604 – Cine Club 77

En début de semaine, Jocelyn Quivrin est mort, ce qui est pas cool. Déjà parce que malgré sa filmo a moitié merdique (j’ai envie de dire « LOL »), je l’aimais bien. Je sais pas, c’est physique, il a l’air sympa. Puis il était juste awesome dans 99 Francs, l’adaptation du bouquin montée par Jean Kounen en partie sur des fonds privés, puisque les chaînes voulaient pas financer un film anti pub. Logique. Même si taper sur la pub c’est à peu près aussi utile que de tenter d’expliquer à une fan de Twilight qu’elle devrait se flinguer. Tout le monde sait que saymal, mais aucun montage d’enfants mourant de faim et de poussins passés au broyeur ne changera quoi que ce soit. Oui, c’est dans le film, qui comme le bouquin fait l’erreur de croire qu’il est important. Les grandes chaînes ont raté une bonne occase de paraître badass alors qu’elles ne risquaient rien. Mais la paranoïa, dans le com, c’est un mode de vie. Hum, ce serait trop bien qu’un petit jeune écrive un manuscrit là-dessus et tente de le vendre en janvier. Oh, wait…

Sinon l’adaptation suit à peu près à la lettre la trame du bouquin. Octave est concepteur rédacteur à la Rosse & Witchcraft (bonne vanne visuelle, les petits caractères) et bosse sur la campagne pub d’un nouveau yaourt Madonne (bonne vanne visuelle, le logo de la marque). Le directeur de création est un con, le commercial est un con, le client est un gros con. En fait c’est tous des cons, même Octave, qui largue sa meuf trop canon/sympa parce qu’elle est enceinte. Mais c’est pas grave vu qu’elle sert à rien narrativement, juste à envoyer une échographie de temps en temps pour faire hardcore. Quand le script à finit de taper sur la pub, une intrigue se met en route. Après avoir validé la campagne de merde, Octave prend de la drogue et écrase des piétons dans une scène animée sans budget. Puis y’a deux fins alternative, une réaliste un peu chiante et une fun mais complètement bordélique. Le côté positif c’est que c’est mieux que le bouquin, où y’a qu’une seule conclusion, et qu’elle est hyper pourrave.

Okay, jusqu’ici on dirait que je tape pas mal sur 99 Francs. Mais j’y peux rien si en France on ne sait pas structurer un roman et que Beig ne sait pas conclure (private joke). Sauf qu’en fait, le film fourmille de trucs cools, juste, pas dans la trame, ni dans Elisa Tovati et sa bouche chevaline. On trouve des tonnes de bonnes phases, comme la rupture multilingue, la bouse de dernière minute, la réunion client ou les Danois. Jean Dujardin habite Beigbeder et prouve s’il le fallait encore, qu’il a tout d’un grand. Quivrin justement défonce en charlie, directeur artistique déjanté qui boit du Dr Pepper tout le film (ça faisait marrer Kounen d’avoir dans le champ un produit pas vendu en France, bon délire). Le second gros atout de cette adaptation, c’est le réal justement, qui esthétise les textes déjà esthétisés du roman. Des tonnes de plans sublimes, des décors qui fourmillent de petits détails (le hamster hystérique). Le budget ne suit pas toujours, comme dans la séquence animée en carton mais l’inventivité visuelle de Kounen justifie à elle seule le déplacement.

Ridicule et absurde quand il dénonce la pub ou se perd dans les délires cheap/trash de Beigbeder mais truffé de pépites, 99 Francs le film est un cran au dessus du roman malgré la fin irrécupérable, même lourdement réécrite. Petit ovni et morceau de bravoure dans la démarche (aussi hypocrite que soit le système, fallait quand même réussir à le monter, et pour ça, chapeau), 99 Francs mérite un visionnage, pour l’image et les très bons morceaux. Si vous ne le regardez pas pour ça, dites vous qu’au pire y’a Vahina Giocante en sous-vêtements (attention à la cellulite des cuisses sur le Blu-Ray).

Demain, aucune idée, on verra.

TRAILER STAGE !!!

15 réflexions sur “604 – Cine Club 77

  1. “Jean Dujardin habite Beigbeder et prouve s’il le fallait encore, qu’il a tout d’un grand. ”

    Bordel, arrête de prendre de la drogue*, ou au moins d’écrire des insanités pareil. CAY MAL !

    *Si t’en prends pas, commence. Sérieux, n’importe quoi pour éviter d’avoir à relire ça. Aimer Jean Dujardin tue des chatons.

    • Je suis amoureux de Vahina Giocante et j’approuve ce message.

      (un peu, parce que taper sur JD n’est pas non plus très classe. ya pire.)

      (mais matthou, ta phrase m’a putain de fucking piqué les yeux !!)

  2. Ah ben tu vois, tu disais il y a qqs semaines (?) qu’il n’y avait pas d’actrice jolie et bonne actrice, et là tu parles de Vahina Giocante. Alors… non ?

