolument à te convertir, à te faire lâcher ton ordi de prédilection, comme si en n’étant pas mac user, tu étais dans le péché. Vous ne trouvez pas que ça a un côté super religieux, niveau prosélytisme ? La plus grosse force de frappe d’Apple, c’est ses consommateurs. Sans même leur intimer l’ordre d’aller évangéliser les masses, les bouffeurs de pomme se font une joie de monter au clash et d’aller forcer le dialogue. Le rêve de tout département marketing, posséder une armée de drones bénévoles entièrement dévoués à la cause. Un comportement d’autant plus suspicieux et flippant qu’il ne se retrouve pas ailleurs.

Certes, je me fais souvent prendre à parti par des linuxiens, mais c’est plus pour me cracher leur mépris au visage que de tenter de me faire basculer. On ne voit pas souvent non plus des mecs aller faire chier une pauvre fille avec son MacBook, a lui rabattre les oreilles pendant des heures pour aller chez Microsoft. Perso je n’ai pas besoin de me rassurer dans mon mode de vie en allant lobotomiser mes amis. Les iMoutons me rétorqueront que c’est parce que Windows, c’est de la merde, que ma souris Logitech double mollette quintuple bouton, c’est de la merde. Et que si je ne pars pas évangéliser, c’est que je sais que mes goûts sont à chier. Sauf que j’ai bossé des mois de stage sur un iMac, j’ai habité un an chez une copine à qui j’avais conseillé un iMac pour son utilisation perso. J’ai conscience des forces et des faiblesses de chaque camp. L’objectivité fait que je ne ressens pas le besoin d’aller pourrir mon entourage à moins qu’ils ne me le demandent.

M’est avis qu’il y a moyen de faire une vraie thèse de socio-marketing sur l’inconscient collectif des Mac Users. Tout ce que j’espère, c’est de pas m’en reprendre plein la gueule avec ces nouveautés. J’ai encore des migraines induites par les vociférations des pros iPhone et j’angoisse déjà de l’arrivée de l’iTablet en 2010. Sérieux, si vous avez du matos Apple, faites moi plaisir et gérer votre passion comme votre branlette quotidienne : en plaisir solitaire.

Demain, je réaliserai que je suis un adulte.

A PART CA STAGE !!!

A part ça, aujourd’hui, Windows 7 sort. Pour avoir bien tâté la béta, je peux vous dire que c’est une tuerie et le top départ pour la mise en route de l’achat de mon nouveau PC. Je vais kiffer jusqu’à compenser toute l’énergie négative envoyée par mes parfois connards d’amis.

572 – Book Review 92

Je suis grave. J’en arrive à commander des bouquins sur la seule base de leur couverture même sur l’interweb. C’est atroce. On me collerait des rayonnages en 3D que je prendrais même plus la peine de bouger mon cul en librairie. Je suis tombé sur One Day au détour d’un achat sur Amazon UK, le titre était dans la sélection « Si vous avez kiffay machin, vous allez kiffer truc ». Jolie illustration, plein de petites étoiles colorées en jaune. Une lecture de synopsis plus tard et c’était dans mon panier, comme ça, au pif. Jamais entendu parler de David Nicholls. Pour cause, malgré une adaptation ciné de son premier roman, rien n’aura été traduit chez nous. One Day est arrivé avec sa couverture cartonnée toute douce, première édition non poche oblige. Je l’ai zieuté à côté de mon lit pendant des semaines, mourant d’envie de pouvoir m’y coller, malgré l’épaisseur du pavé.

Le 15 juillet 1988 Emma et Dexter sortent ensemble. Deux étudiants qui s’attirent, malgré leurs différences. Dex est un coureur de jupon un peu creux tandis qu’Em est intello précaire avant l’heure, se rebellant contre la guerre, la famine et les droits de l’homme. Ils se séparent au petit matin sans penser se revoir. Chaque 15 juillet, pendant vingt ans, nous allons voir où Dexter et Emma en sont de leurs vies respectives, que ce soit dans leurs projets professionnels ou leurs tentatives de trouver quelqu’un avec qui passer un moment de leur vie. A travers les joies, les peines, les coïncidences et les retrouvailles, c’est presque un quart de siècle qui s’écoule au rythme d’une amitié/romance ordinaire et malgré tout unique. One Day est une histoire d’amour bizarre, une réflexion sur nos rêves d’adolescents, et bien plus encore. En un mot, j’ai adoré.

