906 – Well Played 02

L’avantage de jouer aux jeux vidéos avec trois mois de retard sur le reste du monde pour cause de pas de thunes, c’est que ça permet d’avoir un peu de recul sur l’emballement des gamers. Prenez Alan Wake, qui a depuis sa sortie est au coeur d’un débat entre les quelques gros antis et les fanboys acharnés de la simulation de Stephen King. Oui, parce qu’en gros tu joues Alan Wake, un auteur de thriller qui va soigner son angoisse de la page blanche avec sa femme dans une petite ville de campagne des Etats-Unis. Sauf qu’à peine arrivée, ta femme disparait et toi tu te réveilles une semaine plus tard, avec une grosse perte de mémoire. Te voilà donc poursuivi par des bûcherons possédés qui veulent te décapiter pendant que tu cherches ta moitié en suivant une piste laissée par des pages d’un manuscrit que tu sais de toi mais que tu n’as aucun souvenir d’avoir écrit. Sim Stephen King donc.

Si je vous en parle ce n’est pas seulement parce qu’un héros écrivain, dans les jeux-vidéos, c’est rare et que je m’identifie à fond. Non, Alan Wake m’a surtout bluffé par son côté melting-pot narratif des différentes formes de divertissement. Déjà, c’est un jeu vidéo, donc on a un bonhomme, un gameplay, des mécaniques de jeu etc… Mais l’intrigue est découpée comme une série TV. Toutes les deux heures environ tu as un gros suspense suivi d’un générique. Quand tu continues à jouer la partie recommence seulement après un résumé des épisodes précédents. Entre les deux, une musique de fin d’épisode vient s’intercaler, permettant de poser une ambiance. Enfin le jeu est parsemé d’extraits d’un manuscrit qui vient nous raconter soit ce qui se déroule en direct (avec narrateur omniscient), ce qui se passe de l’autre côté de la ville (un côté « pendant ce temps ») ou se qui va se passer en spoilant un monstre à venir ou un personnage en danger. Moyen ultra inventif et efficace de faire monter la pression.

On a donc un espèce de mélange étrange en jeu-vidéo, cinéma, série TV et roman. Le tout passé au blender pour créer une narration à plusieurs étages (par honnêteté intellectuelle, je me dois de mentionner que le RPG Lost Odyssey contenait un receuil de nouvelles de 200 pages, mais c’était moins bien amené dans le jeu). Pour qui s’intéresse à la manière de raconter une histoire, Alan Wake est un objet plus qu’intéressant. Sachant que si tu t’es offert l’édition collector (en forme de livre, avec le jeu à l’intérieur de la couverture cartonnée), tu gagnes un vrai bouquin enquête d’un auteur fictif sur les mésaventures d’Alan Wake, avec en bonus des pages du manuscrit et une nouvelle de Wake. L’écrivaillon en moi n’en pouvait plus de danser de joie. Dernière anecdote, il semblerait que les anciens bouquins de Wake racontent l’histoire de  Max Payne (anciens jeux des mêmes développeurs). Métatextuel ! En ce qui concerne le jeu en lui-même, personnellement, j’ai adoré. De bout en bout.

Je me fichais pas mal de la faible diversité d’ennemis, des animations un peu rigides et autres menus défauts. Je suis rentré dans Alan Wake les deux pieds devant et je n’en suis pas encore ressorti, le second épilogue à télécharger ne devant pas tarder à débarquer. Si vous êtes curieux vous pouvez checker des vrais tests, puis plonger. En même temps, pour à peine plus de 20€ (VF in), ça va.

TRAILER STAGE !!!

905 – Megan Faux

A l’Ecole, ils ont plein d’idées pour se compliquer la vie. Comme par exemple péter le vieil amphi (certes vieillo) pour en construire deux plus petits. Du coup, la moitié de la promo va suivre le cours à l’étage du dessus sur un écran. AWESOME. De mon temps (loul) fallait se mettre tout au fond et s’avachir pour jouer à Mario Kart en réseau sur la DS. Au moins là ils mâchent le job des bizuts, ça se respecte d’un point de vue étudiant. Bon, si on pouvait accéder au Wifi sans faire enregistrer son ordinateur auprès de l’administration, ça serait mieux (I can has big brother ?). C’est dans le nouveau faux amphi que j’ai fait ma rentrée, où, étrangement, j’étais limite le plus à l’heure. A part moi à mon arrivée, une seule fille, à côté de laquelle je suis allé m’asseoir. Forcément.

Le discours de rentré étant sensiblement le même qu’avant, j’ai passé deux heures à souffler d’impatience et ricaner aux bullshits de la directrice qui veut nous faire croire que l’administration est une machine bien huilée dédiée à notre bien être. Pour m’occuper, j’ai scruté ma voisine de table. Sa caractéristique principale était de ressembler à Megan Fox. Pour de vrai. C’est-à-dire qu’elle avait le même type de morphologie du visage, les mêmes lignes, les lèvres, les cheveux, la position des cheveux. J’étais captivé, bien qu’elle restait une version « réelle » de la poupée d’hollywood. C’est-à-dire que ses yeux étaient marrons, son menton un peu plus bas, sa poitrine réduite à peau de chagrin (pun intended) et ses hanches plus larges. Tout de même, la fille la plus canon de l’amphi. Je le sais, j’ai passé deux heures à faire des comparaisons mentales. Forcément, puisqu’elle était hot et qu’on s’était parlés, elle n’était pas DU TOUT dans ma classe, ni dans ma section. Adieu.

