847 – Hum… Upgrades

Un peu moins d’un mois plus tôt, j’étais chez Sony à un cours de photo/safari avec l’incroyablement talentueux Rémi Chapeaublanc. C’était aussi (et surtout) l’occasion de tester le NEX 5. L’appareil badass comme un réflex mais petit comme un compact. On a fait les cons dans la rue, au palais de tokyo et de retour chez Sony. J’ai même pu tester et admirer le panorama 3D, sur une TV gigantesque avec les lunettes qui vont bien. Fun fact, je me supporte mieux en 3D que sur une photo normale. Sinon j’ai appris quelques trucs de base sur l’optique et le maniement du matériel ce qui fait que je me suis couché (et réveillé) nettement moins con. Je suis surtout reparti de là avec de la peine. Parce que je savais que je devais remplacer mon Canon Powershot S90. Bien qu’il soit (encore) le plus puissant de sa catégorie et malgré le fait que son achat ne remonte qu’à décembre.

Je suis un mec comme ça moi, je mets à jour mes trucs. Quoi de plus naturel après tout, puisque dans la vie, on fait tous ça. On passe d’une chambre d’étudiant à un studio, un deux pièces et ainsi de suite. Pareil pour une voiture, une télévision. On upgrade, quand on a la volonté, ou les moyens. A titre personnel j’ai surtout la volonté, moins les moyens. Par exemple, mon ordi portable qui date d’il y a cinq ans et que j’ai refusé de jeter dans des escaliers, il faudrait vraiment faire quelque chose. Rapport à Starcraft II, ou à Photoshop (genre perdre moins de temps sur le blog). C’est un peu comme ma TV, j’ai pris la plus maouss que je pouvais me permettre mais sa diagonale reste un peu faible vis-à-vis de la distance à laquelle je la regarde. Okay, c’est pathologique. Une sorte de mélange instable entre mon consumérisme, mon envie et mes pulsions de early adopter. S’il existe mieux pour moi, je dois tout faire pour l’atteindre.

J’ai réussi à vendre mon Canon à un prix plus que correct. Combiné au bon de 10% récupéré chez Sony le jour du cours, je m’en suis pas si mal tiré. J’ai mon NEX 5, qui à mes yeux représente le meilleur compromis entre puissance et mobilité. Je commence à peine à m’amuser avec je l’aime déjà. Pourtant j’ai eu un pincement assez crade au cœur lorsque j’ai du empaqueter mon Powershot. Je me suis souvenu la joie ressentie lorsque je suis reparti du Best Buy à New York, et tous les clichés pris avec, les réactions des proches, le partage. Fuck. C’est un peu comme ma vieille Xbox Elite, que j’ai depuis trois ans à présent, qui fait un boucan pas possible, chauffe et a le disque dur encrassé. Je pense passer à un modèle slim, plus petit, silencieux et plein de stockage. Je pense aussi donner la vieille, qui ne vaut plus grand-chose à mon crevard radin de petit frère. Mais…

Je m’attache aux choses autant que j’ai un besoin malsain d’en changer. C’est paradoxal et un peu débile. Tout comme je sais que dans six mois mon NEX risque d’avoir pris un coup de vieux. A un moment je me suis demandé si ma frénésie technologique ne cachait pas la frustration de ne pas évoluer sur les autres plans, sur mon appart’, sur mes études, sur mes écrits, sur tout ce m’échappe ou est lié à une attente forcée.

J’aurais pu écrire cette note là-dessus, mais pourquoi faire sérieux et introspectif quand on peut faire léger et sans intérêt ?

846 – Book Review 141

J’aime pas les polars. Enfin, non. C’est pas que j’aime pas, mais j’en lis/regarde peu. A mes yeux c’est un genre qui peine à se suffire à lui-même. Un polar ça ne suffit pas à m’exciter. J’ai quelques arguments concrets pour détailler le truc, mais au final ce n’est qu’une question de goûts. C’est un club dans lequel j’ai peine à aller. Bien sûr des fois y’a des exceptions, des cas particuliers qui me font vraiment rêver. Mais la plupart du temps, il me faut une surcouche. Comme Altered Carbon, qui est un polar noir, dans un univers science fiction. Polar + Sci-Fi = double couche. Ce qui nous amène à la série des Joe Pitt, une série de polars, genre pulp, mais dans un univers de vampires à New-York. J’en avais entendu parler lors d’un énième top 10 de bouquins cools. Polar + Urban fantasy = ?

Joe Pitt est un des quatre mille vampires qui peuplent l’île de Manhattan. New-York est divisé en clans. Que ce soit les bourgeois de la Coalition (qui dirige les beaux quartiers), les anarchistes de la Société (plus au sud) ou les moines illuminés de l’Enclave, chaque clan possède son bout de territoire et tente de maintenir un certain équilibre. Pas Joe. Pitt est freelance, vampire à louer qui monnaye ses services contre une petite réserve personnelle de sang et l’assurance qu’on le laisse en paix, loin de la politique. Le problème c’est que quand la Coalition lui demande de retrouver une gosse de riche qui a fuguée chez les anarchistes, il ne peut refuser. Même si cela implique de suivre un piste faite de cadavres qui pourrait bien le mener à quelque chose de plus plus sinistre que prévu. Sachant que Joe doit en plus gérer Evie, sa petite copine séropo à qui il n’a pas avoué sa condition.

