970 – Reviewtopsy 04

Neuf écrans. C’est l’étendue totale du nombre de salles ayant décidé de diffuser chez nous le remake US du Diner de cons, renommé The Dinner pour l’occasion. J’ai bien senti qu’absolument personne en France ne le verra. Ever. Alors j’ai flairé l’expérience unique, j’ai enfilé ma veste et je suis parti au Publicis mardi soir. Séance de 22h, moins de quinze personnes dans la salle. J’y croyais un peu je vous avoue, parce que j’adore Paul Rudd, Steve Carell et Zach Galifianakis. Bon, okay, avec le réalisateur de Mon beau-père et moi derrière la caméra et un score au box office US très moyen. C’était pas gagné non plus. Tout de même, à un niveau purement sociologique et artistique, c’est toujours très intéressant de voir comment les ricains remakent des œuvres étrangères : soit avec une fidélité flippante, soit en prenant des libertés. Beaucoup de libertés.

Surprise, la pièce est toujours là. Plus ou moins. On a bien le con qui s’incruste chez Paul Rudd et lui pourrit la vie. On a Rudd qui se nique le dos, sa maitresse nymphomane qui débarque, l’ami du con qui est controleur fiscal, la femme qui s’en va, qui revient. Tout est plus ou moins là. Le truc, c’est que tout ça n’est que la moitié du film. Les ricains nous offrent une prequel ET une séquelle à l’œuvre originale. Quand le truc commence, on se paie une bonne vingtaine de minutes d’exposition. Paul Rudd est sur le point d’avoir une augmentation dans sa boite de douchebags, mais pour ça il doit impressionner son patron en participant à un diner de crétins (tss tss pas de gros mots), au début il veut pas (tss tss le héros a bon cœur) mais tombe sur Steve Carrell, qui empaille des souris avant de les déguiser. La bonne idée du film qui rend très bien.

Et là, on embraye sur la pièce, adaptée en mode pseudo dynamique (ils vont en voiture jusqu’au fisc, le con dort chez le héros, l’accompagne à un déjeuner d’affaires etc…). Chez les ricains, on aime pas trop l’unité de temps et de lieu. Puis on boucle la pièce, le con découvre qu’on le prend pour un con, le héros est trop triste toussa. BIM ! The Dinner commence, on va passer la dernière demie heure au diner de cons justement, avec Steve Carell qui décide de se surpasser en connerie pour aider son nouvel ami. D’où déluge de grand n’importe quoi (une nana qui parle aux oiseaux, un escrimeur aveugle…) qui s’achève en duel d’anthologie Carell VS Galifianakis. Mais vite, le film se termine, hop hop on va boucler tout ça. Le héros, connard dans la pièce, se souvient qu’à Hollywood il a un bon fond et envoie ses boss se faire foutre, il retrouve sa femme, le con devient sympa. Tout le monde se fait un méga hug. Rideau.

Le twist c’est que c’était drôle. Attention c’est super graveleux, parfois très con, un peu beauf, moins mordant, moins cynique. Mais, après le début laborieux où le spectateur français que je suis se demande un peu si, au fond, c’était une bonne idée, on se met à rire. Pas que moi, les autres gens de la salle. On a ri de bon cœur, ça se laissait voir. La réalisation honteuse de vide est largement compensée par des acteurs qui se donnent à fond, qui y croient pour tous les autres. Je suis sorti de la salle en pensant que j’avais passé un bon moment. Pas moche comme surprise. Un bon concentré du meilleur et du pire du système hollywoodien, parfait pour tuer deux heures, ou pour une thèse sur les remakes américains.

Neuf salles la première semaine. Une seule salle avec une seule séance cette semaine. C’était hier. Adieu, The Dinner. Puisses-tu être déterré sur le net un dimanche pluvieux, à l’occasion. Sache que je t’ai vu, et que je te pardonne d’exister. T’es pas si mal.

TRAILER STAGE !!!

