Ca y est. Je fais face à ma dernière semaine de cours. Du reste de ma vie.
Et c’est pas la joie.
On est tous crevés, épuisés par l’année de cours qui s’achève dans une tornade d’oraux, de travaux de groupes et quelques cours qui ont le malheur d’avoir été programmés en plein milieux. Pour les deux tiers des effectifs, ceux qui sont rentrés à l’école cette année, ce rush est nouveau. C’est ma troisième saison des partiels à Neuilly et je crois que ce qui me restait de résistance s’est fissuré. Epuisé, frustré, en colère, j’ai explosé une ou deux fois.
Toute action en déclenchant une autre de force (plus ou moins) proportionnelle inverse, c’est avec l’impression de participer à une escalade de rage que j’attaque mon lundi. Entre excuses et représailles, il va bien falloir avancer. De toute façon on n’a pas le choix et jeudi soir tout sera terminé.
La plupart d’entre nous ne se recroisera jamais. On pourra tous repartir avec un diplôme et des certitudes en poche. Puis on boira plein de coca (ou autre) en conchiant nos camarades, en balançant du ragot et ça sera top. Parce qu’est-ce qu’on en aura à foutre ? On sera sortis de là, on aura tous gagné.
Puis, dans quelques mois.
Dans quelques années.
On repensera à notre dernière année d’école, à avant. Peut-être qu’on relativisera, peut-être qu’on ira stalker sur Facebook, Twitter ou ailleurs ceux qu’on a pas supporté jusqu’au bout. Au calme, avec un œil neuf et le cœur plein de nostalgie. Et peut-être qu’on se dira que, quand même, on a tous été cons.
Un peu au moins.
Moi le premier.
C’est un peu la malédiction de l’étudiant: profiter au maximum de la dernière année tout en étant submergé de boulot, avec cette envie de commencer à bosser ENFIN qui s’oppose au désir de ne pas quitter le cocon agréable de l’étudiant débonnaire qui sèche le lundi parce que c’est fatiguant et qui se permet d’envoyer un mail au prof en mode “je rends pas mon projet aujourd’hui parce que j’ai eu piscine” et que c’est pas trop grave.
Je vis la même.
c’est la fin mais… et après… ?
Ça ressemble pas mal à une lettre d’excuse tout ça, surtout la fin