912 – Boobystery

J’ai un problème d’ordre mammaire. Y’a cette fille, jolie et tout, j’arrive absolument pas à savoir à quoi ressemblent ses seins. Enfin, je veux dire j’essaie de deviner, sans pouvoir mettre la main sur la moindre certitude. Comme je la vois assez souvent, je peux noter des trucs et prendre en compte un tas de paramètres. Par exemple, en fonction de son décolleté je peux essayer d’extrapoler les lignes formées de part et d’autre de son torse. Je pense physique, mécanique des fluide, masse, gravité. Bien sûr je dois compenser mes calculs par le soutien-gorge (tout en laissant la possibilité de la présence d’un coussinet). J’observe aussi ce qui se passe lorsqu’elle s’étire en arrière. J’essaie de comparer les protubérances en fonction de l’épaisseur du pull, d’à quel point son haut est séré ou pas. Plus d’une année de considérations anatomiques, et je suis toujours autant paumé.

En fait, j’ai remarqué un truc depuis que j’ai commencé à perdre du poids. D’une on me le fait remarquer, et ça c’est cool. Mais deux trois fois il m’est arrivé de me faire tâter le bras en douce par une fille avec qui je discutais. Genre elle me raconte un truc, éclate d’un grand rire tonitruant, bascule en arrière, m’attrape le bras comme si de rien n’était et rapidement appuie du bout des doigts à plusieurs reprises pour voir s’il y a quelque chose. JE VOUS AI VU FAIRE ! Après, je sais pas si elles ont été déçues. Y’a du mieux, mais niveau gonflette, la natation c’est pas le top. Juste je trouve ça un peu ouf dans la démarche, pour moi qui ait toujours mis un point d’honneur à ne pas partir à l’assaut du corps féminin sans autorisation (parfois tacite). Tout ceci me ramenant à cette injustice fondamentale : elles savent comment je suis foutu, moi, pendant ce temps, je doute.

Je suis un très mauvais juge du physique d’une fille. Enfin, disons qu’il me faut du temps et beaucoup de jus de cerveau pour me faire une image mentale assez précise. Je me souviens avoir été traumatisé, une demoiselle nue dans mon lit, de réaliser qu’elle était neuf mille fois mieux fichue du prévu. Et inversement, mais là c’est un autre problème vu que, parfois, il y a triche de la part de la partie adverse. N’empêche, tous ces exercices de déshabillage mentaux ont un intérêt : je remarque bien plus vite que la moyenne les petits détails. Ça peut être une constellation de grains de beauté, une veine un peu trop voyante ou des angles pas inintéressants. Of course, si je pouvais simplement palper en douce au détour d’une conversation anodine, ça serait beaucoup plus simple. Mais moi j’aime pas tricher. Na.

Retour à la fille du début. Je regrette vraiment de pas avoir joué mes cartes correctement à l’époque où j’étais plus ou moins en position de lui demander de se dévêtir avec de bonnes chances de réussites. Le mystère demeure, mon obsession aussi. Alors que je m’en fous d’assaillir ses seins en vrai, je veux juste savoir. Gniii !

911 – Happimp Birthday

Une dizaine de jours plus tôt, c’était le fêtage de l’anniversaire de pimp. Trois dizaines, ça se célèbre au restaurant, avec une très grande table et des filles bien habillées. Pour compenser le fait que j’étais en tee, j’ai mangé une salade pour faire plus adulte. Les gens ont bu (parfois trop) et discuté. Good times. Sur le chemin du retour, Pimp remarquait à voix haute que peu importe l’âge des invités en présence, chacun avait encore quelque ambition plus ou moins artistique. On a le chanteur qui va sortir un album, celui qui devrait en pondre un, le musicien qui cherche un groupe, la chef de projet qui veut tout plaquer pour un job avec plus de sens etc… Autour de la table on a échangé nos idées et envies à plus ou moins long terme. En vrai, dans nos petits cœurs, on y croyait un peu tous.

Souvent je demande aux gens ce qu’ils voulaient faire quand ils étaient mômes. C’est ces individus qui ne savent pas trop quoi te raconter sur eux. Tu essais de faire connaissance et ils se résument en quelques mots. Genre j’ai pas de passion, pas de tics, pas de truc qui me fait vibrer au fond. C’est encore plus pénible quand il s’agit d’une jolie fille à qui tu essaies de trouver une jolie personnalité. Alors je pose la question, à l’époque où tout n’était que rêves lointains, tu voulais faire quoi ? Ce qui m’étonne le plus, ce n’est pas tant la réponse que parfois l’absence de réponse. Pas que les gens aient oublié, juste, c’est si difficile pour eux d’aller déterrer ce bout d’ambition abandonnée, ce plaisir simple disparu. Ça en est désespérant. Il arrive même qu’il n’y ait plus rien à faire. Plus rien à en tirer.

