1041 Bis – Ghost Of Girlfriends Past

Je voulais dire du mal du futur gagnant du concours d’écriture de comédie romantique de We Love Words. Mais je peux difficilement cracher si je ne participe pas (on ne peut bitcher que si on a aussi concouru). En plus ça me fait toujours plaisir de me prendre des gifles par mon bon ami juré Guillaume. D’où l’écriture d’un rapide synopsis et début de roman entre deux partiels que vous trouverez par là en tapant “LeReilly” ou “Friend Zone”.

On peut voter mais je doute que ça serve, sans parler des mecs qui ont des centaines de votes (théorie du complot).

1041 – Shitstorm

Ca y est. Je fais face à ma dernière semaine de cours. Du reste de ma vie.

Et c’est pas la joie.

On est tous crevés, épuisés par l’année de cours qui s’achève dans une tornade d’oraux, de travaux de groupes et quelques cours qui ont le malheur d’avoir été programmés en plein milieux. Pour les deux tiers des effectifs, ceux qui sont rentrés à l’école cette année, ce rush est nouveau. C’est ma troisième saison des partiels à Neuilly et je crois que ce qui me restait de résistance s’est fissuré. Epuisé, frustré, en colère, j’ai explosé une ou deux fois.

Toute action en déclenchant une autre de force (plus ou moins) proportionnelle inverse, c’est avec l’impression de participer à une escalade de rage que j’attaque mon lundi. Entre excuses et représailles, il va bien falloir avancer. De toute façon on n’a pas le choix et jeudi soir tout sera terminé.

La plupart d’entre nous ne se recroisera jamais. On pourra tous repartir avec un diplôme et des certitudes en poche. Puis on boira plein de coca (ou autre) en conchiant nos camarades, en balançant du ragot et ça sera top. Parce qu’est-ce qu’on en aura à foutre ? On sera sortis de là, on aura tous gagné.

Puis, dans quelques mois.
Dans quelques années.

On repensera à notre dernière année d’école, à avant. Peut-être qu’on relativisera, peut-être qu’on ira stalker sur Facebook, Twitter ou ailleurs ceux qu’on a pas supporté jusqu’au bout. Au calme, avec un œil neuf et le cœur plein de nostalgie. Et peut-être qu’on se dira que, quand même, on a tous été cons.

Un peu au moins.

Moi le premier.

1040 – Cine Club 112

Le stand-up français ne me fait pas vraiment marrer. Un peu parfois mais pas souvent. Le truc c’est qu’on peut pas faire des vannes à l’infini sur la banlieue (tous les comiques TV), l’islam (pareil), Sarkozy (tous les comiques radio), le bio (bonus Guillon), les rapports homme-femme (Foresti), la poste (Boon) et les femmes (Bigard/Dubosc) et espérer que je lole avec la même intensité. Alors je m’intéresse un peu à ce qui se fait ailleurs. Ma culture en la matière est assez faible j’en conviens, mais je me soigne. Comme cette semaine par exemple avec la sortie à Sundance et en DVD de Hilarious, un film/docum/live du dernier spectacle de Louis C.K. Louis a commencé comme auteur de talk show pour finir acteur et comédien à plein temps. Hilarious est son troisième spectacle filmé.

Enregistré en avril 2009, il s’agit du premier stand-up à être accepté au prestigieux festival de Sundance. Louis a 41 ans, père divorcé de deux enfants de trois et sept ans. Son spectacle est une suite ininterrompue de sujets qui s’enchaînent de manière transparente. Il commence en relativisant sur l’insignifiance de la vie pour finir par à quel point sa plus jeune fille est demeurée et lui incompétent en tant que parents. Entre les deux il comparera les vies de Hitler et Ray Charles, il conchiera ses contemporains qui utilisent le mot « hilarant » pour tout et n’importe quoi, il prouvera que les poneys sont des gros connards et que si un vieux paraplégique de quatre-vingt-dix ans arrive à faire exploser un avion, rien que pour l’exploit il le mérite. Le tout étant saupoudré à doses égales de cynisme, humour noir et humanité.

C’est en manquant de renverser mon bol de lait chaud sur mon entrejambe tellement j’étais plié de rire que je remercie mes profs d’anglais de m’avoir autant boosté. Hilarious porte bien son nom, alors que d’ordinaire je ne fais que sourire face à un spectacle filmé. Mais la fraicheur des sujets abordés, l’honnêteté des histoires vécues et l’irrévérence globale est à se décrocher la mâchoire. Louis parle de la société, il parle aussi de lui, pas seulement dans des situations fictives faites pour servir un sujet prédéfini, mais en se basant sur des vraies anecdotes. Il nous raconte à mi mots son divorce, sa joie d’être père, sa peur de vieillir, son mépris pour ses contemporains, son émerveillement pour la technologie. Louis nous parle de Louis, et nous parle de nous.

D’un point de vue formel Hilarious commence par l’entrée en scène et se termine par des applaudissements. Pas d’artifices ou de narration, uniquement le spectacle. Jamais le public n’est filmé. Louis est seul face à la caméra, qui du coup s’approche au plus près, capte des expressions faciales, des rires quand il sait qu’il touche juste, qu’il titille son public.

Les quatre-vingt minutes ont passées en un instant. J’ai eu mal aux côtes, au sens littéral du terme. Et j’ai réalisé une fois de plus l’étroitesse et le manque de réel talent du stand-up français. On sait que beaucoup de comiques en France piquent les vannes des ricains (d’Arthur à Jamel). Je ne peux que vous conseiller de remonter à la source et d’apprécier la version original, si vous le pouvez.

Hilarious est un très bon endroit par lequel commencer.

YOUTUBED STAGE !!!

Pirates ! (c’est même en HD…)