Les enfoirés, ils ont changé ma caissière du Shopi. Adieu la brunette au cul énorme dans son jean royal wear. Bonjour la petite au visage poupon avec quelques restes d’acné. Fuck, j’aurais jamais conclu. Enfin j’aurais jamais entamé la conclusion. Mais là, lors de mon premier passage en caisse samedi dernier, je fus saisi par une odeur qui n’appartient pas à une superette glauque, du vrai parfum. Je lève les yeux, et je la trouve mignonne, je sais pas si c’est le parfum qui joue, sûrement. Elle a l’air sympa, enfin elle rajoute des mots entre bonjour et au revoir. Je sais que je devrais dire un truc, mais je reste interdit. Je ramasse mes achats en silence, alors que ça bouillonne dedans. Puis, deux secondes avant de partir je ferme les yeux et :
- Vous… vous portez quelque chose ?
- Pardon ?
- Un parfum, vous avez un parfum là ?
Elle sourit. Comme si c’était la première fois qu’un client lui faisait la remarque. En fait, c’était probablement le cas.
- Oui.
- C’est quoi ?
- Poison.
J’ai aucune idée de ce que c’est. Je demandais par politesse, pour faire tourner la conversation quelques secondes plus.
- J’aime bien.
- Oh ? Merci !
La nana finit rouge comme une pivoine, à tenter de cacher sa bouille sous la carapace qu’elle n’a pas. Tandis que je franchis les cinq mètres qui séparent les portes du Shopi de ma porte, je me hurle en mon moi intérieur que bordel, c’était pas si difficile pauvre connard !

Je veux dire, c’est pas comme si j’avais chômé niveau filles cette année, à courir partout dans tous les sens et à faire plus ou moins n’importe quoi avec n’importe qui (ceci est une énorme exagération visant à construire ma légende). Mais à (presque) chaque fois, c’était quelque chose qui avait plus ou moins commencé par l’interweb, à coup de mails, de pokes et compagnie. Parce que techniquement, avec ma double compétence marketing/écrivaillon, je suis une machine à tuer si on me file un clavier, un calepin ou n’importe quoi sur lequel écrire des mots (un pensée pour l’ardoise véléda sur le frigo de l’ex-femme de ma vie). Sauf que pour aborder une personne que je n’ai pas sur le net, c’est le début de la fin de la misère. Ce qui me pousse dans des retranchements absurdes. Comme cette fille à la fac de Lyon II, la nana avec qui j’ai cours dix heures par semaine, que je passe deux ans à fixer comme le premier des stalkers. Plutôt que de bouger mon cul et d’aller lui dire bonjour je cherche son nom de famille sur les feuilles de présence, j’en déduis son mail universitaire et je lui écris. L’anecdote entière est plus savoureuse que ça mais inutile de préciser que ma réputation de psychopathe n’est plus à faire sur le campus de Bron.

Pourtant, c’est pas comme si j’étais pas armé. Je n’ai pas lu toute la bibliothèque de Sharkboy mais j’ai les bases, les phrases à dire, les zones à toucher, quand les toucher, les postures physiques et compagnie. Une fois en vrai, tout ça reste avec mes mots, au fond de ma gorge, dans la boule qui fait mal. Typique avec cette pote de copain à une copine. Je sais pas combien de minutes de ma vie j’ai perdu à planter sur ses yeux, à m’imaginer tout ce que je voulais lui faire, tout ce que je voulais qu’elle me fasse. Niveau conversationnel, ça coinçait, pas moyen de lui accrocher suffisamment l’attention, de faire quoi que ce soit. Retour penaud en métro, à lire un bouquin d’héroïc fantasy. Et oui, je vous emmerde tous. Paraîtrait que ça serait le syndrome du petit gros boutonneux. J’ai grandi, j’ai plus d’acné, mes dents sont droites, j’ai une corpulence normale et assez d’expérience au pieu pour toujours surnager un minimum au dessus de la moyenne question perfs. Mais face à quelqu’un qui me plait, j’ai de retour quinze ans, et c’est foutu. Alors je me planque derrière un bout de papier ou un ordi, et là je retrouve de ma superbe, de ma verve, je suis le séducteur que j’ai toujours rêvé être. Un jour je vous ferais sûrement une rétrospective des lettres écrites et abandonnées sur le passage de mes fantasmes d’une époque.

