603 – The Last Spark

Le jour où j’ai acheté ma 360, c’était une journée de merde. D’abord le fils de pute de connard de sa race de vendeur qui me dit « Pourquoi vous prenez pas une PS3 ? C’est mieux. Elle est mieux. Les jeux sont mieux. » Non mais je préfère les exclus Crosoft en fait. « Ah, je vois, un fanboy. » Mais go fuck yourself ! Rentré à la maison avec mon Pack CoD 4, je m’aperçois que la console est modèle de l’année précédente. Je retourne en ville, avec la 360 sous le bras et j’exige un échange contre un modèle plus récent, ou un remboursement et j’irai me démerder. La commerciale Crosoft jointe au téléphone me dit qu’elle ne peut pas reprendre un pack ouvert, même jamais utilisé. Que de toute façon, mon modèle ne surchauffait pas, ne faisait pas de Red Ring Of Death (signe de la fonte interne des composant). C’était ça ou saboter le lecteur DVD pour simuler une panne. Je suis rentré chez moi. Deux ans plus tard, à 4h16 du matin ce mardi soir, ma bobox rendait l’âme.

Y’a des semaines comme ça, où le karma vous poursuit, vous jette dans un fossé avant de vous rouer de coups avec ses bottes cloutées. La veille, alors que j’étais peinard à m’écouter la setlist de DJ Hero sur mon bien aimé N95 8Go, le téléphone s’est mis à littéralement pété un câble. Il hurlait à la mort tandis que l’écran clignotait et que toutes touches du pavé semblaient être appuyées en même temps, jusqu’à ce qu’arrachage de la batterie s’en suive. Flashforward jusqu’au lendemain, où les deux ados en survêt’ de la boutique de réparation de mobile m’ont donné leur verdict. « C’est mort mec, je sais pas ce qu’il a. On l’envoie à Nokia. » Et je le récupère quand ? Dix jours à peu près ? Oh, donc dans le meilleur des cas le lendemain de mon départ sur Lyon. Fuck it. Non, mais, sérieux, Fuck It. J’ai perdu dans la même opération mon téléphone portable, mon lecteur MP3, mon GPS et mon appareil photo. Bienvenue dans le monde de la convergence numérique.

Alors que mon Nokia vole vers la Finlande ou dieu sait où, je dois renvoyer ma Xbox encore sous garantie au centre de réparation en Allemagne. Y’a qu’à la mettre dans un carton et appeler UPS pour qu’ils vienne me la choper gratuitement (et me la rendre deux semaines plus tard, quand je serai à NY, epic lolilaule). Problème, le seul carton que j’aie, c’est celui du modem Numéricable de location. J’ai très envie de céder à ma pulsion d’ironie mordante. Mais à tous les coups c’est le genre de blague qui va me retomber sur le coin de la tronche d’une façon ou une autre. N’empêche qu’être privé de Modern Warfaire en plein milieu de la campagne solo, c’est pute. Tout comme me retrouver à NY sans GPS/téléphone, obligé d’acheter une merde prépayée sur place pour coordonner mes déplacements avec mon pote. Puis comment je vais tenir les journées seul sans mon MP3 chéri ? Sans parler de l’avion et de l’attente en arrêt au port.

Au final je sens très fortement que je risque de me racheter un téléphone, ou, pourquoi pas, un petit netbook à 300 keuss pour survivre (et bloguer ?) pendant le voyage. Ceci étant dit, il me reste mon disque dur 360 et mon gamertag est stocké en ligne. Tout comme j’ai réussi à faire une sauvegarde totale du N95, contacts, SMS, photos. Pendant que nous autres humains continuons à crever comme des merdes, l’âme de mes machines survit à leur mort. Le genre de considération qui me maintient éveillé les nuits sans lune où je tourne dans mon lit au lieu de jouer à Call Of Duty.

Entre les garanties et les sauvegardes, je vais m’en tirer sans trop de bobos. Disons que ça tombe juste au pire moment possible. Fais chier. Vivement demain qu’on cause ciné, ça me détendra.

602 – You Mean They’re Having Sex Too ?

