Nan mais en fait je hais UGC. Sans déconner. Je les hais. Pas autant que Sony, mais ils sont pas mal placés. Parce que loin des problématiques tarifaires ou policières, UGC commet des crasses bien plus flippantes en ce qui me concerne. D’où le Top 3 des vraies bonnes raisons de détester UGC.
Three – Don’t Be Evil

J’ai encore de travers les ravages qu’a causé UGC dans la ville de Lyon. Quand j’étais môme, une salle, le Comoedia, était genre la salle indé de ouf. Toute moche mais avec une programmation de luxe, ultra pointue et qualitative, allant du film slovaque pour Téléraman jusqu’au festival d’animation japonaise avec des inédits. Puis, un jour, le Comoedia a déposé le bilan. Plusieurs associations et entreprises se sont portés acquéreurs, donc UGC. La ville de Lyon a fait confiance à la grosse machine, lui a vendu le bâtiment, qu’UGC a fermé quelques mois plus tard. Un concurrent de moins. Hop, c’est toujours ça de pris. La destruction du bâtiment était programmée mais la mairie à fait bloc, trouvé un nouveau financier et racheté le cinéma à UGC, avant de geler tout projet d’expansion de la marque sur Lyon. Un revers qu’ils paient encore alors que tous les projets sont donnés au groupe Pathé. Un exemple parmi d’autre de la politique d’expansion maléfique d’UGC, et je ne parle même pas de la province mal desservie.
Two – Too Old For School
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Dimanche dernier j’ai vu Ninja Assassin au Publicis. La séance était en projection numérique HD exclusive. Jamais entendu parler. Au bout de cinq secondes de film je saignais des yeux tellement l’image était la plus belle que j’aie jamais vue de ma vie. Encore plus détaillé, pointu et net qu’en IMAX. Sur le cul. Incompréhension totale, renouveau de l’expérience cinéma. J’ai failli pleurer de bonheur. Merci le numérique (et le distributeur du film, merci merci merci). Pendant ce temps là, aucun UGC du pays n’est équipé en projecteur numérique, et donc en 3D. Parce qu’un projo numérique, même bas de gamme, ça coûte de l’argent, et qu’investir, ça rogne sur le chiffre d’affaire. Puis la 3D, c’est qu’une mode, ça marchera jamais. Une fois de plus UGC a payé très cher ses choix en se faisant fumer la gueule par Avatar. Quand Gaumont, Pathé, Kinnepolis, Mega CGR, MK2 et les indépendants passaient le film en 3D, avec une image de qualité, UGC proposait uniquement une version 2D, pellicule, floue. Je vous dis pas le manque à gagner. Assez pour que ce mois-ci la chaîne annonce équiper une salle et seulement une en numérique 3D par ciné cité. Soit quinze. En tout. Pour commencer qu’ils nous assurent. Lol. Je retourne au Publicis, merci.
One – WTF Is This Shit ?

On a pas mal parlé de la programmation “anti-racaille” d’UGC l’année dernière. Les cinémas de banlieue « sensible » n’ont pas diffusé Banlieue 13 Ultimatum de peur d’attirer une clientèle peu fréquentable. Mais le mal est, en ce qui me concerne beaucoup plus ancien. A l’époque où les cinés cités ont été créé, ils passaient de tout, et exclusivement en VO. Mais les pontes se sont rendu compte que la masse est trop conne pour l’éclectisme et s’est recentré doucement sur son cœur de cible, les gens moyens de la vraie vie. Les films d’horreur, science-fiction, comédie US geek ont été relégués dans des petites salles loin des multiplexes (big up à l’Orient-Express à Paris et à Part-Dieu IV sur Lyon). Car oui, 20€ pour l’illimité, c’est assez peu cher pour que les geeks, les branleurs et les banlieusards s’offrent un abonnement, squattent les salles et ternissent l’image de marque de l’enseigne. J’ai le souvenir d’un été où le ciné cité Lyon préférait conserver des films français qui faisaient salle vide pendant trois mois plutôt que diffuser le thriller Sci-Fi qui faisait salle comble systématiquement dans le centre commercial mal fâmé. Très classe. Et nous voilà au présent avec des programmations amputées, le retour de la VF (Percy Jackson ou le dernier Disney avec seulement deux séances en VO par jour au ciné cité Bercy). Le public exigeant, le public à problèmes ont débarrassé le plancher, cédant leur place au public made in TF1 qui se gave joyeusement.

Le plus triste dans tout ça, c’est qu’en imposant la VO il y a presque dix ans UGC avait nivelé vers le haut une bonne partie de la population, forçant des amis à mois, mes parents, ma famille à s’éduquer, s’ouvrir à la VO, à aller voir un des quatorze films proposés. J’étais fier et heureux, c’est con mais c’est comme ça. Ma carte UGC, je la brandissais comme le sésame qui permettait aux gens de s’ouvrir au cinéma, aux langues, à tous les films. Maintenant je vais quasi exclusivement dans des salles indépendantes ou au MK2 pour trouver des spectateurs pas casse-couilles, à peu près respectueux et surtout une programmation digne de ce nom. Pendant ce temps là, UGC continue son repli nationaliste et populiste gerbant. Et si les clients UGC ont parfois des attitudes de connards, j’ai envie de dire qu’ils ont la clientèle qu’ils méritent.
Alors ouais, ces arguments sont moins sexy que l’anti-flic primaire. Et pourtant, à mes yeux ils sont cent fois plus importants. Dans les faits je boycotte quasiment UGC et ne garde ma carte que pour les MK2/Indés. Et mine de rien, ça me fait de la peine. J’aimerais tellement qu’il en soit autrement.
Demain, ciné justement.





