946 – The Cable Guy

C’est arrivé sans prévenir, la coupure d’internet d’il y a deux semaines. Le fuck ! Me suis-je exclamé à la fois dans le dedans et dans le dehors de moi-même ! Sur le coup je me suis dit qu’on m’avait coupé le jus parce que j’avais trois mois de factures en retard. Alors je suis allé m’emputer d’un peu plus de cent euros sur le site de Numericable en me disant que le lendemain ça serait rétabli. Sauf que non. Et c’était le weekend. Donc j’ai décidé d’attendre jusqu’au lundi. Toujours rien. Je commence à me dire que c’est pas un problème de facture vu que je suis à jour. Le lendemain je vire les meubles et je sors le tournevis pour libérer le câble de sa prise. Allongé à l’envers, le nez dans la poussière, je constate que nope, tout va bien de ce côté-là. Alors je sors dans le couloir, j’ouvre le boitier central et ne peut qu’admettre que mon câble est bien relié. Fuck.

Je surmonte ma phobie du téléphone le jour encore d’après. Pas de bol c’est une opératrice à l’accent incompréhensible qui me répond et dévide sa liste de questions. Elle veut faire intervenir quelqu’un. Vu que la dernière fois ça s’est fini en racket, je l’envoie paître et fonce à l’agence de République faire tester mon modem. Il fonctionne. Je m’en doutais. En gros j’ai plus vraiment le choix, résilier ou prendre le risque de faire venir quelqu’un chez moi et que ça me coûte de la thune. Par dépit je hurle sur Twitter que je maudis Numericable jusqu’à la septième génération. Il n’en faut pas plus pour alerter le community manager qui me demande mon numéro d’abonné. Done. Quelques heures plus tard je reçois un vrai coup de fil d’une vraie personne avec un vrai numéro qui me jure sur l’honneur de toute sa famille qu’ELLE VA TOUT FAIRE POUR M’AIDER ! Et me propose un rdv avec un technicien. Pour dans une semaine.

C’est un jour plus tôt qu’un mec assez jovial débarque à l’improviste. J’étais dans le coin, qu’il me dit. Heu… Okay. Il check le boitier dans le hall, tout va bien à pars le faux câble installé par la voisine pour gratter la TV gratos. Il le débranche pour le lol, la matrone débarque dans le hall et hurle en roumain (ou avoisinant). Le mec la rebranche (la prise, pas la vieille), parce qu’il est COOL. Puis il cherche à atteindre le second boitier, celui dans la cave. Mais j’ai pas la clef, la voisine non plus. C’est finalement le restau chinois chelou mafieux qui lui ouvre. Et là, twist, quelqu’un avait massacré le truc et m’a rebranché sur une prise sans internet. QUEL EST LE FUCK ?! Un coup de bidouille plus tard, et c’était reparti chez moi. Mais je suis resté consterné par le truc. Onze jours pour ça. Un appel et un geste commerciale de la part de l’être humain chez Numericable et tout ceci n’était plus qu’un mauvais souvenir.

Epilogue. Le lendemain un autre réparateur est venu, visiblement pas au courant de l’intervention de celui d’avant. Hum… On a beaucoup théorisé sur le fait que les triades avaient fait le coup pour m’empêcher de bloguer (j’aime mes amis). Mais et si le type était en fait un exterminateur de mauvaise connexion pour mauvais payeur ? Une sorte de hors la loi des Internets ? Le mystère reste entier. Tout fonctionne de nouveau. Si c’était l’œuvre de quelqu’un qui m’en voulait, je le saurais, enfin j’aurais des signes. Reste la thèse de l’accident. Aucune idée.
Je sais juste que mon immeuble, entre les vols de colis, les fluides suspects dans les escaliers et les coups de hache dans les transformateurs dans la cave, c’est un peu le ghetto. Au moins je ne peux que tirer mon chapeau à la madame de Numericable, qui a géré le névrosé que je suis.

Maintenant allez tous vous ouvrir un twitter pour gueuler plus efficacement. Morale de l’histoire.

945 – Book Review 157

C’est marrant une couverture. Un titre simple, Room, écrit au crayon de couleur sur un fond blanc, avec une femme derrière Word. Je sais pas, ça me semblait « Girly », ou tire-larme. Un truc pour les meufs quoi. Puis l’histoire d’une mère séquestrée avec son fils ça fait trop bouquin tiré d’un fait divers pour moi. Vous savez, LA technique de débutant quand t’as pas idée. Le prof d’écriture te conseille d’ouvrir un journal et de broder sur une affaire intéressante. C’est un peu la mort de l’imaginaire, la solution de facilité. Sauf qu’à force de lire des avis sur Amazon et face au manque d’attrait du reste de ma liste de lecture, j’ai fini par plongé pour le dernier roman de Emma Donoghue. Une écrivain à succès qui semble un peu le pendant féminin de Nicholas Sparks. Enfin c’est ce que je me suis dit en regardant les couvertures de ses autres bouquins, après mon achat. Mais twist : j’ai complètement surkiffé. Oops.