969 – Still Not Doing It Right

Call Of Duty : Black Ops est un mauvais jeu. Attention, je vous parle du solo là. C’est peut-être la pire expérience solo de l’année en ce qui me concerne. Les développeurs sont fainéants et mauvais. Fainéants parce qu’ils se reposent une fois de plus sur des vagues illimitées d’ennemis : je peux tuer la population complète du Vietnam, si je n’avance pas, y’en aura encore. La seule stratégie est donc d’avancer dans le tas en espérant pas mourir cette fois là. Mauvais parce que les checkpoints sont mal placés et l’IA complètement à la ramasse, entre les coéquipiers qui ne tirent pas sur le mec à côté d’eux et les ennemis qui courent partout sans aucune logique. Tout ça, si on joue en mode normal, on s’en fout. Ca passe. On avance peinard et on profite du scénario cool et des missions sympas. En mode vétéran, c’est absurde de difficulté. Ou comment je me suis retrouvé bloqué 45min sur le même passage avant de renoncer. J’ai le choix entre une expérience trop facile et une où la chance compte beaucoup plus que le skill. Ce n’est pas un bon jeu. Mais ça, c’est la faute des développeurs.

C’est pénible d’être un bouche trou. Dans la vie comme dans les jeux vidéo. C’est pour ça que j’ai une tendresse toute particulière sur Treyarch. En ce moment même, tous vos potes se paluchent sur le multi du nouveau Call Of Duty, mais peu d’entre eux suivent ce qui se passe en coulisses. Ils ont tort. Car à l’instar de la série Splinter Cell quelques années plus tôt, les Call Of Duty sont développés par deux équipes (Infinity Ward et Treyarch), pour pouvoir en sortir un par an. Et qui dit deux équipes, dit une meilleure que l’autre. C’est comme les vins ou ces conneries, tu savais qu’un jeu sur deux serait très bon. Puis le développeur star, Infinity Ward, a tenté de se rebeller, à priori pour faire autre chose que du Call Of. Castrage par la direction d’Activision, vagues de licenciements et départs volontaires. Exsangue, le studio est au plus mal et on se demande bien comment l’opus 2011 de la série pourra être au top. Du pain béni pour les parias de chez Treyarch, responsables justement de ce Black Ops.

J’imagine l’ambiance chez Treyarch ces derniers mois. Bien sûr ça ne se fait pas de se réjouir du malheur de leurs petits camarades chez Infinity Ward. N’empêche, je suis certain qu’ils ont mis les bouchées doubles pour sortir de l’ombre. Si j’étais à la place des gens chez Treyarch, j’en aurais marre de me faire basher en public, que les fanboys attendent l’épisode d’après. J’aurais envie d’en découdre et de faire un putain de jeu ! Au final Call Of Duty : Black Ops, l’épisode made in Treyarch cet automne, est sur le papier bien meilleur que prévu. Le scénario est étonnamment prenant et bien construit, nous emmène dans des lieux cools. Ca assure. Ca c’est la peinture, la déco. Sauf que ce sont les mêmes gens qu’avant qui font le vrai jeu en dessous. Le manque de polish global et la gestion préhistorique de la difficulté m’ont rendu dingue. Dans les Call Of de Infinity Ward, quand je galérais, je savais pourquoi, je pouvais apprendre de mes erreurs. Quand je réussissais un passage en vétéran, je savais aussi pourquoi, je pouvais savoir que je l’avais mérité. Là, j’en ai juste marre.

Des potes ont réussi à boucler le jeu en very hard. J’applaudis. Moi j’ai pas le temps de jouer au con, je peux pas passer des heures sur un passage à attendre la fois où, gros coup de bol, ça passe. J’ai plus quinze ans et trois heures à passer devant la console chaque jour. Le mode normal, qui se traverse comme du beurre, ne me procure aucun plaisir non plus. Si j’étais un joueur multi, si j’avais rien d’autre à jouer, je me consolerais là-dessus. Pas de bol, j’ai deux trois autres jeux plus bandants à faire à la place. Hier j’ai retenté, j’ai passé une heure sur une colline de merde. Détail amusant, le passage en question est l’objet de dizaines de sujets sur des forums de gamer. Quand tout le monde galère à ce point sur le même endroit, c’est que les tests qualis, le béta testing, tout a été bâclé. Désolé Treyarch, mais c’est pas cette année que tu redoreras ton blason.

