664 – Book Review 110

A l’automne 2008 sort The Hunger Games, un bouquin de science-fiction pour ado. L’auteur, Suzanne Collins n’en est pas a son coup d’essai avec déjà une saga en cinq parties publiée. Mais c’est la première fois que le succès est aussi franc et massif. Carton plein niveau vente, le livre est propulsé phénomène aux Etats-Unis et le second volume s’arrache des étals en attendant la fin de la trilogie. Le premier tome est sorti chez nous pour les fêtes, même que l’éditeur s’est gavé en se fendant même d’un site internet dédié pour marketer le truc à fond. Problème, on a plein de défauts en France, mais on sait au moins s’ouvrir la culture étrangère. Dans ce cas précis, nous autres bouffeurs de grenouilles, on a vu Battle Royale il y a déjà dix ans. Là où les critiques US ont crié au génie, je n’ai vu qu’une pâle resucée de quelque chose de beaucoup mieux. Reprenons du début.

Katniss est une chasseuse dans un des douze districts qui composent ce qui a émergé des cendres des Etats-Unis. Le Capitole contrôle tous les districts, forçant ses habitants à vivre dans le dénuement le plus total tandis que les riches se gavent, bien à l’abri derrière leurs montagnes. Les pauvres se sont rebellés une fois par le passé. Ils ont perdu. Leur punition sera de distraire chaque année le Capitole en sacrifiant deux de leurs enfants dans un combat télévisé à mort. Lorsque la petite sœur de Katniss est tirée au sort pour participer, la benjamine prend sa place et part dans l’arène affronter vingt-trois autres candidats au massacre, parmi lesquels un ami d’enfance de son district. Mais Katniss est en bonne forme, agile et surtout sait manier l’arc comme personne. Peut-être qu’elle a sa chance après tout, à condition de trouver le courage d’abandonner une partie de son humanité.

Bon. Okay ça se passe pas au japon, okay c’est pas une classe scolaire entière, mais bordel qu’est-ce que c’est exactement la putain de même chose que Battle Royale ! Enfin non. Disons que là où Battle Royale explorait le thème de la perte de l’innocence et de l’amitié, The Hunger Games préfère se concentrer sur une plus actuelle et consensuelle critique de la télé réalité. Adieu aussi tous les petits moments hardcores qui rendaient Battle Royale dérangeant (je pense à la scène où la bonnasse du groupe propose aux mecs de baiser avant de les égorger pendant qu’elle jouit). Ici, sur douze couples de condamnés à mort, chacun en pleine adolescence, personne ne pense à se dépuceler ou tirer un coup pour la peine. J’adore la littérature pour ados. Même tarif pour l’ambiguïté morale vu qu’à chaque fois Katniss tue par accident, légitime défense ou pour achever. Et là vous vous dites que The Hunger Games, c’est quand même bien de la merde. En temps normal vous auriez raison. Sauf que non.

Suzanne Collins manque peut-être d’originalité mais connait son boulot. Le worldbuilding est plutôt bon même si pas toujours très cohérent. L’héroïne est une des moins pleurnichardes de la littérature pour ado de ces dernières années. On trouve quelques concepts cools, notamment vers la fin (pas de spoils). Surtout ce qui assure, c’est la narration. Chaque fin de chapitre assure son petit cliffhanger des familles et je me suis laissé prendre au jeu, à dévorer les pages de plus en plus vite au fur et à mesure que j’arrivais sur la fin. Fuck, je me suis encore fait avoir.

The Hunger Games est loin de la folie annoncée, surtout quand on a vu/lu Battle Royale. Mais pour une génération d’autistes culturels, j’imagine que ça doit être de la bombe. A mon niveau j’ai été agréablement surpris malgré mon léger agacement. Je pense resigner pour le second volume, histoire de voir ce qui se passe quand on sort du concept d’origine. On en reparlera.

663 Bis – Shut Up. Kick Ass

Ce printemps un film va dévaster les cinémas du monde entier. Si vous n’en avez pas encore entendu parler vous ne pourrez pas arrêter de vous taire après l’avoir vu. Le réalisateur et le scénariste vont avoir carte blanche ultime à Hollywood, Nicolas Cage va redevenir cool, Christopher Mintz-Plasse va enfin sortir de l’ombre de McLovin. et Chloé-Grace Moretz va devenir la nouvelle Natalie Portman. Aujourd’hui le poster final est tombé et il déboîte la gueule.

