915 – Ignited

Deux semaines sur liste d’attente pour obtenir le Kindle, succès oblige. Ça vous donne une idée du nombre de bouquins qui ont atterri sur ma wishlist entre temps. Le packaging est ultra minimaliste. A l’intérieur : un mini guide d’utilisation, un câble et l’eReader. On le charge trois heures pour une autonomie au final d’une semaine en Wifi et un mois déconnecté (tuerie). Le design reste austère vis-à-vis de la concurrence mais ce Kindle 3 encore plus fin qu’avant m’est agréable tant à l’œil (couleur graphite), qu’au toucher (plastique doux qui marque très peu les traces de doigts). Le temps de configurer les paramètres wifi et je transférais mon premier livre acheté sur le Kindle Store (après avoir déclaré habiter aux US pour ne pas payer la TVA et avoir accès aux 25% du catalogue en plus interdit par les éditeurs à l’Europe). Temps total de la manip’, trente seconde. J’ai beau être habitué aux MP3 en streaming ou aux Divx, ça m’a fait quelque chose d’avoir instantanément mon bouquin.

Il m’aura fallu moins de 24 heures pour m’habituer à l’engin. Le contraste de l’écran eInk est juste phénoménal, bien meilleur et agréable à l’œil que celui d’un papier moyen. La possibilité d’adapter police, taille de police, écartement des lignes et mode paysage permet d’optimiser son confort de lecture par rapport à un livre écrit trop petit par exemple pour économiser de la place. Les boutons pour tourner les pages sont en double de chaque côté de l’écran. Du coup je peux me saisir du Kindle et naviguer avec une seule main. Royal. Le temps d’allumage et d’arrêt est proche du néant, magique. Au final j’ai vite réalisé que je lisais plus vite, plus agréablement et plus souvent. Ce sont les avantages de la technologie eInk et du faible encombrement du reader (je refuse de dire liseuse, académiciens, je vous méprise). Au bout de deux jours je ne me voyais pas repasser au papier.

Le feeling du papier c’est cool, mais je peux toujours imprimer des feuilles A4 et les froisser sous mes narines si je suis en manque. Le fait est que je m’en suis passé bien plus vite que prévu. Moi qui suis habitué aux éditions de luxe et couvertures qui brillent, je suis le premier étonné de réaliser que les bénéfices du Kindle oblitèrent les quelques nostalgies vis-à-vis du livre que je pouvais avoir.  Je me demande si les réticences de la plupart des gens ne sont pas une sorte de fantasme symbolique plus qu’autre chose. Bien sûr, je vais encore devoir en acheter, principalement en littérature française, mais une semaine post découverte, je ne peux m’empêcher de grogner lorsque ce que je veux n’est pas disponible en version numérique. Sinon je me dois de signaler la présence d’un système assez bien fichu de marque-pages. On peut aussi prendre des notes, stabiloter des passages (et les partager avec les autres utilisateurs) ou surligner un mot pour voir immédiatement apparaître sa définition grâce au dictionnaire intégré. Fonction bien pratique.

Tout n’est pas rose il reste quelque défauts. Il est par exemple détestable de devoir choisir une affiliation par pays, les US, les UK et l’Europe n’ayant pas les mêmes catalogues. Merci les éditeurs protectionnistes nazis ! Autre truc bien relou, la décision d’Amazon de ne pas supporter le format ePub mais Mobi. Or en France tout est vendu en ePub, précisément pour faire chier Amazon. Si je veux lire un truc français sur mon Kindle je dois acheter le ePub, hacker les DRM puis convertir le fichier en Mobi moi-même. Autant dire que les éditeurs français peuvent aller se faire royalement foutre. A part ces deux petits points de détail, je suis on ne peut plus conquis.

C’est bizarre l’adoption d’une nouvelle technologie. J’ai l’impression que mon usage et mes schémas de pensée ont complètement basculés en quelques jours. La seule chose qui n’a pas changée, c’est le texte, le cœur du roman, retranscrit intact, avec ou sans papier, avec ou sans édition bling bling.

Il reste le même. Et c’est tout ce qui compte.

914 – Cine Club 105

Parker (fille), Dan et Joe sont trois étudiants qui passent le weekend à la montagne. Les deux garçons sont amis depuis toujours et Joe vit assez mal que Dan ait ramené sa petite copine reloue au ski. Au moins les charmes de Parker sont utiles pour convaincre le type du téléphérique de leur laisser faire une dernière descente avant la fermeture. Malheureusement, une urgence force l’employé à laisser son poste vacant. Son remplaçant, n’étant pas au courant de la présence des trois jeunes éteint le téléphérique. Parker, Dan et Joe se retrouvent coincés à mi chemin, à plusieurs mètres au dessus du sol. La station étant fermée la semaine, ils doivent faire quelque chose pour ne pas mourir congelés. Entre la tempête de neige qui approche, la hauteur du téléphérique et les loups qui semblent roder dans les bois, le trio est bien mal barré. Sauf qu’ils n’ont pas le choix.

J’aime bien les concepts débiles, enfin les trucs à petit budget qui tournent autour d’une idée toute bête. Prenez Buried, en ce moment dans les festivals US. L’histoire d’un mec enfermé dans un cercueil, enterré vivant avec un briquet et un téléphone portable à la réception faiblarde. Bah Frozen, c’est un peu pareil. Sorti en catimini outre Atlantique, il n’aura finalement pas rapporté grand-chose. La bonne nouvelle, c’est qu’il a pas du couter grand-chose non plus. Un téléphérique, trois acteurs, une caméra grue et c’est parti. Le pire, c’est que visiblement ça devait assez fonctionner pour que des spectateurs s’évanouissent durant les premières projections. True story. Le manque de visibilité hors festivals et les critiques un peu mitigées auront condamné le film à ne pas sortir chez nous. Grâce aux Internets du monde, il est néanmoins possible de mettre la main sur Blu-Ray qui vient de sortir. Une soirée annulée plus tard et je m’y mettais.

