1039 – Unfinished

En ce moment je joue à Enslaved sur Xbox et j’ai pas envie de le finir. Non pas que ce jeu sorti cette automne entre deux autres blockbusters de bâtards ne soit pas bon. Non pas qu’il soit si bon pour autant. Le problème c’est qu’en cumulé Enslaved a vendu en tout et pour tout moins de 500 000 exemplaires. Ce qui, pour une production de cette envergure, est un flop retentissant et une violente perte pour l’éditeur. Une nouvelle licence avec peu de moyens marketings renvoyé se faire suicider juste avant les fêtes. Enslaved n’avait aucune chance, alors qu’il est agréable, très joli et touchant. Un vrai jeu d’aventure sympa comme on en fait pas assez. Si je ne veux pas le finir, c’est que je sais que l’histoire s’achève sur un cliffhanger.

Promesse d’une suite qui n’arrivera jamais, faute de succès.

Je suis quelqu’un de curieux en matière de jeux vidéo, attiré par ce qui est un peu différent, par ce qui ose et qui ambitionne. Enslaved réinvente le mythe du roi-singe dans un univers post apocalyptique mais coloré. Deadly Premonition tente de concurrencer les meilleurs jeux d’horreur avec un budget pathétique mais une tonne d’idées. Advent Rising se voulait fresque space-opéra écrite par le culte Orson Scott Card. Et ainsi de suite. Parfois ces jeux survivent, comme Mirror’s Edge il y a deux ans qui, malgré des ventes vraiment faibles, est à priori sauvé par son éditeur qui pense pouvoir sauver la licence. Bien trop souvent, ces jeux se vautrent, par manque de moyens, de reconnaissances ou quelques défauts trop prononcés. Le pire étant quand ils se voulaient début de trilogie ou saga, abandonnées pour toujours.

C’est le moment ou jamais de reparler de Shenmue, l’un des meilleurs jeux de l’univers. Souvent j’entends dire qu’on est allé plus loin en termes de narration, de monde ouvert de mécaniques de jeu depuis 1999. Peut-être, mais jamais cela n’aura été au service d’un jeu se déroulant dans « la vraie vie », avec un héros qui doit aller dormir, travailler, peut jouer à des petits jeux non pas dans un univers de far west ou de mafieux, mais de vrai monde. Parce qu’aucun jeu ne s’est jamais autant rapproché de notre vraie vie, Shenmue restera pour moi une gifle inégalée. Qui s’est achevée sur un cliffhanger de fils de pute. Qui ne sera vraisemblablement jamais résolu. Parce que c’est trop cher et que ça ne rapporte pas assez. Tristesse et mélancolie depuis presque dix ans. Il faut l’avoir vécu jusqu’au bout pour le comprendre je crois.

Je n’ai pas envie de finir Enslaved, parce que dans une moindre mesure, ça me fera pareil. Peste soit les marketeux de Namco-Bandai, peste soit la majorité des gamers neuneus incapables de voir plus loin que le bout de la lunette de leur fusil virtuel.
La fin d’Enslaved approche, la gifle aussi. Mais j’ai apprécié le voyage, et rien pour ça, merci à ceux qui ont osé prendre le risque d’essayer autre chose.

LAUNCH TRAILER STAGE !!!

1038 – Do You Want To, I Think We Should

Pour un tas de raisons, j’ai envie de filles avec qui je sais pourtant pertinemment qu’une relation de type sentimentalo-exclusive-à durée indéterminée ne fonctionnerait pas. Le genre foutu d’avance mais clairement. Parce qu’elle a un sale grain, parce qu’elle a un sale grain de beauté, parce que moi à ce moment c’est pas mieux, parce que mon ex est toujours sur le même continent que moi, parce que je peux pas écrire au milieu de la nuit si une fille au fond du lit se plaint de la lumière de l’ordinateur. Tout ça pour dire que, ces derniers temps, ça m’est arrivé de penser très fort, et d’avoir envie de hurler :

Sauf que dans la vraie vie, ça ne fonctionne pas exactement. Il faut déjà tâter le terrain, ce qui prend du temps et de la finesse (alors imaginez pour nous autres garçons). Rien de plus embarrassant qu’un problème de lecture des signaux qui résulte d’une baffe dans la tronche ou d’une gêne tenace qui vous colle à la peau le reste de votre potitude. Second problème, qui est celui de la représentation. Exemple type de la fausse protestation « tu crois que c’est une bonne idée », « on devrait pas faire ça ». Bon t’es moyen crédible à moitié nu(e) à protester. C’est pour faire bonne figure. Suis-je une salope ? Non tu n’es pas une salope. Est-ce que j’abuse de toi ? Non tu n’abuses pas de moi. Me voilà rassuré(e), prends donc la capote.

