795 – 24Hr Post

En voilà un projet sexy ! C’est ce que j’ai immédiatement pensé le mois dernier lors de l’annonce sur projet 48hr magasine. Une bande mecs un peu fous autour d’une grosse table ont eu une idée : créer un magasine en deux jours chronos en comptant sur la motivation des internautes. Après l’annonce du thème, n’importe quellle personne où qu’elle soit pourra envoyer un article, une interview, de la fiction, des dessins, des photos, un tweet ou autre pendant vingt-quatre heures. Ensuite une équipe rédactionnelle réduite aura le même laps de temps pour sélectionner, mettre en page et envoyer le PDF final à l’impression. Le magasine bouclé, il sera dispo sur un site d’impression à la demande. Tout l’argent récupéré devrait servir à financer en partie un No2 et payer tous les contributeurs à parts égales. Forcément, je m’étais inscrit au twitter, à la newsletter, au RSS du blog, la totale. Dans la nuit du vendredi à samedi prévu, à minuit, le thème tombait : Hustle.

Pas de couverture haute-def' du mag, alors je vous mets le poster de Hustle & Flow à la place.

Nous voilà face à un des rares mots anglais qui ne possède aucun équivalent en Français. Le verbe hustle désigne les petites arnaques, les combines, les escroqueries, mais ça peut aussi faire référence à la prostitution (« hustlin ») ou à la simple frénésie d’une rue bondé difficile à naviguer. Hustler, c’est un état d’esprit, un truc tellement compliquer à définir que je me suis laissé emporter dans d’autres trucs ce samedi là et que j’ai manqué le coche, malgré quelques débuts d’idées. 48Hr Magasine se serra allègrement passé de moi, avec plus de 1500 contributions pour finalement 75 places à prendre une fois la revue maquettée. Comme prévu, après deux jours sans dormir la petite équipe aura uploadé un PDF sur le site MagCloud, qui livrait les premiers exemplaires dans les jours qui ont suivi. Enfin, sauf à moi, vu que j’habite ni aux UK ni aux US.

J’ai finalement du me rabattre, deux semaines après la guerre, sur un exemplaire en PDF. Ce qui est certes mieux que rien et pas si cher que ça (moins de 4€ pour 58 pages chez Lulu). Bon, la maquette est ultra minimaliste, pour ne pas dire inexistante mais ça a le mérite d’être aéré (hypocrisie). Léger manque d’habillage mais c’est un prémier numéro. Au niveau des articles des plumes pro se confondent avec les anonymes et avec la largeur du sujet il y en a pour tous les goûts. On passe de Haïti à un graphiques sur le taux horaire moyen des prostituées avec un texte sur les arnaques à la carte bleue au milieu. Les articles sont presque trop éclectiques si bien que je n’ai pas tout lu, même si en regardant bien on tombe sur de jolies perles comme ce témoignage sur les marchands d’une ville au Vietnam qui offrent des bracelets aux touristes a chaque achat pour permettre aux collègues d’identifier ceux qui dépensent dans la rue.

Au niveau de l’expérience en elle-même, 48Hrs Mag est une vraie réussite. Motivation et crowdsourcing font des miracles ! Nous ne sommes pas au niveau d’un magasine classique pro, mais les 58 pages recelent quelques perles qui en valent la peine. Tout ceci tendant à prouver que grace aux Internets il est possible de repousser les limites d’un medium, d’explorer de nouvelles façons de faire. A titre personnel j’ai vraiment hâte de voir se faire le second numéro de 48Hr Mag. Qui sait, à ce moment là j’arriverai peut-être à leur proposer un truc.

Demain, bouquin kikoolol.

794 – No Movie’s Land

J’aime le cinéma l’été. Dans mon entourage quelques sinistres individus ne comprennent pas ce petit plaisir. Parce que l’été c’est là où il ne faut surtout pas aller s’enfermer mais au contraire sortir, voir le soleil et toutes ces conneries de treehuggers. Ouimaisnon. Le ciné l’été, c’est avant tout la clim, mais c’est aussi et surtout les blockbusters qui tachent. Quand la quantité de flammes dans les explosions à l’écran est à la hauteur de la puissance de la clim, on tient un bon truc. Puis l’été c’est aussi le moment des rencontres ou, pour les plus casés, de l’adultère. Et mine de rien on a pas vraiment trouvé mieux pour briser la glace d’un rencard dans une salle obscure où les mains se cherchent timidement. Tout ça c’est bien beau, théorie oblige. Sauf que cet été les mecs, pour kiffer le ciné vous pouvez allez crever. Y’a coupe du monde !

Rapport au joueur de Basket qui imite le jeu de jambe du joueur de foot. FUCK YOU !

On m’avait demandé pourquoi on avait eu Iron Man II deux bonnes semaines avant nos amis ricains. C’est vrai après tout, quelques jours de décalage positif, ça arrive, mais quinze ? Il se trouve que le distributeur a pris peur. Peur que tous les mâles en rut ne préfèrent rester chez eux en juin plutôt que d’aller voir Iron Man II. Dans le doute, au cas où l’effet ballon rond ne cannibalise la fin de vie du film, ils ont préférés prendre les devants, au sens littéral pour le coup. N’écoutant que mon instinct je suis allé comparer les sorties cinés en France et aux US of A sur la période allant du 11 juin au 11 juillet, dates de début et de fin de la coupe du monde. Bingo, tous les studios ont pris peur et repoussé les sorties des blockbusters et autres films connotés mecs. Voici donc la no movie’s land list, les blockbusters qui sortent chez eux et pas chez nous sur cette période : The Karate Kid, Jonah Ex, Toy Story III, Knight and Day, The Last Airbender, Despicable Me et Predators. Sans oublier les comedies pour mecs : Get Him To The Greek et Grown Ups.

