675 – Sunday Every Day

Aujourd’hui, je me suis levé à quatorze heures. J’avais plus qu’un fond de Country Crisp. Ca m’a pourri ma journée. Bon, je m’étais aussi couché à cinq heure trente j’avoue. Tout ça parce que je voulais finir Assassin « en carton » Creed II le plus rapidement possible. L’idée c’était aujourd’hui d’aller m’offrir le collector de Mass Errect II, celui avec une boîte en métal, un art book et un DVD bonus que je regarderai jamais. La suite du jeu pour lequel j’avais acheté une Xbox, le second épisode qui permet d’importer sa sauvegarde du premier pour que toutes les actions du premier aient des conséquences sur mesure sur la suite de la trilogie. Sorti vendredi, y’en avait plus aujourd’hui en boutique. J’ai fait trois magasins qui m’ont tous dit la même chose. Chez EA c’est qu’une bande d’handicapés du bulbe, pas assez de stock, rupture partout jusqu’à mardi. Minimum.

Y’a des périodes comme ça, où t’as l’impression que chaque jour est une sorte de dimanche, le jour qui sert à rien, mais sept fois par semaine. J’attends une réponse pour un stage avant de prendre d’autres rendez-vous en cas d’échec. Un nouveau pote corrige mon manuscrit qui traîne depuis des mois sur mon bureau au lieu de se faire signer. Je m’occupe de l’ex-femme de ma vie, mal en point après une mauvaise chute. Je peine à décrocher de l’ordi, même le temps d’une série. L’autre soir je jouais à la Xbox tout en surfant et en chatant sur MSN, webcam allumée. Aujourd’hui j’ai remis le même tee Entourage tellement j’ai pas sué hier à rien foutre. C’est un peu l’ambiance de l’entre deux. Où on attend bêtement que des choses en cours se débloquent avant d’en démarrer d’autre. Je regrette de pas avoir un balle de baseball quand j’en ai eu l’occasion à NY, j’aurais pu faire le con à m’occuper à la lancer en l’air toute la journée.

Heureusement il reste les potes. Depuis que je m’investis beaucoup plus sur twitter (je suis toujours aussi peu de gens mais maintenant je réponds à tout le monde) je fais des rencontres, je bois des cafés autour de chez moi, parfois plus loin. Et ce soir j’étais l’anniv’ d’un pote. Ses vingt-six ans. J’y ai réalisé qu’en vrai, je le connais maintenant depuis plusieurs années, et qu’il est devenu un nouveau vrai ami, celui qui est resté assez longtemps pour faire partie du fil de ma vie. D’ailleurs l’année dernière, jour pour jour je lui avais taxé un jeu, que je lui ai rendu aujourd’hui. J’ai déjà dit que j’aimais beaucoup les cycles, boucler des boucles. C’était aussi pas mal de faire le con dans son garage pendant qu’il s’éclatait avec le réflex de son pote. Nouveau dossier en prévision. Puis il y avait ces lèvres magnifiques, qui me distrayaient presque autant que ces bretelles. Accélération cardiaque.

Sinon une lectrice m’a filé une superbe idée de nouvelle. De vraie nouvelle, pas de premier chapitre déguisé. C’est mon petit défi d’écriture de la semaine. On verra. En attendant demain c’est lundi, avec son lot de déblocages de situations. Dimanche de merde. Oh, et bande d’incapables de chez Electronic Arts, posez votre démission. Merci.

Demain, on parlera des gosses dans la fiction.

674 – Reviewtopsy 02

Dimanche dernier je suis allé voir Gainsbourg, Vie Héroïque. Et sur le fond j’avais pas vraiment envie. Faut savoir que j’ai une image très mauvaise de Joann Sfar, le réalisateur. Ca date de l’époque où je naviguais dans le milieu de la BD, où il est une superstar. Le mec se faisait sucer chaque semaine dans Télérama, proposerait en sortant plusieurs albums par an grâce à son style « mochexprès ». Puis, grosse tête, Sfar pète des câbles en public et raconte n’importe quoi. En bon étudiant des Beaux-arts, il conchie prodigieusement la BD de genre, la fantasy, les dessins ciselé et le réalisme graphique. Parce que bien dessiner, c’est sale, c’est pas de l’Art. Go fuck yourself. Anyway. Entre ça et autres rumeurs et indiscrétions tombées dans mon oreille, le Sfar, je l’aime pas trop. Mais les bobos kiffent, les bobos l’adoubent réalisateur alors qu’il n’a jamais tenu une caméra, les bobos l’autorisent à faire un film branlette archi-commercial sur un héros de mon enfance. Fais chier.

