879 – Wax On, Wax Off

Pas de grande note ciné, juste du pragmatisme aujourd’hui.
- Nombre de pages d’un mémoire normal: 40
- Nombre de pages de mon mémoire à l’heure actuelle: 31
- Ce qui manque ? Des transitions, une ou deux pages partie II et des corrections partie III
- Date de rendu: Mercredi. Avant la fermeture, après reliure.

Autant dire que c’est la merde.
Donc au lieu de vous taper un pavé avec des loltoshops, j’ai dessiné un truc.

Sur ce, je retourne bosser.

878 – The Game System With No Name

En ce moment c’est la Gamescom en Allemagne. Enième salon du jeu vidéo, l’occasion pour les éditeurs et constructeurs de frimer avec les futures sorties et de balancer une ou deux grosses infos. Cette année la bombe c’était l’annonce par Electronic Arts de l’arrivée de la licence Mass Effect sur Playstation 3 l’année prochaine. Vous vous souvenez de Mass Effect ? Je vous avais brisé les couilles comme par permis parce que je cherchais un collector du II au dernier moment. Puis j’en avais remis une couche au fur et à mesure du long orgasme que fut ma partie. Notez que j’étais resté calme quand au fait qu’il s’agissait qu’une exclusivité Xbox, et que j’en étais fier, et que je me gaussais des autres, des pestiférés avec leur PS3. Pourtant. Au fond. Lors de l’annonce du portage chez la concurrence de Mass Effect, je me suis senti dépossédé, en colère, enragé, parce que spolié.

Je me retrouve face à un sentiment paradoxal. D’un côté je suis super content que les joueurs de Failstation puissent jouer à Mass Effect. Je veux dire, c’est un jeu sublime, un univers extraordinaire, une expérience de joueur. Tout le monde n’a pas la thune pour acheter deux consoles. Je comprends. Pour tous ces mecs là, c’est génial cette annonce. C’est leur monde qui s’agrandit un peu. D’un autre côté c’est le mien qui se réduit un peu. Je veux dire, j’ai fait le choix de la Xbox 360 en partie parce que Mass Effect. En plus du reste. C’était un motif de décision, un atout qui me différenciais, une preuve de mon goût qui me poussait vers une console plutôt qu’une autre. C’était un RPG futuriste occidental, sur une console occidentale. C’était à la fois cohérent et l’exact inverse la concurrence (RPG fantasy japonais sur console japonaise). Dans mon esprit, c’est identitaire.

Tout ça est sûrement lié à mes études, enfin, l’image de marque, l’identité d’une marque. Si j’étudie ces problématiques en cours, c’est aussi parce que ça me touche. Je me définis en partie par ce que je choisis de consommer. Entre ma Xbox et l’achat de ma PS3. Plus de deux ans et demi. Parce que j’ai pas tant de thune que ça, que j’ai fait un choix, et que je me suis attaché à ce choix. Je me mets à la place d’Electornic Arts. C’est cohérent de vendre son jeu sur le plus de plateformes possibles, question de profits, maximiser les opportunités. Pour Microsoft c’est différent. Nous sommes dans une époque où les exclusivités se font rares. Développer un jeu vidéo coûte tellement cher, les éditeurs tiers (non microsoft/sony/nintendo) ont cessé de monnayer les exclusivités. Et ceux qui trinquent, c’est les constructeurs.

Plus le temps passe, plus les différences entre les consoles s’estompent. Les exclusivités se comptent chaque année sur les doigts d’une main amputée. Pour le consommateur c’est théoriquement une bonne chose. Pour le fanboy c’est un déchirement. Tout le capital symbolique de ma console s’éparpille. Qu’est-ce que ça veut dire d’être pro Microsoft ? Soutenir une marque, une stratégie globale, une philosophie et une sensibilité pour certains types de jeux plutôt que d’autres ? Bientôt ma Xbox ne sera plus que ça, une boîte. Ou pas, espérons. En attendant j’ai fait Final Fantasy XIII sur Playstation. Parce que malgré mon fanboyisme pro Microsoft, ça me semblait « Logique ».

Alors oui, je me laisse porter par le côté obscur. Jouer à Mass Effect ça se mérite, ça passe par choisir une Xbox dans son salon. Si je vais chez un mec l’année prochaine qui a MEII sur sa PS3, je cracherai sur son tapis. Connard.

