971 – The Gateway

Pendant ce temps là, mon bouquin cherche toujours son éditeur. Il se passe peut-être des trucs en coulisses. Ou pas. Il faudrait que je demande. En attendant j’évite de penser à toutes les fois où j’ai dit que fin octobre, c’était sûr, j’aurais envoyé des exemplaires par la poste et j’aurais enterré le truc en cas de refus. Nous sommes en début de fin novembre, et je me repose toujours sur des petits espoirs par ci par là. J’aime à croire que c’est pas vain. Que des fois, on récupère un retour de karma et que tout ira bien. Peut-être pas. Si ça se trouve, fin décembre je dirai que cette fois, c’est sûr, mon bouquin je l’enverrai en janvier. Qu’on en finisse bordel ! Sauf que, depuis quelques semaines, enfin quelques mois, j’ai une névrose supplémentaire vis-à-vis du probable refus. J’ai besoin de vendre celui là, parce que c’est peut-être ma seule chance de vendre les suivants.

Je bosse en alternance sur deux manuscrits. Le premier, c’est pas un scoop, est un recueil de nouvelles. Qu’on soit clairs, c’est invendable. Prodigieusement invendable. Ca ne marche pas. C’est aussi simple que ça. Ajoutez à ça le sujet étrange de mon recueil,qui perplexifie déjà mon entourage à qui il faut que j’explique le truc, et c’est pas gagné. Sinon j’ai mieux déblayé que prévu mon prochain roman. J’ai enfin ma fin par exemple. Mais une fois de plus, c’est un projet complexe. Déjà parce que c’est à la troisième personne du féminin, au temps du présent et du passé, avec deux histoires simples qui ne gagnent en richesse que parce qu’elles sont justement lues en même temps. Un tas de super idées sur le papier qui sont difficiles à mettre en place et me fond réaliser que je vais devoir passer beaucoup de temps pour que ça fonctionne.

Et pour le vendre ensuite, bonjour la galère. Car l’avantage du manuscrit qui ne se signe pas en ce moment, c’est qu’il est simple, concret, facile à lire et vendable. C’est en gros un pied dans la porte. Une de ses fonctions c’est simplement d’exister, pour que les autres puissent exister à leur tour. Le pire dans tout ça c’est que la fiche de lecture de Flammarion, celle qui dit que ça se signe, celle qui dit que c’est assez bon, m’a fait plus de mal que de bien. Elle ne m’a rien appris que je ne sache pas. Certes, c’est une validation extérieure, mais c’est aussi la potentielle preuve d’une injustice. Si après épuisement de tous les recours, de tous les pistons, de tous les éditeurs, ça n’est passé nulle part. Ca ne sera pas seulement triste, ce sera injuste. D’où le fait que je freine d’autant plus des deux pieds.

Je sais, vous en avez marre que je fasse ma note mensuelle d’excuses pour ne pas avoir encore démarché tout le monde. Tout comme ça vous fait bien rigoler de me voir avoir écrit une bonne cinquantaine de pages depuis la fois où je vous ai dit que j’avais plus la force d’entamer un nouveau projet. Je vous répondrais : gna gna gna.

Laissez-moi me morfondre maintenant.

9 réflexions sur “971 – The Gateway

  1. Ça commence à faire un moment que je lis ton blog avec assiduité et plaisir et j’avoue que j’aimerais bien accéder au pourquoi non dissimulé de tout ça, le truc qui semble faire s’exciter tes petits neurones gris, ce truc dont tu penses être à la hauteur puisque tu tente d’en tirer un bénéfice, argent, fierté ou autre, à savoir proposer du texte au plus grand nombre.
    Et le peu qu’on en aperçois au détour de quelques billets consacrés à des fictions m’intrigue, tout simplement j’en veux plus! Et j’adore les nouvelles, pleins de petites histoires dans un même pavé c’est le pied, je pensais pas que c’était invendable…
    En tout cas j’espère que tes souhaits se réaliserons, comme ça les miens aussi :D

    Et n’hésite pas à te remettre en question sur la façon dont ça doit se faire, j’ai l’impression à te lire que tu t’enfonces dans une optique précise en te fermant un certains nombre d’autres portes, je dis ça j’y connais pas grand chose et si je devais pondre un truc qui me plaise un jour le mieux que je ferais serait surement de le proposer à l’arrache en version pdf sur le net, mais quand même, si ça marche pas tout droit, va voir à gauche, et à droite, envisage même la 3D ;)

  2. Je te lis depuis quelques semaines à travers ce blog et je trouve ton style accrocheur. Tes écris doivent être par conséquent de vrais petits diamants. Se morfondre oui…mais alors pas trop longtemps. Ca ne sert à rien si ce n’est à rebondir.
    Si écrire est ce que tu veux faire de ta vie alors écris. La vie est bien bien trop courte. Persévère mec. Un jour on reconnaitra ton talent et ce à sa juste valeur.

  3. @Lamiss : “Un jour on reconnaitra ton talent et ce à sa juste valeur”

    Je pense hélas que ça c’est dans les films … Dans la réalité, comme on la touche un peu à travers les articles du Reilly, c’est une galère sans fin pour finir par tomber au bon moment au bon endroit. Le mec chez un éditeur qui cherche un type d’écriture pour un type d’histoire par un type inconnu de préférence etc … et que tout colle dans son bouquin.

    Si ça se trouve leReilly, ton bouquin tu pourrais l’envoyer tous les ans au même éditeur avec une réponse différente tous les ans allant de l’awesome au fu..

    Mais surtout lâche rien !

  4. Je sais à quel point cela doit être difficile. Et certes, ma phrase fait carrément naive. Mais la réalité j’y suis confronté tous les jours. Ma réalité est dure. Je voulais simplement dire de continuer à y croire et de ne pas s’avouer vaincu. Il faut se battre tous le temps et pour tout.

  5. Si ton recueil de nouvelles est invendable, utilise le en produit d’appel, mets le à dispo (gratuite, ouep) du plus grand nombre. S’il est lisible (voir, soyons fou, sympa), il se peut qu’il soit RT, copié collé, fan-filmé, goodisé dans tout les sens. Utilise la magie de l’interweb. Et il atteindra peut être les yeux d’un éditeur. Ou pas, mais tu auras fait plaisir à pas mal de monde qui aimerai lire un peu de ta production. ET c’est plutôt le bien de faire plaisir. En plus c’est bientôt nowel!

  6. Je plussoie remidot, même si j’imagine que tu te vois proposer cette option chaque fois que tu parle de ça. En même temps, un truc invendable, tu compte en faire quoi à part le filer gratos ?

    Et je viens de capter qu’on est à même pas un mois dla note 1000… *FEAR*

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