678 – Book Review 112

Lev Grossman est un mec cool. Principalement parce qu’il pense qu’Harry Potter, c’est de la merde. Fuck yeah man ! Sauf que quand c’est moi qui dis que JK Rowling est prodigieusement mauvaise en worldbuiling, structure et arcs narratifs, tout le monde s’en branle. Grossman a du bol, il est critique littéraire sénior pour TIME magazine. Alors quand il en a marre d’empiler la liste des défauts qu’il déteste dans Harry Potter, il se vénère et décide de faire sa tambouille dans son coin. Un peu comme moi en fait, sauf que lui publie. Et ça donne The Magicians, pitché assez simplement comme un Harry Potter version mature, avec des désillusions, de la drogue et des plans à trois. Forcément, il s’en sera vendu des brouettes entières. Avec raison, vu que le livre très bon. Car heureusement le produit fini va plus loin qu’une réécriture en colère pour acquérir sa propre personnalité.

Quentin est un ado de Brooklyn qui s’emmerde, toujours la troisième roue du carrosse dans le couple composé par ses meilleurs amis. Son échappatoire, c’est une série de livre sur les enfants Chatwin qui visitent le monde merveilleux de Fillory pour y vivre moult aventures. Alors quand l’école de magie Brakebills le convoque pour un examen d’entrée, Quentin donne, sans vraiment y croire, tout ce qu’il a. Contre toute attente la magie existe, et Quentin devient étudiant, oubliant sa vie de merde d’avant, se faisant de nouveaux amis et croyant trouver de quoi combler le vide qui le ronge. Mais rien n’est jamais si simple, et au fil des années, des amours et des cours rien ne semble satisfaire le jeune garçon. Alors quand il apprend que Fillory pourrait réellement exister, il plonge la tête la première, sans se demander si le problème ne venait pas tout simplement de lui.

La grosse thématique de The Magicians, c’est la dépression. Enfin, plutôt le vide, l’impuissance, ce truc qu’on ressent quand on est ado, où rien ne va, où l’on est jamais heureux. La plupart des adultes occultent ça, deviennent des zombies pour continuer à avancer. Mais Quentin croit à chaque fois tenir une échappatoire, plus de pouvoir, plus de sexe, plus d’aventures. The Magicians mixe Harry Potter avec Narnia, principalement, et va piocher à gauche et à droite. La première moitié du livre suit une structure narrative liée à l’école. Sauf que dans la vraie vie du monde réel, un ado ça a envie de baiser, ça a des sentiments, ça déprime et ça se rebelle. Dans le même ordre d’idée la magie conserve son mystère mais est cadrée par des règles précises, tout comme la place des magiciens dans le monde. Un worldbuilding en béton, de quoi poser de bonnes bases pour la suite.

La seconde partie du livre est plus étrange, virant clairement dans l’héroic fantasy après un interlude très jeunesse dorée qui s’emmerde, sniffe et baise pour oublier que la magie, ça sert à rien finalement dans la vraie vie. Mais toutélié dans un final poignant et franchement couillu, qui m’a fait comprendre à quel point je m’étais attaché aux personnages. Au final j’aurais dévoré les cinq cent pages de The Magicians, malgré le fait que le style merdoie de temps en temps, Grossman souffrant pour rendre ses scènes d’actions lisibles. La démarche de base de l’auteur me plait autant que le résultat, unique et vengeur vis-à-vis d’une des sagas les plus surévalué de la décennie. Sans parler d’un tas de concepts et de scènes vraiment cools ou bien trouvés. Où comment me retrouver dans un des rares cas où j’espère vraiment une suite.

J’en veux encore.

8 réflexions sur “678 – Book Review 112

  1. Ok, le Reilly, il rejoint la pile des bouquins à acheter quand ils sortiront en poche.

    Mais il fait que de la magie dans son école de magie ? Pas de math, pas d’anglais ? Tu m’étonnes qu’il rate sa vie après. Ou alors c’est une université ? (Ou un BEP/CAP ?) Et les nazis avaient-ils des magiciens ?

  2. “vis-à-vis d’une des sagas les plus surévalué de la décennie”

    merde c’était pas twilight? J’ai perdu? Mince alors…

    Je suis pas le plus acharné des lecteurs, on se laisse suffisamment prendre au truc pour pas le lâcher même si on est pas dans un groupe facebook “JK Rowling must die”?

  3. Sinon il y a toujours Bobby Pendragon, dans le genre saga ado méconnue qui poutre Harry Potter (et pourtant j’aime Harry Potter).

  4. Ping : 721 – Stupid-Compulsive « -The Best Place-

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