695 – Top Three Saturdays 46

Nan mais en fait je hais UGC. Sans déconner. Je les hais. Pas autant que Sony, mais ils sont pas mal placés. Parce que loin des problématiques tarifaires ou policières, UGC commet des crasses bien plus flippantes en ce qui me concerne. D’où le Top 3 des vraies bonnes raisons de détester UGC.

Three – Don’t Be Evil

J’ai encore de travers les ravages qu’a causé UGC dans la ville de Lyon. Quand j’étais môme, une salle, le Comoedia, était genre la salle indé de ouf. Toute moche mais avec une programmation de luxe, ultra pointue et qualitative, allant du film slovaque pour Téléraman jusqu’au festival d’animation japonaise avec des inédits. Puis, un jour, le Comoedia a déposé le bilan. Plusieurs associations et entreprises se sont portés acquéreurs, donc UGC. La ville de Lyon a fait confiance à la grosse machine, lui a vendu le bâtiment, qu’UGC a fermé quelques mois plus tard. Un concurrent de moins. Hop, c’est toujours ça de pris. La destruction du bâtiment était programmée mais la mairie à fait bloc, trouvé un nouveau financier et racheté le cinéma à UGC, avant de geler tout projet d’expansion de la marque sur Lyon. Un revers qu’ils paient encore alors que tous les projets sont donnés au groupe Pathé. Un exemple parmi d’autre de la politique d’expansion maléfique d’UGC, et je ne parle même pas de la province mal desservie.

Two – Too Old For School

Dimanche dernier j’ai vu Ninja Assassin au Publicis. La séance était en projection numérique HD exclusive. Jamais entendu parler. Au bout de cinq secondes de film je saignais des yeux tellement l’image était la plus belle que j’aie jamais vue de ma vie. Encore plus détaillé, pointu et net qu’en IMAX. Sur le cul. Incompréhension totale, renouveau de l’expérience cinéma. J’ai failli pleurer de bonheur. Merci le numérique (et le distributeur du film, merci merci merci). Pendant ce temps là, aucun UGC du pays n’est équipé en projecteur numérique, et donc en 3D. Parce qu’un projo numérique, même bas de gamme, ça coûte de l’argent, et qu’investir, ça rogne sur le chiffre d’affaire. Puis la 3D, c’est qu’une mode, ça marchera jamais. Une fois de plus UGC a payé très cher ses choix en se faisant fumer la gueule par Avatar. Quand Gaumont, Pathé, Kinnepolis, Mega CGR, MK2 et les indépendants passaient le film en 3D, avec une image de qualité, UGC proposait uniquement une version 2D, pellicule, floue. Je vous dis pas le manque à gagner. Assez pour que ce mois-ci la chaîne annonce équiper une salle et seulement une en numérique 3D par ciné cité. Soit quinze. En tout. Pour commencer qu’ils nous assurent. Lol. Je retourne au Publicis, merci.

One – WTF Is This Shit ?

On a pas mal parlé de la programmation “anti-racaille” d’UGC l’année dernière. Les cinémas de banlieue « sensible » n’ont pas diffusé Banlieue 13 Ultimatum de peur d’attirer une clientèle peu fréquentable. Mais le mal est, en ce qui me concerne beaucoup plus ancien. A l’époque où les cinés cités ont été créé, ils passaient de tout, et exclusivement en VO. Mais les pontes se sont rendu compte que la masse est trop conne pour l’éclectisme et s’est recentré doucement sur son cœur de cible, les gens moyens de la vraie vie. Les films d’horreur, science-fiction, comédie US geek ont été relégués dans des petites salles loin des multiplexes (big up à l’Orient-Express à Paris et à Part-Dieu IV sur Lyon). Car oui, 20€ pour l’illimité, c’est assez peu cher pour que les geeks, les branleurs et les banlieusards s’offrent un abonnement, squattent les salles et ternissent l’image de marque de l’enseigne. J’ai le souvenir d’un été où le ciné cité Lyon préférait conserver des films français qui faisaient salle vide pendant trois mois plutôt que diffuser le thriller Sci-Fi qui faisait salle comble systématiquement dans le centre commercial mal fâmé. Très classe. Et nous voilà au présent avec des programmations amputées, le retour de la VF (Percy Jackson ou le dernier Disney avec seulement deux séances en VO par jour au ciné cité Bercy). Le public exigeant, le public à problèmes ont débarrassé le plancher, cédant leur place au public made in TF1 qui se gave joyeusement.

