854 – Book Review 142

Je ne me souviens plus vraiment quand ou comment j’ai découvert Ain’t It Cool News. Le site existe depuis 1996 et est devenu en quelques années la référence mondiale absolue en termes de news, scoops et critiques sur le cinéma. Depuis le temps (qui se compte en années, beaucoup) où je visite le site une dizaine de fois par jours (je n’exagère pas), j’ai fini par prendre le pouls de l’endroit et, surtout, reconnaître le staff éditorial. Par exemple je trouve que le rédac chef, Harry Knowles, a parfois des goûts de merde et régulièrement part en sucette dans ses articles. Je suis devenu fan de Moriarty, qui était à mon sens le critique le plus équilibré et juste dans ses analyses, et je l’ai suivi sur Hitfix, où je lis chaque article de son très bon blog. Il en va de même pour le reste de la bande, j’ai un avis sur eux et je sais comment appréhender leurs papiers. Puis l’un d’entre eux à pondu un bouquin.

Okay, pour la défense de Vern, son auteur, Yippee Ki-Yay Moviegoers est son second livre. Le premier est une thèse sur le cinéma de Steven Seagal. Je ne déconne pas. C’est véridique. Le sous-titre de YKYM nous annonce « Ecrits sur Bruce Willis, le cinéma badass et autres sujets importants ». Car il s’agit d’une anthologie de critiques. Le pavé de plus de quatre cent pages contient la crème de la crème des chroniques de Vern sur Ain’t It Cool, son blog et ailleurs. Les films sont classés par thèmes qui vont des blockbusters intelligents, aux films de mafia en passant par les trucs d’horreurs direct to DVD et se terminant bien entendu, par une rétrospective sur Bruce Willis. Attention, pour les puristes on trouve des papiers sur des films français en noir et blanc ou des imports asiatiques totalement inconnus. On nage en territoire geek à tendance action mais tout en faisant quelques arrêts sur des terrains pour Téléramesques.

Au final le bouquin ressemble plus à une suite de sketchs qu’à une analyse profonde et technique du cinéma de ces vingt dernières années. Vern est un chroniqueur qui multiplie les anecdotes et surtout qui passe un temps fou à développer des complexes débiles (genre est-ce que les predators sont des fachos ou des gentlemen, sur deux pages). Alors je n’ai pas appris grand-chose sur le matos ou les secrets de production, mais j’ai beaucoup ri. Plusieurs fois. Comme la semaine dernière où j’ai éclaté de rire dans la file d’attente d’Inception. La fille à côté de moi à soufflé à son mec « Il est trop glauque le type à côté de moi il rigole tout seul ». La plèbe donc. Paradoxalement le livre est riche dans le sens où avec son point de vue souvent étrange, Vern éclaire notre propre vision d’un film sous un jour nouveau. Et puis, au détour d’une chronique, on se dit que ce truc dont il nous parle, ça a l’air pas si mal.

J’aime la bonne critique ciné, quand c’est fait avec amour, respect et justesse. J’aime aussi quand c’est débile, régressif et injuste. YKYM mélange un peu tout ça et offre une anthologie décalée qui se lit comme un recueil de n’importe quoi d’autre. Si vous aimez le cinéma en général, ou la connerie en particulier, jeter un œil dessus. Ca vaut le coup.

852 – Face Time

Dimanche je sortais de la piscine, et ce qui est cool avec le chlore, c’est que ça te tire la peau du visage. Quand t’es une meuf tu paniques. Moi, je me gratte la barbe, qui pique plus de d’habitude, qui fait un bruissement de papier de verre. En clair, je me sens badass (puis une fois rentré je mets de la crème hydratante parce que j’ai pas de face en vrai). Forcément j’ai donc attendu le bus en me gratouillant, ce qui a attiré l’œil de ma compagnonne du jour. Tiens, t’as des cheveux blancs qu’elle m’a dit. Bien sûr c’est une pute elle a attendu que je sois loin de tout miroir pour venir me mettre la pression. Après une aprem’ d’enfer je me suis collé la tête contre la glace au dessus de mon lavabo pour me rassurer. Ce sont des poils blonds. Même si je suis brun de la tête aux pieds, c’est des poils blonds. Puisque je vous le dit !

Je me souviens des premiers poils de barbe. A la base (apprenez, jeunes filles), c’est plutôt ridicule car tout fin, assez insignifiant et pourtant là. C’est l’époque où ton père te dit que ouais, nan, vaut mieux pas y toucher parce que c’est le début de la fin. Si tu rases une fois, tu rases toute ta vie. Le cancer pileux quoi. Puis, à force de subir quolibets et regards moqueurs, tu donnes un grand coup de lame dans le tas. Et ça y est, tu es un homme. Plus ou moins. Au collège j’étais tellement tout content que je me rasais tous les deux jours. J’étais constamment rasé de près, au prix d’heures entières passées chaque semaine dans la salle de bain et d’un nombre assez incroyable de coupures ou autres irritations. Au bout d’un moment j’ai renoncé, ce qui m’a poussé dans l’état barbial qui a duré jusqu’à cette année, à savoir un rasage tous les dix jours. En moyenne.