Je crois l’avoir déjà dit, mais ma motivation d’aller en cours dépend fortement de la présence d’une nana ULTRA canon dans la classe. C’est le truc qui me fait me lever le matin, la potentialité d’une interaction avec elle, le petit « sait-on jamais ». Je veux dire, c’est possible qu’on se retrouve coincés dans un ascenseur sans lumières et qu’il fasse très froid. Sauf que ce que j’ai vu de ma promo m’a un peu dépité. La meilleure est celle qui m’a vrillé le cœur à la foreuse made in Rapture il y a deux ans. Mauvais plan (casée) inside. Au moins dans la promo d’avant j’en avais une. Mais là, je ne sais pas trop. Il faudra voir à l’usure. Une croix de plus dans la case « Amène ton netbook en cours et parle à personne » en attendant. Sinon je peux changer de section. Non ?

Le jour de la rentrée, entre midi et deux, je mangeais un sandwich trop sec sur un banc. Un mec était là et on discutait des nouvelles recrues féminines. J’ai décrété que j’avais surkiffé Megan Faux. L’autre à acquiescé, voyant très bien de qui je voulais parler, alors qu’elle n’était entre les murs que depuis deux heures maxi. Une nana assise avec nous m’a demandé : C’est qui Megan Faux ?

Les filles, ça y connait vraiment rien en garçons.

904 – Numb3rs²

Pour des raisons qui apparaîtront évidentes d’ici quelques semaines, je regarde un peu les sites de vente de livres électroniques. Bon, je vais pas reparler du prix, même si je me gausse dans ma barbiche. Non, je vais parler du nombre de pages. Il est indiqué sur la page produit. Et c’est un peu le problème en fait. Quand par exemple vous voulez acheter un ebook sur Amazon, on vous donnera à titre indicatif le nombre de pages. Alors que le Kindle, lui, ne vous le donnera pas, le nombre je veux dire. Quand tu bouquines sur ton ereader, on t’indique principalement le pourcentage de complétion. C’est-à-dire où tu en es objectivement dans ta lecture. Genre « Vous avez lu 78% du livre ». C’est un peu barbare mais ça a le mérite d’être objectif. Non parce que vu que tu peux changer la police de caractère, ainsi que sa taille, les marges et compagnie, la pagination n’a aucun sens.

Exemple type : Cœurs Perdus en Atlantide de Stephen King. A force qu’on me tanne je vais peut-être finir par le lire. Au cours de mes pérégrinations web j’ai découvert qu’il existe en double aux US. Deux éditeurs à quelques années d’intervalles ont sorti leur version numérique. La blague donc c’est que pour le MEME livre, on a deux prix différents (9,65$ et 12,44$), deux gestions des DRM (usage illimité contre usage limité à 4 appareils) et deux nombres de pages différents (640 et 688). C’est merveilleux, pour le même livre, les éditions numériques annoncent deux paginations. Alors qu’il y a une quantité parfaitement égale de caractères, de mots, dans le roman. HEY BUT WAITAMINIT !!! Et si au lieu de dire de la merde pour coller « au réel », les éditeurs/distributeurs étaient cohérents avec le futur et remplaçaient le nombre de pages déclaré par le nombre de mots contenus dans le livre (ou, plus objectivement, le nombre de caractères).

Okay, ça serait un peu comme passer du nouveau franc à l’ancien, avec des nombres à 5/6/7 chiffres. Mais c’est comme le reste, on s’habituerait. Le temps de prendre ses marques. Le vrai bonus serait que ça exposerait toutes les baltringues qui osent sortir des trucs à peine plus long qu’une nouvelle de lycéen et mettant « roman » sur la couverture. Ca mettrait un terme aussi au grand n’importe quoi comme le cas du Stephen King cité un peu plus haut. En fait on arriverait un peu dans la situation du cinéma ou de la musique, où un marqueur objectif de quantité de contenu : un album qui dure tant de minutes, un film qui dure tant de minutes, un livre qui dure tant de caractères. Tout ceci me ramenant à l’écriture de mon dernier bouquin, où je scrutais tous les indicateurs possibles pour me faire une idée de l’épaisseur du truc. Car oui, de ce que j’en cause avec mes potes, les écrivains, ça ne raisonne pas en nombre de pages quand ça écrit non plus.

On verra si les indicateurs de contenu finiront par changer. En attendant continuons à nous complaire dans le mensonge orienté et l’absurdité numérique. Si je sors un bouquin, je vous filerai le nombre exact de caractères. D’ici là, je vais continuer à feuilleter ce que j’achète, l’œil alerte, par honnêteté intellectuelle.