La piscine Parmentier à Paris est future-proof. Ce qui est une manière comme une autre de dire qu’elle vient de l’an 2100, au moins. A titre personnel, je l’appelle le Bunker, rapport au fait qu’elle est sous terre. Tu rentres avenue Parmentier et tu dois descendre environ une soixantaine de marches pour accéder au bassin. Fatalement, aucune fenêtre, que des murs de brique. Le truc est éclairé par des énormes projecteurs à l’arrière desquels on peut surement lire « j’encule la taxe carbone ». Niveau vestiaires t’as pas de cadenas, de clefs ou quoi que ce soit. Non, les casiers sont électroniques, avec écran numérique sur lequel tu crées un code unique. Étrange mélange d’austérité architecturale et de futurisme en matière d’équipement. Du coup, depuis deux semaines que j’y vais, j’ai l’infâme impression que cette piscine s’est échappée d’un futur post apocalyptique.

Quand je nage j’essaie d’imaginer à quel monde appartient la piscine Parmentier. Un futur où les rayonnements solaires ont détruit toute la surface, transformant la planète en gros caillou irradiée, forçant les survivants à se terrer dans les souterrains. Notez que ça marche aussi avec une planète de vampires (Daybreakers) par exemple. Mais nous y voilà, à nager sous les projecteurs, le crâne recouvert d’une capote à cheveux. Négation de l’individualité capillaire, nos affaires rangées dans des casiers informatisés. Le futur est béton souterrain. Aussi quand je remonte à la surface, au prix d’un effort de bâtard dans les escaliers vu l’état global de mes jambes post séance, la lumière me défonce les yeux. Okay, c’est peut-être le chlore. Mais je préfère me dire que c’est de ne plus avoir vu le soleil, toutes ces années post fin du monde dans les galeries. Quand on se lève à 7h du matin pour aller faire l’andouille dans l’eau, on s’amuse comme on peut.

J’ai fini par céder au bonnet de bain. Fun fact : chez moi tous les miroirs sont au niveau du torse. Je vis dans un monde illusoire où je ne vois pas mon bide. Sauf que l’ascenseur quotidien pour aller au stage, lui me crache à la face chaque matin. Puis j’ai trouvé une jolie excuse pour renoncer à mes principes concernant au port du bonnet : j’ai trop de cheveux, ça dépasse. Ma crinière de Lyon est aussi indomptable que l’était Samson. Lorsque je crawle j’ai les pointes largement à la flotte. On est pas loin de la désobéissance civile et ça me fait rêver. Faut bien ça. Parce que j’avais pas nagé depuis 2007, au bas mot. Mon cœur bat à tout rompre, je m’étouffe à force de souffler entre chaque aller-retour et je titube jusqu’à la douche à la sortie, mes jambes n’en pouvant plus. Mélange de honte et de fierté.

Deux semaines donc que le mardi et le jeudi je me lève une heure plus tôt pour aller autour de huit heures du matin me bouger avant d’aller taffer. Deux semaines que la caisse du Bunker ne marche pas et que j’y vais à l’œil. Symbole karmique de ma période d’essai, de ma capacité à tenir, jusqu’au renoncement ou la preuve que ça ne sert pas à rien. Au moins, j’ai un arrière goût du futur à chaque fois que je descends dans l’antre du chlore.
PRESQUE A VOIR STAGE !!!
Sinon vous pouvez ach… lire Le goût du chlore par l’ultra talentueux Bastien « Je dessine un album qui se lit en 15min en 1 mois mais je le vends 20€ » Vivès. Parce que ça parle de piscine, que c’est très bien et que ça a gagné plein de prix.

Oh tiens coincidence heureuse, j’étais justement en train d’écrire un post sur mon grand retour TERRIBLE à la piscine après 5 ans sans avoir barboté. HORRIBLE.
Heu, j’vais faire mon chieur mais t’es sûr qu’à l’arrière des projos y’a pas écrit j’emmerde les générations futures plutôt (rapport au mix électrique français qui est bien chargé en nucléaire mais peut en énergies fossiles), à moins que les lampes soient au gaz dans le plus pur style apocalyptique néo-rétro ; – )
ça m’a l’air d’être un drôle d’endroit! Je pense préférer ma piscine qui est les anciens bains municipaux, à la romaine.
En tous cas tu es bien brave de te tenir à ton programme!
(et le livre à l’air chouette)
T’as plus qu’à changer ton pseudo en ” Matthias “LeReilly-SteampunkPool” Jambon-Puillet maintenant ! =p
Comme je t’envie lol
Je serais bien tenté de découvrir cette étrange piscine, si je n’avais pas horreur des piscines municipales ^^ Je me satisferai donc de ta description plus qu’alléchante.
Ah tiens… Je crois bien que c’est la première fois que tu parles d’une BD que je connais.
Je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou déchanter. A voir.
Fabrice –> T’as survécu ?
Alain –> J’irai voir, je te dirai.
aurorede –> Programme déjà aux chiottes, j’y suis pas allé ce matin…
Amo –> D’avoir un pseudo à rallonge ?
RNB –> Tu rates quelque chose mec !
Nou –> Aucune idée, comme tu préfères en fait.
Tu mentionnes Daybreakers; ton avis là-dessus (à moins qu’une note soit prévue)?
J’avais trouvé le début très prometteur: le concept est ambitieux (univers futuriste dominé par les vampires), les effets spéciaux à la hauteur (cf la scène où les humains sont traits comme des vaches)
Et ensuite… le film s’écroule: effets spéciaux tout pourraves (chauves souris mal foutues), dialogues et retournements de situations foireux (pauvre Willem Dafoe).
Ah bon hein. Je me demandais si j’allais y aller oupas, vu que c’est quand même pas loin. Avec ma partner in crime on est plutôt piscine Stalingrad ou les Halles (d’ailleurs nager à deux c’est très bien pour se motiver et pas lâcher au bout de deux semaines d’efforts).
Mais maintenant, j’ai peur, les piscines sous-terre c’est pas trop ma came…