825 – Book Review 138

Bon, c’est la merde. Avec ces histoires de mémoire je n’ai pas réussi à boucler le livre que je suis en train de lire à temps. Faut dire que j’ai aussi beaucoup moins l’occasion de bouquiner. Quand j’étais en stage à l’autre bout de la ville avec plus d’une heure de transport par jour, ça aidait. Tout comme j’ai préféré dormir dans le TGV pour Lyon il y a deux semaines. J’ai déjà tenté de m’expliquer sur ce paradoxe, la lecture, c’est méga relou, c’est chiant, ça me casse les couilles. Mais j’aime bien avoir lu, l’après coup. Ou dans de rares cas lire un livre qui arrive à me prendre suffisamment aux tripes pour atténuer les défauts de l’acte en lui-même. Malheureusement, ça n’arrive pas souvent. Les vacances sont une période où je lis forcément moins, parce que j’ai d’autres trucs à faire et moins de situations où je peux me forcer plus facilement.

Heureusement j’avais paré à l’éventualité d’un mercredi sans critique litté. Je sors de mon chapeau Faire l’amour, de Jean-Philippe Toussaint. Je l’avais chopé à l’époque de La vérité sur Marie, le dernier livre de l’auteur, donc j’entendais beaucoup de bien, mais qui coûtait trop cher. En fait, il constitue avec Fuir et Faire l’amour une trilogie teinté autobio autour d’une Marie. Faire l’amour raconte leur dernière partie de jambe en l’air puis leur rupture lors d’une nuit à Tokyo. En vrai heureusement que c’est court comme bouquin, parce que c’est globalement très chiant. Le style est soigné mais pénible à lire, mou et avec des envolées parfois douteuses. Typique le genre de roman dont on est obligé d’admettre que c’est très bien écrit mais merde qu’est-ce que c’est chiant ! Je l’avais lu il y a un bon moment et j’attendais de m’occuper des deux autres pour vous en parler. Ou pas du coup.

J’ai failli prendre Fuir le mois dernier lors d’une visite à la RNAC. Je n’ai pas pu m’y résoudre, la motivation me manquant. A ce moment j’ai compris que je ne trouverai jamais le courage de l’acheter/lire. C’est un peu le running gag pas drôle du moment. J’essaie de trouver des livres récents, français, de poche qui me donneraient envie de sortir de mes achats anglo-saxons. Et ça m’est impossible. Les couvertures made in Getty images, sont dégueulasses, les titres ne sont pas engageants. Je ne trouve rien à mon goût, rien qui ne titille mon désir. Rien. Je suis désespéré et me vient cette bribe de conversation avec une critique littéraire qui m’avait confié que « les livres français, je les lis que si on me paie pour ». Je pourrais lire des vieux trucs, des classiques, des livres plus anciens.Même si je peine sincèrement à me motiver. Puis, au fond, ça m’emmerde sur le principe de ne pas avoir le choix. Avec les centaines de livres qui sortent par an je DEVRAIS pourtant crouler sous les envies !

Alors je vais repasser commande sur Amazon.uk, je vais espérer que la rentrée littéraire dans deux mois ne soit pas aussi minable que l’année dernière, je vais continuer à attendre des nouvelles de mon côté, et je vais continuer à voir si je peux pas bidouiller des trucs dans mon coin.
Wait and see.

824 – Listening Hero

Le jour de la fête de la musique j’étais dans une soirée un peu surréaliste, dans un loft gigantesque en plein milieu de Paris. Genre le loyer mensuel du truc ça doit être le PIB annuel d’un petit pays du tiers monde. Y’avait du champagne et, heureusement, du coca zéro. Niveau population c’était étrange, surtout la vingtenaire avec un chemisier blanc sur lequel étaient brodés des roses. Même ma grand-mère aurait trouvé ça kitsch. Quel est le fuck ? On était là autour de notre coupain Benjamin Paulin. A mon niveau, c’est le mec qui a un barbecue électrique chez lui pour faire des hamburgers maisons : les hambipaulins. Pour le reste du monde, c’est le mec qui va sortir un album chez Universal à la rentrée, et qui profitait de cette petite soirée en privé pour s’échauffer, cracher trois-quatre titres au micro, accompagné, devant un public. Au fond du canapé je mangeais des petits fours avec mon Pimp, qui décortiquait la performance.

J'avais oublié mon appareil, du coup hop, la pochette de l'EP. Clique pour le MySpace.

En fait, Benjamin, c’est plutôt un pote de Pimp. Depuis le temps que je traine par intermittence avec la joyeuse bande j’ai vu tous les coulisses du truc. Moi qui suis vraiment un pauvre naze en musique, j’ai fait des efforts. Je me souviens de la foi y’a un bon moment où j’ai passé le temps qu’il fallait à écouter l’album entier de Benjamin Paulin. Les pistes n’étaient pas encore finalisées, et à chaque nouveau morceau on m’expliquait un peu le thème, les idées de musique, les instruments. Je fermais les yeux pour mieux écouter, séparer les paroles du reste. C’était cool. En vrai. L’album il est super bien je veux dire. Après le parcourt du truc est juste complètement rocambolesque. Disons que j’ai assisté à des réunions de crise en mode « on va tous crever », « l’univers entier nous déteste » et compagnie. En clair : la sortie du disque a été repoussée un million de fois.

