786 – Top 3 Saturdays #48

Ca fait presque deux mois que je squatte la piscine à côté de chez moi, à horaires à peu près fixes. Minimum une fois par semaine, de 7h30 à 8h30 le mardi ou le jeudi. A force je reconnais les gens, le personnel mais aussi les nageurs, les habitués. D’où le Top 3 des typologies de gens chelous de la piscine.

Three – Fatasses

Ils sont chaque fois deux ou trois, se reconnaissent et se parlent le long des lignes d’eaux. Ce sont des mecs autour de la cinquantaine, au visage assez patibulaire et à l’estomac plus que distendu. Je crois que ce sont les individus qui me dépriment systématiquement le plus. D’une part parce qu’ils font la gueule, d’autre part parce qu’ils sont toujours gros. Or, s’ils sont là au moins autant que moi (vu que j’en reconnais un en particulier par exemple), ça tendrait à prouver que la piscine n’a pas des effets de fou sur l’anatomie masculine. Oh rage, oh dépression et calories ! Je secoue alors ma tête encapotée et m’exclame que moi je bois que du Pepsi Max, pas de bières et que j’ai plus de Chupa Chups alors je fais des efforts alors ça va marcher ! Quand même, des fois, j’ai le doute. Bâtards.

Two – Averagettes

J’adore la piscine depuis le collège. C’était genre complètement ouf de non seulement pouvoir mater toutes les filles de la classe en maillot de bain mais en plus de les observer sous tous les angles une fois sous l’eau. Souvenirs de pouces dressés entre mecs (houlà, c’est tendancieux). Un jour j’en ferrai une note entière (un peu comme celle sur les cheveux mouillés). Anyway. Le problème avec la piscine Parmentier, c’est que le décor déteint sur la populace féminine, constituée de trentenaire vaguement replètes, jamais vraiment bien foutues ni jolies. On est loin de la bluette romantique de la BD Le goût du chlore. Publicité mensongère en gros. Au moins je suis pas distrait dans mon compte interne des longueurs. D’un autre côté c’est une motivation en moins de mettre le réveil à l’heure pour me bouger jusqu’à la flotte.

One – Triathlon Men

Le mec que je hais le plus dans cette foutue piscine, c’est Triathlon Man. Facile à reconnaître, c’est le seul blaireau à porter un bonnet de bain jaune canari. Le ridicule ne le tue, il le rend plus fort. Assez pour créer un mini tsunami à chacun de ses passages. Il soulève l’eau, enchaîne les longueurs sans pause, vous double avec mépris si vous êtes sur son chemin. En un mot, c’est un connard. Son surnom lui vient de son bonnet jaune canari, car il y est inscrit « Metz Triathlon ». Si seulement il était seul, mais non. Ils sont toujours deux ou trois, tels des requins d’eau chlorée, à exercer leur supériorité sur les flots. Juste quand t’arrives à les oublier ils te collent un coup de coude dans la gueule ou se mette en travers de ta brasse, jusqu’à ce que buvage de tasse s’en suive.

Sinon, au milieu de tout ça, y’a moi, et les quelques autres types à peu près normaux. Le retraité insomniaque, le mec qui veut parfaire ses bras, la jeunette qui apprend à nager. Quelque part j’ai hâte de boucler mon stage, mon mémoire, de rentrer à Lyon pour aller plonger dans la piscine de bâtards vers chez moi, avec toi ouvrant et espace vert. M’est avis que la population sera bien différente. Je vous tiens au courant de mes avancées sociologiques !

Demain, Armageddon. Oui, encore.

785 – She’s Got The Goods

Cette semaine je suis tombé sur un article de blog défendant l’idée selon laquelle c’était à l’homme de s’acquitter de la gestion complète de l’objet préservatif. Bon venant d’un blog qui avait défendu bec et ongle le fait que si l’homme payait le resto, c’était quand même vachement mieux et qui sous-entend que quand y’a problème au pieu c’est la bonne copine qui va aider à chercher la pilule du lendemain, c’était cohérent. Bon, en tant que pauvre type qui a bravé une ou deux fois la pharmacie parce que chérie osait pas y aller en particulier et en tant que défenseur de la parité et des gens qui s’assument en général, j’ai ragé dans les commentaires du dit blog jusqu’à ce que cookies s’en suivent. Remember la théorie de l’engueulade qui mène à l’amitié franche et durable. Tout ça pour en arriver au sujet de ce soir, à savoir les filles qui sont préparées, équipées de capotes.

Je me souviens de la fille la plus mignonnette du monde. Elle a sur sa table de chevet un petit sac en tissu, le genre qui se referme en tirant sur une petite cordelette. Dessus sont cousus quelques petits motifs kawaïs. Sauf que dedans, bah y’a des capotes, plein, ou pas. Enfin y’a des capotes quoi. Et quand elle s’est mise à farfouiller dedans à la recherche du précieux à usage unique, j’ai trouvé ça vraiment trop chou. Yes, avoir son matos quand on est une fille, ça peut vous faire marquer des points. Ou ça peut mettre la pression. Comme celle qui a un tiroir entier de plein de trucs. En mode attend, elle tend le bras, ouvre un bout du placard et tu vois que y’a un mini sex-shop, avec un rayonnage entier de capotes, toutes les couleurs, tous les parfums. Là, l’homme déglutit à la réalisation que la fille en dessous (ou au dessus) est une mante religieuse qui peut vous briser en deux sexuellement.