Ca fait plusieurs mois que je me demande comment aborder Kick-Ass sur ce blog. J’ai suivi depuis plusieurs années la création du comics de l’annonce jusqu’à la sortie, tout comme j’ai bouffé chaque pièce d’info sur le développement de l’adaptation. Ce film est important en terme de pop-culture, de thématique métatextuelle et simplement de méthode de production cinéma. Sans parler de sa qualité en tant que divertissement. Il y aurait de quoi faire une demi douzaine de notes. Et pendant que je me casse la tête sur comment mieux vous en parler, mieux vous expliquer pourquoi j’en fait tout un foin, je vous laisse avec le trailer final (en attendant la version interdite aux moins de 18 dans quelques semaines).

On en reparlera.

663 – You Can’t Burn What You Don’t Print

Ces vacances j’ai fait un truc un peu débile. J’ai décidé d’imprimer mes photos de New-York. Je me suis inscrit pour MyPix. Zou, cinquante tirages gratos (enfin, à cinq euros avec leurs feintes de frais cachés. J’aurais donc choisi un ti best of, uploadé, décoché la case correction automatique et attendu. Le résultat est loin d’être awesome. L’impression est sombre, plus que sur n’importe quel écran sur lequel j’ai pu visionner mes clichés. Du coup ça rend pas toujours top. Mais bon, bordayl, c’est mes photos n’a moi, physiquement entre mes mimines ! Ma mom est contente, elle qui fear la technologie. Ma grand mom est contente, elle pourra en accrocher une ou deux de son petit fils préféré (ou pas, t’inquiètes bro) au dessus du buffet du salon. Mais moi dans tout ça ? Passé le fun de la découverte du truc, je me rends compte que je sais pas trop quoi faire de mon tas de papier.

Pourtant à une époque faire développer les photos, c’était trop le pied. On me filait un kodak jetable de merde pour les classes vertes et à chaque fois c’était la surprise au retour. On allait de la fierté de voir le fiston trop ridicule face à un monument à la con jusqu’à la grosse crise de lol face à une photo floue d’un truc hyper mal cadré. Sans parler des bourdes, quand on appuie sur le déclencheur sans faire exprès après avoir rembobiné la molette. C’était le bon vieux temps. Un instantané de vie que j’espérais recapturer et qui n’aura duré que quelques minutes, le temps d’éplucher le colis de photos. Parce qu’entre mon backup sur ordi, sur MMC et sur Picasa, je n’ai aucune peur de perdre mes fichiers. Ma parano a de bons avantages. Une amie à moi me disait avant hier qu’elle ne voyait pas l’intérêt de nos jours d’imprimer ses photos. Et au-delà d’une envie d’affichage ou de cadeau, je dois reconnaître que je suis assez d’accord avec elle. Les générations passent et les usages évoluent. Est-ce que mes mômes auront la nostalgie du papier ? Sûrement pas. Pas besoin de remonter si loin en fait pour trouver des disparités d’usage. Exemple ! Les fabricants d’appareils viennent d’annoncer plusieurs modèles exploitant un nouveau format, le micro 4/3.

Des boitiers de la puissance d’un réflex d’entrée de gamme avec objectifs interchangeables mais petits comme des gros compacts. L’astuce ? Virer le miroir interne, le viseur optique et autres petites pièces des réflex. La même amie a hurlé que jamais elle ne pourrait se passer de viseur optique, que c’était sale de tout shooter à l’écran, qu’elle tient à ce contact froid, à faire intervenir des réflexes qu’elle possède. Des réflexes que je n’ai pas. Tout comme je me fiche pas mal d’un tas de réglages avancés qui disparaissent, d’être obligé de paramétrer à l’écran, d’un mode rafale plus lent et compagnie. J’envisage de changer mon S90 contre un Micro 4/3 après mon stage, surtout si je retourne aux US pour profiter du taux. Tout ça pour constater qu’au même âge, les tics et les usages technologiques se brouillent déjà.

Je crois que je ne pourrais pas m’empêcher d’imprimer un paquet de photos de temps en temps. Pour le kif de les tenir entre mes mains, pour retrouver un parfum d’enfance, pour devenir au fil du temps un vieux con. Tout comme ma potesse restera traumatisée quand je lui montrerai mon Micro 4/3 (plus d’infos chez Wired, où les pro-tographes hurlent aussi à l’hérésie alors que je vois la prochaine évolution de mon apprentissage). Et dans un moment, ce sera au tour d’un autre tic de vaciller, d’évoluer ou de se raccrocher au passé. Bordel. Je reviens, je vais me mettre de la crème anti ride.

Demain, on parlera d’un gros succès jeunesse !