Je suis à près certain que vous connaissez cette fille. Elle est jolie, enfin avec beaucoup de charme au moins. Sa profonde mélancolie s’affiche sur son visage, s’insinue dans le timbre de sa voix. Et vous n’avez qu’une envie, c’est de la prendre dans vos bras. De lui caresser les cheveux en lui racontant un tas de trucs réconfortants. Parce que cette fille est paumée, et d’un coup ça la rend plus désirable. Je veux dire, fuck, il faut que quelqu’un aille la sauver, à grand renforts de câlins et de petit déjeuner au lit ! Oui mais non. Parce qu’en fait, vous allez vous en prendre plein la gueule. Sale connasse qui va vous briser le cœur, alors que votre petit enfer personnel dans lequel vous allez vous retrouver était pavé de bonnes intentions. Cette fille, vous la connaissez, je la connais. Et en fait, j’ai bien peur de beaucoup lui ressembler.

Y’a pas longtemps, une demoiselle qui me tournait le dos alors que j’étais allongé peinard sur mon lit m’a dit qu’elle commençait à vraiment apercevoir mon côté connard quand même. J’ai protesté pour la forme, histoire de grogner un peu, faire l’alpha mâle. Mais une fois la demoiselle partie, j’ai fini par cogiter (le problème quand votre Xbox est morte, on cogite beaucoup trop). En tant que mouchoir pour traumatisée de l’amour j’ai depuis longtemps entendu parler du fameux « paumé/connard ». C’est le mec qui attire avec son regarde de chien battu, toutes les fêlures dans sa carapace. Bref, il est paumé. La faute à la sortie d’une longue relation, d’une déception amoureuse ou d’une vie un peu trop bordélique. Mais c’est aussi un conard. Non parce qu’il se fout de tout, y compris des sentiments des autres, réalise toujours après coup quand il fait une connerie et à tendance à ne pas faire gaffe à ses poussées d’égoïsme.

Plus je réfléchissais à la question, emmitouflé dans ma couette de la win trop douce qui sent bon, plus j’avais l’impression de trouver une petite case dans laquelle me mettre. Après un rapide bilan de mes relations sentimentalo-sexuelles de l’année passée, je n’avais pas d’autre choix que de faire face à l’atroce vérité : je suis devenu un cliché. Pire, un cliché que je déteste. J’en veux à trop de filles qui avaient eu des réactions semblables aux miennes. Sans parler du fait que des mois après, malgré des tonnes d’explications, une ex peut ne toujours pas comprendre comment je voyais la relation et à quel point en fait je pouvais tenir à elle. Paumé jusque dans mes arguments, coupable des mêmes offenses que des fantômes de mon passé sur lesquels je crache encore. Plus triste, tu meurs.

J’ai souvent entendu dire que les gens paumés, tu peux pas les sauver. Peu importe que tu sois le mec parfait avec la fille tordue, peu importe qu’une nana en or tente de récupérer un paumé, les seuls qui peuvent les sauver, c’est eux-même. Tout ce que je comprends, c’est que j’ai du boulot. Fuck.