Plus terre à terre, la fille qui a quelques capotes sous son matelas peut surtout se permettre d’être plus entreprenante. Ca m’est arrivé d’être fort dépourvu lorsque la baise fut venue. Simplement parce que j’étais parti au rencard sans arrière pensée, nu sous mon boxer. Dieu merci on a retrouvé de quoi s’occuper dans un recoin de l’appart’, vestiges de cadeaux débiles d’anniversaire de la demoiselle (lolilol des capotes fluos). Etre une fille et gérer les capotes, c’est la liberté et le féminisme, oui mon bon monsieur. Bassement, c’est une dépendance au mâle en moins. C’est aussi simple que ça. Autant on peut disserter à l’infini sur les mérites de la séparation de l’addition au resto, autant sur la capote, tout le monde est concerné. Point barre. Avec un peu de chance vous pouvez aussi tomber sur un mec comme moi, tellement psycho que je tiens à MES préservatifs et qui, du coup, sort la plupart du temps couvert.

Ca faisait longtemps que j’avais pas parlé de capotes, ça me manquait. J’ai failli faire un article sur la guerre des « pas en latex » que se livrent Manix et Durex mais j’aurai trop eu l’impression de faire un truc intelligent, réfléchi et sourcé. Une prochaine fois. En attendant, puissiez-vous toujours avoir un préservatif au moment où vous en avez le plus besoin, même (et surtout) s’il vous est offert par donzelle.

Demain, Top 3.

784 – Playlist Raider

J’arrive pas à me faire à l’alerte mail mensuelle de Spotify. Celle qui me confirme que je viens bien de refiler dix euros au service. Bordayl. J’ai claqué plus de thunes en musique en six mois d’abo Spotify qu’en vingt deux ans d’achats de CDs. L’industrie du disque me tient par les testicules et me fait payer ma vie d’abstinence. Je suis un vendu. Mais bon en même temps je continue à être bourré de névroses musicales. Par exemple je suis incapable de faire une playlist. C’est impossible. J’aime écouter un artiste et rester dans un univers, jongler un single à l’autre, d’une voix, d’un ton, d’un univers à l’autre, c’est parasite, ça me file mal au crâne. Alors j’écoute des albums. Mes playlists ne sont que des albums, ou des regroupements d’albums. Autant dire que chez moi, y’a pas grand-chose à manger pour les curieux. Par contre, de mon côté, je ne me gêne pas pour aller violer vos chez vous.

Mine de rien je surkiffe la nouvelle fonction de Spotify, l’onglet qui permet d’envoyer des playlists ou des morceaux aux gens de sa liste d’amis. J’ai parfaitement conscience de mon mauvais goût, de mon inculture. Aussi, de temps à autre, je plonge dans les archives de mes potes, ceux dont je respecte l’avis et la connaissance musicale, et je découvre des trucs. Par contre, au fond de moi, je peux pas m’empêcher de me sentir un peu sale. Je sais bien que leurs listes sont publiques, qu’on peut se servir et que c’est pas grave. Reste l’impression que rentrer par effraction chez eux pendant qu’ils ne sont pas là, me planter devant leur discothèque et prendre des boites au pif sans même laisser un petit mot d’excuses. Etrange. J’ai beaucoup moins de scrupules à fliquer des gens que je vois jamais en épluchant leurs albums photo Facebook.

Ceci dit, je crois que j’ai jamais autant eu d’opportunités d’être curieux depuis que j’ai Spotify. A chaque connexion je regarde les nouveautés, je clique sur les couvertures qui ont l’air cool (oh, si quelqu’un faisait un mémoire sur le marketing des couvertures d’albums, lolilaule). Ensuite je fais un tour dans les tops, histoire d’être vaguement en phase avec mes contemporains. Même ordre d’idée pour les tops artistes qui me permettent de faire le tour des morceaux importants d’un groupe que je connais pas. Et depuis la dernière mise à jour, je fouille chez les autres et je trouve parfois des idées, j’adopte un nouvel album temporairement. Non seulement j’ai jamais autant filé de thunes à l’industrie musicale, mais en plus je m’éduque ! Vivement que Spotify dispose des droits pour Blink 182 que je n’aie plus besoin de prendre la peine d’utiliser autre chose.

Non seulement je prends des habitudes détestables, mais en plus je paie pour ça. C’est une forme de masochisme. Manquerait plus que j’aille à des concerts. Oh wait, ça me fait penser qu’aujourd’hui les places pour ce que je veux sont ouvertes à la résa. On en reparlera peut-être.

Demain, capotes !