1094 Bis – Switcheroo

Encore un article qui rejoint les oubliettes.

J’avais rédigée la note 1094 en entier dimanche soir. Elle était pas trop mal. Puis, en y repensant, je me suis dit qu’il n’y avait pas encore prescription sur cette anecdote. Pour un tas de raisons, je ferais mieux de la garder dans un coin. Alors j’ai rangé le fichier Word avec les autres du genre, avec le début de quintuple note sur un voyage d’études qui a mal tourné, ou une sur une conversation entre ma directrice de mémoire et moi. Toutes ces notes que j’ai eu la présence d’esprit de ne pas mettre en ligne. J’avoue, parfois, c’est des potes qui m’ont laté la tronche pour me faire entendre raison.

Le plus drôle, c’est que je serais incapable de les retrouver. Simplement parce que je ne les range pas, je ne les identifie pas. Quand je fais defiler l’intégralité des fichiers individuels de tout ce que j’ai écrit pour ce blog, je ne saurais pas dire lesquelles n’ont jamais été publiées. Ce qui, parfois, est très con. Comme dans le cas de cette note écrite en réponse à une fille, que e n’ai pas osé publier sur le moment mais qui passerait mieux deux ans plus tard.

Peut-être qu’un jour j’irai gratter. J’ouvrirai tous les fichiers, un par un. Ou pas, parce que je suis une feignasse. Et parce que je suis pas certain de me souvenir de tout ce que je vais y trouver.

Enfin, à l’occasion, rappelez moi que le fichier portant le numéro 1094 n’a jamais été mis en ligne. Avec le recul, peut-être que cette fois là…

1093 – Leaderboard

Il m’a demandé si je faisais du tennis.

Avant de répondre non, j’ai préféré m’enquérir de pourquoi. Ca me semblait plus logique. Collègue stagiaire a pointé du doigt mes baskets. C’est bien des chaussures de tennis ? Effectivement, bien vu. Mais à titre personnel, je ne l’ai su qu’en me renseignant à mort avant l’achat. J’aurais pas été capable de reconnaitre des chaussures de tennis comme ça, à partir de rien. Non, je fais pas de tennis, j’aime juste acheter des pompes qui coûtent une blinde. C’est ma passion okay !

Puis j’ai réalisé qu’il n’avait pas commencé par me demander si je faisais du sport.

La question était inutile. Tout le monde dans mon service fait du sport. Les stagiaires lèvent des poids entre midi et deux, le plus assidu cumule même avec des tournois d’escrime le weekend. Un consultant pratique le tennis. Un intérimaire est surfeur et volleyeur au point de faire le tour de France pour son équipe. Puis mes boss font du vélo ou de la course le dimanche. Ici, on a moins la grosse tête que des gros biceps visiblement. Assez vite, j’ai remercié Matthias du passé d’avoir repris la piscine. Comme ça je peux moi aussi, une à deux fois par semaine, venir avec un sac de sport sous le bras. Et du coup pas passer pour la feignasse du service.

Je crois que c’est corrélé au fait qu’ils viennent tous d’écoles de commerce.

Moi pas. Mais je peux néanmoins participer à tous les petits rituels de la bande, genre se plaindre des courbatures ou frimer en déclamant ses faits d’armes du jour. Ouais je suis en retard sur le traitement de mes mails, c’est parce que j’ai un voile de chlore devant les yeux, tu comprends, j’ai trop éclaté mon score à midi. Si je ne suis pas moralement flexible au point d’arriver à jouer à FIFA, je peux au moins m’user les muscles à intervalles réguliers, même si c’est pas pour du tennis.

En ça, je fais partie de l’équipe. Dans tous les sens du terme du coup.

1092 – Book Review 173

J’aime bien Xavier De Moulins.

Même si, techniquement, c’est pas vraiment possible de ne pas aimer Xavier De Moulins. Déjà il a une bonne tête, genre sympa et tout. Tu lui filerais ta fille sans confession. Ancien animateur du très hype/bobo/branleur Paris Dernière, il office maintenant au journal télévisé d’M6. C’est-à-dire là où même ta mère peut le kiffer. Et parce qu’il est cool comme tout Xavier, il a écrit un bouquin. Ca s’appelle Un coup à prendre (oh oh) et ça sort chez Au Diable Vauvert, pas les derniers pour les signer, les coups (je me comprend). Comme le bouquin fait 200 fausses pages (30 chapitres, plein de pages blanches et des hordes de sauts de paragraphes et autres feintes), j’allais pas mettre 17€ dedans. Mais comme le futur pense à moi, le livre est disponible à 5€ en numérique libre de droit. J’étais prêt à mettre un poil plus mais j’ai pris quand même.

Attention je vais faire style en fait on est sur Wikipédia : CE QUI VA SUIVRE DEVOILE LES MOMENTS CLEFS DE L’INTRIGUE. Non je déconne y’a pas d’intrigue.

En vrai on suit les aventures d’Antoine, papa hype/bobo/branleur parisien qui quitte sa femme pour sa maîtresse. Comme il a deux filles il découvre les joies de la garde alternée. Puis sa maîtresse culpabilise et le plaque. Du coup au bout d’un moment il reveut sa femme mais elle lui présente les papiers du divorce. Fin. Et pardon pour les spoilers.

On va pas se mentir. Ce bouquin on l’a tous lu des dizaines de fois avant. C’est de la littérature hype/bobo/branleur avec un héros pas si fantasmé, trentenaire passé et qui a des problèmes de cul jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’en fait il a des problèmes de cœur. Oh et il boit/se drogue/prends du Valium aussi. Confère Nicolas Rey, Frédéric Beigbeder et leurs potes. Alors oui c’est bien écrit, on sent la graine d’écrivain qui s’éclate : « Papa et maman vous aiment toujours. Ce n’est pas de votre faute si votre père est un porc et se barre avec une sacrée pute. ». Parfois on se donne mêmes des frissons transgressifs : « Il aura l’impression de baiser sa mère, un peu, beaucoup, profondément ». Mais en vrai, l’auteur a un cœur qui bat : « Les amis sont ceux qui prennent le soin d’ouvrir au couteau à huitre les couples qui se séparent. Ils n’oublient jamais de se ranger du côté de la perle. »

Ce type de littérature est interchangeable, creux, vain, tourne en rond. Moi j’aime bien. C’est mon fast food à moi. Le double cheese de la littérature. Aucune surprise, que du classique, pas d’explosion niveau goût mais plaisant, le ptit plaisir comme ils disent chez MacDo.

Je ne jette pas le caillou à Xavier De Moulins. Au fond, je sais qu’un bouquin comme ça j’en écrirai un avec la même joie que le fan de MacDo qui monte son premier double cheese. Acheté pas cher, vite lu, avec quelques jolis morceaux dedans, Un coup à prendre porte bien son nom. Peut-être pas à 17€ par contre.

BUY STAGE !!!

Si vous y tenez vraiment, chopez le chez Amazon. Pour la version numérique demerdez vous je cautionne personne en particulier à ce niveau là.