752 – Cine Club 95

Vous vous souvenez de Toy Boy ? C’est sorti vaguement en douce l’été dernier. L’affiche était complètement pathétique de photomontage foireux. On avait Ashton Kutcher en t-shirt au menton photoshopé posant sur fond blanc avec des jambes dénudées de filles. Sincèrement, entre le titre à chier et l’affiche à vomir, c’était pas gagné. Puis la tagline de la honte quand même : « Le plaisir no limit ». Spread, car il s’agit de son titre original, est sorti sous un tas de noms tous plus minables les uns que les autres à travers l’Europe : L.A. Gigolo, American Playboy ou encore S-Lover. Si j’y suis finalement, c’était tant par masochisme que dépression. En vrai il restait que ça que j’avais pas vu quand mon namoureuse platonique et moi avions décidé de se faire un ciné. Pour le coup, bien nous en a pris, puisqu’elle comme moi en sommes ressorti agréablement surpris. En vrai, c’était carrément pas mal du tout.

Nikki est un jeune gigolo sans véritable appart ni attaches à Los Angeles. Espérant secrètement devenir acteur, il enchaîne sans relâche la même combine : se trouver une quadra divorceé ou célibataire pleine aux as, et la séduire. Sa dernière proie, Samantha, d’abord réticente finit par se laisser faire et offre asile et budget shopping à Nikki. Lors d’une sortie, il finit par rencontrer Heather, une jolie serveuse plus sournoise qu’il n’y paraît. Lorsqu’elle plante Nikki à leur premier rencard, le gigolo s’attache (forcément) et lui court après de plus belle, quitte à compromettre son dernier squat. Sauf qu’Heather bosse dans la même branche que Nikki, elle s’accoquine avec des hommes très célibataires et très riches. Une occupation et des goûts de luxe qui ne sont pas forcément compatible avec l’amour, le vrai. Essayer signifierait jouer le tout pour le tout, quitte à repartir bredouille.

Ouais, il manque un "e", mais je suis fatigué bordayl.

Bon. Pour aimer Spread, il faut déjà essayer de croire que Kutcher est bon acteur et qu’Anne Heche n’est pas du tout lesbienne. Une fois ces blocages surmontés, on se retrouve devant un espèce de remake soft d’un bouquin de Bret Easton Ellis. On a des villas à flanc de montagne, des piscines, des monologues face caméra avec des phrases de rebelle (« Une fille qui déclare qu’elle ne va pas coucher avec vous alors que vous n’avez encore rien tenté, elle va coucher avec vous »). Sur le papier ça aurait pu être très mauvais du coup. Mais entre les figures imposées vient s’immiscer un arrière goût amer, de la noirceur. Les personnages sont tous abîmés et plus épais qu’il ne semble de prime abord. Je ne m’attendais pas non plus à la conclusion du film, qui sans être renversante, boucle sa thématique et ses protagonistes.

Petit film mal distribué, il s’est fait défoncer par la plupart des critiques. Mais les vrais savent et en reparle au détour d’un chat Gtalk. Spread est honnête et pas si mal foutu. Dans le pire des cas, vous aurez toujours la plastique d’Ashton et de ses petites camarades pour vous occuper.

EXTRACT STAGE !!!

751 – Happy Fun Time

Mercredi soir, quand je suis rentré chez moi, je n’ai pas allumé l’ordi. Je n’ai pas checké mes comptes mail, répondu à mes replies sur twitter ou suivi mes flux RSS. Non. Je suis rentré, j’ai jeté mon sac dans un coin avant d’allumer la Xbox. Pendant que Brütal Legend chargeait je me suis versé un petit verre de Pepsi Max. Tout ça pour profiter, tout seul, d’un moment rien que pour moi, tout seul ! Car s’il y a bien un truc pénible lorsque tu es célibattant stagiaire à peu près aux 35 heures, c’est le manque crucial de temps libre qui commence à se faire ressentir. Forcément ça fait un choc par rapport au rythme étudiant, où même en grande école élitiste on trouve toujours le temps de voir les gens, d’aller dresser du Kevin sur le Xbox Live ou de se faire un cinéma de minuit.