Même si, dans les faits, tout le monde s’en branle. Le jeu pulvérise les records de vente du précédent parce que 99% du public ne regarde pas qui développe, parce que plus de la moitié des joueurs de Call Of ne touchent pas au solo (fact by the way).

Moi, je vais jouer à autre chose. A l’année prochaine.

968 – Hormonosaurus

J’étais assis sur un strapontin du métro. La rame était presque pleine, cette espèce de limite d’occupation où tu sais qu’il va falloir te lever. Mais là, je refusais de bouger. J’étais en pleine contemplation de jambes. J’aurais aimé pouvoir vous dire qu’elles étaient magnifiques, longues, élancées, appartenant à une bombasse. Même pas. Fille normale, taille normale, cuisses et mollets normaux. Les bottes remontaient assez haut, la jupe assez bas, l’ensemble était recouvert d’épais collants sombres. Pourtant, je ne sais pas ce qui me prenait, tout doucement. Mais j’avais une envie folle de tendre la main, d’épouser de la paume la forme du muscle, et éprouver d’une contraction des doigts la fermeté de l’ensemble. Comme je ne suis pas un psycho, je n’ai rien fait. Cependant, j’avais envie, mon cœur était en mode carnassier, j’avais faim, de viande, de toucher, d’épaisseur, de masse. J’avais envie de toucher.

En ce moment les filles, c’est loin d’être ma priorité, très loin. Entre les cours, les partiels qui s’enchaînent, l’échéance de la recherche de stage, ce putain de bouquin qui refuse de se signer, j’ai la tête pleine de conneries. Ma détente, c’est sur la Xbox, après avoir coupé Gtalk, Facebook, MSN. Il faut un certain état d’esprit pour être en chasse, sexuello-sentimentalement parlant. Je ne suis pas dedans. Alors je suis moins agressif quand je parle à une fille, je décline des invitations en soirée, à boire des coups. Je ne fais plus tous ces petits efforts qui viennent taquiner la chance et le destin. Et c’est pas grave, c’est une phase, c’est cyclique. Ca va et ça vient. Si je signe mon bouquin, trouve un stage de bâtard et survis à ce semestre de cours, j’aurais une pêche d’enfer et je fondrais dans la nuit, le courage au cœur. Juste, pas tout de suite là. Même si mon corps valide pas trop.

C’est le côté paradoxal du manque. Moins on en a, plus on y est sensible. Je remarque beaucoup plus la poitrine d’une ou deux camarades, des roulements de hanche dans les couloirs, des jambes dans le métro. Je finis par reconnaitre des filles que je croise depuis des mois et que j’avais jamais remarquées. Mon cerveau dit qu’il s’en fout, mon corps lui fait un peu ce qu’il veut. Sans que je m’en rende compte. Ou comment et pourquoi je frotte mes joues contre des épaules beaucoup plus souvent qu’à l’accoutumée, ou alors pourquoi je fais la gueule quand j’apprends qu’une jolie fille vis-à-vis de laquelle j’ai rien tenté est casée. Exemples parmi d’autres. Peut-être que c’est bêtement un problème d’hiver, du fait que j’ai froid chez moi à cause de mes radiateurs pourris et de mon sèche cheveux qui a rendu l’âme. Peut-être que je veux juste un câlin d’un truc chaud, si possible avec des cheveux qui sentent bon.

Enfin voilà, situation merdique où mon cerveau reptilien rugit, grogne, gratte, obsède. Pendant que j’ai pas que ça à foutre, que j’ai mal au crâne, que je ne dors pas assez, que je ne trouve même pas le temps de mettre des images sur ce blog. Le fu.