Parce que Gainsbourg, c’était un peu la bande originale collatérale de quand j’étais môme, les disques qui passent le plus souvent à la radio. Je me rappelle le lieu et l’endroit où j’ai compris Lemon Incest. Alors je suis allé voir le film. Qui n’en est fait pas un film sur Gainsbourg mais un film pour, par et sur Joann Sfar. Tout ça commence dès l’affiche « Un conte de Joann Sfar ». Parce que Sfar ne fait pas du cinéma, le cinéma c’est un peu comme la BD de fantasy, c’est sale. Il fait un conte. Générique de début, un dessin animé avec… le style de Sfar. D’ailleurs, Gainsbourg, il dessine tout le temps dans le film. A chaque gros plan sur ses œuvres on reconnait… le style de Sfar. Come on ! De toute façon c’était foutu du départ, on pouvait pas échapper à Sfar. Mais ça, la bande annonce vous le dit pas. Ce qui aurait été couillu si ça n’était pas pour ne pas faire flipper le public. Mais tout le long du film Gainsbourg est suivi par son double, une caricature qui a les traits du style de…

Alors du fantastique, okay, pourquoi pas. Gainsbourg peut éventuellement s’y prêter. En plus le double géant biscornu est animé par l’immense Doug « Gollum » Jones (peut être le nom le plus bandant de l’affiche). Sauf que ça n’apporte pas grand-chose (euphémisme de “rien”), à part un petit décalage stylistique. Tout comme le passage où Eric Elmosnino est affublé d’une vraie tête de chou en plastique moche. Puis dans le second tiers du film le fantastique disparaît, le biopic plus conventionnel s’impose, et là, j’étais bien. Loin de l’esbroufe et des feintes, juste dans la vie d’un mec qui n’a pas besoin qu’on en rajoute pour être intéressante et sexy. De toute façon même dans le sobre le film ne sait pas quoi raconter, n’est pas construit autour d’une idée ou dans une optique de tout cohérent. A la fin la marionnette revient, et j’ai poussé un début de soupir. En ne choisissant pas d’aller au bout du délire (en le rendant vraiment utile narrativement ou thématiquement et pas juste plastique) ou de laisser tomber carrément l’idée, Sfar pose le cul de son film entre deux chaises.

Mais bon, c’est pas comme si c’était bien filmé non plus. Les trois quarts des plans sont sans aucun intérêt, purement utilitaires. A un moment la caméra saute pour suivre une action, c’est moche. A un autre moment une pièce est trop petite et la caméra doit couper une partie d’un personnage, c’est moche. A encore un autre moment Gainsbourg et Bardot sont dans un studio où les fenêtres en fond vert sont remplies par une photo floue et chromatiquement en décalage avec le reste de Paris, c’est moche. Et encore, quand Bardot arrive, on filme au ralenti ses pieds, son chien et on balance plein tube un de ses hits pour encore plus de subtilité, c’est moche. En fait tout le film est cinématographiquement dégueulasse, de quoi motiver n’importe quel étudiant réalisateur à la défenestration. En fait, le seul truc qui ne soit pas trop mal filmé, c’est les femmes. Parfois on se demande si tout ceci n’est pas un grand subterfuge de la part de Sfar pour filmer des filles à poil (et tenter de les sauter, true story, je peux pas en dire plus).

Heureusement, il reste les acteurs (à l’exception du môme, mais c’est pas sa faute, j’en reparlerai lundi). Elmosnino porte le film sur ses épaules de bout en bout et est aidé par le maquillage qui fait un sans faute dans le vieillissement de l’acteur. Casta assure mais pas autant que la regrettée Lucy Gordon en Jane Birkin, véritable rayon de soleil qui illumine le troisième tiers du film. Puis la musique est toujours là, supporte assez bien les petits arrangements que le compositeur lui fait parfois subir. Parce que malgré la mouline du style de branleur et des égos, Gainsbourg est assez fort pour réémerger, figure fascinante de l’artiste à la fois génial et maudit. Alors j’ai pris ce que j’avais à prendre dans cette accumulation de scénettes sans queue ni tête, les anecdotes, le jeu des acteurs, les belles femmes et la musique. Tout ça jusqu’au générique final, qui débute par une citation de Sfar, qui justifie son parti pris. Oui, à l’intérieur de l’œuvre, pas en interview, pas en making-of, pas hors de son film. Dedans.

