612 – Ghost In The Shell

Ce soir, enfin, mercredi soir, il m’est arrivé un truc bizarre. En pleine discussion avec une copine chez moi, j’ai eu une sorte de flash, une vision, quelque chose de totalement aléatoire. J’ai vu une clairière en forêt, un petit champ. Sans savoir pourquoi j’ai pensé à du miel, l’odeur du miel, et les cadres plein d’alvéoles. Des couleurs aussi. Mais, surtout, la certitude que ce morceau de souvenir est lié à mon amie d’enfance, celle de vingt ans, de l’époque où sa mère était encore vivante, d’une maison de campagne. Sur le coup je me suis senti trop bizarre, submergé par cette espèce de vision du passé, floue visuellement mais complètement chargée au niveau des sens. Plus la soirée avançait, plus la nuit avançait, et moins j’étais sûr de l’authenticité du souvenir là où quelques heures plus tôt j’étais certain d’avoir remis la main sur un bout d’enfance perdue. Où comment je me suis retrouvé à me lever à 4h45 du matin pour tapoter cette note.

Je regarde l’heure et je me dis que je vais être complètement pulvérisé demain. Mais j’avais besoin de coucher sur traitement de texte le peu de certitudes qu’il me reste. Je pourrais appeler mon amie, lui demander si effectivement elle n’avait pas une maison de campagne à un moment. Le reste des bribes est trop mince pour en tirer quoi que ce soit. Et si, comme je doute de plus en plus, ces visions de paysages n’ont rien à voir avec elle ? Tout ce que je sais, c’est la date approximative, de l’époque où j’étais vraiment tout môme. A bien y cogiter au fin fond de mon lit trop petit, je retrouve d’autres images, qui n’ont rien à voir, plus provençales. Une arche en lierre, des rangers de Pêchers cerclés d’herbe jaunie, une rivière argileuse. Moi et mon frangin en train de faire sécher des sculptures simplistes. Une fois de plus je ne saurais dire précisément où, ni précisément quand. Ces souvenirs comme l’autre sont en train de mourir.

La mécanique cérébrale me fascine, je lis tout ce que je peux sur la question. Je sais que la mémoire est stockée en plusieurs endroits, que les informations se déplacent suivant la fréquence à laquelle on y fait appel. J’ai aussi lu quelques articles qui postulent que les plus vieux souvenirs, ceux qui n’ont pas une grande utilité, ou les traumatismes, finissent par être effacés, où repoussés si loin qu’il devient quasi impossible de remettre la main dessus. Si j’ai ressenti le besoin impérieux de foutre le peu de nuit qu’il me reste en l’air, c’est que j’ai peur d’être tombé sur le chant du cygne d’un bout d’enfance. Il y a un tas de raisons qui font que j’ai perdu pas mal de choses de cette époque. J’en parlerai peut-être un jour. Toujours est-il que celui là au moins, que mon amie le confirme ou pas, j’en garde une trace sur mon maigre blog. Quinze ans après l’avoir vécu, c’était peut-être la dernière fois que je le croisais. Et dans quinze ans, en fouillant dans mes vieux textes, s’il ne me dira rien, je saurais qu’il a existé.

Fuck. Cinq heures. Sans déconner. Avec le réveil qui sonne dans trois heures. Bon, allez, la bise, moi et mon boxer Dim on file. Rendez-vous demain où on parlera d’un truc beaucoup plus beauf. Zou. Bonne nuit au Reilly du passé.

611 – Cine Club 78

Par deux fois j’ai perdu une (petite) amie devant un film. Comme de par hasards, deux très bons films. On verra le premier à l’occasion, aujourd’hui on parle du second. Enfin, second, c’est le premier long-métrage de Rémi Bezançon, qui a ensuite réalisé l’extraordinaire Premier Jour Du Reste De Ta Vie, son second film. Ca va, vous suivez ? Ma vie en l’air donc, petite vanne pour un grand film de 2005. La comédie romantique semble faire parti de ces genres maudits en France, de ceux qu’on est pas capable de faire aussi bien que les ricains. Beaucoup s’y sont cassés les dents. Mais pas Bezançon, parce qu’il sait tenir une caméra, parce qu’il a un grand sens du script et peut compter sur des acteurs qui en se donnent plus que d’habitude. Avant « l’incident » j’avais vu et revu Ma vie en l’air, film parfait pour s’offrir la surprise d’un bon moment.

La mère de Yann est morte en le mettant au monde dans un avion. La compagnie aura offert à l’enfant un ticket gratuit, à vie. Mais Yann n’en aura jamais profité, traumatisé depuis la naissance et phobique de l’avion. Alors que la femme de sa vie doit partir plusieurs mois à l’étranger, le maintenant vingtenaire est incapable d’aller la rejoindre, mettant un terme à leur relation. Quelques années plus tard, Yann vit avec Ludo, son aussi pénible qu’attachant meilleur ami. Les deux hommes s’étaient juré de ne plus flirter avec les voisines. C’était avant l’emménagement d’Alice, qui ne semble pas non plus indifférente aux charmes de Yann. Le happy end serait trop simple, le passé ressurgit et Yann va devoir choisir et surtout se poser la question. Peut-il laisser sa phobie faire ses choix à sa place et le faire passer à côté de sa vie.

