882 – Book Review 146

Y’a des bouquins, comme ça, où je suis persuadé que tout le monde l’a lu sauf moi. C’est un peu ce qui s’est passé avec Freakonomics. Le livre est sorti en 2005 et bien que je ne l’avais jamais tenu entre les mains, j’avais le titre en tête. Je croyais me souvenir d’un battage médiatique, de l’effet best seller, des gens qui m’en parlaient ou le citaient dans des conversations. Puis ce mois-ci j’ai regardé la bande annonce du film. Concept : les mecs ont engagé une demi-douzaine de réalisateurs de documentaires (genre Morgan Spurlock et cie) pour créer de courts sujets en lien avec le livre. Cool story. Du coup, motivé par le très faible prix de la dernière réédition de Freakonomics et parce que j’allais avoir plein de temps libre dans la Drôme, j’ai décidé de me faire mon propre avis et de rattraper ce petit retard de culture générale.

Le livre est écrit en tandem par un économiste et un journaliste. Leur postulat de base est que les individus agissent en fonction de la récompense qu’ils peuvent obtenir vis-à-vis de la sanction encourue. Partant de ce principe ils se mettent en quête de sujets un peu sexys, du genre est-ce que les agents immobiliers vendent leurs maisons plus chère que celles de leurs clients, ou bien encore est-ce que les sumotoris trichent en tournoi, et appliquent leur théorie à l’aide de données. Plein de. Plus que d’économie il est surtout question de statistiques et de comment les nombres révèlent un tas de choses. Le but du jeu est de prouver que les lieux communs ont parfois tort, que les causes et de conséquences que l’on imagine ne sont pas toujours liées. Beau message de fin de livre, qu’il faut se poser un tas de question et garder l’esprit ouvert.

Dans les faits, Freakonomics se lit super bien. En grande partie grâce à l’écriture journalistique, qui coule bien et permet au texte de rester à un niveau relativement neutre. Des dizaines de pages sont consacrées à des tableaux de nombres, de noms ou autres données collectées dans d’autres sources. A la fin du livre on trouve une horde de références pratiques pour appuyer les dires des auteurs. La dernière édition inclue en rab’ des articles de presse en lien avec le livre ainsi qu’un certain nombre d’ajouts ou erratas. Tous les sujets abordés ne seront pas aux goûts de chacun mais il y a de quoi faire. On n’apprendra pas de trucs profondément bouleversants et le lecteur n’en ressortira pas mieux armé pour affronter la complexité du monde, juste enrichi en anecdotes cocasses et potentiellement plein de questions.

Bien entendu, les critiques ont fusé en cinq ans. D’autres experts ont brisé le bouquin, le considérant comme un ramassis d’approximations peu scientifiques. Je n’irai pas jusqu’à prétendre qui à raison. Tout ce que je sais, c’est que j’ai lu Freakonomics à toute vitesse, captivé par pas mal de trucs, la plupart d’entre eux semblant plutôt solide. Pour une fois, la hype n’a pas menti. C’est de la bonne came. Plus qu’à trouver le temps et l’argent d’investir dans la suite sortie en octobre dernier : Superfreakonomics.

TRAILER STAGE !!!

881 – Photography, The Marvel Way

La semaine dernière je rageais dans le dedans de mon petit corps poilu. Comme j’étais le seul à prendre des photos chez mes grands parents, j’étais surtout le seul a pas être dessus. Les photos. Et c’est pas une pitoyable tentative de self pic dans la forêt qui allait me sauver. J’ai donc du me résoudre à l’impossible : passer mon appareil à mon bro. Rapidos j’ai tenté d’être didactique sur comment cadrer pas trop mal un truc. Peine perdue, j’ai pu en sauver que deux. Faut dire que mon frangin, les photos, il s’en contrefout un peu. Il en prend pas, et est donc dessus. C’est double bénef’. Il ne s’émerveille pas devant une optique de bâtard, ne s’écrie pas qu’il lui faudrait un appareil quand il voit un truc joli et surtout n’a pas envie de faire l’effort d’apprendre à faire ça classe. Moi ? J’ai juste lu beaucoup de comics.

A une époque, la bible de l’apprenti dessinateur de comics aux US c’était « How to draw comics the marvel way » qui est en gros un bouquin de formatage artistique. On t’explique ce qu’il fallait faire ou pas faire pour rentrer dans la boîte à l’époque. Typiquement le genre de bouquins qui rendait fou les éditeurs franco-belges. Principalement à cause des leçons sur les cadrages. En France on est chiant, on aime bien (paradoxalement) les plans américains, où on voit les deux personnages qui discutent et où on se fait chier. Alors qu’un ricain va tout faire pour dynamiser cette insupportable séquence de discussion où on s’emmerde à en crever en attendant que quelqu’un éclate la gueule de l’autre. D’où plans rapprochés, plongées, contre plongées, jeux avec les vides, les pleins, les ombres. Tout est bon pour énergiser ça au maximum. Or, j’ai fait un peu de BD, The Marvel Way.

