822 – Cine Club 99

Putain enfin ! Pile pour mon anniversaire est sorti le Bly Ray de Bad Boys qui, d’une manière inexplicable (DAMN YOU SONY !), avait été repoussé jusqu’ici. Bon retour en 1995, à l’époque où Martin Lawrence et Will Smith étaient encore des acteurs de sitcom et où le jeune Michael Bay, 28 ans, réalisait des clips et des pubs. Le producteur Jerry Buckheimer, lassé de voir un de ses projets préféré multiplier les faux départs, refourgue le buddy cop movie à Bay, qui va réaliser le truc pour une bouchée de pain et se mettre le pied à l’étrier. Le film, monté à l’époque pour moins de vingt millions, rapportera cinq fois son budget, propulsant les carrières de tout le monde au firmament d’Hollywood (bon, sauf Téa Leoni, mais c’est la faute de Deep Impact). Le plus drôle dans tout ça, c’est que le film est pas spécialement ouf. A commencer par son scénario tout pourri.

Mike Lawrey et Marcus Bennet sont la fine fleur de la division anti-drogues de la police de Miami. Aussi, ils font forcément un peu la gueule quand ils découvrent qu’un sale connard de français (Tcheky Karyo, la famille) vole leur dernier butin confisqué à des narcotrafiquants. En plus Tcheky c’est un vénère qui exécute ses associés et leur copine sous les yeux de l’amie (Téa Leoni) de la dite copine. Celle-ci court demander l’aide de Mike Lawrey, plan cul de feu sa pote assassinée. Comme Mike n’est pas là et que Téa ne veut parler qu’à lui, c’est Marcus qui doit prendre la place de son meilleur ami. D’où quiproquos, blagues homosexuelles et explosions. Sans déconner. Le plus drôle dans l’histoire, c’est que Michael Bay est le premier à dire sur le commentaire audio qu’il pense que le script est super merdique.


L’avantage, c’est que du coup il a laissé Smith et Lawrence partir complètement en sucette au niveau des improvisions. En écoutant les anecdotes du commentaire on réalise que près de la moitié des dialogues sont improvisés, aussi et surtout les meilleures vannes (« Don’t panic, we’re negroes, we just wanna borrow some brown sugar ! »). Au final, si le film fonctionne, c’est surtout grâce au charisme de ses deux interprètes principaux, bien épaulé par Pantoliano, qui s’éclate en chef de la police complètement surmené. Leoni, par contre, ne sert absolument à rien, préfigurant Megan Fox dans Transformers. La réalisation, propre et stylisée permet de lier l’ensemble et contribue à rendre plaisant un film qui aurait pu être un naufrage annoncé. Les filles apprécieront la course poursuite à pieds où Will sue chemise ouverte sur son torse nu. La scène qui a fait de lui une star, d’après lui.

Je pourrais parler des poncifs du cop movie ou alors mentionner que la BO est pleine de mecs cools et de morceaux d’anthologie, mais je ne vais pas m’attarder. Quinze ans plus tard, Bad Boys est toujours un film qui va bien. Avec des vannes limites, des gros mots, des explosions et des gens qui meurent. Ca le fait. Il survit pas trop mal au passage des années et commence même à développer un arrière goût vintage. Super sympa, même si pas LE MEILLEUR FILM DE L’HISTOIRE DU CINEMA, même si pas de quoi écrire LA NOTE LA PLUS LONGUE DE L’HISTOIRE DE CE BLOG (teasing).

Demain, livres numériques. Encore.

TRAILER STAGE !!!

Classic shit.

821 – Comic Review 01

- Bonjour, vous avez Je tue des géants ?

J’étais à Forbidden Planet, sur Broadway, et je me disais que c’était le moment où jamais d’acheter le recueil de la mini série I Kill Giants dont j’avais tant entendu parler. Le vendeur a trouvé le dernier exemplaire, couverture souple un peu cornée. Dépité, je me suis dit que ça serait con d’avoir attendu si longtemps de mettre la main dessus pour le prendre tout niqué. Je l’ai reposé sur le présentoir et je suis rentré en France. Faut dire que je suis fan du scénariste Joe Kelly depuis longtemps. Maintenant Joe est le roi du monde, boss du studio Man Of Action, créateurs de Ben 10. Avant ça Joe Kelly a écrit plein de titres super cools comme l’ultra culte et même mythique (à mes yeux) Steampunk avec Chris Bachalo chez Cliffhanger. Il est aussi l’auteur du meilleur comic de 2001 selon Wizard Magazine (un épisode effectivement extraordinaire de Superman), avis que je partage. Puis en 2008, il pond une mini-série indépendante chez Image avec un dessinateur hispano-japonais.

Barbara Thorson est une héroïne méconnue. En plus de poursuivre ses études au lycée, elle tue des géants. Pour ça, elle porte toujours avec un petit sac à main dans lequel se trouve caché un marteau gigantesque, seul capable de terrasser les géants qui hantent la planète en secret depuis des siècles. Mais on se demande si tout ça, ce ne serait pas un peu dans sa tête. Barabara manque cruellement de véritables amis et se fait chahuter à l’école par une bande de petits tyrans. Ses seules interactions sociales positives se limitent aux parties de Dongeons & Dragons dans l’arrière boutique d’un comic shop. Et quel terrible secret renferme sa maison, au point que le sujet ne soit jamais abordé avec ses frères et sœur ? Les limites en réalité et fantasmes n’ont jamais été aussi floues, Barbara lutte entre ceux qui lui veulent du mal et ceux qui veulent l’aider. Sans parler des géants qui risquent de réapparaître à tout moment.