Cet été il y a eu comme un frémissement dans la presse web, des dudes de Science-Po allaient sortir une revue érotique. Non mais vous vous rendez-compte ? Ces raclures d’élites qui parlent de cul ! Tout à fait ma petite dame. Même qu’en fait l’idée leur est venue d’universités étrangères qui s’étaient déjà amusés dans cet exercice. Déterminés à casser leur image d’étudiants austères et chiants (même si les vrais savent qu’à Science-Po, niveau débauche, ça y va pas mal) en prouvant qu’ils pouvaient parler de sexe, et le faire avec un peu de chance bien. D’où le numéro zéro d’une revue qui a le mérite de posséder un titre que je trouve magique : L’Imparfaite. Si pas mal de sites ou blogs (ainsi que quelques médias papier) en ont parlé, peu l’ont vraiment lue après coup. Bah ué, si les journalistes faisaient leur taf’ jusqu’au bout, ce ne serait plus des journalistes. Sauf que je l’ai non seulement achetée (13€50 au Passage du Désir), mais je l’ai lue. En entier.

Je peux comprendre que l'équipe n'ait pas fait le Celsa, master marketing/com toussa, mais devoir aller scanner soi-même la couv' pour l'avoir en haute def...

Déjà l’objet, lourd, grand format, beau papier. Pas de doute pour une prod étudiante ça a clairement plus de classe que pas mal d’initiatives de branleurs de trente ans. Une fois le nez dedans c’est par contre moins sexy. Des tartines et des tartines de texte police riquiqui avec comme toute illustrations des motifs géométriques pas franchement inspirés (les gouts et les couleurs…). Certes, Science-Po n’est pas une école de graphisme, mais le manque d’unité et surtout de style nuit à une revue qui se veut exploratrice et révélatrice de sens/sensualité. On trouve entre les articles pas mal de photos, dont certaines vraiment réussies et évocatrices (la couverture par exemple) malgré une ou deux séries discutables et un traité un peu trop uniforme, sans doute du au faible nombre de photographes. Nan mais partez pas ! En fait, au-delà de ces considérations esthétiques de marketeux connard bling bling, y’a quand même plein d’autres bonnes choses dans L’imparfaite, dans les textes, qu’il faut lire.

Quelques articles sont vraiment sympas, comme l’historique de la capote, l’épiphénomène du bareback (dommage de ne pas avoir mentionné à ce propos le roman de Garcia, ti con doué de l’ENS), une plongée dans les cinémas X de Paris (mais bon, s’tune fille bien qui l’a écrit celui là, je suis partial) ou des considérations sur le clivage actif/passif de la communauté homo. Mais je me demande si les rédacteurs ont conscience du plus gros intérêt de leur revue, à savoir d’observer les considérations sexuelles de nos futures élites. Au-delà des interviews avec des sommités ou des articles théoriques académiques ultra sourcés, les textes qui m’auront le plus passionnés sont ceux qui parlent des vrais étudiants de science-po de la vrai vie. Je pense à l’article fascinant autour d’un sondage sur les pratiques sexuelles de leurs camarades de classe. Ou bien ce texte catastrophique sur le Gonzo où l’auteur passe complètement à côté du sujet (mais vraiment à côté) tout en citant Barthes (wtf ?) et en comparant un bon scénario de film de cul avec une dissertation avec plein de sous parties (grosse névrose là).

L’Imparfaite reste une revue étudiante, montée entièrement par des kids, qui du coup annoncent la couleur dès le titre. Mais au-delà des maladresses, des errements et des (rares) fautes de goût je ne regrette clairement pas mon achat et les deux heures de lecture au fond du lit. J’espère du fond du cœur un second numéro, peut-être plus érotique justement, moins sec dans la forme et les textes (au secours les phrases a rallonge super scolaires qui veulent rien dire), mais tout aussi fascinant. Car si l’on peut cracher autant qu’on veux sur Science-Po et glorifier à mort ma propre école élitiste à moua, eux au moins portent leurs couilles. Pour la première fois depuis ma tentative de concours à Science-Po (anecdote pour un autre jour), je regrette de ne pas avoir pu être là et participer à ce truc. Si l’on m’avait dit que je serais un jour jaloux de ces salauds. En tout cas je vais suivre cette revue de près, en espérant pouvoir vous en reparler d’avantage.

