La semaine dernière j’ai commencé à écrire une nouvelle. Tout ça c’est la faute de Jennifer, une fille que je connais même pas et qui a partagé une anecdote de sa vie si savoureuse que je me devais de la pousser à bout (l’anecdote, pas Jennifer). Alors j’ai commencé à écrire quelques lignes, pour un résultat final qui devrait à priori ne pas dépasser trois ou quatre pages. Seulement j’ai jamais mis autant de temps pour rédiger un truc tout prêt dans mon crâne. Parce que la vérité, c’est que je ne me sens pas du tout à l’aise dans l’exercice de la nouvelle. Tout comme je détestais participer aux concours d’histoires courtes en BD (même si j’en ai gagné un ou deux). Je ne suis pas à l’aise dans le format, comme dans un tee trop court, ça gratte, c’est désagréable et on aimerait avoir plus de place. Ouais, le concept de nouvelle, ça me fais chier.

Généralement, si une idée est bonne, elle peut tenir sur cent pages. Si elle peut tenir sur cent pages, elle peut tenir sur un roman. Voilà, c’est aussi con que ça. Et immanquablement quand je lis une bonne nouvelle, une qui me plait, je regrette que ça ne soit pas un roman. Car j’aime la décompression narrative (on y revient), mais aussi m’immerger dans une ambiance, prendre le temps de ressentir les choses, les personnages. La nouvelle c’est le petit bain de la littérature. Aussi bonne que soit l’eau, on aura que les pieds mouillés. Alors ouais, y’a des fans, et parfois je crache pas sur un petit recueil par ci par là. Mais tout de même, c’est loin d’être ce que je préfère. Et du coup, pourquoi est-ce que je me force ? Pourquoi est-ce que j’ai décidé d’écrire ce bout de truc au lieu de laisser tomber ou d’en faire un bouquin ?

Une fois de plus on en revient à une question de mathématiques, une équation. Si une idée est bonne mais pas assez pour supporter une centaine de pages, il se passe quoi ? Ou alors tout connement, et si le gain réel à passer une idée de quelques pages à beaucoup plus est trop faible pour justifier l’effort supplémentaire à fournir ? Par exemple. Mon histoire sur le 280 Salade. Je peux la faire tenir sur deux cent pages sans aucun problème. Et ça serait sûrement mieux que ce que vous pouvez imaginer (rien que de l’évoquer j’ai un plan qui se forme). Mais est-ce que ça vaut vraiment le coup vis-à-vis de mes autres projets ? Est-ce que ça sera tellement mieux que la version résumée ? C’était un peu ça pour l’idée que m’a filé Jennifer. Cool, qui mérite d’être raconté, mais peut-être pas un bouquin.

Reste l’écriture qui m’emmerde. Quoi que je fasse, j’ai l’impression d’écrire un résumé, de raconter une histoire au lieu de l’écrire. Je sais que c’est le jeu, que ça ne m’empêche pas de faire du style, loin de là puisque ça ouvre d’autres opportunités de jouer avec les mots. Mais je suis trop habitué, configuré au plus profond des synapses, pour des histoires longues. D’où la souffrance. Je pense tout de même que ça en vaudra la peine. Puis j’ai une idée ou deux question nouvelles, enfin format.
Je vous en reparlerai.






Une nouvelle n’est pas un roman court. Concentre-toi juste sur le côté punchy/cinématographique qui te sied tant et ça se fera tout seul. Raconte, si tu trouves que c’est ce que tu fais, et tu fignoleras après.
Je suis d’accord avec toi. Une nouvelle, dans son utilisation « correcte », est un genre à part entière, un texte qui se suffit à lui-même, une fin en soi.
Après, on peut certes écrire une nouvelle par manque de temps ou comme une sorte de premier jet pour tester le lectorat, rien ne l’interdit.
C’est un peu semblable à un court-métrage.
Quoi qu’il en soit, je pense que Ben ne doit pas se forcer à faire de la nouvelle, puisqu’il n’en retire aucun plaisir. Un jour, tu trouveras peut-être une histoire qui tiendra en quelques pages, parce qu’elle n’aura pas besoin de plus. Qui sait, tu seras peut-être même frustré de ne pas réussir à en faire un roman.
Je suis le seul à avoir cru un instant que Jennifer était Billie Piper sur la dernière photo ?
Je me sens grave trop dénigrée *_*
Sinon, à part ça, je suis bien contente que tu te creuses la tête grâce/à cause de moi. J’attends cette nouvelle avec impatience (donc en plus de ça, tu n’as pas le droit de baisser les bras).
Damn, long débat. Tu sais à peu près ce que j’en pense.
Mais la fille sur l’image 3 est super jolie =D
+1 à Last Equinoxx pour la citation qui roxxe et la comparaison à Billie Piper.
Melle Jennifer, vous savez quelle photo mettre sur votre profil facebook pour le doppelgänger week \o/
Size doesn’t matter dude
Bahoui, chuis pas d’accord non plus. Je lis pas énormément de nouvelles, même si j’ai des recueils et des anthos dans ma PAL (argh) mais mon problème c’est pas que j’aime pas le format court, c’est que j’arrive pas toujours à savoir si j’ai tout lu dans le bouquin ou pas ^^°
J’ai des exemples en tête, de Fredric Brown (le roi de la short-short SF !) ou de Catherine Dufour, et de quelques autres, de nouvelles qui se tiennent parfaitement, ne gagneraient rien voire ne pourraient tout simplement pas être étirées sur une cenaine de pages*… et qui sont de vrais petits bijoux.
Tiens comme ça le Reilly : qu’esy-ce que tu pense des court métrages en tant que speectateur ? Parce que finalement c’est le même combat… Un format censé être plus « punchy ».
/D., qui n’arrive pas à écrire court non plus, mais ça veut rien dire, hein.
* Et au passage : lecteurs de littérature générale, réveillez-vous, révoltez-vous ! Un roman qui fait une centaine de pages, ça n’est pas un roman, c’est une novella. Qu’on vous vende ça 15-20€ est un scandale. Je connais un petit éditeur (d’imaginaire, par contre) qui assume le format, lui donne son nom et vend l’exemplaire 8-9€. Y’en a qui font ça en littgen ? Je demande à voir.
bon, et bien moi je suis tout a fait d’accord avec Matthias parce que moi aussi, comme il dit si bien, les textes courts, m’emmerdent.
Pas seulement de les écrire,mais aussi de les lire. Je reste sur ma faim, toujours. J’attendsla suite, la fin de l’histoire, le developpement et qu’onne me prennepas pour uneautre, surtout – il y a maldonne avecelsnovuelles, novellas et les trucs de 80 pages. Mais les pires, ce sont les textes d’uneou deux pages : surtout pour celles quisont tronquées, encore un truc vachement à la mode surle Web : on ecrit, on ne sait pas où on va, et on s’arrete abruptement, paf ..le mur. Paraît que c’est le comble de l’art. Pas pour moi
La nouvelle, c’est du snobisme. Et c’est vrai que si l’idée est là, si l’histoire est là, si les personnages, le décor, et tout le menu fretin sont là, on peut aller jusqu’à 200 pages sans problème – alors, pourquoi pas le Da Vinci Code et qu’on n’en parle plus !
( Yack !)
(ma remarque va peut-être te renvoyer à celle que t’avait faite William Rejault, notre pote commun
) -> quand il s’agit d’écrire (et de lire), plus c’est long, plus c’est pas forcément bon.