Pourtant on m’avait prévenu. Je veux dire, sur les forums des Internets j’ai lu des tonnes de messages de trentenaires se plaignant qu’ils n’arrivaient pas à suivre les sorties en jeux vidéo par manque de temps. Ou alors je croise de plus en plus de personnes qui m’avouent avoir possédé une carte de ciné Illimitée mais ayant résilié, parce qu’ils n’arrivaient même plus à les rentabiliser. Dans le dedans de mon fort intérieur, je m’étais juré que je ne me ferais pas avoir, que je continuerai à faire ce que je veux. Sauf que non en fait. La preuve pour me manager un peu de temps pour jouer à la Xbox il faut que j’éteigne tout le reste pour ne pas parler aux gens. Et les cinés, à force de promettre à machine ou connard que j’irai voir tel film avec eux, je me retrouve à y aller seul à 22h la veille de sa déprogrammation parce que mes camarades auront pas assuré.

Nous revoilà autour de l’éternelle question du passage à l’âge adulte et des compromis qui lui sont associés. Et le truc, c’est que je freine l’imminence de cet état de fait des deux pieds. Mentalement j’ai besoin de prendre du temps à faire ce qui me plait, ce dont j’ai envie, sinon ça ne marche pas. C’est pas neuf, ça date de toujours en fait. Je suis capable de me foutre une nuit de sommeil en l’air parce que je refus d’aller dormir sans avoir pris une certaine quantité de temps à jouer à un truc, a discuter avec une personne. Si je suis épuisé, tout le temps, c’est à cause de ça. C’est à cause de la conversation téléphonique que je n’abrège pas, c’est à cause de la « dernière » partie sur la Xbox avant d’aller me coucher. C’est à cause de mon psychorigidisme. Je vais donner cette note de blog à mon patron pour mon prochain retard.

Ou alors je peux toujours devenir journaliste/écrivain/critique à la maison rien que pour pouvoir jouer à Alan Wake dès le jour de la sortie sans personne pour m’emmerder. Ce qui constitue un idéal de vie comme un autre.

Demain, ciné again. On approche le 100ème film chroniqué. Je fear un peu.

750 – Passive-Aggressive Love Post Secret

Dear Lianna,

You don’t remember me. But I do remember you. Maybe because you were the first good thing that happened to me that night in december. Well, apart from taking those gloves left on the pavement while Sharkboy and I were freezing to death wandering in Brooklyn, searching for a party we almost never found. I wasn’t prepared for the first time I saw you, all dressed up in your Alice costume. At the moment I wished my jaw was detachable, just so I could drop it on the floor, hard. I have absolutely no idea if you’ve ever felt as I felt. As if I was in front of the perfect person I could want. Every feature of your face burnt into my brain for weeks to come. I told myself that if you were only half as nice as a person as you looked nice to my eyes, I’d fall in love in an instant. And then, I must have blinked because you disappeared.

I ran to my buddy and screamed at him : “Mec, je crois que j’ai vu la femme de ma vie !”. Then, just like that, you came back, without your dress and accessories. You wore a tight pair of jeans and a tank top. Still as beautiful. Sharkboy smiled, told me he knew you. And because he’s watching too much Tv he introduced me. Well, he tried : “Have you met Matthias ?”. You turned your head, looked at me behing your thick glasses. I mumbled something. Cursed myself. Took a silent breath. Mumbled again, asking for your name. I didn’t understand it, asked you one more time. Way to annoy the pretty girl, French dumbass ! Then you rambled about how guys were jerks, groping you all evening. That’s why you changed clothes. I guess. I was really hard to hear you over the loud music and the sound of my racing heart. And, predictably, you got bored, fed up with the party, with men. You grabbed your coat and I helplessly watched you leave.

Here’s the thing. I spent most of the previous year moping, feeling numb. Long story, you don’t want to know. I was going through the motions and at that time, I dated a lot without ever feeling something real. That night, when I saw you, I was struck. Every day for the rest of my two weeks vacation I bored Sharkboy talking endlessly about you. Sometime I wonder why he didn’t punch me to make me shut up. That’s how I know how good a friend he is I guess. Because he and I knew I’d have to take that plane back to France. And that’s what I did, taking the plane, telling myself that hey, you may be an evil bitch, the worst person ever or something even worse. It’s not like I’ll ever know anyway. But in truth I’m kinda sure you’re not. And I spent the last few months living my life in Paris, thinking from time to time about that one girl who fixed my heart for a few days.

I also figured that if I had this effect on anyone, even just once, I’d like to know. So now you know. Or, you don’t. This being a blog post and me being a shy little guy. But hey, it’s gotta count for something, right ?

Matthias.