643 – Everything That Has A Beginning

Holishit. Demain c’est l’an 2010. Mais fuck, changement de décennie et tout, la vieillesse bordayl ! Pardon, c’est mon côté vieux con. Celui qui fait que par exemple cette année j’ai pu fêter les vingt ans d’une fille avec qui j’ai des rapports d’ordre sexuel tout en me disant que j’étais putain de vieux. Les années passent et ça devient de plus en plus dur de faire comme si j’étais toujours un teen. Pourtant j’ai l’avantage d’être très immature, très petit et très jeune du visage (Michael J. Fox powa). Enfin, on y peut rien, c’est la nouvelle année. Mais c’est surtout ma dernière chance de me retourner sur les douze derniers mois et de voir ce que j’ai fait, pas fait, appris ou expérimenté. Exemple, comme je l’ai sous entendu fortement quelques lignes plus haut, j’ai tenu ma résolution numéro deux, coucher avec quelqu’un de nouveau.

L’autre résolution tenue c’est la première, avoir écrit un nouveau bouquin. Janvier arrive, et je l’attends de pied ferme avec un manuscrit flambant neuf au bon petit goût d’inédit sous le bras. Niveau écriture 2009 a aussi été l’année où j’ai rencontré un tas de gens dans la vraie vie, des critiques pas si méchant, des écrivaines pas si vaines, ou des écrivains très vains. Une pensée pour ma nouvelle envoyée au mag de Science Po, une première aussi, que je sois retenu ou pas. Question lecture j’ai bien cartonné aussi, ne renonçant jamais à mon rythme d’un roman par semaine minimum. Même tarif pour le blog, qui n’a pas essuyé de jour sans (enfin, pas dans la forme en tout cas). En définitive c’est ma résolution numéro trois que j’aurais qu’à moitié tenu. Question efforts de longue haleine j’ai écrit, j’ai lu, mais j’ai pas maigri. En fait j’ai même pris. Quatre kilos en un an. Uber dépression.

En vrac je retiendrais aussi un max d’autres trucs. La visite à New York était folle, pour un premier voyage à l’étranger, un premier avion. Je ne peux m’empêcher d’avoir envie d’y retourner vite, très vite. Le stage était aussi épique, avec un licenciement tellement ouf qu’on aurait pu en faire un bouquin. J’ai toujours le numéro de portable de mon directeur de création, on verra si un jour j’appelle pour un dernier debrief. Parce que je ne regrette pas. J’ai plus appris sur moi, sur les autres et sur l’entreprise dans la tourmente du baptême du feu que dans n’importe quel stage parfait où tout se passe bien. 2010 est l’année de la remise en selle ou de la chute définitive dans l’errance scolairo-professionnelle. Si seulement j’étais gymnaste je saurais ce qu’on fait quand on tombe de cheval (Zoolander encore).

Niveau 2009 je retiens aussi mon appareil photo de bourgeois, mes sentiments conflictuels pour Ice Girl, la tonne d’articles de blog, les rencontres avec des gens qui le lisent, des soirées à mater du catch entre mecs en buvant du thé, les crises de jalousie, les crises de nerfs, les rétines décalquées au cinéma, face à ma Xbox, Spotify et un tas d’autres trucs que j’ai grave oublié et que c’est mal et que je m’en souviendrai sûrement après coup.

Allez, rendez-vous demain, pour un nouveau début calendaire arbitraire qu’on aura bien noyé dans le saumon et le coca. Oh yeah ! Bon réveillon à tous.

642 – Book Review 106

Comme je vais parler d’un bouquin crasseux et naze, je vais d’abord tenter de vous apprendre un truc intelligent. Aux US of A, une lettre « Dear John » désigne une missive par laquelle une femme annonce à son homme qu’elle le quitte pour un autre. L’expression vient de la seconde guerre mondiale, une époque où les femmes des soldats américains se retrouvaient souvent seules et adultères au pays. Elles écrivaient alors à leur ancien amoureux une lettre, qui commençait bien souvent par « Dear John » (nom commun de l’époque et générique pour parler d’inconnus). Sinon, Dear John, c’est aussi le titre d’un des derniers bouquins de Nicholas Sparks, le mec qui a écrit The Notebook y’a un moment. Intrigué par la bande annonce de l’adaptation ciné (y’a le dude de GI Joe et la blonde de Jennifer’s Body !) et piégé à l’aéroport de Newark, j’ai attrapé un exemplaire poche. En fait, rétrospectivement, j’aurais peut être pas du. Pour expliquer le pourquoi du comment, je n’ai pas d’autre choix que d’activer le mode hyperspoilers !

John a grandi avec seul avec son père. Ado il était insupportable et a fini par rentrer dans le droit chemin en rejoignant l’armée après une carrière scolaire peu brillante. Lors de son premier retour au pays, il rencontre Savannah, une fille dont il tombe immédiatement amoureux. Le coup de foudre est réciproque et les deux tourtereaux décident de rester ensemble malgré la distance du retour à l’armée de John. Ils passent l’année à s’écrire des lettres passionnées avant de se retrouver et de finalement concrétiser (euphémisme de baiser). Mais lors de l’année qui suit, Savannah rencontre quelqu’un et écrit à John que leur histoire doit s’arrêter là. Deux ans plus tard, lorsque le père de John meurt, celui-ci veut retrouver Savannah, sa seule amie. Celle-ci s’est mariée à un mec adorable mais cancéreux. Le mari va même jusqu’à faire promettre à John de se remettre avec Savannah s’il casse sa pipe, parce que leur amour est unique. Sauf que John est kewl, alors il dépense l’héritage entier de son père anonymement dans un traitement expérimental qui guérit le mari avant de repartir de son côté, certain que Savannah l’aime toujours.