Si le pitch m’avait attiré, j’avais très peur du côté artificiel de l’écriture. Mais Nicholls sait gérer sa structure narrative, ne rend pas chaque 15 juillet extraordinaire et arriver à tirer du sens même d’évènements complètement banals. La moitié du plaisir de lecteur est de reconstituer ce qui s’est passé dans chaque année qui sépare deux chapitres. Le reste du kiff réside dans l’incroyable fraîcheur des dialogues, qui arrachent sans peine un sourire de temps à autre. Dexter et Emma sont accompagnés de personnages secondaires qui grandissent avec eux, disparaissent et reviennent. Là est le point fort de One Day, d’arriver à encrer son histoire dans un réel éloigné des bouquins à l’eau de rose ou d’un quelconque Marc Levy. Arrivé au bout des quatre cent et quelques pages, j’avais l’impression de connaître tous les personnages et le final m’aura broyé les tripes au fond du lit dans lequel j’avais décidé de troquer mon sommeil contre la lecture du dénouement.

J’ignorais tout de David Nicholls mais la qualité de son écriture m’aura convaincu d’aller me renseigner sur ses autres bouquins. En attendant je ne peux que vous conseiller One Day à mort, vu que cela faisait longtemps que je n’avais pas autant été habité par un bouquin. Encore une traduction qui se perd. Fais chier.

Demain, j’avais prévu de parler mon FAI, mais actu oblige, j’irai taper sur les iMoutons.

TRAILER STAGE !!!

Si je signe un bouquin, je veux un truc comme ça, tout pareil, pour mouaaaaa !

571 – Our Big Brother

J’ai déjà confessé ma fascination pour Koh-Lanta, qui avait le mérite l’année dernière d’être diffusé le mardi, jour de la pizza à moitié prix chez Domino’s. Ca reste une des seules émissions de real TV que j’évite de louper. Les grands espaces, les candidats hauts en couleur, ça fait rêver. Sans oublier surtout la voix off bac+5 de notre Denis national. Pourtant, cette rentrée, le cœur n’y est plus vraiment. J’ai loupé un épisode par ci par là, peine a resté captif de l’émission. Déjà diffuser le programme le vendredi, ça me force à me faire à manger, et ça c’est pas cool. Ensuite ça me prive de sortie roller avec mon bro ou une camarade de classe. Mais le vrai problème, c’est Survivor, l’original, celui qui passe aux Us of A. Depuis que c’est diffusé en hachedé, je me le télécharge chaque semaine et je réalise à quel point Koh-Lanta c’est minable en comparaison.

Ce qui saute aux yeux, c’est le setting, le décor. Là où TF1 persiste à filmer les mêmes paysages, Survivor à les moyens et l’ambition de faire des saisons en plein milieu de la savane ou au milieu de terres volcaniques. La flotte n’est plus une composante indispensable du programme, qui nous offre des plaines ou des collines. Ensuite les règles du jeu sont en constante évolution. Les équipes sont plus souvent remélangées, des participants sont exilés du groupe temporairement pour créer des rebondissements. Sur chaque camp est planquée une Idole d’Immunité individuelle. Le plus malin qui la trouve possède donc un levier supplémentaire pour échapper au conseil ou marchander avec les autres. Y’a deux semaines dans Koh-Lanta, le candidat le plus fort et le plus cool s’est fait sortir sur un tirage au sort pour cause d’égalité des voix au vote. What the fuck ? Dans Survivor, quand cela arrive, un mini jeu est organisé pour départager les deux candidats, ce qui est à la fois plus juste et plus dans l’esprit du show. Je crois que c’est à ce moment que j’ai décroché de cette saison de Koh-Lanta.

Puis il y a l’aspect épreuves. Forcément, les ricains étant beaucoup plus derrière leur poste, la production dispose de plus de moyens. Ils construisent des mini-stades, des totems, des cages, bref des tonnes de trucs méga cools qui rendent chaque défi complètement épique. Je veux bien croire que l’on a pas le même budget en France, mais de là a réutiliser les mêmes épreuves, chaque année, dans le même ordre. Dès que Denis annonce « un grand classique de Koh-Lanta » j’ai envie de me flinguer. Quel est l’intérêt d’avoir le même décor, les mêmes épreuves systématiquement ? Quand le téléspectateur lambda peut prévoir l’ordre des récompenses et les défis des semaines à l’avance, il y a un début de problème. A part les candidats, presque rien ne change et c’est l’ennui qui pointe le bout de son nez. Ou voilà comment je me retrouve à passer une bonne soirée entre potes au lieu de végéter chez moi un vendredi soir. Triste.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans Koh-Lanta. Les beaufs, c’est toujours plus marrant quand ils viennent de chez nous. Puis Denis, il est kewl avec sa voix off trop burnée. Dommage que pour un pays qui adore réformer pour réformer, le meilleur programme de real TV n’évolue pas plus.

Demain, bouquin.