Pour en savoir plus, go sur leur blog officiel. Sinon, demain, on parlera de ma poisse.

600 – Two Third Of A Tenth Of Nine Thousand

Bon, de retour pour la note anniversaire arbitraire. Oui, encore. Yeah ! En fait j’ai l’impression d’avoir atteint une certaine forme de rythme de croisière sur le blog. Niveau visites par exemple. Je navigue dans les mêmes eaux depuis plusieurs mois maintenant. Je me doute qu’à moins d’un truc nouveau(genre que je publie un manuscrit) ça ne va pas trop bouger. Les gens qui découvrent compenser les gens qui partent et si les têtes changent, la courbe de mes stats tient le cap. Niveau écriture aussi, où pour peu que j’aie sous la main un vrai ordi avec la suite Adobe qui ne rame pas, je peux boucler une note complète en une heure. Bien sûr il y a des périodes de démotivation, avec des notes plus ou moins bonnes. Mais c’est comme dans tous les exercices de longue haleine, la qualité est cyclique. Et puis j’ai toujours défendu le fait qu’avec une note par jour, s’il y en a une merdique, elle sera remplacée le lendemain.

Ceci étant dit j’ai l’impression qu’après m’être senti confortable j’ai fini par tripoter un peu les limites du format. Par exemple je ne me lasserais jamais de troller un peu, de dire que Tim Burton fait que de la merde depuis dix ans et que l’iPhone est un téléphone de blaireaux (je veux un N900, ou un Droid, ou les deux). Le seul souci c’est la migraine qui va avec les gens qui n’ont pas de second degré, ou pire, ceux qui mettent leur premier com’ ever pour me clasher (bah ué, quand on est bien élevé on attend de se connaître un peu avant de râler). J’ai aussi tenté le post sans image flippant sorti de nulle part, ça aussi c’était fun. Déjà je me suis retenu de faire une note best of, comme les épisodes flashback dans les séries qui ont pas de thune (SG-1, I’l looking at you !). Digne, toujours, dans la mesure du possimplable. Non, en fait, ce qui me démange depuis quelque temps c’est de tenter de faire des articles un cran au dessus.

Plus ça va, plus mes articles ont tendance à être plus longs. Des plus gros paragraphes, des paragraphes en rab’, des notes en trois parties. J’ai vraiment parfois l’impression de pouvoir être à la tête de mon propre petit webzine, au détour d’une critique littéraro/ciné, ou d’un article plus de fond. Deux fois ce mois-ci j’ai entendu parler d’un événement, naissance d’un éditeur, d’une revue, qui m’aura donné envie d’aller taxer un dictatophone à mon pimp et me bouger à interviewer des gens, parce que ça m’intéresse mais que je pense aussi que je peux raconter ça de manière à rendre ça intéressant pour d’autres. C’est comme si ma curiosité se sentait pousser des ailes par la relative puissance que peut avoir le média blog en mode, fuck au lieu que quelqu’un m’apporte l’info/l’analyse/l’interview, j’ai un alibi pour la chercher comme un grand. Reste ma timidité, et mes doutes, qui je suis pour me prétendre journaliste depuis mon coin du net ? Souvenir du camouflet infligé par le Service Presse de Grasset qui n’a même pas jugé bon de répondre, même négativement, à ma demande de bouquin pour une critique.

Ou peut-être que je devrais aborder cette nouvelle envie d’aller plus loin, d’être plus qualitatif, comme j’ai déjà abordé mes autres envies bloguesques. A savoir que je fais ce que je veux et qu’un peu de culot n’a jamais tué personne. Peut-être qu’à force de m’intoxiquer à la caféine je trouverai la force. Who knows ? Z’avez qu’à revenir vous verrez bien.

Demain on parlera (longuement) de la revue érotique de Science-Po.