Attention, théorie ! Ceci est un roman d’amour pour chrétiens ! En effet, tous les personnages sont supers croyants et parlent de dieu sans arrêt : Savannah est trop heureuse que John aille à la messe avec elle, le mari n’a pas peur de mourir parce qu’il sait que le paradis l’attend etc… Dans The Notebook, une femme trompait et abandonnait son mari pour son amour d’adolescence. Dans Dear John, malgré le fait que John soit de retour et que leur amour soit plus pur et puissant que celui de Savannah pour son mari, il n’y aura ni adultère, ni rupture, ni rien. D’ailleurs les amoureux plein d’hormones attendent six mois pour avoir, oh mon dieu, un rapport sexuel, et un seul. Au contraire, la morale triomphe, John sacrifie son patrimoine pour le bonheur d’un autre homme (qui est, rappelons le, moins l’élu du cœur de sa femme que John). A côté de ça on remarque que cette racaille de John devient un mec bien grâce à l’armée, qu’il préfère repartir à la guerre après le onze septembre que de rentrer vivre l’amour de sa vie.

Alors okay, Dear John est bien écrit, enfin disons bien formaté. On sourit quand il faut, on larmaloeil quand il faut. Y’a de l’amour, des limites temporelles, des grands sentiments, de la maladie presque incurable et tout et tout… Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver que ce bouquin raconte l’extrême opposé de The Notebook, son plus grand succès. Et quelque part, le public pour qui cette histoire est satisfaisante, faisant passer la morale avant les sentiments, me fait un peu flipper. Sans parler de ma gêne à entendre parler de dieu tous les deux paragraphes pendant trois cent pages. Mon premier roman pour redneck fondamentaliste. J’en suis ému. Mais bon, j’airai quand même voir le film pour rigoler un bon coup.

TRAILER STAGE !!!

641 – Counting Back

Ayé, c’est cette époque de l’année, celle où l’on tope tout et n’importe quoi. Avant on avait déjà les bétisiers de la TV, les 100 plus grands fous rires et autres conneries. Toutes les publications y allaient de leur top. Les mags de ciné élisent les meilleurs films de l’année, les mags littéraires ou de jeux vidéo font de même. C’est un peu la foire au podium. Mais de nos jours de l’an deux mille c’est encore pire, parce que les gens ont des blogs. Du coup chacun peut afficher son plus ou moins mauvais goût à la face du monde. En plus pour tous les désœuvrés de la mise à jour ça fait un sujet un peu facile. Sans parler du fait qu’on change de décennie là bientôt et que du coup, bah hop là, tu peux aussi faire un top des années mille et zou, une seconde note gratuite !


En vrai je suis aigri, un peu, mais j’aime beaucoup les tops, surtout quand ils sont fait par des gens que j’aime. Exemple. Sur Ain’t It Cool, Mr Beaks s’est cassé le cul à faire un top 100 des films de la décennie. Et pas juste une liste sans âme. Non non, il est parti chercher des extraits de ses critiques sur dix ans avant de rajouter un petit paragraphe pour commenter en quoi son choix se défend dans le cadre du classement actuel. Fascinant à lire, à s’émerveiller devant la redécouverte de pépites oubliées ou à pester contre ces foutus films qu’on a jamais pu blairer (entre autres Drag Me To Hell, Kill Bill 2, The Incredibles…). Je sais que mon critique ciné, Drew Mc Weeney est en train de faire de même de son côté. Et rien que pour ces mecs là, je suis prêt à tolérer tous les tops de merde des parangons des goûts de chiotte de la presse, web ou papier.


J’avoue que de par chez moi, j’ai beaucoup réfléchi à la question. J’ai même dégainé mon nouveau petit carnet (je vous en parlerai bientôt) pour mettre des noms dans le désordre. Mes films préférés de l’année. Mes films préférés de la décennie. Les meilleurs objectivement. Les meilleurs subjectivement. Les meilleurs que j’ai pas vus. Ca commence à en faire des listes. Car plus que tout autre sentiment, ces tops de fin d’année m’ont donné envie d’aller découvrir tous ces trucs que j’ai loupé, que j’ai refusé à cause de mes à priori, que je ne connaissais tout simplement pas. Finalement j’ai décidé de ne pas céder à la tendance, je pense garder mes tops pour moi. De toute façon, mon top 10 subjectif de la décennie, je vous ai parlé de tous les films par le passé en long en large et en travers. Sauf du premier, parce qu’il méritera son ciné club 100, sa quintuple note.

Mais je crois que plus que tout, les tops de fin d’année sont une manière comme une autre d’écrire la mémoire. Au-delà de la gratification nostalgique immédiate, ces tops sont des points de repère. Pour leur auteur comme j’imagine bien Mr Beaks dans dix ans relire son top des années mille pour se souvenir, pour leurs lecteurs, comme je me suis déjà vu à plusieurs reprises mettre à charger mon ignorance, pour une jolie séance hivernale, tant que durent les vacances. Aussi c’est ce que je vous souhaite en ces derniers jours de 2009. Puissiez vous vous trouver un top qui vous plaise, et l’explorer de fond en comble. Parce que, mine de rien, malgré tout ce qu’on peut reprocher aux années deux mille. Elles étaient pas si mal.

Demain, critique lité !