Quand je faisais du scénar’ de BD, je laissais jamais partir mes dessinateurs sans un storyboard en bonne et du forme. Et c’est quoi un storyboard à part une suite de dessins moches dont le seul intérêt est de présenter un cadrage ? Banco. Avant même de prendre ma première photo avec un véritable appareil qui coûte une blinde, je passais déjà mes journées à découper des plans, positionner mes sujets, jouer avec le décor. A cadrer quoi. Tout en sachant que par mes lectures j’étais quand même beaucoup plus influencé par l’école américaine qu’autre chose. J’en suis venu à me dire que si j’aime me contorsionner, me mettre à genoux face à mon grandad pour prendre un cliché epic ou aller courir la campagne pour faire ZE shot de la maison familiale, c’est en grande partie à cause des bandes dessinées.

J’irai pas jusqu’à dire que je prends des bonnes photos, ou que je fais des bons cadrages, que je suis meilleur que untel ou pas. Mais j’ai la certitude d’avoir le goût de la case, celle qu’on encre, et que je retrouve ce plaisir avec mon appareil, ce qui me donne peut-être un avantage ou une sensibilité particulière. Je fais peut-être de la merde, mais je prends mon pied.
Aussi, j’ai envie de vous dire, si vous aimez pas vos photos, lisez plein de comics.

EXEMPLE STAGE !!!

Hop hop, un exemple célèbre du bouquin, qui compare des cadrages caméra à hauteur d’yeux et caméra dynamique. Je me souviens d’engueulades de dessinateurs autour de ces deux pages, l’un hurlant contre le faux dynamisme gratuit et putassier, l’autre vomissant sur les cadrages chiants à en crever. Le débat fait encore rage.

Hauteur d'yeux.

The Marvel Way

880 – Switch ON

Ayé, demain je rentre à Paris. DEJA. Même que ça me les brise un peu. J’aurais pas été contre rester une semaine de plus dans les champs de la Drôme ou un mois de plus d’ans l’epicness de Lyon. A croire que la rentrée à Paris a inventé la déception perpétuelle. Si au moins j’étais content de retrouver ma Playstation, mais non, j’ai envie de la passer par la fenêtre depuis l’affaire Mass Effect II. Je pourrai aussi utiliser ma dernière capsule Nespresso avant novembre, c’est le temps qu’il va falloir pour qu’on me paie mon retard de bourse et que j’arrête de vivre sur l’épargne familiale. Bon ça va je déconne je fais pas TANT la gueule que ça. En vrai j’ai juste les chocottes ultimes parce que je rends mon mémoire mercredi. Dans deux jours. Sur le bureau de ma prof. Physiquement par moi-même.

Mine de rien, sauf coup de pute, ce rendu devrait sonner l’arrivée d’une nouvelle ère en ce qui me concerne. Je vais déjà pouvoir remettre les pieds en cours après un an et demi livré à moi-même et à ma Xbox. Pour l’occasion je me demande si je vais pas m’acheter un nouveau eastpack (oui j’ai envie de faire toute ma scolarité avec un sac à dos. Même à 25 ans, et ce pour le lol. C’est aussi le début des grandes décisions, à commencer par « dans quelle genre de boîte j’ai envie d’aller faire un stage dans l’espoir de choper du CDD qui va bien ? » en bifurquant par « et si je plaquais tout et je me tirais à New York ». J’en reparlerai sûrement. Mais ça cogite, et il ne me reste plus que quelques jours pour glander, finir mes jeux vidéos à la bourre, écrire un peu mon side project, faire le tour des gens, tout ce que je vais galérer à faire une fois dans la reprise.

Parce que septembre c’est la planète qui se remet lentement à tourner. C’est les séries qui reviennes à la TV pile quand tu n’as plus de temps pour les regarder. C’est les jours qui diminuent, un peu comme mon temps de sommeil. C’est aussi des bonnes choses avec les éditeurs qui rentrent de vacances et justifient un coup de pression ou de nouveaux envois. Tout ça et plus encore c’est la promesse d’une nouvelle année. Si cette fois ça me frappe plus que d’habitude, c’est à la fois parce que pour moi ça faisait longtemps, et aussi parce qu’en septembre prochain, tout sera différent. Sauf le blog, à priori. Parce que je suis un grand psychopathe et que ça me manquait de modérer les commentaires et rédiger des articles depuis la salle info de l’école. Détournement des moyens de production !

Tain, je relis cet article et j’ai envie d’aller me coucher avec une fille. Mais de rien faire, parce que je me suis épuisé le cerveau, juste pour hiberner et grogner contre un truc qui est doux, chaud et qui sent bon. Je veux pas rentrer. Mais je veux. Sauf que je veux pas.

Le fu.