Gainsbourg, Vie Héroïque, commence par Sfar, termine par Sfar et est plein de vrais morceaux de Sfar dedans tout du long. Et en définitif, c’est tout le reste que j’ai aimé. Si seulement c’était juste parce que je ne peux pas blairer le mec. Mais non. Si j’ai posé le personnage, remonté le temps et expliquer qui il est et comment il est arrivé là, c’est parce le plus gros problème de ce film, c’est son auteur. C’est juste. Fallait pas. Quelle tâche.

BONUS JOKE !!!

J’ai failli oublier. Mais à un moment, y’a Sara Forestier qui joue France Gall, c’est moche.

COME ON STAGE !!!

Ah sinon, fait assez rare pour être signalé, mais Thomas Clément est d’accord avec moi. Après, il reste une starfuckeuse, on le changera pas:

En revanche je suis complètement tombé sous le charme de Lucy Gordon. C’est con, je pourrais jamais la tomcaster… J’aurais adoré..

Techniquement quand quelqu’un de cool meurt, je suis triste parce qu’elle est morte (empathie), ou alors parce que je pourrais plus la voir (égoïsme). Mais plus pouvoir l’interviewer… come on dude…

673 – Fetish This

L’autre soir je rentrais chez moi, tard. Sortie du métro parmentier, je bloque sur les chaussures/bottes d’une nana. A la base un talon normal, enfin chausson noir brillant et une petite boucle pour attacher. Mais à l’arrière du pied la chaussure remonte sur trente centimètres, avec presque autant d’autres petites boucles pour maintenir le tout contre le mollet. Ma mâchoire se décroche et, passé le moment où je bloque, je fouille ma sacoche à la recherche de mon compact. Misère pour faire les réglages, saleté de mode manuel que j’essaie de dompter en ce moment. Je m’apprête à la point and shooter quand la donzelle change de trajectoire, rebrousse chemin. Et là je me sens un peu con. Ne me sentant pas de faire le stalker de la suivre en visant ses pieds, j’ai laissé tomber. Non, parce que, en vrai, je suis pas du tout fétichiste.

J’en ai rencontré, des vrais fétichistes, ceux qui plantent sur des escarpins, incapables de discuter avec la fille dans ses yeux. Ou ceux qui une fois au lit sortent des trucs super chelous comme si c’était d’une normalité absolue. J’en suis pas là. J’aime juste les vêtements compliqués, et donc les boucles. Tout ça c’est comme dans ce film de merde là, 100 Girls, où Emmanuelle Chriqui t’explique qu’il faut déshabiller une fille comme un paquet cadeau. Les vêtements compliqués, ça attire l’œil de par leur différence vis-à-vis de la masse. Alors oui, j’aime les fringues de pute, les bustiers absurdes et les frous frous. Mais si je vivais à la renaissance j’adorerai les jeans. C’est qu’une question de vase communiquant stylistique. Quant aux boucles, bah, j’aime bien faire durer le suspense, j’aime bien batailler, défaire des trucs, couche par couche. Et malheureusement, ça ne fait pas de moi un fétichiste, juste un homme de goût.

Alors oui, je suis déçu. Je voulais vraiment être fétichiste d’un truc. Je me suis renseigné sur tout (pour mes bouquins, par insomnie), j’ai vu et lu des trucs dont vous n’avez même pas idée. J’ai même tenté deux ou trois conneries de ci de là. Mais non. Les pieds, entre la corne et les veines apparentes, ça me dégoûte. Si on m’attache, je m’emmerde ferme. J’arrive pas à taper. Les matières étranges ne m’excitent pas plus que ça. Les plans à plein, ouais bof, à deux c’est déjà bien. Bien sûr y’a des choses que j’apprécie plus que d’autres, mais pas au point d’en faire un véritable fétish, l’obsession parfois antisociale. Et j’aimerais bien avoir ma petite différence bien glauque, pouvoir confer des addictions infâmes. Du coup, moi et ma normalité triste à en crever on défait des ceintures au ralenti, parce que la vie, c’est aussi des petits plaisirs.

Ceci dit je suis pas à l’abri de me réveler lors d’une crise de la quarantaine ou d’une nana qui m’ouvre les yeux. Mais en attendant, j’ai qu’à jouer à la Xbox pour m’occuper. Je vous préviendrai si je deviens hardcore a un moment. Ou pas.

Demain, une seconde frankenreview.