Je ne me souviens plus vraiment quand ou comment j’ai découvert Ain’t It Cool News. Le site existe depuis 1996 et est devenu en quelques années la référence mondiale absolue en termes de news, scoops et critiques sur le cinéma. Depuis le temps (qui se compte en années, beaucoup) où je visite le site une dizaine de fois par jours (je n’exagère pas), j’ai fini par prendre le pouls de l’endroit et, surtout, reconnaître le staff éditorial. Par exemple je trouve que le rédac chef, Harry Knowles, a parfois des goûts de merde et régulièrement part en sucette dans ses articles. Je suis devenu fan de Moriarty, qui était à mon sens le critique le plus équilibré et juste dans ses analyses, et je l’ai suivi sur Hitfix, où je lis chaque article de son très bon blog. Il en va de même pour le reste de la bande, j’ai un avis sur eux et je sais comment appréhender leurs papiers. Puis l’un d’entre eux à pondu un bouquin.

Okay, pour la défense de Vern, son auteur, Yippee Ki-Yay Moviegoers est son second livre. Le premier est une thèse sur le cinéma de Steven Seagal. Je ne déconne pas. C’est véridique. Le sous-titre de YKYM nous annonce « Ecrits sur Bruce Willis, le cinéma badass et autres sujets importants ». Car il s’agit d’une anthologie de critiques. Le pavé de plus de quatre cent pages contient la crème de la crème des chroniques de Vern sur Ain’t It Cool, son blog et ailleurs. Les films sont classés par thèmes qui vont des blockbusters intelligents, aux films de mafia en passant par les trucs d’horreurs direct to DVD et se terminant bien entendu, par une rétrospective sur Bruce Willis. Attention, pour les puristes on trouve des papiers sur des films français en noir et blanc ou des imports asiatiques totalement inconnus. On nage en territoire geek à tendance action mais tout en faisant quelques arrêts sur des terrains pour Téléramesques.

Au final le bouquin ressemble plus à une suite de sketchs qu’à une analyse profonde et technique du cinéma de ces vingt dernières années. Vern est un chroniqueur qui multiplie les anecdotes et surtout qui passe un temps fou à développer des complexes débiles (genre est-ce que les predators sont des fachos ou des gentlemen, sur deux pages). Alors je n’ai pas appris grand-chose sur le matos ou les secrets de production, mais j’ai beaucoup ri. Plusieurs fois. Comme la semaine dernière où j’ai éclaté de rire dans la file d’attente d’Inception. La fille à côté de moi à soufflé à son mec « Il est trop glauque le type à côté de moi il rigole tout seul ». La plèbe donc. Paradoxalement le livre est riche dans le sens où avec son point de vue souvent étrange, Vern éclaire notre propre vision d’un film sous un jour nouveau. Et puis, au détour d’une chronique, on se dit que ce truc dont il nous parle, ça a l’air pas si mal.

J’aime la bonne critique ciné, quand c’est fait avec amour, respect et justesse. J’aime aussi quand c’est débile, régressif et injuste. YKYM mélange un peu tout ça et offre une anthologie décalée qui se lit comme un recueil de n’importe quoi d’autre. Si vous aimez le cinéma en général, ou la connerie en particulier, jeter un œil dessus. Ca vaut le coup.





