Vous vous souvenez de Toy Boy ? C’est sorti vaguement en douce l’été dernier. L’affiche était complètement pathétique de photomontage foireux. On avait Ashton Kutcher en t-shirt au menton photoshopé posant sur fond blanc avec des jambes dénudées de filles. Sincèrement, entre le titre à chier et l’affiche à vomir, c’était pas gagné. Puis la tagline de la honte quand même : « Le plaisir no limit ». Spread, car il s’agit de son titre original, est sorti sous un tas de noms tous plus minables les uns que les autres à travers l’Europe : L.A. Gigolo, American Playboy ou encore S-Lover. Si j’y suis finalement, c’était tant par masochisme que dépression. En vrai il restait que ça que j’avais pas vu quand mon namoureuse platonique et moi avions décidé de se faire un ciné. Pour le coup, bien nous en a pris, puisqu’elle comme moi en sommes ressorti agréablement surpris. En vrai, c’était carrément pas mal du tout.

Nikki est un jeune gigolo sans véritable appart ni attaches à Los Angeles. Espérant secrètement devenir acteur, il enchaîne sans relâche la même combine : se trouver une quadra divorceé ou célibataire pleine aux as, et la séduire. Sa dernière proie, Samantha, d’abord réticente finit par se laisser faire et offre asile et budget shopping à Nikki. Lors d’une sortie, il finit par rencontrer Heather, une jolie serveuse plus sournoise qu’il n’y paraît. Lorsqu’elle plante Nikki à leur premier rencard, le gigolo s’attache (forcément) et lui court après de plus belle, quitte à compromettre son dernier squat. Sauf qu’Heather bosse dans la même branche que Nikki, elle s’accoquine avec des hommes très célibataires et très riches. Une occupation et des goûts de luxe qui ne sont pas forcément compatible avec l’amour, le vrai. Essayer signifierait jouer le tout pour le tout, quitte à repartir bredouille.

Ouais, il manque un "e", mais je suis fatigué bordayl.
Bon. Pour aimer Spread, il faut déjà essayer de croire que Kutcher est bon acteur et qu’Anne Heche n’est pas du tout lesbienne. Une fois ces blocages surmontés, on se retrouve devant un espèce de remake soft d’un bouquin de Bret Easton Ellis. On a des villas à flanc de montagne, des piscines, des monologues face caméra avec des phrases de rebelle (« Une fille qui déclare qu’elle ne va pas coucher avec vous alors que vous n’avez encore rien tenté, elle va coucher avec vous »). Sur le papier ça aurait pu être très mauvais du coup. Mais entre les figures imposées vient s’immiscer un arrière goût amer, de la noirceur. Les personnages sont tous abîmés et plus épais qu’il ne semble de prime abord. Je ne m’attendais pas non plus à la conclusion du film, qui sans être renversante, boucle sa thématique et ses protagonistes.

Petit film mal distribué, il s’est fait défoncer par la plupart des critiques. Mais les vrais savent et en reparle au détour d’un chat Gtalk. Spread est honnête et pas si mal foutu. Dans le pire des cas, vous aurez toujours la plastique d’Ashton et de ses petites camarades pour vous occuper.
EXTRACT STAGE !!!


