J’avais promis à Ice Queen de lire Northern Lights, le premier volume de la trilogie culte de Philip Pullman (« A la croisée des mondes »). Le bouquin repose sur ma wishlist Amazon en attendant un sursaut de motivation, mais j’ai retenu le nom de l’auteur. Aussi quand le mec sort un nouveau roman blasphématoire où Jesus et Christ sont deux frangins, ça me fait rêver. En plus, fourberie marketing, le livre possède deux couvertures au hasard, une blanche et une noire (Get It ?). Pas de bol, j’ai eu celle que je voulais pas. Encore moins de bol, mon bâtard de facteur un peu trop feignasse a tellement tassé le colis pour l’enfourner dans ma boîte qu’il a réussi à plier la couverture cartonnée. Juste le truc complètement pas possible. Autant dire que c’était pas méga bien parti. Au moins c’est écrit gros et y’a un marque page intégré.
Le pitch du livre est assez simple. Lorsque Marie est mise en cloque par un ange, elle donne naissance à deux frères jumeaux, Jésus et Christ. Jésus est passionné, bon orateur et physiquement en grande forme tandis que Christ est plus calculateur, chétif et intellectuel. Tous deux sont persuadé que le Royaume de Dieu arrive, et veulent répandre la bonne parole. C’est finalement Jésus qui s’en va parcourir le pays pour prêcher la bonne parole, étant bien plus charismatique que son frère. Christ ne reste pas inactif pour autant puisqu’un étrange personnage l’aura convaincu de prendre en note la vie de Jésus, pour l’histoire, pour que survive la vérité. Mais alors que Jésus prend de plus en plus de risques par manque de mesure dans ses propos, de calcul dans ses actes, Christ est tiraillé par l’envie de réécrire son récit, pour le rendre meilleur, plus inspirant, plus historique, plus apte à créer une Eglise.
Chez nos amis anglo-saxons, The Good Man Jesus And The Scoundrel Christ aura fait couler beaucoup d’encre, les grenouilles de bénitier hurlant au scandale. Pas vraiment de quoi fouetter un cureton tant le texte va dans le sens de la morale chrétienne, passant la moitié du bouquin à définir le bien et le mal à coup d’extraits remixés de textes sacrés. Si Pullman tape sur quelqu’un, c’est sur l’église en tant que concept, sa propension à manipuler les faits, créer des mythes pour s’approprier le pouvoir. Bon, à titre personnel, je trouve que ça fait un peu « Captain Obvious contre les portes ouvertes ». La vraie idée du livre c’est de trouver un moyen d’expliquer la résurrection sans « miracle ». Je vous donne un indice, Jésus et Christ sont frères jumeaux. Ca, c’était cool. Et si je vous spoile c’est parce qu’en dehors de ça, on a vite fait le tour de la question.
Un petit mot sur le style avant de remballer. Les chapitres sont courts, entre trois et six pages et l’écriture est simple. Un comme on raconterait une histoire à un enfant. C’est donc un peu vieillot, proche de ce qu’on attend d’un texte religieux, mais clair à la fois. La lecture est au moins plaisante, même si l’expérience générale m’aura laissé sur ma faim.
Demain, on causera bunker et bonnet de bain.







