640 – You Can Read Mind ?

Y’a très longtemps sur ce blog, je parlais de mon incompréhension face aux librairies. J’expliquais comment je me retrouvais super paumé dans ces temples de déforestation. Je ne connaissais pas les noms sur les couv’, je ne savais pas me repérer. En gros j’étais une saleté de noob qui préférais du coup tout commander sur le net pour éviter de passer pour un con en boutique. Mais tout ça c’était avant. Parce qu’à présent, j’ai limite le problème inverse. Je suis magnétisé aux librairies. Demandez à mes potes. Si jamais on erre en ville, à la recherche d’un endroit ou manger ou whatever, si par le plus grand des hasards on passe devant une devanture de librairie, je vais planter devant. Mains sur la vitre je vais scruter les bouquins mis en avant, à moitié pour me donner envie, à moitié pour analyser la logique et les choix du libraire.


Au final j’ai fini par devenir esclave de mes pulsions. Il était une époque, lointaine et reculée, où quand un livre me plaisait, je le prenais en photo et j’allais me le commander sur Amazon. Prenez le Paul Auster par exemple. Je l’ai pris au Barnes & Noble, ça m’a couté une blinde alors que j’aurais pu économiser une demie douzaine d’euros. Mais quand j’ai sorti l’exemplaire tout propre de la pile, que je l’ai soupesé, feuilleté, c’est devenu un peu le mien. Et pour une raison absurde, j’en voulais pas un autre. J’avais besoin d’aller le payer dans ce temple de papier, où ça sent bon l’encre pas encore tout à fait fixée sur les nouveautés. Forcément, avec un fonctionnement merdique comme ça, je me retrouve avec deux problèmes. D’une j’ai de moins en moins de thunes (ça me donnerait presque envie de faire mon stage tiens donc !). Secondo, je lis plus de trois tonnes de trucs en même temps !

Je me suis toujours juré de pas finir comme ces boulimiques qui ont une « pile » à côté de leur lit de livres qu’ils ne liront jamais. Ceux qui à force d’acheter se retrouvent avec une avance insurmontable et des romans qui passent du coup à la trappe. Jusqu’ici je gérais à peu près bien à calculer deux trois jours à l’avance pour commander des trucs sur ma wishlist amazon, sorte de pense bête numérique. Mais là, à l’heure de tisuite maintenant je lis six bouquins à la fois ! Un roman d’horreur dont je suis aux deux tiers, un roman de blogueur à calvitie (pas william rejault, l’autre) dont je suis au tiers, un roman à l’eau rose niais que je viens de boucler, l’autobio d’un catcheur dont je suis à la moitié, un truc post apo pour ados dont je suis au quart et un livre d’anthropo/socio que j’ai à peine commencé.

A côté de ça mon frangin m’a offert un Boris Vian pour Noel et je me suis offert deux romans (un de fantasy mature et un de steampunk ado). Avec le nouveau Rey qui sort la semaine prochaine (pas taper) et tous les autres trucs qui me font envie, va falloir que je passe à la vitesse au dessus si je veux pas me paumer !

Demain, on parlera des tops de fin d’année.

TITRE STAGE !!!

Si vous n’avez pas vu Zoolander vous ne pouvez pas comprendre le sens caché du titre de cet article. Allez, c’est les vacances hop hop on pirate achète le film et on se fait plaiz !

639 – Cine Club 81

Cette semaine Brittany Murphy est morte et tout le monde s’en fout. En même temps ça se comprend. Avec toutes les célébrités mortes de l’année et celle presque morte dans son hôpital de LA, on a pas trop le temps ni l’énergie de s’émouvoir sur ce coup. Parce que Brittany, elle a un peu disparue. La moitié de sa filmo est d’ailleurs constituée de films direct to DVD. Pas super sexy avouons-le. Semblerait que la petite ait une réputation de capricieuse à Hollywoodland. Mais le vrai problème est qu’à chaque fois qu’on a l’a collé en tête d’affiche le film s’est lamentablement crashé au box office. « Love et ses petits désastres » aura achevé d’enterrer une carrière pourtant promise en beaucoup mieux. Okay, j’ai vu le film, c’était de la merde, mais pas plus que n’importe quelle romcom de Kate Hudson. Mais placard quand même, condamnée à doubler des voix dans des DA et faire des DVDs.

Pourtant Brittany, moi je l’ai rencontré dans 8 Mile, le film qui prouve que Neminem, il peut carrément bien jouer quand il veut (même 2min dans Funny People). Le film avec aussi une super bande son. Le film qui exploite carrément bien la ville de Detroit qui devient un vrai personnage avec du caractère et une force graphique. Le film qui a lancé Brittany Murphy, juste trop adorable dans son rôle de nana mi hot mi paumée, un peu borderline. Le film qui est dans mon top 10 des meilleures scènes de cul. Parce que y’a de ce passage, où Brittany s’offre enfin à Neminem dans son usine. Où il la chope a moitié bestialement contre un mur. La fille reste habillée, il la chope juste par les cuisses pour la relever à la hauteur de son bassin et se faufile sous sa jupe. Ils se prennent par à-coups, brutal, elle s’agrippe à ses épaules. Le tout sans musique. Putain d’émoi adolescent !


