876 – Easier With Practice

Hier matin je me suis levé tôt. Genre à 8h du matin dans la montagne, réveil et tout. Biatch j’ai marmonné à personne en particulier en rampant hors du lit. La veille on s’était mis d’accord : randonnée de ouf dans les bois toute la matinée. Même qu’il fallait mettre le réveil. Au final j’étais le seul debout. Mon frangin pionçait peinard, tout comme mon grand-père qui avait décidé sur le coup des six heures du matin que finalement, non, il faisait froid, ça valait pas le coup. Bien content d’avoir été prévenu. Je suis donc allé mâchonner mes tartines de confiture de mûre trempées dans le Nesquick, sans conviction. Le fu. Je voulais aller dans la montagne moi, je voulais luter contre les cailloux, déchirer mon jean de branleur et prendre des photos de petites fleurs en mode macro. Le plus drôle, c’est que j’ai passé 20 ans de ma vie à détester les promenades.

C’est un truc de gosse ça. Quand j’étais môme les balades en forêt, en champ, en montagne, c’était genre la plaie cosmique. Quoi ? Me sortir de devant la TV ? Mais vous êtes des grands malades ! Pour une fois que je peux jouer à la Playstation toute la journée vous voulez me faire voir le soleil ? Personne pense à mes petits yeux délicats de geek bordel ! Donc je faisais la gueule, je donnais des coups de pied dans des bouts de bois et je gueulais sur les vaches qui me regardaient de travers. En gros, c’était un petit con, et une plaie pour la famille. Ce qui me consolait c’est que j’étais pas le seul. Mon bro parle moins mes ses yeux en disaient long. Son regard variait entre le mode « colère parce que j’étais en pleine partie » et « je suis pas là je suis dans mon univers intérieur la réalité n’est plus là ». Sauf que maintenant, j’ai changé d’avis.

A chaque fois que je réalise que ouais, je suis un peu plus mature et différent qu’avant, je déprime un peu. Parce qu’à l’époque, j’étais persuadé d’être un génie, d’avoir raison et tout compris à la vie. Fuck you les vieux qui disaient que ça viendra avec l’âge. Vous avez raison et je vous déteste pour ça. Je sais tout bordel ! Ou pas des fois. A Lyon on est parti dîner chez des amis qui, à une époque, nous forçaient toujours à crapahuter dans la forêt. Je détestais. Maintenant que j’aimerais bien glander dans les bois de banlieue, marcher un peu dans la verdure, les adultes préfèrent se vautrer et se bourrer la gueule pour oublier qu’ils ont cinquante balais passés. Puisque je vous dis que je suis grand, mature et profond à présent ! Je veux aller marcher et réfléchir au sens de la vie à l’ombre des chênes ! Vous faites chier tiens.

Tout ceci pour dire que mine de rien, je grandis encore dans ma tête et dans ce qui me plait de la vie en général. Ca prouve aussi que j’étais un connard avant, et que je le suis un peu moins maintenant. Ce qui est bon à savoir que j’aurai des gosses, qui seront casse couilles. Même si, à part ces histoires de rando, soyons honnêtes, j’ai tout compris à la vie depuis que j’ai douze ans, minimum. Hé hé hé…

875 – Book Review 145

Longtemps que ça m’était pas arrivé, lire un bouquin d’une seule traite. Presque 260 pages bouffées en une journée, entre le moment où j’ai reçu mon colis Mamazone et où je me suis couché au milieu de la nuit. J’ai entendu parler de The Accidental Time Machine dans les commentaires d’une critique d’épisode de Futurama (capilotracté, je sais) parce que le pitch du livre et de l’épisode en question était grosso modo le même. Surprise, le roman était déjà dans ma wishlist. J’avais du l’ajouter au fil d’un top 10 quelconque puis l’oublier. Y’a des signes comme ça. Puis c’est par l’auteur de Forever War, qui était quand même très bien dans le genre science-fiction militaire. Sans compter mon penchant pour les histoires de voyage dans le temps. Peu d’hésitations dès lors. Commande, poste, colis, lecture d’une traite.

Matt est assistant de laboratoire de physique au Massachussetts Institute Of Technology quand le calibrateur sur lequel il travaille disparaît quelques secondes avant de se rematérialiser. Pour une raison qu’il ne s’explique pas, l’appareil semble capable de voyager dans le temps. Après quelques essais, Matt découvre que l’engin est seulement capable d’aller vers le futur, chaque fois à une distance temporelle douze fois supérieure à la précédente. Sa série de tests ne se déroulant pas comme il l’aurait souhaité, Matt se retrouve propulsé douze ans vers le futur, dans une monde qui ne lui plait pas et préfère aller voir deux siècles plus tard ce qui se passe. Manque de chance, la moitié des US of A est devenu un état religieux après le retour de « Jésus » et à fait cessation, interdisant toute technologie. Notre héros se retrouve alors coincé entre l’envie de découvrir les époques qu’il traverse et la tentation d’aller un peu plus loin. Car après tout, c’est le seul moyen d’espérer arriver dans une époque où la machine à voyager vers le passé aurait été inventée.

