850 – Cine Club 102 / Comic Review 04

Entre 2003 et 2006 fut publiée dans le label adulte de Dc Comics, Vertigo, la série The Losers. Loin des super-héros le comic mettait en scène une équipe des forces spéciales. La fine équipe des Losers aura préféré désobéir à un ordre direct en allant sauver des innocents au lieu de raser toute la zone. Le commanditaire de la CIA, l’énigmatique Max décide de se venger en faisant abbatre l’hélicoptère des Losers. Réchappés in extremis, laissés pour morts et enterrés en traire pour avoir « massacré » des civils, les Losers décident de partir à la poursuite de Max pour laver leur honneur et déjouer les plans machiavélique du sinistre individu. Ils sont en cela aidé par Aïcha, sans savoir quelle réelle motivation anime la guerrière froide et implacable. En gros. The Losers aura duré 32 numéros, soit six recueils, ou deux gros pavés (c’est selon) avant de voir le premier tiers de la série adapté au cinéma cet été. Ou pas en fait, vu que le film n’a jamais traversé l’atlantique.

Malheureusement pour les suites potentielles, The Losers le film aura à peine rentabilisé son pourtant très mince budget. Le long-métrage aura souffert d’un casting d’acteurs habitués aux seconds rôles, de faibles moyens marketings et d’une licence totalement inconnue du grand public. Sans parler du parallèle avec le mastodonte Agence tout risque, sur grosso modo le même sujet qui à débaroulé au même moment. J’étais particulièrement dépité du coup lorsque j’ai vu la date de sortie sur Allociné rester bloquer sur un aussi vague que maudit « prochainement ». J’avais adoré le comic, qui était un mélange d’espionnage et d’action burnée, super bien écrit avec des dialogues décapant et un style graphique ultra stylisé. C’est sur cette série que le dessinateur Jock s’est fait un nom, avec un trait épais, dynamique et pauvre en détails pour plus de puissance. Je reste fan. Cette semaine le Blu-Ray sortait enfin chez nos amis ricains. Zoup, dans ma TV.

Couverture du numéro 12, reprise avec classe pour l'affiche ciné.

Ce fut la claque. A aucun moment le film ne semble souffrir du moindre manque de moyen. Le tournage a en partie eu lieu à Puerto Rico pour une intro dans la jungle ultra crédible et les quelques plans faisant appels à des effets spéciaux numériques sont ultra propres. La réalisation redouble de petites idées et joue avec les lumières brillantes et les teintes saturées pour un résultat qui en met plein la gueule. Je serais le directeur photo d’Iron Man II, tourné pour six fois plus de thune, j’irai me pendre. Dans le même ordre d’idée (cout mini, effet maxi), notons l’utilisation répétée d’extraits du comics, que ce soit pour superposer un dessin de la BD au visage de chaque personnage pour l’identifier jusqu’au générique d’intro et de fin. Le fan en moins se délectait de retrouver des bout de d’un de mes comics préférés. Forcément il aura fallu économiser de la thune par ci par là, comme sur le final qui arrive un peu trop vite et se déroule dans un décor qui manque un peu de charme.

Dans le même ordre d’idée le casting est effectivement composé de seconds couteaux, mais ils ont tous la classe. J’ai une affection particulière pour Jeffrey Dean Morgan qui joue Clay, le chef des Losers. Un acteur avec une vraie présence qui n’a pas eu la carrière qui mérite. Même tarif pour Zoe Saldana qui, malgré le carton d’Avatar, n’a pas percé dans l’esprit du spectateur de base. Elle est ici aussi sexy dans les scènes torrides que badass quand elle fait exploser une bagnole au lance roquette. Mention spéciale à Chris « Captain America » Evans que j’aime toujours d’amour et qui assure en geek blondinet aux vannes débiles. Car les dialogues, qui faisaient une grande partie du charme du comic, sont retranscrits parfois tels quels, à l’instar d’une demi douzaine de scènes carrément cultes pour moi, recrées plan par case (on se comprend). Même si, une fois encore, le film avance presque trop vite, la faute à une intrigue difficile à comprimer en une heure et demie et des limitations de script/budget.

The Losers, le film, aura clairement assuré sa part du boulot, avec une réalisation et un acting aux petits oignons. Typique le genre de petit classique pour soirée du samedi avec un gros bol de pop corn. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur en fin de film, à me dire que vu le piètre résultat financier du film, je n’aurai jamais de suite. L’adaptation en pâtit à postériori car le plan de Max n’a pas le temps d’être expliqué et l’arme de destruction massive dont il fait la démonstration est elle aussi sous employée. Dans l’optique d’une suite cela aurait été normal, emboité dans une logique de trilogie. C’est un goût d’inachevé qu’il me reste dans la rétine au final, bien que je sais que mon intégrale est au chaud dans ma bibliothèque.