Le monde de la musique, ça a l’air d’être quand même de la grosse merde. Enfin, dans le sens où c’est presque pire que le monde de la BD, ou des livres. Là par exemple, le quatre titres de Benjamin est dans les radios, où des mecs payés pour ça écoutent et vont décider de l’avenir de l’album. S’ils aiment, ils diffusent, s’ils diffusent, alors les moyens sont débloqués pour faire quelque chose de classe. Et là c’est banco, les médias s’intéressent au truc et le public a l’occasion de se faire une vraie idée. Si les radios font « meh », tout de suite c’est nettement plus mal barré. Demerde-toi Benjamin, on te file deux trois plans presse et prie pour que les gens de la vraie vie tombent dessus et achètent des caisses. Alors en attendant, la crew en coulisses agite ses petits bras. Alimenter le MySpace, les réseaux sociaux, prévoir des concerts, faire des répèts de concerts dans des lofts de bourgeois avec du coca. Ce genre de trucs.

Jeudi dernier, il était pas mal le Benjamin Paulin. Les deux premières chansons, c’était le bordel, problèmes de son, petite appréhension. Mais la dernière, bordel on était à fond dedans. Entre nous, sur nos canapés, on trouvait que y’a des singles qui se perdent. C’était cool.
Prochaine étape, une nouvelle session sur une vrai scène de bâtards, à voler la vedette à d’autres kids qui n’en veulent. C’est demain au Bus Palladium, c’est à huit heures et demie et surtout, c’est gratos. En tout cas, j’y serai.

Pour la suite, j’en reparlerai sûrement à la rentrée. En feintant un peu je devrais pouvoir m’incruster à des trucs cools et continuer à regarder ça avec mes petits yeux de noob.

CLIP HOMEMADE STAGE !!!

Parce qu’en attendant de décider quel est le single, on est jamais aussi bien servi que par une bande de potes et une caméra.

FLYER STAGE !!!

823 – Fight The Past

Aujourd’hui j’ai failli faire un billet sur Frédo Beigbeder, à cause de sa dernière pige dans l’Express. Monsieur se désole de l’émergence du numérique, ne dissocie pas le plaisir du texte de celui du format, des pages qu’on tourne et de l’odeur du papier jaunis. Je voulais vous expliquer le papier de Frédo est soit malhonnête, soit il est profondément stupide. Si l’auteur ne pense pas ce qu’il dit et écrit à vide pour rendre sa pige, il est malhonnête. S’il pense ce qu’il dit et que lui, hypeur d’entre les hypeurs et écrivain « contemporain » n’a pas intégré à son âge qu’on se contrebranle du format d’un texte (papyrus, caillou, livre, numérique), l’article est profondément stupide. Bon, j’aurais mis des loltoshops et j’aurais assez développé pour coller des blagues par ci par là. Puis j’ai réalisé que je préférais combattre le futur que le passé. Avec une rhétorique pareille, Frédo est loin, très très loin dans le passé. J’espère qu’il se marre bien.

Pendant ce temps, dans le monde réel des gens qui sont grands, matures et ouverts, j’ai failli m’acheter un Kindle, le lecteur E-Book d’Amazon. Oui oui je sais j’ai dit que je passerai au numérique quand on pourra acheter des combo livre/ebook. Sauf qu’en ce moment je lis un pavé de bâtard. Le truc pèse trois tonnes, assez lourd pour servir d’arme de jet dans un Final Fantasy un peu barré (steal that pitch Square !). Et je suis méga à la bourre sur ma lecture, à cause du format justement. Je ne peux pas sortir de chez moi avec sans un sac à dos, le truc ne rentrant pas un orteil dans ma sacoche virile. Je ne le lis donc qu’au ralenti. Avec un Kindle au moins je serais pas dans la merde pour ma critique de mercredi. Puis la semaine dernière, le e-reader des Amazon bitches dont je fais partie a vu son prix baisser de 70$.

Certes, l’économie européenne étant au fond des chiottes en ce moment, la réduction n’a pas si sexy que prévu. Tout de même, j’ai hésité, le doigt sur ma souris elle-même sur le bouton acheter du site. Soudain l’amiral Akbar m’est apparu. C’est un piège. Ils veulent vider les stocks avant de sortir un nouveau modèle dans les mois qui viennent. Ah ah ah on peut dire que mon presque master de Marketing m’aura sauvé la vie. Hum… En fait, je crois que je suis déjà niqué. En descendant en dessous des 200$ le Kindle a atteint mon sweet spot, ma barrière psychologique. Celle qui fait que je me dis que, ouais, finalement je pourrais bien plonger. Heureusement, je peux encore compter sur l’édition française pour me détourner du numérique. Merci Frédo de veiller à mes dépenses inconsidérées et de me rappeler le vrai goût des choses de la vie.

En fin de semaine dernière, le nouveau président du syndicat des libraires, Mr Gallimard (true story), a déclarer vouloir « lutter contre le numérique, rapidement ». Merci mec. Un peu plus et je risquais de consommer plus de livres. Ouf. Me fait penser qu’il faudrait que je vous parle des livres de poche et du numérique. Mais il y a assez de malhonnêteté et de stupidité pour remplir un post entier. Allez je retourne à mon pavé.