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Jack. Jack vient d’avoir cinq ans dans Pièce. Sa mère s’est débrouillée pour le dessiner pendant que le garçon était Eteint dans Armoire. Jack n’a connu que Piece. C’est son univers depuis sa naissance. Au dehors il n’y a rien. Tout ce que sa mère l’autorise à regarder à la Tv n’est que Tv, ça n’existe pas vraiment. C’est Tv. Le garçon ne s’ennuie jamais, il a plein de jeux avec sa mère, comme courir le plus vite possible autour de Lit ou relire la dizaine de livres dont ils disposent. Tous les dimanches Il vient. Vieux Nick leur amène de quoi manger pour la semaine à travers Porte, fermée par un verrou à code. Sauf que pour ses cinq ans, la mère de Jack a décidé de lui DéMentir. Elle lui avoue que Pièce n’est qu’un minuscule morceau du monde, que le temps leur est peut-être compté. Et surtout qu’il faut partir, maintenant, avant qu’il soit trop tard. Jack n’a que cinq ans, et Pièce est toute sa vie. Pourquoi il voudrait partir ? Seulement c’est sur lui que tout repose, il est le seul à pouvoir les sauver.

Room est narrativement en pilotage automatique. L’auteur prend son fait divers de base « Une adolescente est séquestrée et violée pendant sept ans » et brode autour de ça le plus logiquement possible. C’est-à-dire qu’elle se contente de répondre à une série de questions : comment a-t-elle été kidnappée ? Pourquoi elle ne s’échappe pas ? D’où vient le gosse ? Et ainsi de suite. Voilà ce que je disais au départ, sur les histoires basées sur des faits divers. C’est facile à faire. C’est TRES facile. Heureusement le parti pris d’Emma Donoghue vient élever le matériau d’origine. En choisissant d’adopter le point de vue d’un enfant de cinq ans, elle donne une dimension inattendue à l’intrigue. L’exercice de faire parler et penser un petit garçon est super casse-gueule, entre le risque de l’écrire trop intelligent ou trop bête. Ici on touche au juste milieu, ce qui force mon respect.

Le seul risque pour le lecteur de Room, c’est d’avoir l’impression qu’on le manipule dans un récit trop bien construit. C’est tour à tout émouvant, tragique ou sinistre. Durant toute la seconde partie du livre je n’ai pas pu décrocher et juste quand je pensais être tiré d’affaire le roman t’en remet une ou deux dans la gueule. Un cynique trouvera ça trop millimétré. Perso, j’ai adhéré à fond. Beaucoup plus que prévu. Ne serait-ce que pour la maitrise du point de vue enfantin et la foule d’idées que ça implique.

Très recommandé.

BUY STAGE !!!

Book Depository VO : 14,14€ FdpIn

(Soit 7.75$ d’économie pour moua en Kindle, faudrait vraiment que je calcule le total là)

944 – Not Enough Minerals

Hier j’ai eu un problème assez pathétique. En gros je ne pouvais pas prendre le métro pour aller en cours. Comme je suis désorganisé et stupide, je recharge ma carte de transport de semaine en semaine. Sauf que je suis tellement à découvert que je ne peux pas retirer. Si j’étais malin j’aurais un ou deux tickets de secours. J’en ai quatre, mais des lyonnais (trololol). En grattant je devais bien pouvoir me trouver de quoi acheter un titre de transport. Ah bah non en fait. Hum. On m’a proposé de me prêter de la thune, ou on m’a conseillé de taxer un ticket à quelqu’un, ou simplement de faire un jump par-dessus les tourniquets du métro. Oui j’aurais pu. Mais non. A la place je me suis levé un quart d’heure plus tôt et j’ai chaussé mes rollers. A huit heures du matin. Sur 8,4kms d’après Google Maps. Tout ça parce que j’aime pas emprunter.

J’aimais bien ce film français dont j’ai la flemme de checker le nom. Déjà parce qu’il se passait à Lyon, ensuite parce qu’il faisait le tour des rapports possibles à l’argent. Ce qui m’a permis de me reconnaitre dans l’un ou l’autre des personnages. En l’occurrence j’ai une espèce de gigantesque phobie de la dette. Que ce soit un ticket de métro, un sandwich à midi ou de quoi m’offrir un billet de train, ça m’angoisse prodigieusement. Parce que ça me fait un truc chiant dont je dois me souvenir en plus. C’est relou. Ensuite parce que moralement je suis en dette, j’aime pas l’idée. Enfin parce que ça me déprime au plus haut point de savoir que la prochaine fois que je toucherai des sous (ou que j’aurais bossé pour en avoir), je devrai de base en rendre une partie. Ca bouffe mon bonheur. C’est le cancer de la joie du dépôt de chèque.

Alors que paradoxalement ça ne me pose AUCUN problème de prêter de l’argent, ou n’importe quoi en fait. Paye ton paradoxe. A mon niveau un prêt c’est de l’argent que j’ai toujours plus ou moins et en plus je rends service et ça me flatte dans le dedans. Même rapport aux cadeaux en fait : j’aime en faire sans aucune raison particulière (un jeu à mon bro, un tee à ma BFF) mais dès que j’en reçois, même avec une bonne excuse (anniversaire), je le vis mal. Je ne sais pas où me foutre et je me sens en dette. Tout ceci me ramenant à mes cours d’anthropologie sur la nature du don, et ceux de sociologie sur les théories vis-à-vis de la dette. J’ai beau en savoir beaucoup sur le sujet je peine à dompter mes propres contradictions et fonctionner « normalement » vis-à-vis de tout ça. Idéalement faudrait que je sois pété de thunes, ça réglerait le problème.

Hier j’ai failli me crouter à Porte de Champerret, après 45min de roller. Mais non. Je suis arrivé en cours en avance, un peu moins d’une heure après mon départ. Nécessité fait loi. Entre le roller et les limitations budgétaires au niveau du sandwich de midi, j’aurai même minci/musclé au passage. Un big up pour la pauvreté !