703 – Cine Club 89

Il existe des tonnes de raisons qui font que je ne vous ai jamais parlé de Fight Club. Les deux premières sont évidentes. Ensuite il y a le fait que je peux pas vous parler du film. Il me faudrait un blog entier, une thèse pour formuler une interprétation cohérente, pour faire justice à ce modèle de minutie et précision. Une seule note, ce serait une insulte. Si je ne cause pas du livre non plus, c’est purement et simplement que je ne l’ai pas lu, par opposition à la quasi-totalité des autres romans de Chuk Palahniuk. Je réalise que c’est paradoxal vis-à-vis de mon fanboyisme. Le problème réside dans la qualité intrinsèque du livre. Il est moins bon que le film. Je le sais parce que tout le monde le sait. A commencer par l’auteur lui-même, qui reconnait volontiers que le script est supérieur au roman. D’ailleurs il en parle avec Jim Uhls dans un des commentaires audio du Blu-Ray.

COLLECTOR'S EDITION : I HAZ IT !

Ouais y’a plein de trucs dans ce collector…

Parce que les éditeurs de DVD sont parfois des ordures, ce commentaire s’est vu supprimé de l’édition originale en galette. Manque de place sans doute (bah ué, une poste française 5.1, ça monopolise l’espace) ou simplement de budget (traduire deux heures de bla bla pour trois pauvres fans, moyen niveau rentabilité). Un ami m’avait survendu le bonus. Comme quoi c’était juste fou à quel point les deux hommes ne se marchaient pas sur les pieds, chacun commentant et posant des questions sur le travail de l’autre avec autant d’admiration et de respect. Ca me semblait surréaliste. Que la jalousie ne prenne pas le dessus, que les égos restent en place. Après tout, Palahniuk a créé la putain d’histoire à la base merde ! Et d’un autre côté Uhls l’a sublimé, est allé plus loin que Chuck merde aussi ! Heureusement cet ami est trop gentil et m’a refilé son exemplaire de noël en trop, pour le prix d’un déjeuner. J’en culpabilise encore… Vraiment. Eddy, Je culpabilise.

Le commentaire n’est pas parfait, loin de là. D’une les deux hommes ne parlent qu’à peine la moitié du temps. Beaucoup de scènes où l’on s’ennuie. Quelques anecdotes sur le tournage fusent. Mais dès que les deux écrivains parlent scénario, narration ou structure c’est fascinant. Des scénes ont été modifiées, coupées ou rajoutées par rapport au roman. Et Chuck est curieux, demande quelle était l’intention, si telle ou telle ligne était improvisée. Pendant ce temps Uhls questionne parfois l’auteur sur l’intention originale, sur ce qu’il pense de l’état d’esprit de tel ou tel personnage à un moment donné. En tant que spectateur j’ai eu l’impression de voir deux artistes discuter d’une œuvre commune, la fusion de deux techniques et savoir faires différents. J’ai même appris une ou deux astuces d’écriture (sur l’usage d’une voix off ou les avantages d’un dialogue à la troisième personne). Fascinant de bout en bout.

Enfin, c’est pas comme si vous manquiez de raisons de revoir Fight Club de temps à autre. Rien que pour des pépites de dialogues comme « Une dernière volonté ? », « Toujours rien qui me vient… », « Humour flashback, très bon. » Ou pour l’effet sixième sens avec au bout de trente secondes de films le personnage qui te dit « Je le sais parce que Tyler le sait » ou quand il s’auto-frappe dans le bureau de son boss « Je ne sais pas pourquoi mais soudain j’ai repensé à mon premier combat avec Tyler ». Bon allez je me tais avant de commencer ma thèse.

Demain on parlera des choix.

12 réflexions sur “703 – Cine Club 89

  1. Heureusement qu’on l’a déjà tous vu 100 fois, sinon on vient de se faire spoiler façon surprise buttsecks. ^^
    Soit dit en passant best générique de fin ever!