C’est con hein mais parmi la myriade de trucs cools d’8 Mile, alors que parfois je me colle le titre fou « Sing for the moment », assez badass pour avoir plu à mon dad, la seule chose à laquelle je repense, c’est cette scène qui avait déclenché une tempête d’hormones dans mon cœur. Puis Brittany a décroché un petit rôle de femme battue et touchante, le genre qu’on a envie de venger, dans l’excellent Sin City de Robert (dieu) Rodriguez. J’ai lu quelque part que c’était vocalement une tueuse, que sur le doublage d’Happy Feet elle avait mis tout le monde à genoux. Un album en préparation dont on n’entendra jamais le timbre. La prochaine fois qu’on la verra à grande échelle, ce sera dans le futur culte The Expendables de Stallone. Ce qui était censé être son retour en grâce sera devenu, par la force des choses, son chant du cygne.


Brittany Murphy est morte à trente ans, et c’est d’autant plus la lose que je perds un amour de cinéma d’enfance. Fuck la vie comme on dit. Et peut-être que je me surprendrais dans le futur, après avoir revu 8 Mile, à choper un des direct to DVD de Brittany.

SEX SCENE STAGE !!!

638 – Epic Mickey Pt 2

[Suit de la note 637]

Après quelques minutes d’incompréhension et de grogne, un responsable prend le micro et nous annonce qu’ils ont un problème. La bande VO n’a été livrée que quelques dizaines de minutes avant la séance. Trop court pour la tester, la faute à pas de chance si c’est pas calé. Ils n’ont pas réussi à recadrer le problème à la volée. Pour ceux qui le souhaitent, Avatar sera diffusé en VF. Pour les autres, ils sont invités à quitter la salle et prendre contact pour un geste commercial (deux places offertes). S’ensuit un bon quart d’heure de battement, où un tiers de la salle se barre, y compris mes amis à usage unique m’ayant promis le partage d’un taxi. Fuck. Double fuck parce qu’après trois heures à sympathiser, je sentais que je pouvais briser un couple et repartir avec la fille. Au moins ceux qui n’avaient pas pu choper une bonne place ont pu se rattraper avec tous ces départs. En ce qui me concerne, l’image est plus importante que le son, et je vais voir un film en Image MAX, pas en VOMAX. Puis avatar, le jeu des acteurs ricains, s’pas le plus important. Alors je reste.

Puis bon, après un trajet épique, une attente épique, je ne partirai pas sans mon putain de film épique ! Les lumières s’éteignent à nouveau. Le film reprend. Reprend ? Des geeks se lèvent, hurlent au projectionniste de remettre le long métrage depuis le début. La voix répond que « ce n’est pas un DVD, on ne peut pas rembobiner ». Allez, pour dix minutes, au point où on en est. Jake découvre son Avatar, rentre dans la machine, se connecte. La VF est de très bonne qualité, que ce soit en trad ou au niveau des voix. « C’est le pied ! » Puis ayé, on est lancé, vingt minutes dans le film, Jake découvre les forêts de Pandora et se fait attaquer par le Thanator. Quand tout à motherfucking coup, les sous-titres réapparaissent sur l’écran ! Holy shit ! Mais what the ?! Mais ?! Des voix commencent à s’élever. Cette fois, c’est certain, le Gaumont Disney Village va être rasé par une horde de fanboys en colère. A ce moment précis, au bord du précipice, de la fin de la civilisation, du retour à la barbarie, les enceintes crépitent. La bande son saute, avant de switcher sur une piste VO. Parfaitement calée.

Tonnerre d’applaudissements.

J’ai vécu les deux heures suivantes comme un premier rendez-vous avec une fille que je convoite depuis longtemps. Je n’ai pas été surpris, mais en m’offrant exactement ce que j’espérais, elle n’aurait pas pu me combler d’avantage. On aura essayé de me dire qu’elle n’est pas jolie, qu’elle manque de conversation. Au point que j’aurais tort de l’aimer, que je n’aurais pour des raisons absurdes pas le droit d’être heureux avec. Bile déversés par les cœurs de pierre, les prétentieux de tout poil. Car parfois il suffit juste de se laisser porter, de profiter du moment. Et je sais que j’ai bien fait d’attendre, de ne pas lui sauter dessus à la première occasion. En patientant jusqu’au bon soir, en lui laissant le temps de se faire belle, j’en ai pris plein les yeux, qui sont restés écarquillés. Tout ça valait le coup, la difficulté du périple ayant sublimé la rencontre. J’en suis rentré des images plein la tête, avec une seule certitude, le besoin de la revoir.

Le public a applaudit une nouvelle fois à la fin du film, mais cette fois ce n’était pas pour le projectionniste. Quant au retour, il fut à la hauteur de l’aller. J’ai patienté après minuit pour prendre le bus de nuit, direction gare de Lyon en une heure trente de trajet. Coups de téléphone pour partager mon expérience, finissage du Paul Auster, tous les moyens étaient bons pour que je ne m’endorme pas. Le trajet à pied de Gare de Lyon jusqu’à Oberkampf aura terminé de m’achever. D’où un effondrement au fond du lit, pour une nuit plein de beaux rêves.