649 – Book Review 107

J’aime pas Thomas Clément. Vous savez, le mec qui blog sur la bouffe/musique/marketing et qui fait des « Tomcasts » avec plein d’interviews de star dedans. Ce Thomas Clément. Bah je l’aime pas. Ce qui est, je vous l’accorde, un peu pute vu que non seulement je ne le connais pas, mais il ne m’a rien fait. Bon y’a bien sa calvitie qui me ramène à mes propres insécurités capillaires. Puis le fait que je ne le trouve pas super performant en tant qu’intervieweur. Ou son côté un peu beauf à mettre des photos de ses barbecues sur son blog/twitter/facebook. Non, en fait je crois c’est son côté fanboy. Le besoin de côtoyer et de s’afficher avec des stars (ce qui déborde sur ses interviews, où il se met trop en avant). En fait, si Thomas Clément était une fille, avec des cheveux, je suis persuadé qu’il serait starfuckeuse. Mais Thomas a un pénis et un grand front. Du coup il a un blog et écrit à la place (en fait je compatis carrément).

Bon en vrai il parait qu’il est super sympa. Un ami commun me l’a validé. Même que Thomas Clément okay c’est un peu un beauf midinette comme ça, mais il est vraiment cool. Et j’ai fini par me convaincre que ouais, ça doit être sympa de partager des brochettes de gambas en parlant bouffe/musique/marketing avec le bonhomme (ceci dit vu le premier paragraphe c’est potentiellement mal engagé). Breffons. Thomas Clément dans la vraie vie où il a besoin d’argent il bosse dans la pub. Oooh. Compatriote ! Mais il a aussi écrit un bouquin un jour, y’a trois ans. Même que ça s’appelle les enfants du plastique et que c’est de ça dont je vais vous parler aujourd’hui. Le roman vient de sortir en poche et forcément, je me devais de l’acheter et le lire. Curiosité malsaine qu’on dit. Et si j’ai passé plus de trois cent mots sur son auteur avant d’en arriver là, c’est que j’aime pas le “personnage” Thomas Clément (je progresse, je nuance). Fatalement j’avais très envie de détester son livre.

Frank Matalo est le P-DG d’Unique, la seule grosse major du disque en 2010 (ui bon le livre date de 2006). Frank Matalo est dépressif parce que sa fille est morte et du coup il passe la moitié de sa narration interne à lui parler. La folie, ça commence comme ça. Comme sa femme de lui parle plus que par SMS, il a le temps de réaliser qu’il est devenu un gros connard et a contribué à la mort de la musique. Du coup, au lieu de profiter de sa position idéale pour lancer un vrai groupe avec du talent et cœur et réparer ses erreurs, il préfère produire des métalleux attardés dans le but de se faire virer et de torpiller son groupe (?!?). Chacun son truc vous me direz. Malheureusement, plus Frank redouble d’effort pour choquer le public, pour promouvoir un groupe malsain de dégénérés, plus le public en redemande. Et le P-DG d’Unique se retrouve de plus en plus, malgré tous ses efforts, à créer un succès de plus. Peut-être le plus grand de ce début de vingt et unième siècle.

Bon point, y’a une trame. Je dis ça parce que la littérature masturbatoire, ça va cinq minutes mais faut pas déconner. Mauvais point, elle est complètement transparente du début à la fin. Il m’a fallu cinq pages pour comprendre que le narrateur s’adresse à sa fille morte (alors que le reveal intervient au premier quart). Un chapitre sur deux se termine par Frank qui se dit dans le dedans de lui-même que cette fois, c’est sûr, son groupe va imploser et détruire Unique ! Sauf que, évidemment, systématiquement non. En fait c’est ce qui m’a le plus gêné dans Les enfants du plastique, le côté gros sabots de l’ensemble. La logique de base du personnage principal, à savoir de tout détruire plutôt que de tenter de réparer ses erreurs, m’échappe un peu dans une dynamique de culpabilité et d’épiphanie. Mon côté paladin sans doute. Clément cède parfois au cool au mépris de la cohérence. Le groupe de mettaleux à des réactions trop caricaturales, incompatibles avec un univers qui se veut réaliste (on oscille entre le réalisme et l’absurde sans jamais trop savoir où l’on est).

