790 – Book Review 133

J’ai entendu parler de Kockroach en trainant sur le site de Chuck Palahniuk. La communauté est assez active et propose des critiques de bouquins dont on ne parle pas forcément ailleurs. Le pitch était super sexy : « Bon les mecs, on va faire de l’anti Kafka, c’est l’histoire d’un cafard qui devient un humain ! ». Passage à la case Amazon où j’ai faiblement hésité entre le broché à dix euros et le relié d’occasion à trois fois rien. Où comment je me suis retrouvé avec un exemplaire de bibliothèque. Insérer culpabilité. Heureusement vous m’avez rassuré y’a quelques notes en m’expliquant que des fois, les biblios, ça refourgue des bouquins qui traînent sur les étagères, par simple soucis de place. D’où l’impression de posséder un espèce de collector, qui a le mérite d’être zoliement recouvert d’une jaquette en plastique et de présenter une cote avec code barre sur la tranche.

Un cafard se réveille dans la peau d’un homme d’une trentaine d’année. Passé le traumatisme de base, le déni et l’acceptation, il s’aventure dans le New York des années 50. Les premiers jours de sa nouvelle existence sont mis à profit pour apprendre, par observation et imitation, le concept des vêtements, de l’argent, du langage qu’il ne maîtrise pas. Il aurait pu rester SDF a survivre de ce qu’il trouve dans les poubelles. Mais un brigand de bas étage, Mickey dit « Mite » pour cause de petite taille, le prend sous son aile, sentant un potentiel sous cette carapace d’homme qui n’a peur de rien et qui est prêt à tout pour apprendre. Le désormais baptisé Jerry Blatta découvre la société sous l’angle des gangs et de la mafia, un milieu dans lequel ses instincts de cafard lui permettent d’exceller. Et ce n’est que le début.

J’accroche rarement aux polars, aux thrillers, et pourtant, ici, j’étais complètement pris par le bouquin, que j’ai littéralement dévoré. Le concept du cafard qui devient un homme n’est jamais vraiment expliqué. Tyler Knox (auteur sous pseudo, qui habituellement écrit du polar et voulait plus de liberté, confère mon article de lundi dernier) est avant tout intéressé par un point de vue inédit sur la nature humaine. Kokroach ne ressent pas toutes les émotions et contradictions des hommes, il met du temps à assimiler des rituels sociaux qui lui semblent absurdes. Pendant la moitié du livre il ne comprend pas le langage et se contente de reproduire des sons qu’il pense reconnaître pour obtenir des réactions qu’il a déjà observées. L’écriture est assez bonne pour que les personnages secondaires soient presque plus fascinants que le cafard et on se laisse emporter sans peine pendant les dix ans que dure le récit.

Bon, du coup je culpabiliserais presque de pas l’avoir topé neuf. Mais comme je l’ai en collector… Enfin ça valait le coup, j’avais peur que le concept s’épuise où que le côté années 50 du truc me gave. Finalement non. Un bon polar noir bien cynique avec des personnages complexes et un angle fantastique, ça se mange bien.

Demain, séries ! (mais pas Lost)

6 réflexions sur “790 – Book Review 133

  1. Merci pour la review, hop dans ma wishlist.
    Ah sur la seconde image, c’est Joe’s Appartment, le seul film qui donne envie d’êtres pote avec des cafards (qui chantent en plus :p ).

  2. Ping : 994 – Book Giftlist 2010 « -The Best Place-

  3. 6 mois sur ma liste de Noel (je m’y suis pris tôt et j’ai été patient), et le voilà !
    J’en suis encore qu’au tout début, mais j’adore.
    Merci du tuyau, donc.

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