634 – No Return

Un truc m’a fait sourire y’a pas longtemps dans les commentaires. On me demandait pourquoi je ne parlais pas plus de musique, ou mieux, pourquoi je ne critiquais pas des zalbums, avec des sons dedans. Trop mignon, quelque part ça m’emplit d’espoir de m’apercevoir que tout le monde ne sait pas encore que j’ai vraiment des goûts de merde. J’aime la soupe commerciale, faire des efforts d’écoute de trucs mieux construits me file la migraine, tout ça datant de bientôt vingt ans et de mon premier redoublement en cours de solfège. Franchement, un jour je ferai un article sur les gens qui donnent des avis sur des domaines qu’ils n’ont pas les compétences pour analyser (si tu as des goûts et une culture de merde en ciné et que tu twittes systématiquement ce que tu penses de ta dernière séance, je parle de toi). Si je dis ça, c’est que musicalement je ferme ma gueule.

Je ne critique pas d’albums en public (par extension sur le blog), je limite au maximum mes avis sur les réseaux sociaux (sauf quand Blink 182 se reforme ou que Fall Out Boy se sépare mais c’est différent). Epargner au reste du monde son mauvais goût est affaire de décence en ce qui me concerne. Je considère qu’il est plus facile d’assumer mes travers artistiques en ayant conscience que c’est de la merde plutôt qu’en tentant que les légitimer à la face du monde. Les plus curieux ou masochistes de mes amis savent ce qui compose mes listes de lectures et mes derniers coup de cœur inavouables. Parce qu’en vrai, je bouffe de la musique à longueur de journée. Je ne peux pas bosser sans un fond sonore, même tarif pour les trajets en transport, les salles d’attente et compagnie. Et pendant des années j’ai absolument tout piraté (j’ai du acheter quoi, cinq CD en vingt trois ans). Jusqu’à il y a deux semaines, quand je me suis abonné à Spotify premium.

Pour moi c’était impossible de passer deux semaines à l’étranger sans profiter de mes playlists, pour rédiger mon blog, surfer ou juste me détendre après des heures de marches. Alors je suis passé à la caisse, principalement pour le mode voyage et le mode offline (lire mes morceaux préférés dans l’avion, hors connexion, magique). Le plus drôle c’est la perception du service entre moi et ma mère. Pour elle c’est dix euros par mois, pour ne rien posséder au final. De l’argent par les fenêtres, un gaspillage, une contrainte financière de plus pour pas grand-chose. Sauf qu’elle dépense chaque année pour elle ou les autres plus de 120 euros de disques. Le marketeux dans le dedans de moi ne peut s’empêcher d’être émoustillé par cette cible hostile à l’offre par logique générationnelle différente, un autre usage de l’outil informatique. En ce qui me concerne, j’ai atteint le point de non retour.

C’était une chose de pouvoir écouter mes playlist dans l’avion, en mode offline, libéré de toute publicité. Mais depuis deux jours je suis passé à la version mobile, à utiliser Spotify sur mon Nokia, jetant aux chiottes toute ma logique de piratage de MP3s. Car mine de rien, être du bon côté de la légalité, c’est pas déplaisant philosophiquement (attention j’aime les artistes mais je crache sur les majors). Et puis, soyons honnêtes, objectivement dix euros par mois pour tout ça, c’est rien (sauf comparé à mon précédent budget de zéro). A partir de là, à part à l’occasion d’une BO rare ou de morceaux chelous, je ne me vois pas retourner en arrière. Fuck.

Demain, bouquin !

633 – Same Challenger, New Challenge

J’ai donc commencé un nouveau roman. C’était surtout histoire de pouvoir coucher les premiers mots au dessus de l’atlantique. On frime comme on peut. En fait je galère jamais vraiment avec les premiers chapitres. Je passe tellement de temps à les ruminer que je les écris d’une traite, sans sourciller. Reliquats de mon époque scénariste ça, pondre des bons incipits c’est ma passion. Exemple, j’ai déjà celui de mon roman d’après celui là que j’ai à peine commencé. En deux heures et trois verres de jus d’orange (trop bieng à volonté sur Jet Airways) c’était bouclé, quatre pages à peu près propre. Insérer saut de page. Taper « chapitre deux ». Et maintenant quoi ? Non parce qu’en fait j’ai refermé le clapet de mon netbook y’a plus d’une dizaine de jours, après relecture, et j’y ai pas retouché depuis. A peine 13 800 signes espaces compris et je plante ?

En vrai je suis face à un tas de problèmes. Le premier étant que Perfect Ten est le projet le moins autobiographique que j’ai pu entamer jusqu’ici. Hormis les inspirations tirées de quelques amis proches ou pas, toute la structure et les situations sont fictionnelles. Ce qui implique que je doive m’atteler à faire un plan, prendre des notes. Il faut que je découpe chaque chapitre, que je liste les personnages secondaires, leur background, motivations et arcs sur le roman. Sans parler des recherches. Rien que pour le second chapitre je dois descendre les pentes du vieux Lyon, appareil à la main pour le nom des rues et références. Ne pas pouvoir dérouler du texte au fil de la plume, c’est un challenge dans tous les sens du terme, grisant et casse couille à la fois. De toute façon, le travail préparatoire c’est rien que de la gnognotte comparé aux autres écueils.