Déjà, niveau univers, y’a plein de trucs cools. A commencer par de la politique, j’aime bien ça moi la politique, un peu comme lire des histoires de vampires qui chassent des zombies (même si c’est court). Toute l’histoire d’amour est fun aussi, avec Evie qui refuse de coucher avec Joe de peur de lui filer le Sida et lui qui refuse de coucher avec elle de peur de lui filer le Vampyr (oui, le virus s’appelle comme ça). Pour le reste on est dans le pulp à fond : le héros qui accepte une affaire malgré lui, la femme fatale qui fait des avances, les riches qui se croient tout permis et plein de références au passé et aux allégeances troubles des protagonistes. Le tout saupoudré de dialogues badass dignes des meilleures séries B. Oh et c’est parfois bien gore ou vénère. Pour faire simple, j’ai adoré.

Charlie Huston est au auteur qui maîtrise son sujet mais qui surtout insuffle assez de backgroud à ses personnages et à son univers pour aller au-delà des codes habituels du genre. Already Dead, premier roman d’une série de cinq, pose des bases d’une série solide, que j’irai bien boulotter à l’occasion.

Sinon, pour le lol, la version française s’appelle « Le vampire de New-York ». Je lole.

845 – Stop ! Pose Time !

Au lycée je trainais pas mal avec mon pote Antonin. C’était avant qu’il ne se case avec sa première copine dont la capacité à préjuger de tout n’a d’égal que son pouvoir de monopole de petit copain. On a tellement perdu Antonin de vue qu’à un moment on voulait mettre sa tronche sur les bouteilles de lait avec un avis de recherche. Anyway. A l’époque, on avait un jeu lui et moi. N’importe où, n’importe quand, l’un de nous pouvait s’écrier « Pose classe ! ». Et là nous devions le plus vite possible adopter une posture de poseur, genre penseur ou muscles tendus. Le délire était qu’un instant pose classe était imprévisible et pouvait survenir en cours, dans la récré, en soirée, à la cantine, pendant une séance de ciné. Forcément, ça ne faisait rire que nous, qui imaginions déjà un site web pour immortaliser nos poses et lancer un mouvement international.

C’était le bon vieux temps. Maintenant, des fois, je dois poser pour de vrai, cobaye que je suis des expériences de mes amis photographes. Alors forcément, les poses classes ça me connait et j’arrive à faire le guignol devant l’appareil. Sauf que quand c’était juste pour Antonin, ça allait. A présent je sais que les photos vont s’imprimer sur Flickr et que tout le monde va pouvoir admirer mes pitreries. Alors je cogite, je pense à mes rides d’expression quand je souris sincèrement, à mes veines temporales qui surgissent de temps à autre, mon début de double menton si je suis de trois quarts ou le visage vers le haut. Je vous passe la calvitie imaginaire, le retour. Au final je fais n’importe quoi, je cligne des yeux, je rigole, ma tête n’est pas droite. C’est le bordel, et je repense à mes poses classes avec Antonin, qui étaient j’en suis certain beaucoup beaucoup plus classes que ce que fais ces derniers temps.

La semaine dernière j’étais de retour sous l’œil de Katya, qui décidément a toujours plein d’idées pour faire mumuse avec son matos hors de prix. Elle s’était dégoté des projos pour la lumière et les clefs d’un bar climatisé pour faire une série de gens avec des tees cools. Je suis venu pour rendre service mais aussi et peut-être surtout pour continuer le travail sur moi vis-à-vis de l’image. Celui qui fait que je grince des dents chaque fois que je jette le regard sur un cliché de mon visage. Chez moi lorsque je me lave les dents je regarde le lavabo, j’ai presque peur de mon reflet. Vingt quatre ans que je vis avec ma tête et je n’arrive toujours pas à. Hum. Comment dire ? Vint quatre ans que je n’arrive pas. Alors entre deux Perrier citrons au bar et une bouchée de terrine de campagne de bâtard, je suis allé faire le pitre sous la lumière.

L’ambiance était super, le résultat donne bien et je crois que tout le monde est content. J’ai regardé les clichés une première fois très vite avant d’aller me coucher. Assez pour avoir de quoi complimenter Katya, mais pas trop pour ne pas me mettre mal à l’aise. Je les regarderai de nouveau le lendemain, pour les apprivoiser, dans l’espoir de faire des progrès vis-à-vis de l’image que j’ai de moi. Puis je les rangerai dans mes dossiers, ceux qu’on épluche de temps à autre pour se faire une idée du chemin qui nous en sépare.

Good times. Bonne séance. Super Katya.
Et peut-être une ou deux poses classes que n’aurait pas renié Antonin.