Ce soir, enfin, mercredi soir, il m’est arrivé un truc bizarre. En pleine discussion avec une copine chez moi, j’ai eu une sorte de flash, une vision, quelque chose de totalement aléatoire. J’ai vu une clairière en forêt, un petit champ. Sans savoir pourquoi j’ai pensé à du miel, l’odeur du miel, et les cadres plein d’alvéoles. Des couleurs aussi. Mais, surtout, la certitude que ce morceau de souvenir est lié à mon amie d’enfance, celle de vingt ans, de l’époque où sa mère était encore vivante, d’une maison de campagne. Sur le coup je me suis senti trop bizarre, submergé par cette espèce de vision du passé, floue visuellement mais complètement chargée au niveau des sens. Plus la soirée avançait, plus la nuit avançait, et moins j’étais sûr de l’authenticité du souvenir là où quelques heures plus tôt j’étais certain d’avoir remis la main sur un bout d’enfance perdue. Où comment je me suis retrouvé à me lever à 4h45 du matin pour tapoter cette note.

Je regarde l’heure et je me dis que je vais être complètement pulvérisé demain. Mais j’avais besoin de coucher sur traitement de texte le peu de certitudes qu’il me reste. Je pourrais appeler mon amie, lui demander si effectivement elle n’avait pas une maison de campagne à un moment. Le reste des bribes est trop mince pour en tirer quoi que ce soit. Et si, comme je doute de plus en plus, ces visions de paysages n’ont rien à voir avec elle ? Tout ce que je sais, c’est la date approximative, de l’époque où j’étais vraiment tout môme. A bien y cogiter au fin fond de mon lit trop petit, je retrouve d’autres images, qui n’ont rien à voir, plus provençales. Une arche en lierre, des rangers de Pêchers cerclés d’herbe jaunie, une rivière argileuse. Moi et mon frangin en train de faire sécher des sculptures simplistes. Une fois de plus je ne saurais dire précisément où, ni précisément quand. Ces souvenirs comme l’autre sont en train de mourir.

La mécanique cérébrale me fascine, je lis tout ce que je peux sur la question. Je sais que la mémoire est stockée en plusieurs endroits, que les informations se déplacent suivant la fréquence à laquelle on y fait appel. J’ai aussi lu quelques articles qui postulent que les plus vieux souvenirs, ceux qui n’ont pas une grande utilité, ou les traumatismes, finissent par être effacés, où repoussés si loin qu’il devient quasi impossible de remettre la main dessus. Si j’ai ressenti le besoin impérieux de foutre le peu de nuit qu’il me reste en l’air, c’est que j’ai peur d’être tombé sur le chant du cygne d’un bout d’enfance. Il y a un tas de raisons qui font que j’ai perdu pas mal de choses de cette époque. J’en parlerai peut-être un jour. Toujours est-il que celui là au moins, que mon amie le confirme ou pas, j’en garde une trace sur mon maigre blog. Quinze ans après l’avoir vécu, c’était peut-être la dernière fois que je le croisais. Et dans quinze ans, en fouillant dans mes vieux textes, s’il ne me dira rien, je saurais qu’il a existé.

Fuck. Cinq heures. Sans déconner. Avec le réveil qui sonne dans trois heures. Bon, allez, la bise, moi et mon boxer Dim on file. Rendez-vous demain où on parlera d’un truc beaucoup plus beauf. Zou. Bonne nuit au Reilly du passé.






Très jolie note.
Mais utiliser une image de Dollhouse alors que t’as même pas vu l’épisode 2.04, c’est fucking weak.
QUOi ?! il n’a même pas vu l’épisode 2.04 ! ah oui, c’est la honte.
Total Recall.
En fait, des études récentes montrent qu’on ne peut pas faire la différence entre un souvenir réel et un fictif, le confronter avec ses proches est le seul moyen d’être sûr qu’il est vrai (en espérant qu’ils ne mentent pas, ou que tu ne les contamine pas avec ce faux souvenir ou qu’ils n’ont pas reçu le même implant mémoriel). We’re screwed.
Heureusement que j’ai eu 7 en philo au bac, sinon je m’interrogerais sur la réalité.
Merci pour la barre de rire à 2h du mat sur la photo de Dollhouse avec les 3 constipés, merci beaucoup!!
» A fait un gros dodo » j’adore
Sinon, oui, ce genre de question me turlupine assez souvent aussi. Déjà parce que je n’ai pas beaucoup de souvenir du passé en général, et surtout, parce qu’en ce moment, mes médoc ont tendance à me faire faire des rêves ultra réalistes, qui me laissent le doute que ce ne soient pas des vrais souvenirs…
Belle note et ces petits moments de nostalgie…
La maison de campagne, à Chuzelles… Il y avait des ruches. On mâchait les petites alvéoles en cire pleines de miel comme si c’était des chewing-gums… True.
Complétement hors-sujet: le biopic de Jericho, bon choix monsieur. Je te conseille aussi celle de Edge, digeste et rigolote dans le même genre.