Mais, et là attention twist, y’a des trucs vachement bien dans le premier roman de Thomas Clément. Par exemple certain dialogues sont savoureux, des phases de style sont vraiment bien senties et surtout les passages qui virent sur le monde de la pub et du marketing ont réussi à me faire marrer. Dans le bon sens du terme. C’est ce qu’on appelle être ponctuellement agréablement surpris. Tout comme je sens bien que Clément aime la musique, la vraie musique, qu’il s’agit d’une passion chez lui (enfin, écrire un bouquin pareil et trois ans plus tard aller interviewer Pascal Nègre de manière TRES complaisante… j’espère que l’autre côté de la veste est confortable). Malgré tous mes efforts pour essayer de vous dire que Les enfants du plastique, c’est de la merde, j’y arrive pas. Mon honnêteté intellectuelle me pousse à avouer que c’est honnête, que ça se lit facilement et occupe le temps d’un TGV. En fait, le roman de Thomas Clément est à l’image de son auteur : pas vraiment subtil, parfois lourd ou carrément à l’ouest, mais avec un bon fond.

Et à l’heure où nombre de textes sont prémâchés, écrits sans réelle envie ou but, avoir un roman qui ressemble à celui qui l’a accouché, sincère, c’est déjà être au dessus de la masse. Même si, au départ, quand même, j’aime pas Thomas Clément (qui m’invite à manger quand il veut).

WAYNE’S STAGE !!!

Non, mais, sérieux, avoir un personnage principal dont la chanson culte est Stairway To Heaven… Je pensais que Wayne’s World avait tordu le cou à se cliché y’a vingt ans déjà.

17 réflexions sur “649 – Book Review 107

  1. Daelf –> Chai pas, faut voir sa capacité à l’autodérision. :)

    LQX –> Non. J’ai des cheveux, je suis pas une groupie à stars, j’oserai jamais parler musique, j’ai lâché la pub’, je mets pas trois ans pour écrire un second roman etc..
    Donc rien à voir. Au cas où tu te demandes, c’est pas œdipien non plus. Je précise hein.

    Apprès pour le ReillychezClémenthon, je sais pas ce que c’est mais je vote pour !

    Iris –> J’essaie de te sevrer.

  2. C’est vrai, t’as juste peur de perdre tes cheveux, t’es une groupie à écrivain, tu connais à fond des groupes de punk californien honteux (pour toi, j’ai 4 albums de Blink donc bon…) et tu mets 3 ans à écrire ton mémoire.
    Rien à voir :-P :-D
    T’façon, le complexe d’œdipe c’est du chiqué, c’est Freud qui a fait un transfert sur toute l’humanité pour se justifier.

    Le ReillychezClémenthon, c’est une prise d’otage de l’antenne de France Télévision jusqu’à ce que Thomas Clément t’invite à manger ou t’interviouve. Ou alors qqchose de moins agressif, ptetre.

  3. Il est revenu ! *tintintiiiin*
    Mais alors, mais pourquoi systématiquement associer “métalleux” et “débiles” ? Loin de moi l’idée de faire mon nazi OSS117ien, mais bon… Pourquoi on a toujours le mauvais role ? :’(

  4. Je supporte pas ce mec, mais j’attendais ce post (j’avais bien aimé ton comm’ chez Wrath).
    Cela dit, ça me donne toujours pas envie de le lire…

    (Si il met aussi cette critique en lien dans un de ses posts d’auto congratulation, ça voudra ptêt dire que t’as tes chances pour qu’il t’invite !)

  5. Pour quelqu’un que tu n’aimes pas tu écris un très long papier…bizarre quand même…..
    Je connais Thomas un petit peu en vrai et pas mal via le web.
    Je ne juge pas le personnage ni l’être humain car encore une fois on ne se connait que très peu.
    Sachez juste que c’est quelqu’un de sympa.

    Concernant son bouquin ce papier est dure quand même. Je ne pense pas que Thomas se prenne pour l’auteur du siècle il a écrit un roman qui a été publié et tant mieux pour lui.

    Enfin ce bouquin m’a fait rire et emballé! Je bosse dans la musique et l’univers du bouquin n’est pas sans me rappeler certaines choses….
    Sans rancune

  6. Fox –> Parce que le métal c’est sale voyons. Puis c’est pas bénabar qui va casser des guitares sur scène.

    souklaye –> De rien ! :D

    Audrey A. –> Joie ! \o/

    Lau –> Il l’a mise ayé, mais pas de signe du resto…

    misterclem –> Non mais faut lire un peu entre les lignes hein. En fait la note est super gentille. :)

  7. Ca fait longtemps qu’on casse plus nos guitares sur scène. Au pire on les jette dans le public et ça fait plusieurs heureux (Les dentistes, les urgentistes et le fan qui réussit à se barrer avec l’instrument) au mieux on les garde, nos pelles à 20000 boules ;)

  8. Ce qui serait vraiment chouette se serait que tu lui proposes une interview vidéo pour qu’il puisse te répondre et créer la rencontre, avide de notoriété comme il semble l’être, et acceptant facilement la critique puisqu’il vient de linker cet article sur son blog sans cynisme, y a de bonnes chances qu’il accepte. :)

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