Un immeuble en construction. En haut, le grand Donkey Kong et sa cravate, qui a capturé la princesse Peach. En bas, le frère Mario bien décidé à aller la sauver. Entre les deux, une demi douzaine d’étages à escalader, en évitant flammes et barils que le grand singe lui jette à la gueule. Evidemment que cette configuration est une gigantesque métaphore du combat du mec gentil contre l’alpha mâle pour la possession de la biatch. C’est LIMPIDE ! Démonstration en reprenant les protagonistes. Donkey Kong est le connard, le douchebag. D’ailleurs c’est pas compliqué, il a une cravate. Ce qui tend à prouver que c’est un financier ou un commercial. Ca ne m’étonnerait pas qu’il soit le promoteur immobilier de l’immeuble en chantier justement. Il a passé sa scolarité à développer ses muscles au lieu de son cerveau (les proportions sont là) et à se valoriser en se tapant des bonasses. Tout ceci le conduisant en grande école de commerce pour vivre avec le plus de bananes possibles dans sa cave. En bref, c’est un connard.

Mario de l’autre côté est un gars du peuple. Un petit plombier qui a du travailler jeune pour subvenir aux besoins de son jeune frère Luigi. Il aurait aimé aller à l’école longtemps, devenir artiste ou communiquant pour avoir une copine et assez de bananes pour ne pas s’inquiéter de la venue de la bise. Sauf que non. C’est la vie. Il l’accepterait bien mais au fond il sait que sans un plombier comme lui, la filière entière du BTP s’écroulerait. Donkey Kong trône au dessus d’un chantier fait par des petites mains comme Mario. Et ça pour le rital en manque de reconnaissance, c’est dur à supporter. Il en veut à Kong de monopoliser la princesse pour lui tout seul. En plus, à part une montagne de bananes il a quoi à lui offrir ? Mario sait que s’il pouvait passer un peu de temps aux côtés de la belle, elle découvrirait son côté simple, sa gentillesse et son habileté de ses mains. Tout ce que Mario veut, c’est sa chance. Une chance que lui refuse le gorille, bien trop effrayé à l’idée que sa copine pense par elle-même. D’où le kidnapping, d’où les barils enflammés.

Bien sûr les tonneaux sont une métaphore. Tout comme l’échelle. Parfois vous savez y’a cette échelle qui sert juste à descendre, qu’on ne peut pas étraper même en sautant très haut de l’étage d’en dessous. C’est le symbole d’un ascenseur social cassé, d’une accession biaisée au niveau du dessus. Les barils qui foncent sur Mario sont tous les bâtons jetés dans les roues du mec gentil. Si on pouvait zoomer sur les pixels on trouverait l’intitulé du contenu des tonneaux : le mépris, le sarcasme, les signes extérieurs de richesse, la condescendance. Tout ce qui rassure Donkey Kong sur son statut d’alpha mâle, tout ce qu’il jette au visage du petit bonhomme, du mec gentil. Des fois, Mario, ça l’atteint, alors il renonce, rebrousse chemin, trébuche d’un étage ou deux pour une pique mal digérée. Parfois il arrive que la persévérance paie, que Mario retrouve la princesse et la libère, l’inverse du kidnapping. Peach est bien contente de rencontrer quelqu’un de nouveau, d’être aimée pour qui elle est et non pas exhibée en haut d’un immeuble tel un trophé. Kong n’a dès lors plus que ses bananes pour pleurer.

Alors oui, en vérité je vous le dis mes frères, Donkey Kong est une métaphore de l’éternel combat du type simple et gentil contre le gros connard pété de muscles et de thunes pour la chance de conquérir la belle.
La prochaine fois, j’élaborerai cette histoire de Princesse qui est dans un autre château. Une fable qui illustre bien entendu le cercle vicieux du « suis-moi je te fuis » et met en lumière cette catégorie de filles qui ne veulent qu’être courtisées, encore et encore, pour ne jamais céder. De toute façon, elles préfèrent Donkey Kong.
HE GRASSET C’EST BON TU LE KIFFES MON PITCH DE MANIFESTE MASCULIN A COUP DE METAPHORES DOUTEUSES ?!! I CAN HAS BOOK DEAL ?!!