[Il est 1:51, j'ai une lessive à étendre, des mails importants en rade et une nouvelle à boucler, tout ça avant de me coucher. Des images la prochaine fois donc.]
Ayé, je suis sorti de mon rhume de bâtard. Ce qui est une bonne chose. Déjà je peux reprendre une vie normale. Ensuite je suis donc immunisé pour le reste de l’hiver. Je peux sortir dans la rue torse nu si je veux ! J’aurai froid mais je serai pas malade ! Tout ça grâce à mon système immunitaire dopé à l’expérience de l’hiver. Okay, je vous vois déjà venir, bande de rabat joies, à me dire que les microbes et les virus ça fonctionne pas comme ça. N’empêche que moi, au moins, je vais pas (trop) laisser la saison me dicter ce que je dois mettre ou pas comme fringues. Contrairement aux filles. Oui, vous qui commencez déjà à vous planquer sous tellement de couches qu’on dirait une couette. Ou que vous avez été mangées par une espèce de gros animal poilu. Vous savez comme au printemps on est content de voir fleurir décolletés et jupes. Bah là, c’est le contraire.
Le problème majeur du remplumage des jeunes filles en fleur, c’est que ça contribue à la morosité ambiante. Genre tu sors de chez toi tu fais la gueule parce que tu sais que tu vas croiser des esquimaudes entre leur gros bonnet (see what I did there ?) et leur manteau. C’est déprimant. Puis, rappelez-vous quand je parlais de visualisation mentale de filles nues. Bah sans vêtements un peu serrés pour faire travailler le cerveau, ça fonctionne nettement moins bien. Après t’as les soucis logistiques quand c’est ta copine et que tu dois passer plus de temps à déballer le cadeau qu’à en profiter. Avec en plus mes fenêtres simples vitrage si jamais j’ai quelqu’un chez moi c’est direct sous la couette, circulez y’a rien à voir. Tout ça jusqu’à Mars, à vue de nez. Autant dire que c’est pas gagné… La seule solution du coup, c’est de continuer à aller à la piscine municipale.
J’aime bien la piscine, c’est un peu un idéal républicain, tous égaux face au moule bite. Il y a quelques mois je me faisais la réflexion que les femmes voilées, elles sont punies, privées de piscine du coup. C’est le jeu, ça me ramène aux névroses enfantines où personne voulait se mettre en maillot. A présent je trouve ça pas si mal. Ca force à se confronter à ses complexes, et ça permet aussi de voir sous les jupes des filles. Cette semaine je suis allé nager et force était de constater que toutes celles emmitouflées à attendre dehors se retrouvaient en une pièce une fois à l’intérieur. Peut-être que je tiens là ma motivation à continuer à me bouger au cœur du froid. Si je fais l’effort de me déplacer, je pourrai voir des bouts de jambes, des décolletés et des dos nus. Mon petit bout d’été à rien qu’à moi.
Oui, j’ai des problématiques étranges dans ma tête. Mais ça va avec l’automne, je cogite sur des trucs débiles, j’ai besoin de calinous et tous ces trucs.
Mon pote Charles habitait à côté du terrain et les soirées d’été, quand on voulait jouer et que son beau père glauque était à l’appart, on sortait faire des tours du monde. La plus belle invention du monde ça. Pour ceux qui l’ignorent, c’est un jeu qui consiste à avancer au fil des marquages au sol le long de la raquette qui entoure le panier de basket. A chaque marque, on tente un lancer franc Si on réussit le panier on avance d’un cran et on recommence. La balle part dans le décor, c’est au tour du joueur suivant. En plus de nous faire bosser nos lancers, le tour du monde est parfait pour discuter en même temps. On va à notre rythme, on parle, on laisse le temps filer alors qu’on refait le monde et qu’on dit du mal des filles. Puis on a grandit, on a moins de temps, nos potes aussi. Suite à une mésaventure mon ballon a crevé et je suis parti.
Tout ça m’est remonté la semaine dernière alors que j’attendais le métro. Depuis quelques jours des pubs en 4×3 pour NBA 2K11 fleurissent sur les quais toutes les lignes. J’ai déjà tenté la simulation de basket sur Xbox, mais je suis mauvais. C’est trop compliqué pour moi. Sincèrement. Mais là, de voir ce montages de photos de Michael Jordan, star ressuscitée du dernier opus, ça a fait ressurgir des souvenirs. Comme le fait que sur la dizaine de sports que j’ai pu pratiquer de manière un peu sérieuse, le basket est celui que je préférais, et aussi celui dans lequel j’étais le moins mauvais. J’ai repensé à Space Jam et au fait qu’à l’époque c’était pour moi le meilleur film de l’univers, au point que je refuse de le revoir avec mes yeux de gros connard. Une pensée émue pour ma première paire d’Air Jordan, dont je peux jurer qu’elles me faisaient sauter plus haut.
Face à la pub de NBA 2K11 je bouillonne. J’ai envie d’acheter le jeu déjà, même si je sais que je suis mauvais et que je le lacherai au bout de quelques heures. Même si j’ai pas d’argent. J’ai aussi envie d’aller me payer un ballon et de trouver un terrain à l’air libre sur Paris et de jouer jusqu’à avoir assez chaud pour suer torse nu au milieu de la nuit avec une équipe à usage unique.
On m’a vendu (lol) La carte et le territoire comme l’histoire de Jed Martin, un type qui photographie des cartes Michelin et devient une star de l’art contemporain français. Sauf que ça, c’est juste le pitch de la première partie. Car le roman est découpé en trois morceaux bien distincts. Le premier est effectivement la carte et le territoire, où l’on suit les études de Jed, sa passion soudaine pour les cartes Michelin et son premier succès en tant qu’artiste. Mais le milieu du livre parle de Peinture, l’artiste ayant décidé de faire une série de portraits représentants les différents métiers que l’on peut exercer en France. Il termine sa série par un portait de Michel Houellebecq, écrivain, avec lequel il semble se lier d’amitié. Enfin le troisième tiers de l’histoire est une courte enquête policière, où l’on cherche à élucider le meurtre brutal de Michel Houellebecq, Jed apportant le mobile du tueur en toute fin de partie avant d’aller mourir dans la campagne (ah tiens si y’a un peu de territoire vite fait).