A l’heure où j’écris cette note je dois être à plus de deux semaines sans moindre lame pour approcher mes jours. Ca me fait marrer de me dire que je devrais laisser pousser jusqu’à la finalisation de mon mémoire. Sauf que ça sent bien l’idée à la con. Alors je tond, avec une petite tondeuse premier prix. Je suis dans un état constant de barbe, incapable de me souvenir quelle était la dernière fois que je fus rasé de près. C’est étrange en fait, de ne pas savoir depuis quand je n’ai pas vu mes joues. En fait ça me perturbe, je voulais en arriver là je crois. J’aimerais pouvoir dire que je garde la barbe de plusieurs jours parce que les filles aiment ça. Je pense que c’est des conneries, que les poils au visage ne sont qu’un accessoire comme un autre et que ce qu’elles kiffent, c’est le visage dessous (suffit de voir quels genre de mecs elles associent à la barbe de trois jours).

En fait je crois que j’attends un signe du destin, un bonne raison de me raser en vrai. Ca peut être un rendez-vous galant, ou une rencontre professionnelle. N’importe quoi en fait qui me fasse me dire « je devrais y aller propre ». Parce que mine de rien, avoir la peau lisse, ça fait de vous un homme neuf. Et vu qu’il ne m’arrive que du vieux en ce moment, je crois que tout vient de là. Aussi, si vous me voyez rasé de près dans les semaines ou les mois qui viennent, vous saurez. J’irai particulièrement bien.

851 – Dark Banishing

Le Fuck. Je suis toujours à Paris. Alors que c’est les vacances. Alors que mon meilleur ami me manque et que ça me ferait pas de mal de manger des légumes, d’aller dans une piscine sympa où tu peux nager sans bonnet, me faire des barbecues dans les jardins des gens qui ont, bah un jardin, ouais ça serait cool. Sauf que je suis coincé à Paris. Principalement à cause de ma mère en fait. La haute autorité parentale a en effet décrété que je n’avais pas le droit de rentrer au bercail tant que mon mémoire n’est pas bouclé. Le tout pour éviter de subir la vision du fils indigne qui ne branle rien et est encore à la bourre. D’un côté je comprends, je suis une plaie et j’aimerais pas m’avoir comme fils. D’un autre côté, elle a qu’à faire abstraction du mémoire et, heu, pas m’en parler. En attendant, je suis toujours à Paris.

Tout ça me rappelle Avatar : Le Dernier Maître de L’air. Un des personnages du côté des méchants est Zuko, le prince déchu. En gros il a fait de la merde (no spoil) qui a beaucoup déçu son père. Au-delà de la fessée volcanique il s’est surtout retrouvé banni de la nation du feu. Le voilà en exil, sur frêle esquif, à la recherche de son honneur perdu. Dans son esprit rongé par l’Oedipe, il se dit qu’il faut qu’il capture l’Avatar, ennemi juré de son père. S’il arrive à mettre la main sur Aang et ses potes, il pourra rentrer victorieux dans la nation du feu, regagner son honneur ainsi que l’estime du paternel. Alors il parcourt le monde et ses océans à la poursuite de Aang. Du coup, vous voyez, je me sens super proche de Zuko. Genre je le comprends et je suis certain que lui me comprendrait. On irait manger des brochettes de gambas en putassant sur nos parents.

Le pire dans tout ça c’est que je survis pas si mal à mon séjour parisien. Okay devoir assumer bouffe, transports et sortie à moi tout seul, c’est un falcon punch dans mon budget. Mais l’effet Twitter/Blog combiné à mon temps libre de l’année aura résulté en un accroissement assez massif des gens que je cottoie. Du coup je ne peine pas trop à sortir tous les jours, voir des gens et vivre ma petite existence parisienne. J’ai l’impression de sonner comme un disque rayé mais ça me met toujours mal à l’aise de réaliser que j’ai plus à faire sur Paris que sur Lyon. Que ma ville de naissance et de cœur soit irrémédiablement condamnée à devenir secondaire. Je pourrais boucler mon mémoire, rentrer et aller m’attacher à un poteau en lui faisant des bisous pour compenser. Ou je pourrais me tirer à New-York pour pouvoir dire que Paris, c’est grave de la merde.

BWAH AH AH !!!
Pardon…
Enfin, tout ça pour dire que je suis encore sur Paris, qu’une fois de plus je passe un été complètement débile (et encore vous savez pas tout mais on en reparlera). Bon, je vais aller manger des gambas avec Zuko.
A demain.