671 – Book Review 111

Chaque année depuis deux ans, on me demande pourquoi j’envoie pas un manuscrit au concours de romans de Technikart. La première fois MPLS n’était pas bouclé à temps. La seconde fois, je me suis dit que putain, un exemplaire me coûte 7,5€ en photocopies/reliure et que ça me casse les couilles. Puis j’ai vu ce qu’il advenait des gagnants. L’un d’entre eux n’a par exemple jamais réussi à placer son manuscrit, malgré la caution du magasine. Digression : si un des plus gros magasine hype galère pour pistonner ses propres gagnants, ça donne une idée de l’état de la presse mag (ou de l’édition) dans ce pays. Anyway. La gagnante de cette année, Carole Fives, a quand même trouvé un (très) petit éditeur pour relier son recueil de nouvelles : Le Passage. Notons, que leurs locaux sont en face de ceux de Tech. Je dis ça, je dis rien. Tout ça pour en arriver à lundi dernier, où a un diner on me passe un exemplaire de Quand nous serrons heureux.

Forcément, qui dit nouvelles dit un peu foutoir de pitch (malgré le fait que certains personnages se croisent timidement d’une histoire à l’autre). Si on devait trouver une thématique pour lier la vingtaine de récits qui composent le livre, ce serait la névrose/dépression. En gros tous les personnages sont bien fracassés et la plupart du temps c’est leur faute. On a une obsessionnelle de David Bowie, une traumatisée de sa laideur qui ne se supporte pas belle, une frigide qui découpe au scalpel le pénis du seul homme qui aura réussi à la faire jouir, une employée trop moche pour mériter une augmentation, une caissière suicidaire etc… Celles qui avaient lu le livre l’ont trouvé profondément déprimant, surtout en enchaînant les histoires. Sûrement mon côté cynique/pragmatique mais chaque personnage est prisonnier de sa propre névrose, chacun s’échine contre les barreaux de la cage qu’il a lui-même créé. J’étais plus dans une logique de bien fait pour leur gueule que de réelle compassion.

Petite réussite du recueil, le niveau des nouvelles est à peu près égal. Il n’y a pas de gros plantages qui plombent l’ensemble. Les histoires un peu clichés ou plus faibles ne durent de toute façon jamais très longtemps, chaque nouvelle ne s’étalant que sur une poignée de pages. Question style là encore la plume reste (malheureusement ?) cohérente. Une écriture agressive, qui alterne principale la première et seconde personne du singulier, use et abuse de l’indirect libre. Voilà qui donne un rythme assez soutenu à l’ensemble et favorise la vitesse de lecture. J’aurais bien aimé voir un peu plus d’expérimentations, peut-être sur une nouvelle plus lente, posée. A voir. Reste à parler du dernier récit, où un ami de l’auteur l’interpelle et critique le livre qu’on vient de parcourir. L’idée peut sembler séduisante, j’ai moyennement aimé dans le sens où ça brasse des choses convenues (les nouvelles c’est moins bien qu’un roman, l’écriture ça sert à rien) et où ça parasite mon propre ressenti.

On me dira que c’était sûrement fait exprès. Mais ça ne m’a pas moins gêné pour autant. Toujours est-il que dans le genre recueil de nouvelles, Quand nous serons heureux assure. C’est propre, cadré et plein de bonnes idées. J’aurais aimé que ça dure un peu plus longtemps, tout comme j’aurais adoré avoir des romans entier autour de certaines trames beaucoup trop courtes. Bon, bah au boulot Carole Fives ! Un roman naow !

Demain, on parlera d’Highlander (un peu) et de mon école (un peu).

6 réflexions sur “671 – Book Review 111

  1. Dommage que tu ne tentes pas le concours Tnkrt (je trouve que ça fait encore plus hype yey formulé comme ça).

    Outre la qualité littéraire de tes œuvres, je suis sur que ton profile de blogger reconnu sur la toile ferait un putain de bon sujet pour le magazine.

    Et puis tu râles contre les ratés des auteurs précédents suite au prix, mais il ne faut jamais ignorer que les premières fois surprennent toujours moins les autres que soi même (prout).

    Salut au fait, ça faisait au moins pleins de jours que je n’étais pas venu.

  2. LQX –> ué ué je te connais…

    Alai –> QUICKENING !!!

    Iris –> C’est même pas fait exprès en plus…

    SC –> Sauf que j’ai un dent contre technikart, depuis un moment, et que ça me ferait mal de passer par eux. C’est con mais je préfère attendre le jour où ILS viendront me chercher. Je leur ai assez couru après.

    Et ça fait toujours plaisir de t’avoir dans le coin.

  3. Ping : 732 – The Road Taken « -The Best Place-

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