Le plus triste dans tout ça, c’est qu’en imposant la VO il y a presque dix ans UGC avait nivelé vers le haut une bonne partie de la population, forçant des amis à mois, mes parents, ma famille à s’éduquer, s’ouvrir à la VO, à aller voir un des quatorze films proposés. J’étais fier et heureux, c’est con mais c’est comme ça. Ma carte UGC, je la brandissais comme le sésame qui permettait aux gens de s’ouvrir au cinéma, aux langues, à tous les films. Maintenant je vais quasi exclusivement dans des salles indépendantes ou au MK2 pour trouver des spectateurs pas casse-couilles, à peu près respectueux et surtout une programmation digne de ce nom. Pendant ce temps là, UGC continue son repli nationaliste et populiste gerbant. Et si les clients UGC ont parfois des attitudes de connards, j’ai envie de dire qu’ils ont la clientèle qu’ils méritent.

Alors ouais, ces arguments sont moins sexy que l’anti-flic primaire. Et pourtant, à mes yeux ils sont cent fois plus importants. Dans les faits je boycotte quasiment UGC et ne garde ma carte que pour les MK2/Indés. Et mine de rien, ça me fait de la peine. J’aimerais tellement qu’il en soit autrement.

Demain, ciné justement.

694 – My Final Fantasy

S’il y a bien un truc de puceau, c’est de se raconter ses fantasmes. Du collège jusqu’au fin fond du lycée, ce serait impossible d’énumérer toutes les conversations qui sont passées par la case « Et toi, c’est quoi ton fantasme dis ? ». Forcément ça partait en sucette assez rapidement. Genre ouais putain moi j’aimerais trop faire un plan à trois dans un bain de flamby ! Et moi je kifferais trop me retrouver coincé dans un ascenseur, clim coupée, pendant des heures avec Noémie ! Au départ le but du jeu était limite d’inventer les trucs plus oufs possibles. Puis avec le temps, les premières expériences, les véritables fantasmes se sont mis à émerger. Une fille qui confie en rougissant qu’elle aimerait se faire dominer. Un mec qui avoue des penchants homosexuels. Ou bien les classiques dans la forêt, les lieux insolites, les moments insolites. Seulement, quand c’était à moi de répondre, je mentais.

Parce que la vérité, c’est que j’ai rarement eu de véritables fantasmes. Rien de particulièrement croustillant en tête. J’avais beau me creuser rien ne me faisait particulièrement. Enfin j’avais bien envie de baiser comme un putain de lapin, mais mes prétentions sexuelles s’arrêtaient là. Mais comment se permettre de perdre la face vis-à-vis de son crew ? L’esquive à base de « moi j’aimerais trop le faire dans une piscine » a tenu pas mal de temps. J’ai aussi eu ma période romantique. Celle où je disais que tout ce que je voulais c’était un baiser sous la pluie (anecdote cachée, rappelez-le moi à l’occasion). On se moquait gentiment mais ça allait. Le pire c’est que j’avais jamais été plus proche de la réalité. Pour moi c’est déjà assez ouf qu’une fille accepte de coucher avec moi, j’en suis toujours le premier étonné et le dernier à me rendre compte que, bah si, en fait j’avais moyen. Ca m’est arrivé d’en prendre conscience en plein milieu de l’acte. True story.

Je pense aussi que je me nourri du fantasme des autres. Ma curiosité est mon moteur, mon fantasme. Réaliser celui des mes partenaires dans la mesure du possible, mieux que leurs anciens amants, c’est ce que je préfère. Un peu comme cette fois où une fille me confiant que son mec ne la laissait pas s’épanouir dans ses tâtonnements et que mon cerveau me hurlait de lui proposer d’aider. Alors ouais, je frustre parfois, celle qui va grogner que je suis chiant, que je propose pas grand-chose. Mais meuf, t’étais mon fantasme à la seconde où j’ai décidé que j’avais envie de coucher avec toi ! En ce qui me concerne je suis super épanoui là ! Bon, je feinte un peu, je conserve quelques envies, quelques curiosités. Seulement je ne trimballe aucun rêve ni aucune frustration depuis X années en espérant le jour où je pourrais enfin réaliser LE fantasme. Ou peut-être que je suis curieux de tout. Aucune idée. Mais la prochaine fois que vous me demandez quel est mon fantasme, vous étonnez pas si je cherche dans le vide pendant un moment.

