L’avantage de jouer aux jeux vidéos avec trois mois de retard sur le reste du monde pour cause de pas de thunes, c’est que ça permet d’avoir un peu de recul sur l’emballement des gamers. Prenez Alan Wake, qui a depuis sa sortie est au coeur d’un débat entre les quelques gros antis et les fanboys acharnés de la simulation de Stephen King. Oui, parce qu’en gros tu joues Alan Wake, un auteur de thriller qui va soigner son angoisse de la page blanche avec sa femme dans une petite ville de campagne des Etats-Unis. Sauf qu’à peine arrivée, ta femme disparait et toi tu te réveilles une semaine plus tard, avec une grosse perte de mémoire. Te voilà donc poursuivi par des bûcherons possédés qui veulent te décapiter pendant que tu cherches ta moitié en suivant une piste laissée par des pages d’un manuscrit que tu sais de toi mais que tu n’as aucun souvenir d’avoir écrit. Sim Stephen King donc.

Si je vous en parle ce n’est pas seulement parce qu’un héros écrivain, dans les jeux-vidéos, c’est rare et que je m’identifie à fond. Non, Alan Wake m’a surtout bluffé par son côté melting-pot narratif des différentes formes de divertissement. Déjà, c’est un jeu vidéo, donc on a un bonhomme, un gameplay, des mécaniques de jeu etc… Mais l’intrigue est découpée comme une série TV. Toutes les deux heures environ tu as un gros suspense suivi d’un générique. Quand tu continues à jouer la partie recommence seulement après un résumé des épisodes précédents. Entre les deux, une musique de fin d’épisode vient s’intercaler, permettant de poser une ambiance. Enfin le jeu est parsemé d’extraits d’un manuscrit qui vient nous raconter soit ce qui se déroule en direct (avec narrateur omniscient), ce qui se passe de l’autre côté de la ville (un côté « pendant ce temps ») ou se qui va se passer en spoilant un monstre à venir ou un personnage en danger. Moyen ultra inventif et efficace de faire monter la pression.

On a donc un espèce de mélange étrange en jeu-vidéo, cinéma, série TV et roman. Le tout passé au blender pour créer une narration à plusieurs étages (par honnêteté intellectuelle, je me dois de mentionner que le RPG Lost Odyssey contenait un receuil de nouvelles de 200 pages, mais c’était moins bien amené dans le jeu). Pour qui s’intéresse à la manière de raconter une histoire, Alan Wake est un objet plus qu’intéressant. Sachant que si tu t’es offert l’édition collector (en forme de livre, avec le jeu à l’intérieur de la couverture cartonnée), tu gagnes un vrai bouquin enquête d’un auteur fictif sur les mésaventures d’Alan Wake, avec en bonus des pages du manuscrit et une nouvelle de Wake. L’écrivaillon en moi n’en pouvait plus de danser de joie. Dernière anecdote, il semblerait que les anciens bouquins de Wake racontent l’histoire de Max Payne (anciens jeux des mêmes développeurs). Métatextuel ! En ce qui concerne le jeu en lui-même, personnellement, j’ai adoré. De bout en bout.

Je me fichais pas mal de la faible diversité d’ennemis, des animations un peu rigides et autres menus défauts. Je suis rentré dans Alan Wake les deux pieds devant et je n’en suis pas encore ressorti, le second épilogue à télécharger ne devant pas tarder à débarquer. Si vous êtes curieux vous pouvez checker des vrais tests, puis plonger. En même temps, pour à peine plus de 20€ (VF in), ça va.
TRAILER STAGE !!!