Mais tout ce que je viens de vous dire, c’est potentiellement que de la merde. Vu que je suis incapable de décrypter les moindres signaux (cf Blueberry girl y’a un an, fais chier je rumine encore cette histoire). Si ça se trouve j’ai grave un tas de d’occases dans la vraie vie, mais je vois que dalle et je me lamente dans le vide. Mindfuck !
Demain, on parlera collectors.
“Plutôt que de bouger mon cul et d’aller lui dire bonjour je cherche son nom de famille sur les feuilles de présence, j’en déduis son mail universitaire et je lui écris.”
Awesome. Et la dernière image est super bien trouvée ^^
Merde alors je suis pareil ! surtout pour les signeaux je capte rien.
“ha mais non moi je t’envoyais des perches tout le temps, mais comme tu saisissait jamais je croyais que je t’intéressait pas ! du coup voila c’est trop tard …”
Fuuuuuuuuuuuuuuu !!!!!!!!!!
et puis y’a aussi les perches qu’on nous tend et qu’on fait semblant de pas voir!
Ralala! C’est dur la vie!
Cela dit, ta vie virtuelle est si intense qu’elle compense ta vie réelle!
J’veux dire, via Facebook/MSN/blog/mails/phone/xbox (je sais que tu en es capable!!), t’as moyen de draguer 6 nana en même temps!
IRL c’est popossible!!
Plus l’homme est communicant, et moins il est rencontrant (paradoxe relevé par P.Virilio, socio-urbaniste). La machine gagne du terrain, attention quand même… Une petite bite est quand même préférable qu’une megabyte, non ? Enfin si j’ose dire. (Et en général j’ose.)
@pollux: You mean it’s possimpable ! There is a new mission for Barney stinson and it’s gonna be legend… wait for it… dary !
@Meuhtias : Love ce post, beaucoup plus que les précédents et compati sur les occasions loupées IRL.
Ca se soigne tu sais ?
1er remède, NE PAS PENSER…
C’est ton pbm, t’intellectualises, pourtant les aut’ en général ils sexualisent…
Mais, qu’est ce que ça m’amuse
Boulie
J’ai connu ça aussi!!! c’est très énervant!! En plus entre l’etre fantasmé que l’on aimerait etre celui qu’on est, il y a une marge mais genre énorme!! Alros Le Reilly je te souhaite bon courage pour gerer cette situation!!
Mon dieu vous réfléchissez trop, qu’avez vous à perdre?
Cette fille dans l’amphi, au pire c’est un vent et alors,c e qui ne tue pas rends plus fort non?
Moi ma femme je l’ai vu la première fois, j’ai pris mon courage à deux mains, je suis allé la voir et je lui ai simplement fait un compliment…
Et me voilà 12 ans plus tard, une maison et 2 enfants…
Franchement LeReilly, Toy c’est vraiment pas plus compliqué, pour peu que vous ayez confiance en vous (et même faites semblant)
Cela dit l’anecdote est bien racontée, donc merci pour ça!
C’est vrais que c’est pas compliqué, mai t’as beau dire a quelqu’un qui a le vertige que le saut a l’élastique, le parapente, la chute libre c’est pas dangereux ben il va pas te dire “ok” et se jeter direct.
Ça nous demande surement plus d’efforts et de courage que vous, mais on y travaille …
Certes mais je pense que il y’a moins de risque mortel à complimenter une lady qu’a sauter à l’élastique
Je ne parierais pas là-dessus.
J’aurai pu ecrire cet article … au mot près XD
Le campus de Bron doit avoir un truc.
Ce mec canonissime croisé dans le tram, puis devant la cafet, et que je croise maintenant une fois par semaine, au même endroit, à la même heure.
Je le dévisage encore et encore, sans oser ne serait-ce que lui sourire.
Rah.
Oula, mais tu viens de raconter ma vie ! Sauf que perso, la caissière du shopi, j’aurais juste pas pu, je serais reparti comme un con en regardant mes pieds et en essayant d’avoir la démarche normale du type qui n’a rien remarqué (Du coup j’imagine qu’à me forcer ainsi, je dois avoir l’air d’un pingouin en vrai…)
Donc félicitations déjà
@TOY > Le coup du “Ben je t’envoyais des perches t’as rien vu, maintenant c’est trop tard” ça m’arrive plusieurs fois par an. Par contre, les perches pour les autres, je les vois super bien. La vie est mal foutue !