Bon. J’essaie très fort de cohabiter avec les fans du sport ultime pour peine à jouir (3 buts en 90min, lawle). Je ne leur jette pas des graviers et je garde mes réflexions pour moi. Mais putain c’était trop demander de me laisser mon été ? Sérieux ? En fait la coupe du monde c’est la double peine : les connards vont fleurir et beugler de partout pendant que j’aurais rien à mater dans les salles obscures. Y’a eu des attentats pour moins que ça. Ou du piratage de DVD en tout cas. Je décrète mes garçonnières de Paris et Lyon lieux d’asile cinématographiques. On regardera l’édition Criterion d’Armageddon et le tout. Ca va être vachement bien. Au final les seuls qui y gagnent au change, ce sont les filles, qui ne seront pas épargnées, elles, par les comédies romantiques ou autres drames larmoyants. Au moins on pourra toujours draguer. Ce qui est mieux que rien.

A part ça, on a l’Euro 2016. Uééé… Sincèrement, à chaque fois que je voyais passer la pub TV (WTF ?!!) pour inciter la plèbe à voter sur le net afin d’augmenter ses chances d’obtenir le fameux tournoi, je me demandais où était le bouton « non ». Hopefully d’ici six ans je pourrai aller bosser à l’étranger le temps qu’il faudra. Je hais le foot, pas que pour le ciné, pour tout ce que ça révèle sur l’animal humain, le nationalisme et la civilisation en général. Mais ça ne sert à rien de ressasser. Fermer sa gueule et attendre que ça passe.

On se retrouve demain.

793 – Live Together, Die Alone

Je suis lundi, il est 6h15 et derrière moi, c’est les pubs ricaines. Celles qui rendent fou. Un peu plus tôt dans la soirée, j’ai pris la décision de regarder Lost en live. J’avais peur des spoilers, bien entendu, de ne pas survivre 24 heures sans me faire éclabousser. Surtout, je crois que j’avais envie de vivre le final de la série en direct, avec le reste de la planète. J’ai mis la main sur une source de streaming en très bonne qualité, j’ai fait suivre les liens et je suis parti chez mon pote Eric brancher mon ordi sur sa grosse TV. Pendant qu’on attendait le début des hostilités, j’ai jeté un œil au chat intégré sur le site. Des dizaines de milliers de fans, de tous les horizons. Des anglais, un hongrois, plusieurs français, un italien etc etc… tous sacrifiant leur nuit pour vivre l’évènement en direct. Sur Twitter alors que l’épisode allait commencer, nous ne faisions qu’une bande : les fans de Lost, autour du monde, prêts en même temps.

Je me souviens du pilote de Lost. Le truc avait buzzé à mort au ComiCon, à l’époque où les studios n’allaient jamais au ComiCon. Le bouche à oreille a purement et simplement lancé le téléchargement des séries en France. L’activité pirate que je pratiquais depuis trois ans et qui faisait de moi un gros geek. Grâce à Lost, c’est devenu non seulement cool de mater des séries sur Internet, c’est devenu indispensable. Donc, merci pour ça les gars. Avant le final sur ABC ils nous ont collé deux heures de récap’. D’où la légère impression de voir six ans de sa propre vie défiler devant ses yeux. Je me souviens de l’été où j’ai fait découvrir le pilote à ma première vraie petite amie, dans ma garçonnière. J’ai réalisé que depuis le début de Lost je suis allé à deux enterrements, et qu’au moins une des personnes dans le cercueil regardait la série. Tu parles d’un truc fucked up.

C’est ça le truc avec les séries qui vous marquent. A la manière d’un bon CD, d’un livre de chevet ou d’un ticket de cinéma déchiré, elles font partie de votre existence et traînent des tonnes de souvenirs collatéraux. Sûrement pour ça que j’ai appelé Eric, que je lui ai proposé de passer chez lui. Pour créer un moment à la cool en rab’. Et bordel ce que c’était epic ! Les hurlements quand la connexion a été perdue en plein milieu d’épisode, le suicide collectif sur Twitter quand le son a disparu pendant deux minutes et qu’on est tous devenus des super lecteurs de lèvres. Une pensée pour la horde de pubs, le truc méga scandaleux, au point que les ricains eux-mêmes aient gueulé sur le net. Chaque pause était un prétexte pour se resservir un coca, commenter les cinq dernières minutes ou checker ce que pensaient les autres sur Twitter. Je suis finalement rentré à pied alors que le soleil se levait sur Paris, les rues désertes.

Quant à l’épisode en lui-même, c’est trop tôt pour en parler. Tout ce que je peux dire deux heures après la fin de diffusion, c’est que je suis on ne peut plus satisfait, et impressionné. Bien sûr ça rage déjà sur le net. Certains n’ont pas compris correctement la fin, d’autres ont pigés mais n’adhèrent pas du tout. Puis il y a ceux avec qui j’ai hurlé ma joie au téléphone sur le chemin du retour tellement on était en transe. Demain j’aurais commencé à décanter mon expérience. Et dans quelques jours, on fera un debriefing, si ça vous intéresse

Non mais, parce que sérieux, rapport aux théories sur le purgatoire des premières saisons, ils sont quand même très…

Okay okay, la prochaine fois.

Sur ce, il est 7h10. Je vais dormir. On se voit samedi, dans les commentaires.