Ca fait presque deux mois que je squatte la piscine à côté de chez moi, à horaires à peu près fixes. Minimum une fois par semaine, de 7h30 à 8h30 le mardi ou le jeudi. A force je reconnais les gens, le personnel mais aussi les nageurs, les habitués. D’où le Top 3 des typologies de gens chelous de la piscine.
Three – Fatasses

Ils sont chaque fois deux ou trois, se reconnaissent et se parlent le long des lignes d’eaux. Ce sont des mecs autour de la cinquantaine, au visage assez patibulaire et à l’estomac plus que distendu. Je crois que ce sont les individus qui me dépriment systématiquement le plus. D’une part parce qu’ils font la gueule, d’autre part parce qu’ils sont toujours gros. Or, s’ils sont là au moins autant que moi (vu que j’en reconnais un en particulier par exemple), ça tendrait à prouver que la piscine n’a pas des effets de fou sur l’anatomie masculine. Oh rage, oh dépression et calories ! Je secoue alors ma tête encapotée et m’exclame que moi je bois que du Pepsi Max, pas de bières et que j’ai plus de Chupa Chups alors je fais des efforts alors ça va marcher ! Quand même, des fois, j’ai le doute. Bâtards.
Two – Averagettes

J’adore la piscine depuis le collège. C’était genre complètement ouf de non seulement pouvoir mater toutes les filles de la classe en maillot de bain mais en plus de les observer sous tous les angles une fois sous l’eau. Souvenirs de pouces dressés entre mecs (houlà, c’est tendancieux). Un jour j’en ferrai une note entière (un peu comme celle sur les cheveux mouillés). Anyway. Le problème avec la piscine Parmentier, c’est que le décor déteint sur la populace féminine, constituée de trentenaire vaguement replètes, jamais vraiment bien foutues ni jolies. On est loin de la bluette romantique de la BD Le goût du chlore. Publicité mensongère en gros. Au moins je suis pas distrait dans mon compte interne des longueurs. D’un autre côté c’est une motivation en moins de mettre le réveil à l’heure pour me bouger jusqu’à la flotte.
One – Triathlon Men

Le mec que je hais le plus dans cette foutue piscine, c’est Triathlon Man. Facile à reconnaître, c’est le seul blaireau à porter un bonnet de bain jaune canari. Le ridicule ne le tue, il le rend plus fort. Assez pour créer un mini tsunami à chacun de ses passages. Il soulève l’eau, enchaîne les longueurs sans pause, vous double avec mépris si vous êtes sur son chemin. En un mot, c’est un connard. Son surnom lui vient de son bonnet jaune canari, car il y est inscrit « Metz Triathlon ». Si seulement il était seul, mais non. Ils sont toujours deux ou trois, tels des requins d’eau chlorée, à exercer leur supériorité sur les flots. Juste quand t’arrives à les oublier ils te collent un coup de coude dans la gueule ou se mette en travers de ta brasse, jusqu’à ce que buvage de tasse s’en suive.
Sinon, au milieu de tout ça, y’a moi, et les quelques autres types à peu près normaux. Le retraité insomniaque, le mec qui veut parfaire ses bras, la jeunette qui apprend à nager. Quelque part j’ai hâte de boucler mon stage, mon mémoire, de rentrer à Lyon pour aller plonger dans la piscine de bâtards vers chez moi, avec toi ouvrant et espace vert. M’est avis que la population sera bien différente. Je vous tiens au courant de mes avancées sociologiques !
Demain, Armageddon. Oui, encore.





