659 – Book Review 109

En 2001, David Wong s’emmerde dans un job de bureau sans intérêt. Alors il écrit une histoire dans laquelle lui et un de ses amis affrontent un monstre fait de viande crue agglomérée. Un mail plus tard et ses potes la lisaient, la faisait tourner. Motivé par les bons retours, Wong écrit un nouveau chapitre, puis un autre. Il colle le tout sur l’interweb, plus pratique pour partager. C’est alors que, oh mon dieu, des inconnus viennent lire les aventures de David et John, réunies sous le titre John Dies @ The End. Le buzz monte dans l’interweb littéraire ricain, et on propose à Wong d’éditer une première version de sa websérie. La première édition est introuvable, vendue jusqu’au dernier exemplaire. Un des bouquins se retrouve sur la table d’un producteur d’Hollywood qui achète les droits en 2008 pour en faire un film. Puis c’est un gros éditeur qui débarque et propose à Wong de rééditer John Dies @ The End, mais à plein d’exemplaires, couverture cartonnée et compagnie.

La nouvelle édition débarque en librairie à l’automne 2009. La blogosphère ricaine est en ébullition. Oui, parce que là-bas on respecte et on admire les success stories, ces petites gens partis de rien qui sont à présent pétés de pognon. Le livre est, parait-il, gore, trash et hilarant. Une vraie perle m’assure Aint It Cool News. En fait, j’étais vendu rien que sur le titre, qui me fait encore marrer maintenant. Puis le fait qu’un truc gratuit, lu par 70 000 personnes puisse être racheté, je trouve ça beau. C’est le genre de choses qui ne pourrait jamais arriver chez nous. Pas a si grande échelle. Au final le livre est un sacré pavé, pas loin de 400 pages écrites en tout petit. Une vraie plaie à lire en fait. Et pas seulement à cause de la police de caractères. Le problème c’est que malgré toutes les recommandations, malgré le conte de fée derrière le roman, je m’y suis emmerdé et paumé à de nombreuses reprises.

On sent que l’histoire est écrite au fil de la plume. Dave et John découvrent une drogue qui permet de voir des démons et autres fantômes, et doivent du coup aller à Las Vegas boucher une porte dimensionnelle, puis après y’a un chien qui parle, des moucherons de l’enfer, des clones maléfiques, des univers alternatifs et compagnie. Et là je simplifie. Parce que le pavé recoupe plusieurs histoires, avec les mêmes personnages. Comme si on avait trois volumes d’un coup, mais déséquilibrés, et racontés d’une traite. Alors ouais, y’a de très bonnes phases, on rit souvent. Ouais, certaines scènes sont un génie d’absurdité et de vision d’horreur. Mais tout ça manque cruellement de structure et de liant. Il faudrait couper dans le gras, virer une bonne centaine de pages et recoudre derrière. J’ai tout lu et je suis pas certain d’avoir pigé de quoi ça parlait, enfin de quoi ça parlait vraiment. Puis surtout, je me sens roulé. Parce qu’à la fin, John, bah il meurt même pas.

Normal, un second tome est en préparation ! La bonne nouvelle, c’est que cette fois ce ne sera pas l’impression d’une web série mais un bloc écrit d’un coup, à part. Qui sait, je me laisserai peut-être reprendre, en espérant que John crève cette fois ci (et surtout que je mette pas un mois à peiner pour arriver au bout du bouzin).

Demain, ciné !

11 réflexions sur “659 – Book Review 109

  1. Au final tu le recommandes ? La chute de l’intro étant plutôt bien compensée par le positif qu’il en ressort au final …
    Et puis le hard spoil c’était pas dans tes habitudes, moi aussi je me sens roulé hein.

  2. En avais entendu parler la première fois sur Cracked, vu que c’est le bouquin d’un des mecs, et pareil le titre m’a tellement plus que je l’ai pré commandé.
    Mais trop chiant à lire, j’ai pas du tout réussi à entrer dans l’histoire, c’était assez lourd.
    Et je maintiens, le spoil est quand même super fourbe =P

  3. Hey, j’en ai “entendu parler” sur Cracked.com, je crois que Wong bosse chez eux. Il a fait un article entier pour se faire de la pub^^

    Wé, ça avait l’air cool, tout ça, mais si effectivement c’est pas assez construit, ça va pas le faire sur 400 pages. Dommage.

    (T’as vu que t’avais balancé l’article 660 aussi ?)

  4. J’avais trouvé très sympa mais je suis d’accord avec toi en particulier pour toute la partie où on parle des “doubles” (wink wink).

    La première partie est très entraînante (j’adore le concept du héros “oublié”) et tout d’un coup ça devient vraiment dur à suivre.

    Dans le même genre (bouquin d’abord sorti sous forme d’un blog), j’avais préféré Day by Day Armaggedon, mais c’est parce que ça parle de zombies, sans doute.

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