Cette semaine est (enfin) sorti le très bon 127 Heures de Danny Boyle. Autour de moi les débats vont bon train, allant de « c’est extraordinaire » jusqu’à « j’ai eu la nausée, n’y va pas » en passant par tout le reste, y compris « Lolbof je vois pas l’intérêt ».
Plutôt que de vous parler du film, j’aimerais qu’on dissèque ce que, je trouve, aura été une des meilleures bandes annonces de l’année 2010. Magnéto youtube !
Qu’on récapitule. La bande annonce met bout à bout des scènes chronologiquement linéaires. Franco part en vadrouille dans les montagnes, rencontre deux filles avec qui il fait un bout de chemin, se retrouve seul à nouveau et finit par se viander dans un ravin. En une minute et quelques on sait du héros qu’il : est casse-cou, aventurier, individualiste, charmeur. Tout est posé en quelques plans et répliques.
Là où la bande annonce est intéressante, c’est qu’au lieu de présenter un montage du film, un best of réarangé pour montrer les meilleurs passages, elle est en fait un condensé du premier acte. Présentation des personnages, situation intiale et élément déclencheur. Tout est là mais on ne va pas plus loin. La gros morceaux du film (la survie sous un rocher) n’est pas du tout montré, seulement suggérée. Une excellent façon de garder des cartouches pour le film.
L’autre truc qui m’épate dans cette bande annonce, c’est qu’elle est construite de manière à expliquer le titre. Les deux affiches du film ne permettent pas à elles seules de comprendre de quoi parle 127 Heures. Soit l’on a un close up de James Franco, soit une silhouette au-dessus d’un ravin. Alors que le trailer nous explique « voilà James Franco, voilà qui il est, voilà ce qu’il fait, et un jour il se retrouve piégé sans possibilité d’être secouru, 127 heures ». BIM. Illumination et storytelling.
Sauf que ça, c’est la bande annonce française.
Aux US of A, le trailer final est monté plus ou moins pareil sauf qu’il inclue une minute en rab’ sur une musique émouvante (The Funeral, souillée à jamais par la bande annonce des petits mouchoirs) de montage du personnage qui lutte contre les élements, pleure, soliloque etc…
Bref, le reste du film.
Je comprends la logique de montrer aux gens pourquoi il faut aller voir le film. Mais je trouve le choix de bande annonce courte beaucoup plus courageux et intéressant. Elle est un exercice de narration, raconte une vraie petite histoire en accéléré, explique le titre du film comme on répond à une devinette : avec une démonstration.
Peu importe la qualité du film, à mes yeux la bande annonce est déjà un objet qui, pris seul, est réussi.
Quand je suis allée le voir le mois dernier, une nana a fait un malaise.
Allez, je me risque tout de même à dire ce que j’en ai pensé car j’ai trouvé le temps d’aller le voir. Et bien je fais partie de ceux qui ont adoré !
C’est un OVNI pour plusieurs raisons mais ça fait trop de bien d’en avoir de temps en temps.
Globalement, l’histoire est tellement “courte” que la grande majorité des spectateurs la connaissent certainement avant d’entrer dans la salle. Et pourtant, ce n’est jamais chiant. Boyle à pigé qu’il ne devait pas jouer sur le mystère et c’est tant mieux.
Il a aussi cassé le dos de plein de mecs sortant leurs grandes théories sur “les films se déroulant dans un seul lieu avec peux de personnages sont forcément chiants”. Et bien non, pas quand on est un bon réal. Là, on a un personnage qui ne peut même pas bouger, difficile de faire pire dans le concept.
Certains passages ont réussi à me faire ressentir la douleur du protagoniste et ça, c’est pas rien (ho la vache, le tendon, le tendon !!). Je comprends que des gens soient mal à l’aise mais pas qu’ils le sortent comme une critique négative. J’veux dire, “si t’as pas envie de voir des mecs à poil, ne regarde pas de film porno”… Si Boyle avait zappé ça, il serait passé à côté d’une partie de son sujet.
Et puis, techniquement c’est très bon et Franco est parfait.
Enfin, y’a plein de trucs à dire mais je ne vais pas pourrir ce blog =^.^=
J’avoue que la BA fr retrouve le sens d’une BA : donner envie d’aller voir un film, pas le montrer entièrement /o/
Mmm. J’allais écrire : “Je suis étonné que tu ne parles pas de Franco”, mais bon, si tu n’as pas vu le film encore, c’est normal. Fiou, dur de réfléchir le dimanche matin.
Faudra que je trouve le temps pour aller le zyeuter, et me moquer des filles qui s’évanouissent dans la salle. C’est comme les gamines de 15 ans qui hurlent pendant Saw, ou qui chialent à la fin de Paranormal Activity (true story), ça m’exaspère.
Et bah moi j’ai même pas tourné de l’œil ou quoique ce soit! Oui je suis fière de moi, parce que ce film est extrêmement bien réalisé, et que tu vis le truc à fond avec lui…
Bon alors perso moi c’est Clémence Poesy que je peux plus voir en peinture… Mais bon question de gout!
The Funeral restera la sonnerie de mon reveil, que pavlov oblige, dès que j’entends les premières notes, j’ai envie d’égorger quelqu’un…
BTW miss ya mon rascal quand même <3
C’est vrai qu’on peut trouver ça courageux (et sensé), une BA qui n’anticipe pas sur le film mais se contente de planter le décors.
Cela dit, aux UK on nous sert sensiblement la même BA qu’en France, et elle ne m’avait pas donné envie… alors que maintenant que j’ai lu ta note et vu la BA américaine, j’ai envie ! =) (Sauf que c’est trop tard, évidemment.)
Heu, la BA que tu appelles la “BA US” est probablement un “extended trailer”, car la première fois que j’ai vu une bande-annonce de ce film, c’était bien celle que tu appelles la “BA française”, sans la minute cul-cul, et c’était sur un site américain (Entertainment Weekly).
Tu vas rire (ou pas) mais j’ai vu une émission qui parlait des sorties ciné de cette semaine et la BA (plus ou moins entrecoupées d’info sur Danny Boyle etc.) qu’ils montraient était la version US (mais doublée). Hum.
J. -> On était dans la même salle.
Sinon le coup de la BA française que tu trouves mieux, je pense que ça se discute, vu que du coup elle est contre-productive : les gens qui vont voir le film sans en savoir rien de plus que la BA vont se sentir arnaqués et auront le sentiment qu’on leur a fait de la publicité mensongère… s’en suivra un bouche à oreille très négatif (on ne donne pas aux gens ce qu’on leur promet) et donc un film qui se casse la gueule.
C’est évidemment à nuancer par le fait que tout le monde sait déjà ce qui se passe dans le film.