877 – Donkey Kong Theory

Un immeuble en construction. En haut, le grand Donkey Kong et sa cravate, qui a capturé la princesse Peach. En bas, le frère Mario bien décidé à aller la sauver. Entre les deux, une demi douzaine d’étages à escalader, en évitant flammes et barils que le grand singe lui jette à la gueule. Evidemment que cette configuration est une gigantesque métaphore du combat du mec gentil contre l’alpha mâle pour la possession de la biatch. C’est LIMPIDE ! Démonstration en reprenant les protagonistes. Donkey Kong est le connard, le douchebag. D’ailleurs c’est pas compliqué, il a une cravate. Ce qui tend à prouver que c’est un financier ou un commercial. Ca ne m’étonnerait pas qu’il soit le promoteur immobilier de l’immeuble en chantier justement. Il a passé sa scolarité à développer ses muscles au lieu de son cerveau (les proportions sont là) et à se valoriser en se tapant des bonasses. Tout ceci le conduisant en grande école de commerce pour vivre avec le plus de bananes possibles dans sa cave. En bref, c’est un connard.

Mario de l’autre côté est un gars du peuple. Un petit plombier qui a du travailler jeune pour subvenir aux besoins de son jeune frère Luigi. Il aurait aimé aller à l’école longtemps, devenir artiste ou communiquant pour avoir une copine et assez de bananes pour ne pas s’inquiéter de la venue de la bise. Sauf que non. C’est la vie. Il l’accepterait bien mais au fond il sait que sans un plombier comme lui, la filière entière du BTP s’écroulerait. Donkey Kong trône au dessus d’un chantier fait par des petites mains comme Mario. Et ça pour le rital en manque de reconnaissance, c’est dur à supporter. Il en veut à Kong de monopoliser la princesse pour lui tout seul. En plus, à part une montagne de bananes il a quoi à lui offrir ? Mario sait que s’il pouvait passer un peu de temps aux côtés de la belle, elle découvrirait son côté simple, sa gentillesse et son habileté de ses mains. Tout ce que Mario veut, c’est sa chance. Une chance que lui refuse le gorille, bien trop effrayé à l’idée que sa copine pense par elle-même. D’où le kidnapping, d’où les barils enflammés.

Bien sûr les tonneaux sont une métaphore. Tout comme l’échelle. Parfois vous savez y’a cette échelle qui sert juste à descendre, qu’on ne peut pas étraper même en sautant très haut de l’étage d’en dessous. C’est le symbole d’un ascenseur social cassé, d’une accession biaisée au niveau du dessus. Les barils qui foncent sur Mario sont tous les bâtons jetés dans les roues du mec gentil. Si on pouvait zoomer sur les pixels on trouverait l’intitulé du contenu des tonneaux : le mépris, le sarcasme, les signes extérieurs de richesse, la condescendance. Tout ce qui rassure Donkey Kong sur son statut d’alpha mâle, tout ce qu’il jette au visage du petit bonhomme, du mec gentil. Des fois, Mario, ça l’atteint, alors il renonce, rebrousse chemin, trébuche d’un étage ou deux pour une pique mal digérée. Parfois il arrive que la persévérance paie, que Mario retrouve la princesse et la libère, l’inverse du kidnapping. Peach est bien contente de rencontrer quelqu’un de nouveau, d’être aimée pour qui elle est et non pas exhibée en haut d’un immeuble tel un trophé. Kong n’a dès lors plus que ses bananes pour pleurer.

Alors oui, en vérité je vous le dis mes frères, Donkey Kong est une métaphore de l’éternel combat du type simple et gentil contre le gros connard pété de muscles et de thunes pour la chance de conquérir la belle.
La prochaine fois, j’élaborerai cette histoire de Princesse qui est dans un autre château. Une fable qui illustre bien entendu le cercle vicieux du « suis-moi je te fuis » et met en lumière cette catégorie de filles qui ne veulent qu’être courtisées, encore et encore, pour ne jamais céder. De toute façon, elles préfèrent Donkey Kong.

HE GRASSET C’EST BON TU LE KIFFES MON PITCH DE MANIFESTE MASCULIN A COUP DE METAPHORES DOUTEUSES ?!! I CAN HAS BOOK DEAL ?!!