Ce qui nous amène parfois dans des cas de figure complètement débiles. J’ai le souvenir d’une fille qui, quant au bout de plusieurs heures de discussion je lui ai timidement attrapé les lèvres, s’exclama « putain c’est pas trop tôt ! ». Tu aurais pu te bouger. Connasse. Un peu. Ceci prouvant que l’attente et le malaise peut venir des deux côtés. Un esprit vagabond se demanderait alors à ce moment si, parmi celles à qui je peux faire allusion en début de note, avec qui j’aimerais vivre/expérimenter quelque chose de plus charnel, ce ne serait pas réciproque. Bon il ne faut pas oublier que ne buvant pas, je ne m’attaque principalement qu’à des filles sobres, ce qui réduit fatalement mes chances. Puis je suis relou, des fois je m’attache un peu.

Tout de même, si ça se trouve, ça bouillonne d’hormones sous des camouflages de peau. Et qu’il suffirait d’être assez courageux et pragmatique pour se débarrasser de tous les rituels et tâtonnements dans lesquels on s’égare en route et hurler :

1037 – The Grinder

Est-ce que vous savez comment fonctionne une cuvette de toilettes ?

Non, sérieusement. Vous savez ? Je suis quasiment certain que non. Et on ne peut pas vous en vouloir. En même temps, ça intéresse qui le mécanisme des chiottes quoi ? Sans compter le syndicat de la plomberie qui compte bien sur votre ignorance totale et absolue en la matière pour faire leur beurre. Bref, les chiottes, c’est chiant. Donc imaginez-moi passer plusieurs heures face à ma cuvette ouverte, à me gratouiller la barbe de deux semaines, à comprendre comment ça fonctionne. Parce là c’est la misère : ça fuit à l’intérieur, ça fuit au fond, ça fuit dehors (même le robinet fermé). En gros si jamais mes toilettes étaient inflammables, elles auraient explosées, emportant avec elles la moitié du onzième arrondissement. Cherchez pas, je fatigue.

Ces derniers temps, les petits trucs qui me pourrissent la vie se multiplient. L’arrivée d’eau au-dessus de ma douche qui plic-ploque. La photocopie à la con qui manque dans mon dossier de changement d’opérateur téléphonique. La photo d’identité à faire pour pouvoir signer mes papiers de stage. Numéricable persuadé que j’ai pas payé mes factures alors que si et me relance. Le justificatif de domicile que je dois envoyer à Zavvi pour qu’ils me remboursent un jeu Xbox jamais arrivé. Ressusciter mon sèche-cheveux. Trouver un revendeur Nokia pour faire réparer mon N97 que je puisse le revendre ou le stocker. Tout ça et bien plus encore étant encore à faire à l’heure où j’écris ces lignes, au nez et à la barbe de mon groupe de travail qui se fait saigner par les oreilles à force de réfléchir à 23h sur le partiel de demain.

En fin de semaine prochaine je rentre chez ma mère. La triste vérité c’est que plus que revoir mes amis, ma famille et ma ville, je vais apprécier avoir rien à foutre, me laisser porter par la haute autorité parentale. Oui j’abuse, mais ça nous donnera des raisons de nous engueuler pour des broutilles. Ca stimule la communication familiale ! Puis j’aurai un peu de temps, pour dormir, réfléchir, travailler, écrire. L’amoncellement de petites corvées sur Paris grignote de plus en plus mon temps libre. Au point que discuter avec mes potes, sortir boire un coup, devient dangereusement une corvée vu qu’au final je pars me coucher sans avoir eue une heure pour moi, à moi, rien qu’à moi. Post partiels je vais pouvoir cocher pas mal de trucs dans le second paragraphe. Bouffée d’oxygène, avant le grand bain, celui avec des impôts et tous ces trucs qu’en tant qu’étudiant je n’avais pas à me soucier.

Enfin, tout ça étant conditionné au sauvetage de mes toilettes. Car, contrairement à vous, je commence à COMPRENDRE comment ça fonctionne. J’ai IDENTIFIE le problème. Je vais faire la nique aux plombiers et j’en profiterai pour pimper mon battant en en achetant un trop badass.

Quand j’aurai le temps.

D’ici là je garde ma casserolle à côté de la cuvette.

Plic.

Ploc.