Malgré ces quelques points noirs, The Losers est plus satisfaisant que l’agence tout risque car plus joli (un comble), plus « cool » et nettement moins cartoon. Big up aux deux scénaristes de luxe Peter Berg (Very Bad Things, Friday Night Lights) et James Vanderbilt (Basic, The Rundown, Zodiac) Un film qui à la classe, tout simplement et qui aurait grandement mérité (plus que d’autres) sa place au soleil du box office de l’été. Si, après visionnage, vous en voulez plus, il reste toujours l’intégrale papier.

Satisfait ou mauvais goût.

FREE COMIC STAGE !!!

Comme d’hab’ chez Vertigo, le premier numéro du comic est en téléchargement PDF gratuit sur la page du premier volume.

TRAILER STAGE !!!

849 – Top 3 Saturdays 52

Y’a pas si longtemps je me plaignais d’être quasiment incapable de dormir ailleurs que chez moi. Je prétendais aussi que la réciproque ne me posait, par contre, aucun problème. La preuve, ma meilleure amie a dormi deux fois à la maison cette semaine (dont une fois parce qu’il y avait un papillon chez elle et qu’elle a paniqué, true story). L’occasion, après mure réflexion nocturne pendant qu’elle pionçait, de dresser un top 3 des trucs cools quand une fille dort dans ton lit.

Three – Smells Good

C’est assez basique mais une fille, à priori ça sent bon. Certes il y a des exceptions comme la Première, qui malheureusement portait un parfum qui sent la naphtaline. Ce qui est cool le lendemain du passage d’une fille, c’est que nous autres, garçons, on peut se vautrer dans le « sent bon ». Par exemple je roule et roucoule enroulé dans la couette à la recherche d’une odeur tenace de peau endormie. Le pied. Par extension quand la fille me demande si elle peut mettre un de mes tee parce qu’elle a oublié son pyjama, je fournis allègrement la base pour un futur doudou.

Two – Home Alone

Je crois avoir déjà mentionné ce détail, mais je dors mieux à deux. Enfin, avec une fille. Parce que je me souviens encore des epic ronflements de Pollux (responsable de plusieurs alertes tremblement de terre). C’est juste rassurant de savoir que si je dors pas je peux aller me blottir contre un truc moelleux et chaud, ou qu’en cas de cauchemar ou de coup de blues au réveil, je peux avoir un bisou. Si j’avais pas peur de vous traumatiser je vous avouerais aussi que savoir que j’ai quelqu’un à côté de moi pour appeler le Samu si je fais un arrêt ou un AVC m’aide à dormir comme un bébé. Ca et mes angoisses nocturnes habituelles. Oubliez ce que je viens de dire.

One – The Truth

Souvenez vous que je ne bois pas. Du tout. Il est donc difficile pour moi de faire boire une fille (genre pour la mettre dans mon lit). Logiquement, les filles qui dorment avec moi sont donc sobres. Or si elle est sobre comment je fais pour savoir si elle m’aime bien ? J’attends qu’elle dorme. Parce que le seul autre moment dans la vie où une fille vous dit la vérité, c’est dans ses yeux le lendemain matin. Vous savez, le « je viens de me réveiller et je suis contente de te voir » look. Dans les premières secondes de l’émergence, le cerveau n’est pas encore tout à faire opérationnel et le visage ne ment pas. On peut aussi tenter d’aller se frotter dans la nuit et déposer quelques bisous sur un bout de peau à découvert pour tester l’intonation du « Mrouuu » de la demoiselle. Mais ça, c’est pour les plus aventureux.

J’aurais aussi pu faire un Top 3 des meilleures raisons de ranger son appart’, mais ça aurait été moins drôle. En tout cas, pouvoir inviter des filles sans rougir aurait sûrement figuré en bonne place.

Demain, note double ciné + BD.

848 – In(ter)cepion(ed)

[Besoin de ventiler, armez vous d'empathie et d'indulgence. Reprise des programmes demain, on parlera filles dans une note kikoolol pour compenser.]

Je n’aime pas réserver ma place de cinéma. Parce que, réserver c’est utile uniquement si la salle est pleine. Or, si la salle est pleine, gros potentiel de se retrouver à une place pourrie. Pour la même raison qui fait que je refuse de regarder un DivX crade, je refuse d’aller voir un film en étant assis n’importe où. Sans compter que si je réserve ma place, je suis bloqué, impossible de changer de cinéma ou de film, ma carte UGC est verrouillée. Une fois sur les deux mes compagnons de ciné changent d’idée au dernier moment, comme c’était le cas pour Inception le jour de sa sortie mercredi. Pour faire plaisir à l’ex femme de ma vie, j’ai accepté de changer de cinéma pour une séance plus tôt ailleurs. Malheureusement complète, tout comme la suivante, tout comme celles de l’UGC d’à côté. Tout ça parce que, carte UGC oblige, tu ne peux pas tirer une place plus d’une heure à l’avance. Un problème que n’a pas la plèbe qui paie en caisse contre du vrai argent. Je me suis donc fait voler ma séance d’Inception par les non porteurs de carte, les non cinéphiles.