Bon, en fait, ce qui tue dans Ma vie en l’air, c’est la structure. L’histoire ne cesse de faire des bonds dans le temps, insère des flashbacks plus ou moins utiles et se permet quelques petits délires de réalisation. Le film devient ultra efficace et cloue au fauteuil tout en laissant l’ennui au loin. Dans un second temps les dialogues font leur petit effet. J’ose affirmer qu’on y trouve quelques pépites (l’économiseur de mots, les amis d’enfance) qui restent en tête. Niveau casting c’est une des rares fois où j’ai trouvé Marion Cotillard et Gilles Lelouche supportables, ce qui à mon niveau est un bel exploit. Elbaz trouve ici un de ses meilleurs rôles alors que tous les seconds couteaux ont l’opportunité de briller (rhaaa, les autres filles !). Reste à saluer la musique, composée par Sinclair comme sur le Premier jour du reste de ta vie. Super boulot, thèmes qui reviennent et score original. Tous les ingrédients pour un film qui vous reste en tête.

Ma vie est l’air est le Divx DVD que je ressortais à la moindre occasion, pour montrer aux potes comme pour passer une bonne soirée dans les bras d’une fille qui sent bon. Depuis « l’incident » j’ai regardé des bouts, mais jamais plus en entier. Ca reviendra. D’ici là, faites moi plaisir en vous faisant plaisir. C’est de la bombe et il fait froid dehors. Aucune excuse.
Oh. Et, heu… Si votre ex appelle pendant le film, décrochez pas. Okay ?

Demain, vous saurez ce qui m’a poussé à me relever à cinq heure du mat’.

TRAILER STAGE !!!

610 – Satisfaction, I Do Not Haz It

Bon. Mercredi, j’ai pris ma carte bleue à deux mains et j’ai acheté un Netbook. Je me hais. Déjà parce que le Netbook c’est un peu l’antithèse totale et absolue de mes goûts en matière de high tech. C’est épais, c’est moche, c’est lent et dans deux ans ça servira plus à rien. Mon dernier ordinateur était un DELL professionnel avec un écran à la résolution de fou, une finition alluminium, un processeur qui crachait du feu et une assurance uber multi risques trois ans intervention à domicile J+1. Mille six cent euros que ça m’avait coûté. Résultat, un portable qui résiste encore et toujours quatre ans et demi après. Retour au présent où j’ai besoin d’une petite machine pour bosser/écrire/bloguer dans le train/avion et en déplacement/à l’étranger. Prix du bousin, trois cent ving-cinq keuss. Et c’est du moyen/haut de gamme. Et j’ai rajouté deux gigas de ram à cinquante euros pour faire style je suis pas une baltringue.

En plus déjà à l’achat ça s’est moyen passé. Je l’ai chopé chez Surcouf, qui, miracle, proposaient le meilleur prix. D’entrée le vendeur me sort qu’il a fini son service. Je lui ai fais l’evil eye, lui expliquant que j’étais pas un connard de casual et qu’en m’accordant deux minutes il toucherait une commission. Banco, l’individu s’est rassis. Direction les clefs USB à la recherche de celle vue sur le net. On n’en a plus. Faut prendre celle qui coute plus cher. Fuck you. Direction l’étage pour acheter de la ram. On n’en a plus. Faut commander ou revenir. Fuck you. Heureusement, rayon de soleil dans la tourmente, la caissière. Sérieux, avec des yeux et un sourire pareil elle devrait vendre son corps, ou faire de la TV, ou se faire entretenir. Trop de tristesse de la voir scanner des codes barres le visage cerné par la mélancolie. Une petite blague, un clin d’œil et un bout de conversation avec cette apparition auront sauvé la soirée.

Une fois à la maison, gros rush de déception post achat. Holy shit j’ai acheté un putain de Netbook parce que je suis pauvre ! Il est moche ! L’écran brillant c’est une horreur ! Je m’en servirai quasi jamais ! Sincèrement j’ai qu’une envie c’est d’être à New-York et bloguer avec pour justifier la dépense. Sans parler du fait qu’il est déjà pété. Oui oui, vous ne rêvez pas, sorti du carton mon Compaq merde. Doit y avoir un faux contact entre l’écran et je sais pas quoi qui fait que suivant l’inclinaison, des trainées de pixels dégueulasses scintillants apparaissent. Alors que j’écris cette note à Lyon, je soupire de désespoir à l’idée d’aller devoir gueuler au SAV de Surcouf (epic lol) dès mon retour à Paris en janvier pour faire réparer mon ordinateur neuf. Que dire ? Je sais. Fuck you.

Allez, plus que quelques jours et quelques bidouillages pour trouver l’angle optimal de l’écran et je suis certain que je serai satisfait de mon achat. Mais d’ici là, je risque de ruminer encore un bon moment. Demain ciné club spécial traumatisme personnel et aviation (ça sent le décollage tout ça).