Je me souviens de l’appartement d’une amie à Lyon. Elle avait encadrée une variation de cette phrase débile : Il est important d’avoir des rêves grands, pour ne pas les perdre de vue. Aussi cliché que ça puisse paraître, je restais bloqué en face, souvent, à réfléchir intensément à la question. Tout comme j’ai pu cogiter en lisant moult articles de blogs sur comment atteindre ses rêves (les découper en une suite de petits rêves pour permettre d’atteindre régulièrement des buts par exemple) ou qu’est-ce qui différencie ceux qui réussissent des autres (en gros, ils y croyaient plus que tout). En ce moment je suis en cours avec plein de gens que je ne connais pas. J’ignore tout de leurs rêves, leurs ambitions, s’ils en nourrissent des plus complexes que bosser dans le market et être très riche avec des responsabilités. Au moins, à l’anniversaire de Pimp, on en parlait tous librement, des aspirations et d’où on en était.

Bien sûr, ces moments là servent avant tout à se rassurer. Je dis que j’écris des bouquins et que je veux en sortir plein pas pour impressionner la personne en face avec mon CV artistique minable d’écrivaillon. Mais j’énonce à voix haute ce à quoi j’aspire. Je fais exister mes espoirs ailleurs que dans mon cerveau. Et en échange j’écoute ceux des autres.
Quand Pimp à pointé du doigt que l’assemblée entière avait des projets artistiques, il le disait sur un ton de fierté. Peu être de penser qu’à trente balais nous sommes encore des work in progress au lieu de simplement grimper un organigramme prédéterminé dans une boîte inhumaine. Ou simplement d’être entouré de personnes qui lui ressemblent, et qui le valident. Qui nous valident. Il, je, nous, ne sommes pas seul. A vingt-quatre ou trente piges, on rêve encore.

910 – Book Review 150

En fait, un éditeur de recueil de nouvelles à plusieurs mains, c’est un peu comme le chef d’une bande de super héros. C’est le professeur Xavier, derrière son bureau, qui va réunir une équipe d’élite, assemblés dans des circonstances extraordinaires, séparés de leurs projets personnels pour se mettre au service d’une mission de la plus haute importance. Je vois Lou Anders un peu comme ça. Éditeur chez plusieurs grandes maisons de livres de genre aux US, nominé des tonnes de fois pour son taf’, il s’est mis en tête de réunir les meilleurs pour une anthologie autour des super-héros. Masked réunit quinze nouvelles sur pas loin de quatre cent pages. Un recueil avec des gens super classes à l’intérieur du genre Bill Willingham (Fables), Mike Carey (Hellblazer), Peter David (Hulk), Gail Simone (Wonder Woman) et plein d’autres. Ces scénaristes de comics, dont certain s’essayent pour la première fois à la prose sont rejoins par une brochette d’auteurs de science-fiction/fantasy.

Les trames couvrent une bonne partie du spectre super-héroïque. On a une nouvelle sur un héros vieillissant et son alter égo maléfique. Une autre explore une copie de Superman qui est gay au quotidien mais devient hétéro quand il se transforme et les problèmes de couple que cela engendre. Plusieurs histoires se passent du point de vue des super vilains, entre le braquage foireux et la naissance d’un ennemi mortel. Quelques nouvelles sont clairement un cran en dessous, comme cette variation sur le thème « je veux être un héros mais la vraie vie c’est crade et tuer des gens en fait c’est traumatisant ». Après Kick Ass ça manque de punch. Deux histoires plus internationales sur un héros mexicain et une guerrière asiatique passent un peu à côté. Mais au final je n’ai rien lu de vraiment affreux, qui m’aie poussé à sauter quelques pages pour passer directement à l’histoire d’après.

Ceci dit, force était de constater que chaque auteur n’a pas produit ce à quoi je m’attendais. Un scénariste de comics trop kewl aura écrit un truc chiant alors qu’un mec qui n’a jamais écrit de super-héros m’a époustouflé. Le recueil est forcément un peu inégal, c’est le problème avec toutes les anthologies, mais le niveau global reste bon. Chaque nouvelle est introduite par une petite bio écrite par l’éditeur qui nous raconte la vie et l’œuvre de l’auteur. Une petite idée assez cool qui permettra aux plus curieux d’aller lire ailleurs s’ils y sont. Quant aux longueurs, elles sont variable, allant d’une dizaine de pages à cinquante (dans le cas de la baston épique en 26 parties de Bill Willingham qui clôt le recueil). Plus qu’à espérer une traduction française éventuelle. Vu le pédigrée des auteurs rassemblés sous Masked, ça ne serait pas du luxe.

Initiative sexy, avec des hauts et des bas, Masked est une anthologie de nouvelles qui malgré quelques boulets parvient tout de même à proposer des centaines de pages de kif. Much appreciated. Pour les fans de super héros, de nouvelles, et les autres.

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