  2. Le plus grand film de tout les temps, une révolution dans l’histoire du cinéma sinon de la narration et aussi dans ma vie d’écrivain… du coup je n’ai jamais osé lire le roman, il faudra que je le fasse un jour… Les commentaires dont tu parles doivent être fascinants c’est clair, mais point de lecteur Blu-ray dans ma maison :-s

  3. Chouette, on parle de Fight Club!!
    Je peux donc lâché mon com’ habituel:

    -Kaiser Soze c’est le boiteux du début
    -Bruce Willis est un fantôme
    -Bruce Willis bosse pour Josh Hartnet qui est le fils du mec qui meurt pour avoir parié sur Lucky Number Slevin
    -Bruce Willis meurt devant lui-même gamin
    -Samuel L. Jackson est le méchant
    -Existenz est un jeu dans un jeu (mais sans Bruce Willis)
    -Titanic coule à la fin
    -Luke roule une pelle à sa soeur

    J’ai l’impression d’oublier quelque chose… Ah oui! Spoil Alert!!
    Autant pour moi!

    • J’oblige personne à lire après la première ligne en même temps! ;)
      Et tous ses films sauf 1 ont plus de 10 ans, il y a donc de l’humanité dans ma cruauté démoniaque!

  4. Un de mes films préférés si ce n’est MON film préféré. Hier, à la Fnac Châtelet, bien pourvue en la matière d’ailleurs, j’ai vu le Blu-Ray et j’ai hésité (j’ai aussi hésité sur la monstrueuse édition ultimate de Watchmen) mais après avoir lu ton billet, je ne vais pas hésiter bien longtemps!

    Pour les mêmes raisons que toi, je rechigne à lire le livre et à écrire sur le film parce que comme tu le dis, tant du point de vue scénaristique que visuel, tout y est. J’aimerais bien voir la même équipe à l’adaptation de Survivant par exemple. Ca serait flûtement cool !

    • “Pour les mêmes raisons que toi, je rechigne à lire le livre et à écrire sur le film parce que comme tu le dis, tant du point de vue scénaristique que visuel, tout y est.”

      Non seulement tout y est, mais tout (et n’importe quoi) a été écris dessus également!
      C’est dingue de voir la quantité de littérature qui a pu être rédigée sur ce film!

  5. Au moins ce blu-ray n’est pas resté sur le coin d’une étagère à prendre la poussière. Je me doutais que tu lui ferais honneur ;-)
    Content d’apprendre que tu as apprécié en tout cas… et que mes souvenirs datant d’une petite dizaine d’années n’étaient pas trop à côté de la plaque =^.^=

  6. Je ne dirais pas que le livre est moins bon :-)
    Il est simplement moins pop, donc moins plaisant à vivre. Mais parfait quand même :-)

    Bon ok, rien n’égale le film haha
    Surtout pour ce pénis magnifique en clôture !

  7. Une thèse. S’il te plait. Une thèse.
    Humour flashback…*rêvasse*

    Au demeurant, tu t’en doutes, je te conseille le livre. Moins vivant, certes, mais le style de Palahniuk vaut vraiment le détour.

  8. « Le plus grand film de tout les temps, une révolution dans l’histoire du cinéma sinon de la narration et aussi dans ma vie d’écrivain… »

    Protip : le cinéma n’est pas apparu dans les années 90, FIGHT CLUB n’est pas révolutionnaire, non (surtout que d’un point de vue de la narration, je ne vois pas ce qu’il y a de fondamental et novateur : voix-off, personnage principal sans nom, destructuration du récit ? Ahahah…).
    Surtout que le film se résume à un twist scénaristique bien amené et que le blabla philosophique derrière, c’est pompeux et creux car contradictoire 90 % du temps (et ce même si ça rejoint le twist scénaristique et ses composants *). Et le filtre jaune / vert est par moment un peu énervant.
    Mais le film est bien cool, c’est vrai.

    * SPOIL :

    Je parle évidemment de la schizophrénie.

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