J’ai décidé de me pourrir un peu la vie en décidant pour la première fois d’abandonner à la fois la première personne du singulier et le sexe masculin. Yay pour une héroïne à la troisième personne. Oh et comme un chapitre sur deux est un flashback, paye ton temps du récit en combo avec le présent de narration. Une fangirl aura beau m’avoir confié que le « Elle » me va bien, que ça produit quelque chose d’intéressant, ça reste juste une souffrance à rédiger (et je ne parle même pas des fautes d’accord). Bien entendu ça reste un exercice de style et la douleur à pour but d’être récompensée par le dépassement de soi, l’envie d’essayer de nouvelles choses et d’élargir sa palette de skills. Enfin, la bonne nouvelle, c’est que j’aurai pas vraiment le temps d’y retoucher avant deux mois.

Entre la correction finale de mon second manuscrit, sa tentative de mise sur le marché (achetez-en, c’est méga bankable en plus !) et mon mémoire (« Tu sais que tu peux pas tripler ton année hein ! » Ma mère), je dois mettre mes ambitions au placard momentanément. Ca m’aurait pas empêché de proposé une version modifiée de ce premier chapitre pour le concours de nouvelles du mag’ érotique de Science-Po. On verra bien. Tout ce que j’espère, c’est que le moment venu j’arriverai à me dépêtrer de mes soucis d’écriture et que la démangeaison sera toujours là pour accoucher d’un nouveau tas de feuilles dont je serai fier. To be à suivre, après les vacances de Noël, parce que s’il y a bien un moment dans l’année où l’on a le droit de rien branler, c’est maintenant.

PAGES STAGE !!!

Oh et sinon j’ai rapidement bidouillé les pages du blog, en virant notamment l’extrait PDF de Merci Pour Les Souvenirs. Entre le fait que je ne sache jamais qui le charge quand je voyais un clic et la désagréable impression de laisser un truc vieux et pas représentatif en accès libre, j’ai préféré supprimer le lien. Mes textes restent donc accessibles, mais sur demande, en attendant le papier.

632 – Cine Club 80

Forcément à New York je suis allé au ciné, ce qui m’a fait un peu étrange rapport au fait que je suis habitué à juste faire chauffer ma carte illimitée. Le prix des places est à peu près le même que chez nous, ce qui est, heu, toujours trop cher en fait. Par contre ce qui est cool, c’est le placement des pubs. En gros tant que c’est pas l’heure, des pubs défilent sur l’écran, ce qui offre une option pour les gens qui arrivent tôt et qui n’ont pas envie de discuter. Puis à l’horaire prévu, les lumières s’éteignent et c’est un tunnel de bandes annonces qui nous arrive dans la tronche. Plus d’une demi-douzaine d’affilée. Le pied total. Toute cette organisation me semble beaucoup plus logique que les vingt minutes de pubs à l’heure du film chez nous. Seul bémol, les salles sont plus petites qu’en France. Même le plus gros IMAX de New York fait peine comparé à celui de Disney Village.

Nan parce que je suis retourné voir Un conte de Noël en IMAX, et ça a fait bien zizir de le voir en 3D et vieil anglais sans sous-titres à la fois. Juste, dix-huit dollars le ticket, ouille sa grand-mère. Je me suis aussi offert Up in the air, le prochain Georges Clooney par le réalisateur de Juno et Thank You For Smoking. L’histoire d’un mec dont le job est de virer les employés à la place des patrons, trop lâches. Il passe sa vie dans les avions et n’a jamais eu d’attaches jusqu’à ce qu’il rencontre Alex, aussi belle et voyageuse que lui. Forcément, tout ne va pas se passer aussi bien que prévu. Chouchou des critiques, Up in the air a démarré une belle carrière de film indé et devrait débarquer auréolé d’une bonne couche de hype fin janvier chez nous.

A part ça, demain je vais voir Avatar. Oui, je sais, je suis à la bourre. Mais c’est aussi ça d’être exigeant, ayant décrété que ma première vision se ferait au Gaumont Disney Village. C’est l’IMAX ou rien, surtout après avoir vu la bande annonce en IMAX à New York. Ca va roxxer des poneys comme on dit chez nous. Comme prévu les aigris ayant prévu de le détester le détestent (exemple de Lam « Ahlala, je sens que je vais pas aimer » « Bah ouais, j’ai pas aimé », la méthode coué marche aussi pour le mauvais goût) pendant que ceux à l’esprit un peu ouvert (comprendre pas blasé), capables de faire abstraction du contexte (thune/promo/hype) prennent un pied fou. Avatar a réussit à faire bouger mon radin de frangin de chez lui et lui faire payer un surcoût pour la 3D. Rien que pour ça, c’est pas un film normal. Je sais déjà que je vais aimer, ce que j’en ai lu, ce que j’en ai vu m’ont rassuré. Plus qu’à survivre au RER.

Au final c’est ça qui est pas mal avec le cinéma, c’est que c’est la même chose à peu de détails près partout dans le monde. Oui, même a New York y’a des gros douchebags qui textotent tout le long du film. Sale connard de merde.

Sinon demain, j’arrête de parler des US, retour à la programmation normale.

TRAILER STAGE !!!