Le comic original fut publié en sept numéros et déjà à l’époque enchaînait les critiques positives. Mais c’est la version reliée, beaucoup plus digeste, qui fut couronné de plusieurs prix au cours de l’année 2009. Le succès fut tel qu’Image prit la décision de sortir une édition « Titan », couverture cartonnée, format géant et des tonnes de matos bonus (scripts, croquis etc…). C’est celle là que j’ai finit par acquérir. Et putain ça valait le coup. Le dessin est proche du manga, en noir et blanc, presque mal dessiné tellement le trait est nerveux. Le style de Ken Niimura insuffle de l’énergie à des compositions de vie banale tandis que Joe Kelly joue sur la subtilité tout du long. Jusqu’à la fin je me demandais si les géants étaient réels, quel était le secret de Barbara (révélé à mi chemin). Lors de la lecture du dernier chapitre j’ai dû me retenir de verser une larme, avec toute la famille en train de prendre le café de l’autre côté du salon. Parce qu’en vrai, I Kill Giants, c’est doux amer.

Il m’aura fallu quelques jours pour digérer un peu le truc, mais sous les géants, les marteaux géants et les connasses du lycée, on a plein de thèmes qui remuent. Ca vous parle d’échappatoire, du monde du rêve, de la famille, de la mort et tous ces trucs qui vous remuent les tripes. Sauf qu’on est tellement pris dans cette histoire finalement toute simple qu’on se prend la totale dans les dents. J’ai lu quelque part que I Kill Giants est le genre de comic qu’on peut, qu’on veut passer à tous ces amis, qu’ils lisent des BD ou non. Je suis assez d’accord. Et je maudis l’éditeur français d’avoir osé traduire la série en deux tomes (pêché d’avarice) sans jamais sortir le second (pêché de fils de putage).

Si vous gérez assez l’anglais et que vous avez de quoi, je vous conseille fortement l’édition souple, qui fera carrément l’affaire niveau awesome dans vos yeux. Moi je vais aller prêter mon Titan.

820 – Costume Watcher

Je déteste la mode. Viscéralement. Je vous dit ça après des années d’expérience avec l’ex femme de ma vie qui est comme qui dirait connectée au « bon goût absolu ». C’est-à-dire qu’elle « SAIT» ce qui est à la mode ou pas, ressent les fluctuations dans la force, est capable de dire ce qui est in, ce qui est out, quand, où, comment. C’est la grenouille météo du dictat terne des filles qui veulent ressembler à rien. Enfin à rien, je veux dire à Paris j’ai toujours l’impression que les damoiselles font le concours de cette qui arrivera le plus à assortir sa garde robe dans une thématique grise, tendance caméléon urbain, couleur mur sur fond d’immeubles. Je veux dire, c’est pas que moi qui trouve que les nanas à Lyon mettent plus de fringues colorées, sont plus décomplexées, moins fascistes, dans leur apparence globale. C’est toujours le premier truc qui me frappe dès mon arrivée à la gare.

Le mois dernier j’ai commandé sur les internets un bouquin sur le cosplay. Etrange, pour un mec comme moi qui déteste les psychos d’animes et de mangas. J’ai toujours du mal à supporter les mecs et nanas pour qui le Japon se résume à une production aseptisée et souvent débile alors qu’il y a tellement plus à découvrir. Puis je suis phobique du déguisement de manière générale. C’est un des quelques trucs dans la vie que je ne fais pas. Me déguiser. Ca m’a toujours angoissé depuis la plus môme enfance. Et d’un autre côté, le cosplay me fascine, quand c’est fait de manière ultra pro et vénère. C’est le cas des participants au recueil Otacool II, qui viennent des quatre coins du monde et se confectionnent des habits de leurs héros favoris depuis parfois presque dix ans. Le travail est hallucinant et la plupart des photos magnifiques.

Surtout, les cosplayeurs de luxe m’offrent une fenêtre magique vers un monde qui n’existe pas. Les cheveux bleus, les coiffures extravagantes, les robes faites de ceintures, de boucle, les ensembles ultra sexys ou ultra classieux, tout ça n’existe pas dans la vraie vie. Tu ne peux pas sortir comme ça dans un la rue. Ca ne fonctionnerait pas. La mode est un concept qui a été inventé par des filles pour des filles. La grande majorité des garçons est exclu de ce système qui ne sert qu’à jauger en permanence les filles entre elles, un concours permanent où personne ne gagne jamais bien longtemps. Ca doit être épuisant. J’ai appris à ne plus tenter de raisonner ma copine si elle fait la course à la connerie elle aussi. A un moment j’ai failli sortir avec une nan juste parce qu’elle était cosplayeuse, c’est dire le niveau dé désespoir vestimentaire dans lequel j’ai pu me trouver.

Alors de temps en temps, j’achète une revue de cosplay ou je vais suivre les résultats de tel ou tel concours. Je me contrefous des personnages qui sont représentés, de la culture du truc autour, je regarde ça uniquement par curiosité oculaire, histoire de voir autre chose, de faire semblant d’avoir un miroir magique vers un autre monde.

Demain, BD.