The Accidental Time Machine est un nouveau twist du genre, avec son appareil qui ne peut qu’aller vers le futur. Le héros a l’occasion de voir son propre futur, celui de son entourage, des Etats-Unis et de la civilisation entière. Au passage il croise des dinosaures, des robots, des fondamentalistes, une intelligence artificielle et des communistes bienheureux. Mais il s’agit aussi d’une histoire d’amour, avec une douce romance aussi crédible que tout en tâtonnements. Le récit est plus comique que vraiment pressant. D’où cette lecture facile, l’enchaînement de péripéties et la curiosité de savoir ce qu’il se passe après pousse à l’enchaînement de pages. Dommage que le deus ex machina qui vient résoudre le tout soit aussi mal branlé et pas clair. J’étais presque déçu mais le léger twist final dix pages plus loin m’aura rendu le sourire.

Des fois, le bonheur, c’est simple comme un petit livre de science fiction sympa. Ce n’est pas un chef d’œuvre, je doute qu’il devienne un classique. C’est du bon matos d’un bon auteur. Déjà plus que pas mal.

874 – Going South

[No pics today parce que je débarque juste dans la montagne. Avec pas de wifi, un modem avec un USB pour toute la maison, et du coup donc voilà.]

Aujourd’hui, je suis dans la Drôme, chez mes grands-parents. Un peu comme l’été dernier en fait. Saleté de vie d’adulte toute pourrie qui m’empêche d’y aller pour la saison des champignons. Anyway, semaine dans la montagne oblige, je n’aurai rien d’intéressant à twitter (et donc perdre moult followers), je vais rattraper mon retard de lecture, ne pas toucher une console pendant des jours… Entre autres. Oui je vais aussi récupérer les deux kilos et de demi perdus à la sueur de mon front en quatre mois en à peu près quatre jours de gibier en sauce et autres confitures maison. Me restera plus que les balades dans les sous-bois pour tenter de rattraper un peu le coup. Sauf si trop chaud auquel cas je bougerai pas d’un poil. Non mais en vrai ça va être cool. En plus, j’embarque mon appareil photo.

Dans l’idée c’est pas vraiment pour faire le con avec les tites fleures en mode macro ou faire une vidéo 1080p d’un scarabée qui avance au ralenti. On n’arrête pas de nous rabâcher que les grands parents ne sont pas éternels, qu’il faut aller les voir parce qu’après on va être méga deg’. Plus le temps passe plus c’est hardcore dans la formulation. On passe de « pas éternels » à « ils n’en ont plus pour longtemps » à « ils seront bientôt morts ». C’est le genre de réflexions qui vous plombent le repas en famille. Sans parler du fait que je doute que la culpabilisation soit un puissant moteur, ou en tout cas une motivation réellement saine. Parce que ça me fait PLAISIR d’aller dans la Drôme en vrai. Je suis content d’aller m’empiffrer de mures et de bronzer comme une biatch dans un transat au fond du jardin. En plus, j’embarque mon appareil photo.

Rappelez-vous toutes ces histoires sur le fait que je plante complètement quand je dois prendre en photo autre chose que ma petite vie sans intérêt. J’ai tenté, d’accompagner une copine ou un pote dans la ville, prendre des pics un peu. C’était pas sexy. C’est quelque chose qui ne marche pas avec moi. Pour le moment en tout cas. Mais là l’idée d’approcher du matos photo un minimum classieux de mes grands-parents, de la maison de mes vacances d’enfants et de vrais morceaux de souvenirs. Ca me parle. Sans wifi, sans xbox, sans toutes ces conneries je vais avoir du temps pour observer, faire des essais, vider plusieurs batteries. A la fin dans l’idée j’aurai de quoi faire quelques tirages pas dégueux, pour que ça vienne rejoindre les collections sur les murs, derrière les vitres des cadres qui ornent les meubles de la vieille bâtisse.

Enfin, tout ça, le besoin de prendre des clichés, de se souvenir, c’est un peu inutile. Bien sûr je sais ce qu’on dit, j’entends les rumeurs et tout. Mais, soyons sérieux deux minutes. Les grands-parents, en vrai, c’est là pour toute la vie. Non ?

BONUS WTF STAGE !!!

La première photo de chat(te) sortie aujourd’hui de mon NEX. Parce que j’ai toujours eu envie de savoir ce que ça fait que de poster des photos de félins.