J’avais trouvé ça marrant d’aller aux US of A avec deux bouquins avec une variation du mot « amour » dans leur titre. Forcément, à un moment, il fallait que je lise L’amour dure trois ans de l’autre Frédo. On m’a souvent argué du fait qu’il s’agit de son meilleur opus. Je demande qu’à croire, bien que le bonhomme se soit bien démystifié à mes yeux depuis le temps, à force de le croiser plus ou moins net en soirée. Ce sont des choses qui arrivent. Un peu comme être malade comme un chien dans la plus grande ville du monde, et seul aussi. D’où la fois où je me suis réfugié dans un Starbucks, commandé un Latte et me suis assis face à la vitre donnant sur la rue. Ouverture du livre de poche, et one-shot des deux cent pages d’un coup. Cuz that’s how I roll baby.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y a pas d’histoire. Rapidement, Marc Marronnier, autre avatar de l’auteur, se sépare de sa femme Anna après trois ans parce qu’elle à découvert qu’il la trompait avec Alice. Marc se retrouve seul, alors il est triste. Puis finalement Alice largue son mari et se met avec lui. Trois ans plus tard, ils sont encore ensemble. Voilà, c’est fini. Et attention je n’occulte aucune sous intrigue ni aucune autre espèce de personnage important. Le bouquin, c’est juste ça. Au moins Frédo est raccord avec sa logique selon laquelle l’histoire on s’en branle, ce qui compte c’est le style, de découvrir l’auteur au travers des mots et toutes ces conneries de gens qui n’ont rien à raconter. Anyway. Le pire dans tout ça, c’est que le livre fonctionne à peu près. C’est un roman zombie, vide à l’intérieur mais qui marche quand même.

En fait la plupart des chapitres sont quotables, tous contiennent au moins deux ou trois phrases qui feront super bien quand tu les ressortiras à tes potes en fin de soirée. On peut arguer du fait que Frédo ne se sera pas fait trop remarquer comme publicitaire, il gère quand même la conception-rédaction. Comme il n’a pas d’histoire à raconter, les chapitres sont courts et se concentrent sur l’exploration d’un concept (les hormones, la fidélité, une rencontre etc…) qu’il va conceptorédacteuriser jusqu’à la moëlle. Et zou, voilà comment on transforme de la réflexion de comptoir en sirop pour midinette. Non parce qu’il n’y a rien d’inédit dans l’amour dure trois ans, qui ne fait que brasser des idées reçues et autres poncifs sur l’amour, les femmes et le sexe. Mais comme c’est fait avec style, il est aisé de se laisser abuser à croire qu’on est face à un génie.

La vérité c’est que L’amour dure trois ans est creux. Ca ne raconte rien d’inédit, de construit ou de palpitant. Le squelette d’intrigue (autobiographique) n’est là que pour se faire greffer des effets de manche, de la poudre aux yeux à effet rapide. Parce que comme bouquin, c’est du vite lu, vite oublié. Sauf si vous êtes facilement impressionnable ou en plein désarroi amoureux et/ou encore puceau. Dans ce cas y’a moyen d’en faire un roman de chevet. Je vous envierai presque.
Mine de rien, bel exemple de hold-up littéraire. Fantomas a encore frappé !






Et tu t’es pas servi du bouquin pour draguer dans le Starbucks…?
I remember dhat!
Anéfé, j’étais en plein désarroi amoureux quand je l’ai lu, ça a dû joué, mais je souviens de quelques passages savoureux…
(mais bon, j’étais jeune)
J’ai lu ce livre. Depuis je n’ai plus jamais ouvert un Beigbeder parce que, comme tu le soulignes, c’est creux.
« On peut arguer du fait que Frédo ne se sera pas fait trop remarquer comme publicitaire »
Heu… c’est une blague ?
Non.
Cite moi un slogan pub connu de beigbeder qu’il a pas volé a son stagiaire.
…
Voilà.
Oui mais ça ca prouve rien, voler les idées de son stagiaire doit être un procédé systématique dans le milieu, j’imagine.
Je pensais que tu faisais allusion au simple fait que Beig AIT ETE publicitaire (et l’est encore, de facto). Ca, en effet, tout le monde le sait assez bien.
En somme on s’est mal compris, sorry.
« C’est un XXX zombie, mort et vide à l’intérieur, mais qui marche quand même. »
A réutiliser d’urgence <3
J’étais jeune, influencable et encore vierge. Je sais maintenant pourquoi j’avais aimé…
mémoire d’un jeune homme dérangé est aussi que celui-ci, je te le conseille….
(quel imposteur ce connard)
« La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y a pas d’histoire. »
Pu.tain.
Mais c’est pas une surprise. Beigbeder, raconter quelque chose? Hahahaha.