839 – Book Review 140

Nous revoilà face au Palahniuk de l’année. Chuck est régulier comme une horloge, sort son nouveau roman chaque année la première semaine de mai. J’aime bien moi, la régularité, le rendez-vous. Surtout avec un auteur que j’adore. Cette fois j’ai attendu un moment avant de me rué dessus, refroidi par les premiers retours. Il semblerait que Tell-All (c’est ainsi que l’on surnommait les biographies de stars le siècle dernier) soit un foirage. Je n’osais le croire. La couverture me plaisait beaucoup, tout comme l’idée que Palahniuk revienne au roman court de moins de deux cent pages (j’ai aimé Snuff, beaucoup). Alors j’ai profité de mes semi vacances pour plonger et bouloter Tell-All. Après tout, Pygmy m’avait surpris dans ses dernières pages au point de me faire ravaler la plupart de mes critiques. Tout était donc possible.

Nous suivons les aventures de l’actrice à succès Katherine Kenton, qui se vieillit dans son manoir en compagnie de sa majordome Hazie. C’est l’employée qui raconte la succession de diners et de remises de prix d’honneurs auxquels assiste sa « Miss Kathie ». Au fond de son cœur de gouvernante, Hazie ne souhaite qu’une seule chose, la splendeur et la gloire continue de sa maîtresse. Et elle est prête à tout pour s’assurer que personne ne vienne ternir la magnifique légende de Katherine Kenton. C’est à se moment qu’une jeune aristocrate commence à faire la cour à l’actrice. Pour Hazie le doute n’est pas permis, le fourbe en veut à la fortune ou la célébrité de Katherine. Elle déniche d’ailleurs bien vite le manuscrit d’une biographie de la star, un livre dont l’écriture est déjà achevée, et qui se termine par la mort accidentelle prochaine de sa « Miss Kathie ».

Bon, pour en arriver là il faut attendre les deux tiers du livre. Le début du bouquin n’étant que la description interminable du quotidien de la star, prétexte à éplucher le Who’s who du gratin d’Hollywood de la grande époque. Autant de noms qui ne disent rien au commun des mortels, et qui sont cependant surlignés en gras. Bonjour le mal de crâne. Tout comme la structure stylistique inspirée du cinéma (les chapitres sont numérotés en actes/scènes, et les descriptions se font avec des termes de caméra et de script) ne fonctionne pas, elle aussi migrainogène plus qu’autre chose. J’aimerais me rabattre sur le fond, mais l’histoire est cousue de fil blanc, le twist final ne sauvant pas grand-chose car prévisible quelques dizaines de pages à l’avance. Les thèmes chers à Palahniuk sont là castrés, presque soft, le livre aurait pu être écrit par un autre que cela ne se serait presque pas vu.

Gros fail en somme. Pour la première fois en onze bouquins (okay, je les ai pas tous lus), j’ai réellement l’impression d’avoir lu un roman raté. Un exercice de style de trop, qui n’amuse que son auteur. Le début est pénible de lenteur, le milieu répétitif et la fin prévisible. Déception. Dépit. Vivement l’année prochaine.

7 réflexions sur “839 – Book Review 140

  1. Moi aussi, je suis un tout grand fan de Palahniuk…

    Mais je suis aussi un fan de tes critiques, donc je ne le lirais pas !

    En même temps, il m’en reste plein d’autre à lire.
    Sinon, t’as pensé quoi du bouquin sur le gars qui est sexhoolique ?

  2. L’année prochaine, ça sera peut-être encore pire.

    Désolé, j’ai vu un char à la télé, ça me rend agressif ce genre de choses. Tout comme les chats blancs, les voitures immatriculées dans le 75 conduites par une brune, les pots à confiture, les langoustines, le papier de couleur vert, les mouches, les brosses à dents jaunes et le Babibel.

    Ce commentaire inutile était là pour faire grimper ton nombre de réactions, quasi nul en cette journée de glandouille, de plage et de feux d’artifices.

  3. Tu as lu Journal Intime ? Le seul que j’ai pas réussi à finir jusque là (même si j’ai pas lu les derniers), et pourtant j’aime beaucoup ses livres. J’espère que celui là est pas du même accabit :S

  4. Hello!

    Je te lis fréquemment mais je n’ai jamais posté, je me lance!

    Un conseil d’ami, ça m’a fait pareil l’autre jour en songeant à Palahniuk, lis (ce que je pense déjà être fait ceci dit), du bukowski.

    Actuellement je suis sur “Nouveaux contes de la folie ordinaire” et rien que la première nouvelle (c’est un recueil), Palahniuk semble comme “faux” (okay ça c’est un peu de la provoc) à côté de ce gars…

    Ceci dit, après Fight club, Choke et à l’estomac, j’ai plus rien apprécié de lui…

    Berceuse, Monstres invisibles, rien de rien :( …déçu donc.
    Et visiblement avec ce dernier ça semble pas s’améliorer…

    Il aurait tout donné dès le début?
    Dur de faire du trash littéraire, ou s’il y a un autre terme, dis-le moi, de la provocation sans forcément retomber dans ses travers…

    Moi-même écrivant énormément (jamais publié encore, même pas tenté d’ailleurs ^^), je me suis rendu compte que dans cette voie, tout a déjà été testé ou presque, et surtout, faire semblant d’écrire sans avoir des expériences extrêmes dans ces milieux ou ces vies là, ça ne peut que sonner souvent…faux.
    A moins d’être très doué littérairement parlant.

    A méditer…

    Salutations, et à une prochaine!

    Cordialement,

    David

    Il faudrait que soit il

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