Cruelle ironie du sort pour moi qui suit le film depuis ses balbutiements. J’ai suivi les news de casting au compte goutte, les annonces discrètes du réalisateurs, les premiers teasing du dispositif marketing, les jeux sur le net, les bandes annonces. Tout ça jusqu’au critiques dithyrambiques. Dans l’intervalle j’ai beaucoup parlé du film, j’ai boosté pas mal d’amis à aller le voir sur ma simple parole ou mes explications enthousiastes. Lorsque la vague d’avant première eu lieue je ne me suis pas offusqué d’être boudé par les agences de com’. Certes, j’ai pondu plus de critiques cinés que 99% de la blogosphère et je pense être relativement (euphémisme) légitime pour parler films. Mais ce qu’il y a de pire que la plèbe dans un cinéma, c’est ceux qui se bougent parce qu’ils sont invités. J’ai du me retenir d’éclater la gueule de quelques influents qui twittaient leur étonnement « Ca alors Inception quelle surprise ce film c’était ouf ! ». J’étais aussi bien chez moi donc. Au moins le gens normal fait l’effort d’aller chercher sa place et de s’intéresser au minimum au truc, vu qu’il paie et n’aura pas de petits fours à la clef.

Mais mercredi je me suis trouvé dans le caniveau de la première vague, coincé hors du ciné, pris en otage par les vrais gens. Sur le parvis du MK2 Bibliothèque il y avait cette mère de famille obèse mal fagotée qui crachait dans son dumbphone qu’elle avait pris ses places pour « Unssepsion, le film quizonmontré à la télé ». Montée de rage dans mon cœur de cinéphile. La truie (peut-être super sympa au demeurant) allait être dans MA salle pour voir MON film alors qu’il était plus qu’évident à l’écouter parler qu’elle n’avait absolument pas la capacité intellectuelle et les références techico-culturelles pour apprécier le film à sa juste valeur. Si mes mains avaient pu faire le tour de son cou je l’aurai buté sur place et j’aurais récupéré MES places dans ses mains moites et boudinées pour aller voir Inception. Au lieu de ça j’ai attendu la séance d’après, dans l’espoir qu’une fois les bornes déverrouillées je puisse tirer une place pour moi et mon amie. Peine perdue. Nous avons foncé à l’UGC Bercy. Double complet une fois encore. J’ai fait la gueule, comme un gosse à qui on à chié dans les Chocapics. Le bonheur piétiné par le français moyen. A la sortie du métro, j’ai fondu en larmes. Pour de vrai.

Oui, j’aurais pu réserver ma place avant de partir de chez moi (Mais à quelle séance ? La première en prenant le risque d’avoir une place de merde ? La seconde en prenant le risque que mon amie ne veuille pas attendre ?). Oui, si j’étais possesseur d’un iSheep j’aurais pu réserver dans la file d’attente, ou j’aurais pu passer un coup de fil à un ami pour qu’il le fasse de chez lui (“Allo Pollux, je suis dans le cinéma tu peux me réserver une place ?” Trololol). J’aurais pu si j’avais eu l’esprit assez retors pour y penser. Le fait est que je paie ma carte depuis sept ans maintenant, que j’aime le ciné, que je respire, que je mange que je vis le cinéma et que dans mon esprit, ma place en salle pour un film que je surveille et qui me fait rêver (pun intended) depuis deux ans m’est acquise. Bien sûr que je me trompe, bien sûr le public TF1 a aussi le droit de se précipiter dans la salle. Je n’ai que mon intime conviction pour prouver aux gens que je mérite cent fois plus qu’eux de voir Inception le soir de sa sortie. Comme si le mérite avait quoi que ce soit à voir avec la vente d’un ticket de cinéma ou le droit d’accès à une salle. Mon égo contre le réel.

Bien sûr que c’était immature, pédant et ridicule de pleurer en plein milieu de la place de la Bastille à 21h30 pour un film que je pourrais aller voir dès le lendemain.

Mais je crois qu’être cinéphile, c’est aussi ça.

EPILOGUE STAGE !!!

Finalement je l’aurais vu le lendemain, après avoir réservé ma place ET m’être pointé 90min à l’avance pour avoir MA place (milieu de la rangée, aux deux tiers de la salle en partant du haut). Après 2h26 de film, la salle entière a applaudi spontanément.

Sinon, à deux places de moi, une nana s’est effondrée au bout d’une heure et a dormi le reste de la séance. Confère le reste de ma note.