    Sinon… Pas lu/Pas vu, je peux rien dire (mais je parle quand même… Curse you, web 2.0!!! – Sérieux, faut que je trouve des vrais gens à qui parler, ça devient n’importe quoi, là ; en plus on dirait que je stalke ton blog en espérant preumser alors que même pas et… Wé, j’arrête).

  3. @Iris:

    D’habitude, je t’aime. Mais là faut pas dire de bêtises! Jean Dujardin c’est un peu le seul ACTEUR Français actuellement pouvant jouer tous les registres sans jouer “du” Jean Dujardin en l’occurence. Il est à des années-lumières devant Clovis Cornillac, Benoit Magimel, autres Guillaume Canet.
    Et je ne ferais pas l’affront de parler “d’acteurs” comme Samuel LeBihan, Mickael Youn etc…

    Allé, j’ose! Dujardin bouffe du Vincent Cassel au petit déjeuner, ayé, c’est dit!! :D :D

    Oki, dans certaines comédies il peut s’égarer (la scène d’OSS 117 involontairement introduite dans Lucky Luke), mais globalement il tient la route et arrive même, au comble de l’impossible dans le cinéma français, à se faire oublier derrière ses personnages… Arg!!

    @Dude:
    C’est quoi la fin du bouquin? Il fini en taule? (Je dis ça au pif, mais ça à l’ai de bien collé avec une fin naze à cheval entre les deux fins du film )

  4. Iris –> C’est facile de vivre avec un aussi mauvais goût ?

    LQX –> Giocante est tout sauf une grande actrice, même moyenne en fait. Dans le film elle est là genre 10min à tout casser et ne fait pas d’étincelles faut pas déconner.

    Dude –> Pile. SPOILER ALERT. A la fin du bouquin Octave gagne le festival de cannes de la pub avec son film parodique (au lieu de le balancer sur TF1) mais finit en taule pour le meutre sous coke d’une mamie (au lieu de piétons) après lui avoir, sérieux, enfourné son dentier entre les cuisses. Pendant qu’il est en taule on apprend que Marronier et sa meuf sont sur une île paradisiaque secrète avec Elvis et Claude François.

    Oui, je sais.
    FIN SPOILER.

  5. J’ai pas lu le bouquin, du coup peut être que ça m’échappe, mais pourquoi toute ces références au Christ dans le film ? Le coup des trente trois ans, la position en croix au tout début, et puis là dans le trailer où il ne pourrait pas être plus explicite.

  6. “Si vous ne le regardez pas pour ça, dites vous qu’au pire y’a Vahina Giocante en sous-vêtements (attention à la cellulite des cuisses sur le Blu-Ray)”
    –> un mythe s’effondre T_T

    Je suis plutôt d’accord avec ce que tu as écrit, un petit ovni dans un paysage cinoche français ennuyeux. Moi qui ne suis pas un ultra fan de Dujardin, je l’ai trouvé très bon, et Kounen est tout simplement l’un des meilleurs réal’ français.

  7. Heu.. Vahina Giocante est même et surtout en nu intégral pour peut-être la meilleure scène du film. (Oui, je sais, je compte monter le même genre de site que dans en cloque mode d’emploi)

    Sinon bon film français fais en mode hollywood, j’ai bien aimé au-delà de la réaction contraire à toutes les critiques qui le descendait.

  8. Lupus –> Nan mais faut pas croire, je demande que ça de defendre des films français ! LA preuve je le refais la semaine prochaine.

    jaes –> Parce que ça les fait kiffer, des références a la christianité dans un film trash, ça leur donne l’impression d’être hardcore.

    yacine –> Ah bon ? En même temps avec un rôle de 10min il prennait pas trop de risques.

    Régis & jedounet –> Coupaaain !

    Zaven –> Ué bon d’accord pour le semi nu intégral. Et les crirtiques sont stupides, ce film est bon.

    • Bien vu pour la durée des rôles. C’est vrai que c’est plus dur de porter un film sur ses épaules. J’avais trouvé Quivrin & Mille dans la bonne tonalité de jeu: détachés, pince-sans-rire & laissant leurs dialogues faire le taf à leur place. A côté J.Dujardin en fait des caisses pour jouer son rôle extraverti de pubeux débaucher et non seulement c’est fatigant mais en plus c’est redondant. Sa grosse erreur, je trouve c’est d’avoir singé Beigbeder. Duajrdin est doué & j’aurais aimé le voir créer un vrai personnage, avec ses propres manies, tics (et sa propre coupe de cheveux par exemple).

  9. Bon.

    Va falloir que je le mate ce film.

    Lu le bouquin, et j’en suis sortit assez mitigé: y’a plein de bonnes petites idées ici et la, mais y’a pas d’histoire. Ce qui a le don de me faire gravement chier.

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