En vrai j’étais surtout content de retrouver Shawn Ashmore. C’est le mec qui jouait Iceman dans les films X-Men. Le frère jumeau du type qui faisait Jimmy dans Smallville. J’y peux rien si j’aime bien sa tête et que je trouve qu’il n’a pas eu la carrière qu’il mérite. Anyway. Dans Frozen il se paie le luxe d’avoir le personnage le plus intéressant. Joe est le pote blagueur pas super sûr de lui et qui vit assez mal le couple de son meilleur ami. Dan est le beau gosse de service, complètement transparent tandis que sa meuf est la fille handicapée des sports d’hiver sympa mais relou. Une fois les personnages sur le téléphérique, le film commence vraiment et va assez vite. Il faut avouer que les possibilités sont limitées mais le script prend bien soin de toutes les utiliser. Alors oui, mine de rien, malgré le scénario timbre poste et le relatif ridicule de la situation, tu te mets à stresser ta race.

Les évanouissements se justifient par des scènes vraiment violentes à la fois physiquement et psychologiquement. Le film est beaucoup plus vénère que ce que je pensais. Plutôt cool pour l’effet de surprise. Frozen ne perd pas non plus de temps à épiloguer. Il a une idée toute simple, la met en place et va au bout des possibilités en 90min. Of course ça ne vaut pas un oscar mais pour un plateau télé en stress, c’était plus que de la bonne came. Recommandé.

TRAILER STAGE !!!

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913 – Rubicon

Cet été c’était un peu relou de lire des bouquins. Déjà il fallait les trimballer, de Paris à Lyon et inversement. Puis jusque dans la Drôme et, plus galère, à Barcelone. Sans parler des moments où j’avais plus rien à lire et le fait que je doive timer mes commandes Amazon de ce que je ne pouvais pas trouver au Decitre US/UK de Lyon. Tu parles d’un casse-tête. Courant aout, je me disais que putain ça serait pas mal d’avoir un eReader. Pour l’encombrement, pour la rapidité d’achat des bouquins, le confort de lecture (versus un gros hardcover de deux kilos). Bim, voilà que cette réflexion tombe pile pour l’annonce du nouveau Kindle d’Amazon, le trois. Plus petit de vingt pour cent, meilleur contraste, bla bla bla la totale. Mais, surtout, débarque un modèle sans connexion 3G (sérieux, qui a pas un wifi ou un PC sous la main ?) pour un prix moindre. Un prix sous ma barrière psychologique.

J’aime bien le pricing en marketing. La science qui consiste à déterminer le juste prix d’un produit. Trop cher et les gens n’achèteront pas (ça vaut pas le coup). Trop peu cher et les gens n’achèteront pas (un prix si bas, c’est louche, c’est forcément de la merde). Le but du jeu c’est de trouver le prix psychologique. A 179$ pour un Kindle, c’était trop cher pour moi. A 139$ ça me semble « correct », « raisonnable ». J’ai commencé à sérieusement réfléchir à la question. Okay, je ne pourrai pas lire d’eBooks français dessus (à cause de leur disponibilité uniquement au format ePub et pas Mobi alors que ça coute rien, juste pour faire chier Amazon qui fiche la trouille à St Germain). Mais quatre vingt pour cent de mes lectures sont en langue anglaise de toute façon. Damn. L’étape d’après, ça aurait été de faire la liste des inconvénients objectifs du truc et de voir à quel point ça me dérange. Ou pas.

Est-ce que je crains les DRM ? Pas vraiment. Je veux dire, un livre acheté chez Amazon je peux le transférer autant que je veux sur mon Kindle, mon PC, mon téléphone portable. Les DRM sont là pour empêcher le piratage, pas pour m’empêcher objectivement de m’en servir. Le service Kindle est indépendant du matériel, à l’inverse des premiers DRM des MP3 ou des JV. Est-ce que ça m’emmerde de ne pas pouvoir revendre mes livres ? Je n’ai jamais revendu un seul bouquin. Ever. Et vu le prix de reprise ça me ferait plus mal au cœur qu’autre chose. C’est en partie compensé par le prix moindre de l’eBook sur son équivalent papier. Est-ce que je vais regretter de ne pas pouvoir prêter mes bouquins ? Sur 150 livres, j’ai du en prêter moins de 10, à en tout peut-être 3 ou 4 personnes. Mes potes ne lisent pas, ne réclament pas. Ce n’est donc pas un giga frein. Bon. Je signe où ?

Sincèrement. J’ai pesé le pour et le contre pendant des semaines, manquant le lancement du Kindle 3 pour continuer à réfléchir. C’est en jetant un œil au modèle antérieur d’un pote que j’ai cédé dans le dedans de moi. J’ai passé commande, sachant que la liste d’attente pour en avoir un était de deux semaines (best motherfucking seller). Puis j’ai attendu.

Lundi, ça fera une semaine que j’utilise mon Kindle 3, de quoi en parler plus précisément. Aujourd’hui je voulais juste vous expliquer pourquoi, et comment, j’ai traversé le Rubicon du livre numérique. Ce qui fait que j’ai, vraisemblablement pour toujours, changé d’usages, de perception, de symbolique et surtout de camp.

HATERS GONNA HATE STAGE !!!

Juste une pub bien crasse ricaine diffusée à la TV à la sortie du nouveau Kindle. Je valide.