Okay, en vrai je veux me faire fouetter par un bambou en flamme en étant allongé sur un galet géant enduit de confiture de fraise. Vous m’avez percé à jour. Bande de traiteurs ! Enfin, je vous rassure j’ai des tonnes des fantasmes, juste, ils sont pas en lien avec le cul.
Sinon, demain un petit retour de top 3 ça vous dit ?

693 – Bone Collector

Je pouvais pas blairer ce type. En primaire et déjà petit caïd, plus grand, plus connard, plus hargneux. Ce jour là, dans la cour, il frimait sa race avec son nouveau jouet, un porte clef tête de mort. Je ne me souviens plus s’il avait une peinture métal, ou un truc qui clignote. Mais j’avais jamais rien vu d’aussi cool de ma vie. Il frimait tellement, alors que la moitié de la cour bavait à ses pieds, suppliait de pouvoir tripoter l’objet. C’était à gerber, mais moi aussi je le voulais le crâne trop stylé. Bouffé par la colère, mon sang n’a fait qu’un tour lorsque le gros connard est parti jouer au foot, laissant sa veste au pied d’un platane. Je me souvenais qu’il avait rangé le truc dans sa poche. Alors je me suis approché lentement, j’ai tendu les doigts dans le vêtement et j’ai purement et simplement volé son porte clef.

Comme déjà en primaire j’étais pas con, je suis allé me débarrasser de l’objet dans un buisson en bordure de cour, le plaçant au creux des racines au prix de quelques écorchures. Je pensais le récupérer le soir venu, ou le lendemain pour être sûr. C’était tellement priceless de voir monsieur le caïd prendre un gros coup de stress. Forcément il s’est énervé, a accusé tout le monde. Jouissif. Lorsque le surveillant nous à fait les poches en rang serré, j’avais un sourire intérieur de fils de pute, sachant pertinemment qu’il ne trouverait rien. J’avais gagné, j’avais ma revanche sur le caïd, j’étais vengé et plus riche d’un porte clef tête de mort trop bling bling ! Puis la journée à filé et l’autre connard n’en menait pas large, il en était au ce stade du deuil, vous savez, la dépression. Genre mes parents vont me tuer, genre ma vie est finie, genre les frites de la cantine n’auront plus jamais le même goût. Alors j’ai commencé à culpabiliser.

Bouffé par les remords, par la honte, j’ai fini par céder. Je suis allé voir le surveillant, je lui ai dit que moi il me semblait bien l’avoir vu son porte clef, là bas dans un buisson mais que ça piquait, que j’osais pas le récupérer. Le mec l’a récupéré en dix secondes, puis m’a pris à part. Sincèrement Young Le Reilly, le crâne, il s’est pas retrouvé là par hasard. Tu sais, faute avouée à moitié pardonnée. Si tu promets de plus le refaire, je te balancerais pas. Je savais pas du tout où me mettre, je ne pensais pas être si transparent. Mais visiblement, c’est le genre de trucs qu’il faut avoir dans le sang, le vol. Enfin, je me suis senti mal pendant des jours. L’autre gosse était toujours un gros connard et j’étais toujours jaloux. Seulement la boule au fond de la gorge était un peu moins grosse qu’avant et j’ai fini par passer outre. Même si, cette note en est la preuve, plus de quinze ans après je m’en rappelle encore.

Au final j’aurais jamais volé, enfin à part des DVD à des potes ou de la thune dans le portefeuille de mes parents. Mais le vol à l’étalage, juste jamais, ni les coup en traitre aux amis et même aux ennemis. Quand on parle de leçons de vie que j’ai pu recevoir, en voilà une. Et si je partage ça, c’est parce que, mine de rien, j’ai des côtés kikoolol.

Demain on parlera fantasmes.